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Plus de cinq millions de travailleurs en France sont exposés au bruit à des niveaux dommageables

Sur le chantier de construction d’une digue, à La Baule (Loire-Atlantique), le 4 mars 2025.

Plus de 5 millions de travailleurs en France – œuvrant notamment dans le BTP, la mécanique et le travail des métaux – sont exposés au bruit à des niveaux dommageables pour la santé, parfois jusqu’à la surdité, selon une étude publiée mardi 1er avril par Santé publique France.

« L’exposition professionnelle au bruit a des impacts sur la santé. En dessous de 80 décibels sur huit heures de travail, les effets, réversibles, sont auditifs (acouphènes…) et extra-auditifs (fatigue, troubles cardiovasculaires…). Au-delà, le niveau est dit lésionnel, avec des atteintes auditives possiblement irréversibles (surdité) », explique l’agence.

Pour la première fois, Santé publique France livre des estimations de cette exposition pour l’ensemble des travailleurs en France, salariés ou non, sur la période 2007-2019, donc avant l’ère Covid-19.

Lire aussi l’enquête (2023) : Article réservé à nos abonnés Comment l’exposition au bruit affecte notre santé

Principale conclusion, 20,5 % des travailleurs étaient exposés en 2019 à un niveau sonore d’au moins 70 décibels sur huit heures de travail (l’équivalent d’une journée de travail) : 13,2 %, à un niveau de fatigue auditive ; 7,3 %, à un niveau lésionnel. Il n’y a pas eu d’« évolution notable » durant la période 2007-2019, selon les scientifiques.

Bruits lésionnels

Les hommes représentaient en 2019 près de 80 % des travailleurs exposés à des niveaux de bruit à risque pour la santé. Le BTP comptait le plus grand nombre de travailleurs exposés (plus de 1,3 million), devant les transports, la logistique et le tourisme. Et le secteur de la mécanique et du travail des métaux présentait la plus grande proportion de travailleurs exposés au bruit (77,9 %).

Il y a certaines limites à cette étude, notent ses auteurs. Par exemple, elle ne permet pas de prendre en compte des situations d’exposition spécifiques liées à une entreprise, une organisation du travail ou un poste de travail.

Les résultats pourront cependant aider à mieux cibler la prévention, notamment, juge Santé publique France. Des atteintes auditives provoquées par des bruits lésionnels peuvent déjà être reconnues comme maladies professionnelles.

En 2022, 320 maladies de ce type ont été reconnues dans le régime général de Sécurité sociale, contre 704 en 2016. « Mais ce chiffre serait largement sous-évalué », pointe l’agence sanitaire : 15 900 cas de surdité n’auraient pas été déclarés en 2022, selon la commission sur la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles.

Le Monde avec AFP

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Le distributeur belge Colruyt cherche un repreneur pour ses 101 supermarchés français

Un supermarché de l’enseigne belge Colruyt, à Pont-en-Royans (Isère), en janvier 2024.

Le groupe Colruyt, leader sur le marché belge de la grande distribution avec quelque 30 % de parts de marché, entend se défaire de ses 101 supermarchés en France. Entreprise familiale depuis trois générations, Colruyt est cotée en Bourse et compte quelque 33 000 collaborateurs, dont 2 500 dans l’Hexagone. Le groupe affirmait, mardi 1er avril, vouloir continuer à assurer « une sécurité d’emploi pérenne » à ses salariés.

Colruyt a fait son apparition sur le marché français en 1996, après le rachat du distributeur Ripotot. Ses supermarchés sont majoritairement implantés dans l’est du pays, le long d’une ligne qui court de Metz à Grenoble, qui comprend aussi le Nord, le Calvados, le Cher, etc.

En 2024, l’enseigne, qui mise sur la proximité et les prix bas, a réalisé en France un chiffre d’affaires de 716 millions d’euros dans le commerce de détail, mais sa perte d’exploitation a atteint 32 millions et a presque doublé en un an. Estimant dès lors sa rentabilité insuffisante sur un marché où sa taille est trop réduite et la concurrence trop forte, la direction belge a confirmé aux quotidiens économiques belges L’Echo et De Tijd qu’elle examinait « toutes les options stratégiques ».

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La France dénonce des ingérences américaines « inacceptables » après une lettre exigeant que les entreprises françaises respectent la politique antidiversité de Trump

Un drapeau des Etats-Unis, un drapeau français et un drapeau du district de Columbia flottent près de la Maison Blanche, à Washington, DC, le 28 novembre 2022, en préparation d’une visite d’Etat d’Emmanuel Macron.

Le ministère du commerce extérieur français a dénoncé, samedi 29 mars, des « ingérences américaines » après l’envoi d’une lettre de l’ambassade des Etats-Unis à Paris à plusieurs entreprises françaises, les interrogeant sur l’existence de programmes internes de lutte contre les discriminations, ce qui pourrait les empêcher de travailler avec le gouvernement américain.

« Les ingérences américaines dans les politiques d’inclusion des entreprises françaises, comme les menaces de droits de douane injustifiés, sont inacceptables », a déclaré le ministère dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP). « La France et l’Europe défendront leurs entreprises, leurs consommateurs, mais aussi leurs valeurs », assure également le ministère.

Les destinataires du courrier ont été informés du fait que « le décret 14 173 », pris par Donald Trump dès le premier jour de son retour à la Maison-Blanche pour mettre fin aux programmes promouvant l’égalité des chances au sein de l’Etat fédéral, « s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et les prestataires du gouvernement américain », comme le montre un document révélé vendredi par Le Figaro.

Les entreprises liées par un contrat commercial à l’Etat américain seraient dans l’obligation de rompre avec les politiques de discrimination positive éventuellement mises en place. Dans la lettre, il est aussi précisé que les entreprises ont « cinq jours » pour remplir, signer et retourner le document.

« Cette pratique reflète les valeurs du nouveau gouvernement américain », avait réagi, vendredi, l’entourage du ministre de l’économie, Eric Lombard. « Ce ne sont pas les nôtres », ajoutait le cabinet de Bercy dans sa réaction transmise à la presse, précisant que « le ministre le rappellera à ses homologues au sein du gouvernement américain ».

Des contours flous

Les contours de la lettre restent néanmoins flous. Le cabinet du ministre de l’économie, contacté par l’AFP, estime que le nombre d’entreprises ayant reçu la lettre serait « de quelques dizaines », tout en précisant que le décompte est toujours en cours. Les grands groupes contactés par l’AFP qui ont accepté de s’exprimer ont déclaré de ne pas avoir reçu la lettre, dont le format est inhabituel.

Le décret de Donald Trump a été pris dans la continuité d’un arrêt de la Cour suprême de l’été 2023 interdisant la discrimination positive dans les universités américaines. Dans son texte signé le 21 janvier, le président américain écrit que les politiques de diversité « non seulement violent le texte et l’esprit de nos lois fédérales sur les droits civiques, mais portent également atteinte à notre unité nationale. Elles nient, discréditent et sapent les valeurs américaines traditionnelles de travail, d’excellence et de réussite individuelle, au profit d’un système de spoliation identitaire illégal, corrosif et pernicieux ».

Le Monde Mémorable

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Selon le milliardaire républicain, « les Américains qui travaillent dur et qui méritent de réaliser le rêve américain ne devraient pas être stigmatisés, rabaissés ou exclus de certaines opportunités en raison de leur origine ethnique ou de leur sexe ».

Le Monde avec AFP

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Programmes de diversité dans les entreprises : Laurent Saint-Martin « profondément choqué » par la lettre de l’ambassade américaine en France

Le ministre du commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, à l’Assemblée nationale, le 16 décembre 2024.

Le ministre du commerce extérieur français, Laurent Saint-Martin, s’est dit, lundi 31 mars, « profondément choqué » par la lettre envoyée par l’ambassade américaine à des entreprises françaises et a appelé à « ne pas transiger » sur la loi et les « valeurs françaises ».

Affirmant sur RTL que le gouvernement aurait « une discussion avec l’ambassade des Etats-Unis », M. Saint-Martin a dit souhaiter « comprendre quelle est vraiment l’intention derrière [cette initiative] ».

Plusieurs entreprises françaises ont reçu ces derniers jours une lettre et un questionnaire de l’ambassade des Etats-Unis leur demandant si elles mettaient en place des programmes internes de lutte contre les discriminations. La missive les prévient que si de tels programmes étaient en vigueur, cela pourrait les empêcher de travailler avec l’Etat américain.

« Ingérences américaines inacceptables »

Pour M. Saint-Martin, cette lettre revient à demander aux entreprises de « renoncer aux politiques d’inclusion, qui sont la loi tout simplement française et parfois européenne, notamment sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans la lutte contre les discriminations, contre le racisme, la promotion de la diversité pour aider les personnes en situation de handicap ».

« Tout ceci, ce sont des avancées qui correspondent d’abord à nos valeurs françaises. Nous en sommes fiers et nous ne voulons pas transiger sur cela », a martelé le ministre, pour qui cette demande des Etats-Unis « serait un pas de plus dans l’extraterritorialité américaine, mais cette fois-ci sur le champ des valeurs ».

Samedi, son ministère avait déjà vivement réagi, dénonçant des « ingérences américaines inacceptables ». Dimanche, le président du Medef Patrick Martin a déclaré qu’il était « hors de question » de « renoncer » aux règles d’inclusion dans les entreprises françaises.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump s’est engagé dans une vaste réforme du gouvernement fédéral, traquant les dépenses publiques, qu’il considère comme du gaspillage ou comme contraires à sa politique. Les programmes soutenant la diversité ou l’inclusion en font partie.

Le Monde avec AFP

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La lettre de l’ambassade américaine exigeant le respect de leur politique antidiversité, « une tentative d’OPA morale sur les entreprises françaises qui n’est pas une première »

Vue aérienne de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, le 14 juin 2016.

La lettre adressée par l’ambassade américaine à Paris à ses grands fournisseurs français afin de les contraindre à renoncer à toute politique en faveur de la diversité, révélée vendredi 28 mars par Les Echos, a provoqué, à juste titre, un vaste tollé. Patrice Martin, le président du Medef, pointe une dérive « inadmissible ». Le ministère français du commerce extérieur fustige une « ingérence inacceptable ».

Cette tentative d’OPA morale lancée par les Etats-Unis sur les entreprises françaises n’est pas une première. Washington n’a pas attendu Donald Trump pour jouer le shérif du monde, à coups d’embargos ou de lutte contre la corruption. En 2014, BNP Paribas s’était fait épingler pour avoir opéré au Soudan, en Iran et à Cuba malgré les sanctions américaines. La banque avait dû acquitter une amende de 6,5 milliards d’euros, qui avait renfloué les caisses des institutions au pays du dollar.

Ces leçons de probité ont longtemps constitué un excellent business pour les Etats-Unis, d’autant plus que ces derniers pouvaient arguer représenter le camp du bien face aux corrupteurs et aux profiteurs de guerre. Mais, cette fois, l’Oncle Sam se place du mauvais côté de l’histoire, en déclarant illégales les politiques DEI (diversité, équité, inclusion), fondées sur la discrimination positive. Donald Trump défend une vision rétrograde du mérite qu’il veut désormais nous imposer, au même titre que nos multinationales interdisent à leurs fournisseurs le travail des enfants. Pourtant, l’inclusion des minorités relève tout autant d’un impératif éthique que d’efficacité économique, comme l’ont prouvé de nombreuses études.

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« A-t-on été empoisonnés ? » Dans le Gard, les salariés s’inquiètent après la fermeture de l’usine chimique Solvay

Rassemblement des ouvriers de l'usine Solvay à Salindres (Gard), le 12 décembre 2024.

Le compte à rebours est lancé. Lundi 24 mars, café en mains, les quatre collègues comptent les jours. Début avril, soixante et un salariés de leur usine de Salindres, dans le Gard, spécialisée dans la production d’acide trifluoroacétique (TFA) et de dérivés fluorés, qualifiés de « polluants éternels », quitteront cette plateforme chimique, licenciés pour des raisons économiques. Il y restera alors trente-cinq personnes, des salariés protégés et des ouvriers du groupement d’intérêt économique, une structure qui traite les rejets de toutes les usines du site chimique, propriété de Solvay.

Autour de la table, les visages sont marqués. Tout est allé vite, « trop vite », estime Cédric Cozo, délégué syndical CGT. Depuis l’annonce de l’arrêt de l’activité, en septembre 2024, en raison d’« un contexte économique et concurrentiel de plus en plus difficile et face à une réduction substantielle de la demande de TFA [acide trifluoroacétique] », explique le groupe (plus de 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023), les syndicalistes ont tenté d’obtenir un biomonitoring, qui permettrait de mesurer l’imprégnation du TFA dans l’organisme des ouvriers. En vain. L’employeur a refusé de financer les analyses. « On était trop petits, c’était David contre Goliath », reprend Cédric Cozo. « L’autre problème, c’est que Solvay n’a rien fait d’illégal. La réglementation sur les PFAS [substances per- et polyfluoroalkylées] est récente et encore peu documentée », explique Damien Olry, salarié de 38 ans.

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Grève dans l’audiovisuel public : Radio France et France Télévisions en première ligne

Lors d’une manifestation du personnel de Radio France, à Paris, le 23 mai 2024.

Une grève de deux jours a démarré, lundi 31 mars, dans l’audiovisuel public, Radio France et France Télévisions en tête, pour protester contre le projet gouvernemental de holding commune, avant le début de son examen à l’Assemblée nationale.

Sur France Culture et sur des stations locales Ici (ex-France Bleu), de la musique est diffusée à la place des programmes habituels. A France Télévisions, l’ensemble des syndicats a déposé un préavis de grève commun, pour les deux journées. A Radio France, l’intersyndicale a appelé à la grève mardi, et la CGT y a ajouté un deuxième préavis pour lundi, pour s’aligner sur le mouvement à France Télévisions. Des préavis ont également été déposés dans les deux autres entreprises publiques potentiellement concernées par la réforme, France Médias Monde et l’INA (Institut national de l’audiovisuel).

Une réforme contestée

Outre ces mouvements sociaux, la CGT organise une « soirée festive », lundi, à la Bourse du Travail à Paris, pour contester le projet de réforme porté par la ministre de la culture, Rachida Dati. Le texte sur lequel il s’appuie, une proposition de loi du sénateur (Union centriste) Laurent Lafon, doit être examiné mardi en commission à l’Assemblée nationale.

L’examen du texte dans l’Hémicycle est inscrit à l’ordre du jour du 10 avril, mais pourrait être décalé. Le texte prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait les entreprises concernées, sous l’autorité d’un ou d’une présidente.

« Ce projet de réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public et les baisses budgétaires associées auront de graves conséquences s’il est adopté », selon les syndicats CGT, CFDT, FO, SNJ et SUD de France Télévisions. « Ce projet aura pour conséquence de démanteler notre entreprise en la plaçant sous la tutelle de France Télévisions », jugent la CFDT, la CGT, FO, le SNJ, SUD et l’UNSA de Radio France.

Dans Le Parisien, Rachida Dati a rappelé dimanche les raisons d’une réforme qu’elle juge « indispensable », au vu du « contexte très concurrentiel avec des groupes privés très structurés » afin de créer « un groupe audiovisuel public fort ». Le projet initial prévoyait une fusion des sociétés, dans une sorte de BBC à la française, mais il avait été interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale, mi-2024. Début mars, Mme Dati a confié à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, une « mission d’accompagnement » sur la réforme de l’audiovisuel public.

Le Monde avec AFP

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La ministre du travail promet le versement rapide des salaires impayés aux employés de Milee

« Ça ne rattrapera pas tout ce qu’ont perdu certains, mais on est quand même rassurés », réagit Sébastien Bernard, délégué syndical central CGT de Milee, dont le syndicat s’était mobilisé pour dénoncer l’extrême précarité des près de 10 000 salariés licenciés suite au naufrage de l’entreprise (ex-Adrexo), une société spécialisée dans la distribution de prospectus publicitaires.

La ministre du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a annoncé, jeudi 24 octobre, à proximité du centre de distribution de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), que tous les salaires dus leur seraient payés d’ici le 31 octobre, et leurs soldes de tout compte (congés payés, indemnité de licenciement) d’ici mi-novembre, entre autres mesures.

Après des années de difficultés et de problèmes de gestion, acculée par le déclin de son activité, Milee avait été placée en redressement judiciaire le 30 mai, puis en liquidation judiciaire le 9 septembre, faute de trésorerie suffisante pour poursuivre son activité. Les 5 000 derniers salariés de l’entreprise se sont ajoutés aux 4 000 autres licenciés dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi durant l’été.

La grande majorité des effectifs distribuaient des prospectus à temps partiel, au smic. Un tiers cumulait ces revenus avec un emploi, un tiers avec sa retraite, tandis qu’un dernier tiers des salariés n’avait que Milee comme activité : 1 400 d’entre eux étaient à temps plein.

« Manque de professionnalisme »

Outre la fin de leur entreprise, les salariés, en particulier ceux licenciés lors de la seconde vague, ont donc eu la mauvaise surprise de ne pas recevoir tout ou partie de leur salaire, notamment du mois d’août. Plusieurs mois plus tard, des impayés demeurent, en raison du grand nombre et de la complexité des dossiers, et de difficultés administratives entre le liquidateur, les gestionnaires de paie et l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), qui verse les salaires en cas de liquidation.

« La difficulté, c’est que les salaires sont longs à arriver, 150 personnes nous ont remonté qu’elles n’avaient toujours rien en août », décrit Philippe Viroulet, délégué syndical central à la Confédération autonome du travail, le premier syndicat chez Milee.

N’ayant pas reçu leur solde de tout compte ni leur attestation de fin de contrat, les licenciés ne pouvaient donc pas s’inscrire à France Travail. « Une personne qui travaillait à temps plein a tenté de se suicider, il y a quelques jours. D’autres se font expulser ou retirer la garde de leurs enfants », témoigne M. Bernard.

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Le projet de budget 2025 sème l’inquiétude dans l’industrie française

Des employés d’Airbus devant les satellites météorologiques dans la salle de la branche défense et espace de l’entreprise, le 10 novembre 2023 à Toulouse.

La chimie française craint de perdre « 15 000 emplois » d’ici à trois ans, d’après la fédération France Chimie qui regroupe les entreprises du secteur. Les défaillances d’entreprises battent des records, avec 66 000 défauts en douze mois selon le cabinet d’études Altares, en particulier des PME de plus de 50 salariés dans les domaines de l’automobile et du bâtiment. L’avionneur européen Airbus a annoncé la suppression de 2 500 postes dans sa branche produisant des satellites au sein de son activité défense et espace, qui compte 35 000 salariés…

Le projet de loi de finances pour 2025 présenté par le gouvernement Barnier, qui recherche 60 milliards d’euros d’économies pour espérer atteindre 5 % de déficit public en 2025 contre 6,1 % aujourd’hui, intervient dans un moment critique pour l’industrie française. Chute de la demande au niveau national et européen, concurrence agressive des Etats-Unis et de la Chine, prix élevé de l’énergie qui freine sa compétitivité, le secteur accumule les difficultés depuis le début de l’année. La CGT a même dénoncé, vendredi 18 octobre, par la voix de sa secrétaire générale, Sophie Binet, une « situation industrielle extrêmement inquiétante », disant avoir recensé « 180 plans de licenciement » en cours dans plusieurs filières (automobile, chimie, verrerie…) et « autour de 100 000 salariés » touchés directement ou indirectement.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les défaillances d’entreprises retrouvent leur plus haut niveau

Le nouveau ministre de l’industrie, Marc Ferracci, a beau tenter de les rassurer en expliquant que le budget, dont l’examen débute lundi 21 octobre à l’Assemblée nationale, est « une base qui peut naturellement évoluer lors des débats parlementaires », les industriels ont peu de raisons de se réjouir de ce texte. Même le crédit d’impôt recherche, qu’ils défendent tous en bloc, épargné pour l’instant par le gouvernement, est menacé par les députés de l’opposition, soit pour en diminuer les financements pour la droite, soit pour carrément les supprimer pour la gauche.

Des mesures qui déplaisent

Le budget 2025 comporte surtout plusieurs mesures fiscales qui déplaisent aux secteurs industriels. A commencer par la hausse de l’impôt sur les sociétés, de 25 % à 30 %, pour les 440 grandes entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros. Une augmentation présentée comme temporaire par le gouvernement, qui doit rapporter 8 milliards d’euros en 2025 et 4 milliards en 2026.

Les industriels y voient un coup de canif donné à la promesse d’Emmanuel Macron de stabilité fiscale pour les entreprises qui prévalait depuis 2017. Les prédébats en commission des finances de l’Assemblée nationale, qui ont commencé mercredi 16 octobre, ont montré par ailleurs que les oppositions étaient décidées à gonfler l’addition. Les entreprises redoutent que le temporaire dure plus longtemps que prévu et que les effets ne soient pas limités qu’aux seuls grands groupes, mais aussi à l’ensemble de la chaîne de valeur. « Ne croyez pas que parce que vous ne touchez qu’aux gros cela ne touchera pas les petits, car dans les filières industrielles, les commandes des grands groupes vont baisser vers leurs sous-traitants plus petits », prévient Alexandre Saubot, président de France Industrie, l’organisation qui représente les branches industrielles en France.

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« Le Figaro » va supprimer une dizaine de postes de la rédaction

Mardi 22 octobre puis le lendemain au Figaro, rue de Provence, à Paris, direction et élus au comité social et économique (CSE) se retrouveront en réunion extraordinaire pour les deuxième et troisième fois en quelques jours. Jeudi 17 octobre, un plan de réorganisation couvrant plusieurs services a été présenté : le secrétariat de rédaction, l’iconographie, la direction artistique, la documentation, etc. A terme, douze postes devraient disparaître selon la direction – dix-sept, selon les syndicats, qui incluent dans les effectifs trois départs volontaires intervenus ces derniers mois, et deux arrêts maladie.

« Tous les trois à quatre ans, nous procédons à une réorganisation de l’édition imprimée, en baisse structurelle », justifie Marc Feuillée, le directeur général du Groupe Figaro. Cette « simplification du processus d’édition » doit conduire à des « économies de productivité » d’un montant de 1,5 million d’euros annuel, notamment grâce au recours à des outils numériques plus performants. « Il semble que la direction place beaucoup d’espoir (…) dans les nouveaux outils, dont l’intelligence artificielle, censés automatiser certaines tâches comme le choix des photos, le traitement de l’image, la correction, etc. », regrette le Syndicat national des journalistes, majoritaire à la rédaction, dans un communiqué.

Confiance abîmée en la direction

En contrepartie, assure M. Feuillée, Le Figaro « continue d’embaucher » des journalistes, soit la création d’« une centaine de postes en quatre-cinq ans », ventilés entre les cinq « rédactions locales », la cellule réseaux sociaux ou encore la chaîne Le Figaro TV. « D’après la “slide” qui nous a été présentée, il s’agit d’une soixantaine de postes depuis 2019 », corrige Laurent Mardelay, délégué syndical CGT, majoritaire dans l’entreprise. Quoi qu’il en soit, à la rédaction technique, où ceux qui resteront redoutent déjà un surcroît de travail, comme à la rédaction écrivante, les bons chiffres de ventes du quotidien et de fréquentation du site enregistrés durant l’été n’ont pas éteint les inquiétudes.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au « Figaro », Alexis Brézet cabre une nouvelle fois la rédaction

La confiance en la direction de la rédaction, abîmée par les deux éditoriaux du directeur de la rédaction, Alexis Brézet, sur Europe 1 et dans le quotidien, jugés favorables au Rassemblement national et qui avaient suscité une lettre de protestation signée par 205 journalistes, n’est pas revenue. Elle a même été de nouveau entamée cet été, quand une « une interview, programmée de longue date, de Thomas Jolly », le metteur en scène des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques vivement critiquées par l’extrême droite, a été annulée, selon un compte rendu de la société de journalistes (SDJ), qui a interpellé M. Brézet à ce propos.

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