« C’est un métier ! » : les tailleurs de pierre tiraillés entre savoir-faire et mécanisation

« C’est un métier ! » : les tailleurs de pierre tiraillés entre savoir-faire et mécanisation

Le chantier de reconstruction de Notre-Dame de Paris a remis à l’honneur certains métiers oubliés, en particulier les tailleurs de pierre. Les « pierreux », comme on dit dans le milieu, sont ceux qui façonnent les pierres pour la construction neuve, mais surtout pour la restauration de bâtiments. « C’est un métier passionnant, traditionnel, qui fait immédiatement penser aux cathédrales », résume Sébastien Terrier, responsable d’opération à l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics.

La taille de pierre est une profession confidentielle, mais où le savoir-faire a de la valeur. D’après le dernier baromètre « Besoins en main-d’œuvre » de France Travail, 80 % des recrutements de « professionnels de la taille de pierre et des matériaux associés » étaient jugés difficiles par les employeurs en 2025. Selon l’Urssaf, on comptait 7 272 professionnels de la taille de pierre fin 2024, un chiffre qui a diminué continuellement (9 653 en 2009) jusqu’à se stabiliser depuis 2015.

La demande est toujours là, mais le métier s’est en partie mécanisé avec le temps. En amont, les appareilleurs, qui se spécialisent dans le dessin technique, font désormais des scanners ou utilisent la photogrammétrie pour modéliser les façades, et gagner du temps sur l’élaboration du gabarit fourni à la machine.

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Sur la deuxième étape, le façonnage, les machines à commande numérique – par exemple dites « 5 axes » ou « 8 axes » – permettent de réaliser le gros de la taille. « Les axes sont des grands bras articulés, qui grignotent de la matière dans la pierre, font la taille la plus pénible, la grosse bûche comme on dit. Le tailleur doit garder de 30 à 40 % du temps de taille à la main », précise Charlotte d’Aquilante, directrice de travaux chez H. Chevalier. Sophie, tailleuse de pierre depuis dix ans, a vu le métier bouger : « La machine prend une place importante, elle est capable de pousser plus loin le travail, on a moins de finitions à faire, mais les pierres sont toujours reprises à la main. »

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