Le Mexique avance timidement vers la semaine de quarante heures

Le Mexique avance timidement vers la semaine de quarante heures

Usine d’emballage d’avocats Fruticola Velo, à Uruapan Michoacan (Mexique), le 28 janvier 2026.

Attablés au restaurant populaire installé dans un quartier résidentiel de Mexico, Arturo, 23 ans, et Luis, 36 ans, avalent rapidement leur assiette afin d’être de retour dans le centre d’appels voisin, mardi 3 mars, avant que la pointeuse marque la fin de leurs trente minutes de pause déjeuner. Les deux travailleurs, qui n’ont pas donné leur nom, passent six jours par semaine, et huit heures par jour, dans cet immeuble vitré, à assurer l’assistance téléphonique pour une compagnie d’assurances. Leur jour de repos s’évanouit au rythme du ménage, des courses ou de la cuisine. « On n’a pas l’opportunité de prendre du temps, de voir des amis ou de prendre soin de nous », déplore Arturo, qui se considère malgré tout comme un privilégié : il vit à une quarantaine de minutes de son travail, alors que ses collègues qui habitent en périphérie passent plus de quatre heures par jour dans les transports. « Ils arrivent chez eux, dorment et repartent », souffle-t-il.

Les deux hommes font partie des 64 % de salariés du Mexique qui passent quarante-huit heures ou plus au travail chaque semaine, selon une législation inchangée depuis 1917, et qui devraient bénéficier de la réforme constitutionnelle entrée en vigueur mardi 3 mars, par laquelle le gouvernement de Claudia Sheinbaum cherche à réduire la semaine de travail à quarante heures d’ici 2030. « Il faut voir comment elle est appliquée, parce que la loi ne mentionne pas les deux jours de repos, et il reste à voir si les entreprises nous obligent à faire plus d’heures supplémentaires », avertit Luis.

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LJD

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