Les mesures pour les droits des femmes peuvent être contre elles
Quotas ou contraintes intéressant à pallier l’absence la pertinence des femmes dans de plusieurs métiers n’ont pas généralement les effets escomptés. Aussi faut-il se montrer attentif avant de les exiger, estime l’économiste Cecilia Garcia-Peñalosa.
La partie, au final la plus facile, les femmes l’ont accomplie. Réussir le droit de vote, être les égales des hommes devant la loi, choisir et retenir de l’usage de leur corps… Le XXe siècle a été celui de la bataille pour l’égalité face la loi entre femmes et hommes dans les sociétés développées.
Ce qui reste à venir est bien plus pénible. Il faut actuellement, pour qu’existe une réelle égalité des chances, mettre en place des mesures au niveau des institutions qui compensent le poids du vécu, l’impact de la discrimination implicite, et les contraintes de la maternité. Ou pas.
Depuis une vingtaine d’années, bien des mesures ont été montrées, en France comme dans beaucoup d’autres pays à haut revenu, afin de remédier la carence d’opportunités pour les femmes dans de nombreux métiers. Nous commençons à avoir assez de recul pour pouvoir poser la question de leur rendement. Parfois, la réponse est surprenante.
D’incontestables succès ont été décrochés. Un exemple collectif est celui des grands orchestres américains qui, dans les années 1970, étaient presque uniquement masculins, la proportion de femmes se situant autour de 12 %. L’une après l’autre, ces institutions ont commencé à mettre en place des épreuves à l’aveugle dans lesquelles le juré était installé de l’autre côté d’un écran qui occultait l’identité du candidat ou de la candidate – aujourd’hui, parmi ces grands orchestres, seul celui de Cleveland (Ohio) n’utilise pas cette procédure.
L’intention sur l’embauche de femmes a été rapide et, en 2000, certaines de ces formations avaient atteint 35 % de femmes musiciennes. Pas de loi ou de contrainte externe, mais un simple changement de procédure choisi par les orchestres eux-mêmes, dont les répercussions se sont avérées majeures.






Jusqu’à maintenant, costume, cravate, tailleur et souliers briqués étaient de rigueur pour les salariés de l’institution, qui fête cette année son 150e anniversaire. Un premier effort à cette convention avait seulement permis, dès 2017, aux ingénieurs des divisions technologiques et numériques du groupe de s’habiller de façon plus détendue.
Aussitôt, tous les salariés pourront arranger « un code vestimentaire flexible ». La note interne, dévoilée par l’agence Reuters, ne dresse pas la liste des vêtements qui seront qualifiés dans les bureaux de la banque.
« Caractère changeant des lieux de travail »
« Nous savons tous ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas sur le lieu de travail », souligne le mémo, précisant tout de même que « bien sûr, une tenue décontractée ne convient ni pour tous les jours ni pour tous les types d’interactions. Nous vous faisons confiance pour faire preuve de discernement en la matière. »
Pourquoi l’illustre maison remise-t-elle l’uniforme du banquier et de la banquière d’affaires au placard ? La nouvelle administration de l’établissement évoque le « caractère changeant des lieux de travail dans leur ensemble, allant vers un environnement plus informel ».
L’entreprise, qui se décrit depuis quelques années comme une « Tech company », doit en effet octroyer des gages de modernité. Il s’agit particulièrement d’attirer les meilleures recrues, lourdement aspirées par les géants de l’Internet de la Silicon Valley (Californie), où règne le look jean tee-shirt, symbolisé par le patron de Facebook, Mark Zuckerberg.
La banque était l’une des dernières maisons à conserver la tradition du complet sur mesure en toutes circonstances. JPMorgan Chase autorise depuis trois ans ses employés à changer le costume pour le polo, en posant toutefois quelques limites : pas de tongs ni de sweats à capuche au bureau. Pour en parvenir là, il aura fallu que Goldman Sachs se dote d’un nouveau patron, David Solomon, banquier et… DJ la nuit – sous le nom de « D.J. D-Sol ».