Comment la mécanique de la sous-traitance et de l’externalisation fragilise les salariés

Comment la mécanique de la sous-traitance et de l’externalisation fragilise les salariés

Quel est le point commun entre des agents d’entretien qui font le ménage dans des bureaux, des cordistes nettoyant un silo, des fondeurs coulant des pièces auto, des maçons sur un échafaudage, un agent de sécurité devant un magasin ou le technicien envoyé installer votre fibre ? Il y a toutes les chances qu’ils interviennent en sous-traitance, cette opération par laquelle une entreprise confie à une autre le soin d’exécuter pour elle une part de ses activités.

Un phénomène devenu structurel dans l’économie et le quotidien des Français, mais qui reste mal évalué. Contrairement au nombre de CDI ou d’intérimaires, il n’existe pas de catégorie statistique du travail en sous-traitance. Lequel reste un contrat commercial, liant deux entreprises, qui n’apparaît que dans le détail des plans comptables. Le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) reconnaît manquer de chiffres : « Parce que personne ne le déclare, constate Jean-Christophe Repon. Tout le monde dit qu’il n’y a pas de problème avec la sous-traitance. Mais que personne ne soit fier de la déclarer cache une démarche qui, parfois, est subie par une des parties. »

La dernière fois que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a posé la question aux chefs d’entreprise, en 2021, un sur deux a reconnu intervenir dans une chaîne de sous-traitance, en tant que donneur ou preneur d’ordre. Ce chiffre atteint six sur dix chefs d’entreprise dans la construction et 83 % des grands groupes. La Fédération des entreprises de propreté, d’hygiène et services associés (FEP) estime, elle, que 70 % à 80 % des prestations de propreté sont aujourd’hui externalisées en France, et quasiment 100 % dans le tertiaire.

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LJD

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