Formation : les préconisations-chocs de l’ancienne équipe de Pénicaud

Bien qu’il ne soit plus au service du gouvernement depuis juillet 2020, Antoine Foucher continue de porter des idées dérangeantes de réformes. Directeur du cabinet de Muriel Pénicaud lorsque celle-ci était ministre du travail, il a présenté, mercredi 9 février, une douzaine de préconisations qui esquissent « une politique nationale des compétences » pour les dix prochaines années. Sa démarche suit un fil directeur : si la France veut se réindustrialiser, « réussir » la transition énergétique et tendre vers le plein-emploi, il faut que les qualifications de la main-d’œuvre collent mieux aux attentes des entreprises. Cela implique une action très « volontariste », avec de substantiels moyens budgétaires et une obligation de résultats synonyme d’électrochoc pour l’éducation nationale.

Après son départ de la Rue de Grenelle, M. Foucher a fondé Quintet, un « cabinet de conseil en stratégie sociale », avec plusieurs anciens collaborateurs de Mme Pénicaud, dont Alain Druelles. Les deux hommes ont joué un rôle central dans plusieurs gros chantiers du quinquennat, dont la loi « avenir professionnel » de septembre 2018, qui a chamboulé le monde de l’apprentissage et de la formation continue.

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Les propositions dévoilées mercredi sont leur œuvre. Elles « n’engagent que Quintet », selon M. Foucher, mais s’inscrivent dans le prolongement de l’action du ministère du travail depuis mai 2017 et sont susceptibles de retenir l’attention d’Emmanuel Macron, au moment où se construit son programme pour l’élection présidentielle.

Aide de 8 000 euros sur le CPF

L’une des recommandations les plus frappantes concerne l’univers scolaire et l’apprentissage. Il est temps de « dire la vérité » aux jeunes ainsi qu’à leurs familles, au sujet des performances du système. Cette opération transparence passe par la publication d’une batterie d’indicateurs, dont le « taux d’insertion dans l’emploi » de tous les lycées professionnels et centres de formation d’apprentis (CFA). Cette mesure avait déjà été évoquée en février 2018, mais sans se concrétiser réellement.

Aujourd’hui, les fondateurs de Quintet la reprennent mais estiment qu’il faut aller encore plus loin. Comment ? En fermant les classes de lycée professionnel et en supprimant les financements des sections de CFA dont le taux d’insertion dans l’emploi est inférieur à 50 %, deux années consécutives. Une disposition synonyme de tremblement de terre si elle était appliquée. MM. Druelles et Foucher sont convaincus que la collectivité doit cesser de subventionner des formations conduisant « majoritairement au chômage » – leur propos valant aussi pour les stages offerts aux demandeurs d’emploi. La situation actuelle, disent-ils, ne peut plus durer, pour des raisons d’efficience, mais aussi de justice sociale, car ceux qui en pâtissent le plus sont les ménages pauvres.

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Tesla accusé de « ségrégation raciale » dans une usine californienne

« Toute la journée, tous les jours, les employés noirs ou afro-américains entendent des insultes raciales sur les travailleurs noirs, de la part d’autres salariés, de chefs et managers », indique la plainte.

« Après avoir reçu des centaines de plaintes des travailleurs », une agence d’Etat californienne s’est chargée d’enquêter sur les affaires civiles a porté plainte, mercredi 9 février, contre le constructeur automobile américain Tesla pour « ségrégation raciale ».

« (…) La DFEH (California Departement of Fair Employement and Housing) a trouvé des preuves que l’usine Tesla de Fremont est un lieu de travail soumis à la ségrégation raciale, a déclaré Kevin Fish, le directeur de cette agence, dans un communiqué. « Les travailleurs noirs [y] subissent des insultes raciales et des discriminations en termes de tâches, de discipline, de rémunérations et de promotion, ce qui crée un environnement de travail hostile. Les faits dans cette affaire parlent d’eux-mêmes », a-t-il ajouté.

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Le DFEH a envoyé par courriel des extraits de la plainte déposée mercredi après-midi dans un tribunal californien, alors que Tesla avait déjà communiqué le matin sur ses poursuites, avant qu’elles soient confirmées. « Tesla s’oppose fermement à toute forme de discrimination et de harcèlement et a une équipe dévolue aux relations entre employés pour répondre et enquêter sur toutes les plaintes », a assuré le groupe dans un communiqué, qui mentionne une enquête de trois ans, portant sur des faits s’étant supposément déroulés dans l’usine de Fremont entre 2015 et 2019.

« Toute la journée, tous les jours, les employés noirs ou afro-américains entendent des insultes raciales sur les travailleurs noirs, de la part d’autres salariés, de chefs et manageurs », fait savoir la plainte. Elle cite de nombreux exemples d’une rare violence verbale, y compris le « n-word » [le mot qui commence par n], pour « nigger » (« négro »), un terme proscrit pour les personnes blanches aux Etats-Unis.

« Harcèlement racial généralisé »

« Comme l’usine est racialement ségréguée, les employés de l’usine appelaient les zones où de nombreux Afro-Américains travaillaient la porch monkey station [qu’on peut traduire par “la zone des singes qui ne foutent rien”], mentionne la plainte. Une employée s’est entendu dire par des collaborateurs et des chefs ferme ta gueule, négresse et tous les Noirs se ressemblent”, continuent les avocats. Un travailleur noir a entendu ce genre d’insultes jusqu’à 50 à 100 fois par jour. »

La plainte souligne que les salariés noirs étaient affectés à des tâches physiquement plus difficile que les autres dans les usines Tesla, qu’ils étaient plus facilement licenciés pour des infractions mineures et beaucoup moins fréquemment promus. « Pour beaucoup de travailleurs noirs, le stress du harcèlement racial généralisé, le risque d’altercations physiques avec les harceleurs, la discrimination flagrante, la discipline disproportionnée et l’inaction en cas de plainte ont rendu leurs conditions de travail tellement intolérables qu’ils ont démissionné », précise la plainte.

Plusieurs salariés et ex-salariés du groupe dirigé par le milliardaire Elon Musk ont déposé des plaintes ces derniers mois pour dénoncer des cas de harcèlement sexuel ou de discrimination raciale au sein de l’entreprise.

En octobre, un jury californien avait condamné Tesla à verser 137 millions de dollars (118 millions d’euros environ) de dommages et intérêts à un ancien employé noir pour avoir fermé les yeux sur le racisme qu’il subissait dans cette même usine du groupe.

« Tesla a toujours pris des actions disciplinaires et licencié des employés pour faute professionnelle, y compris ceux qui profèrent des injures raciales ou harcèlent les autres de différentes manières », a assuré le groupe dans son communiqué mercredi, qui mentionne aussi son équipe chargée de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. L’entreprise compte demander au tribunal de suspendre les poursuites pour s’assurer que l’ensemble des faits et des preuves soient pris en compte. Le constructeur automobile, qui insiste aussi sur le fait qu’il est le dernier encore installé en Californie, dit regretter que le DFEH ne lui ait pas transmis les détails des accusations sur lesquelles s’appuient ses poursuites.

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Le Monde avec AFP

« Travailler moins pour vivre mieux » : une autre voie à explorer

Livre. Pourquoi le travail est-il omniprésent dans nos vies ? Pourquoi se définit-on par rapport à lui ? Qu’est-ce qui nous pousse à rechercher la productivité et la performance dans notre métier, jusqu’à, parfois, choisir des loisirs qui pourraient être utiles à nos carrières ? Au fil des pages de son essai Travailler moins pour vivre mieux (Dunod), Céline Marty nous invite à interroger notre rapport au travail, sa place dans notre quotidien et au sein de l’organisation sociale. La professeure de philosophie fait le constat critique d’un travail qui envahit nos vies, nous apportant son lot de contraintes, de souffrances, de dépendances.

Une situation qu’elle dénonce, mais dont elle ne voit que peu de remises en cause. Les conditions d’exercice professionnel et la centralité du travail semblent aujourd’hui, à ses yeux, largement acceptées. Elle démontre combien le sujet du travail peut même être « tabou ». Et lorsque la question apparaît au cœur du débat public, c’est uniquement pour être abordée « par un angle technique ou économique, déplore-t-elle. Le marché décide incontestablement du contenu et des conditions du travail, comme si tout cela ne dépendait pas de nous ».

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Son ouvrage doit donc se lire comme un appel au sursaut. « Tout n’est pas gravé dans le marbre ! », assure-t-elle. Les lecteurs-citoyens sont invités à s’emparer du sujet, à « se réapproprier le débat public sur le travail ». Pour ce faire, Céline Marty livre quelques pistes de réflexion et d’action, afin de montrer que des alternatives à la situation actuelle sont possibles.

Parvenir à une « société frugale »

Son propos est étroitement lié à la prise en compte de l’urgence écologique. Face à l’épuisement des ressources et aux impacts du productivisme sur l’environnement, l’autrice juge indispensable qu’une autre voie soit empruntée. C’est là le sens du sous-titre de son essai, « Guide pour une philosophie antiproductiviste ». Une réflexion menée en prenant notamment appui sur les écrits d’André Gorz (1923-2007), l’un des pionniers de la décroissance en France (l’autrice est actuellement doctorante en philosophie du travail sur l’œuvre de ce dernier).

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Céline Marty appelle à « s’émanciper du productivisme » en questionnant notamment l’utilité des emplois qui nous entourent. « Nous devons poursuivre collectivement ce débat : la publicité est-elle une production essentielle ? Qu’en est-il du marketing ou de l’optimisation fiscale ? » Une réflexion similaire doit être menée sur ce que nous souhaitons produire. « La question est vertigineuse, reconnaît-elle. [Le] marché et l’Etat capitaliste (…) ont, seuls, déterminé le contenu légitime de la production selon leurs intérêts, détruisant ressources humaines et naturelles. Il est grand temps de s’en emparer. »

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De la Toscane à la Sicile, de jeunes télétravailleurs s’en vont aux champs

La société agricole Ca’ Bianca, à Paderna, dans le Piémont (Italie), en mai 2021.

Le bureau d’Eric et Irene s’étale sur plusieurs étages et des centaines de mètres carrés. La bâtisse du Piémont a beau dater du XVIIe siècle, elle dispose d’un excellent Wi-Fi, d’une imprimante, d’un scanner et d’un terrain d’un hectare. En guise de pause-café, le couple peut profiter de la piscine, se promener dans le bois, ou contempler le lierre qui grimpe sur l’ancienne grange. Eric et Irene, deux Italiens, ne sont pas millionnaires – elle a 24 ans et écrit sa thèse en psychologie, il en a 26 et s’occupe des réseaux sociaux d’une petite entreprise. Ils sont tout simplement inscrits sur Borgo Office.

Cette plate-forme permet de loger dans des chambres d’hôtes dans une quarantaine de villages en Italie, « gratuitement ». En échange, les invités peuvent acheter, selon le montant qu’ils souhaitent, des spécialités locales. Au lieu de régler leur semaine de séjour à Paderna, dans le Piémont, Eric et Irene ont ainsi choisi d’acheter un panier de 10 kilos de produits locaux, pour 500 euros. « Pour ce prix-là, on aurait pu se payer un petit studio, pas une villa. On repart les poches pleines de sauces tomate, confitures et pâtes qui prolongeront le plaisir des mois durant. On n’a pas eu l’impression de payer », s’enthousiasme le couple. En marketing, leur exaltation est bien connue. « Face à un cadeau ou à un geste généreux, la réaction la plus répandue consiste à vouloir donner en retour », rappelle Federico Pisanty, créateur de Borgo Office.

Nuits contre nourriture

C’est à Paderna, dans la maison de vacances de sa famille, qu’a germé le concept des séjours du Borgo Office, baptisés « smart working & farm supporting » (« travail intelligent et soutien à l’agriculture »). Les collines cernant ce village reculé du Piémont ont beau avoir été dévalées par le campionissimo Fausto Coppi, un des plus grands coureurs de l’histoire du cyclisme, elles restent méconnues. « Ici, la première cause de mort, c’est l’infarctus, suivi par les renversements de tracteurs. On est hors des sentiers battus », résume l’entrepreneur milanais. C’est précisément ce qui séduit ses parents quand ils se sont installés dans cette région : « On a trouvé un petit coin de paradis, idéalement situé : Milan est à une heure, Turin et les plages de Ligurie aussi. Cerise sur le gâteau : juste à côté, un ancien théâtre transformé en restaurant sert un poisson excellent », raconte sa mère, Cetty, 83 ans. Passionnée de jardinage, l’aïeule ne sait plus estimer le nombre de mètres carrés de sa maison secondaire – probablement autour de 500. Mais elle énumère sans ciller les arbres qui peuplent le terrain d’un hectare : cerisiers, plaqueminiers, figuiers, pêchers, noisetiers, noyers. Tous les étés, la bâtisse accueille famille et amis. L’octogénaire régale ses invités avec ses fameuses sauces tomate, confitures et chutney préparés à partir des produits du jardin. Quand ils ne plongent pas dans la piscine, les hôtes profitent du Wi-Fi pour télétravailler en pleine nature.

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Le succès de la plate-forme antidiscriminations prouve l’ampleur du travail qui reste à faire

Un an après sa naissance, la plate-forme antidiscriminations mise en place par la Défenseure des droits, Claire Hédon, a pleinement justifié sa création. Ce dispositif téléphonique et en ligne, tenu par sept juristes écoutants, a été sollicité à 14 000 reprises en douze mois. Un quart de ces appels a concerné des discriminations sur l’origine, un autre quart sur le handicap. Ces signalements ont débouché sur 7 096 dossiers traités par les services de la Défenseure des droits. « Un chiffre en hausse de 25 % et qui prouve le besoin d’un tel dispositif », souligne Mme Hédon.

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La plate-forme antidiscriminations, décidée par Emmanuel Macron dans la foulée du scandale créé par l’agression du producteur de musique noir Michel Zecler par trois policiers, en décembre 2020, à Paris, joue un rôle autant pédagogique (qu’est-ce qu’une discrimination, comment la caractériser ?) que de signalement et d’accompagnement des victimes. Pour ce faire, les services de la Défenseure des droits peuvent recourir aux 1 200 acteurs associatifs – dont les 75 référents discrimination dépendant de la Défenseure des droits – et institutionnels recensés et mobilisables.

Une majorité de règlements à l’amiable

Dans la majorité (60 %) des quelque 7 000 dossiers traités, à l’issue d’une démarche contradictoire et impartiale des services de la Défenseure des droits, les médiations débouchent sur un règlement à l’amiable. « Ce que les gens souhaitent, c’est être reconnus et rétablis dans leurs droits », estime Mme Hédon. Elle cite ainsi le cas d’une jeune femme handicapée qui s’était vue refuser l’accès à un festival à cause de son handicap malgré les assurances données sur le site officiel. Après médiation, elle a obtenu « un remboursement » et un engagement du festival « à travailler sur l’accessibilité pour la prochaine édition », a détaillé la Défenseure des droits.

Lorsque la médiation n’aboutit pas, la personne victime de discrimination peut choisir d’aller devant les tribunaux. Ou alors la plate-forme peut effectuer un signalement aux services du procureur de la République. En cas de procédure judiciaire, « les avis de la Défenseure des droits sont suivis par les tribunaux dans trois quarts des cas », déclare Claire Hédon. Toutefois, les plaintes au pénal ont peu de chances d’aboutir à cause de la charge de la preuve, qui est aménagée devant les prud’hommes et la justice civile, où les chances de réussite sont bien plus élevées.

Le domaine le plus concerné est le monde du travail, qui regroupe 50 % des signalements de la plate-forme. « Bien souvent, les gens qui nous appellent pensent ne pas disposer de preuves, estime un responsable des services de la Défenseure des droits. Nous sommes là pour les aider et leur montrer qu’ils disposent de bien plus de preuves qu’ils ne croient. » Parmi les critères de discrimination, le fait que celui du handicap vienne quasiment à égalité avec celui des origines montre à quel point le monde du handicap a su se mobiliser pour recourir à la nouvelle plate-forme.

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Cas contacts, salariés positifs, parents d’enfants malades : les intérimaires se font rares dans le BTP et la logistique, les employeurs se les arrachent

« Pas de télétravail pour les ouvriers du BTP et de l’industrie, des secteurs friands de personnel intérimaire.  »

« Le téléphone n’arrête pas de sonner », confie Gilles Cavallari, le président de Samsic Emploi. En ce mois de janvier, le personnel de ses agences d’intérim croule sous les sollicitations d’entreprises qui cherchent à recruter des intérimaires pour pallier les absences de leurs salariés en arrêt maladie pour cause de Covid-19. « On a actuellement entre 5 % et 11 % de nos intérimaires qui sont cas positifs. On essaie de répondre au minimum à une demande d’entreprise sur deux, mais on n’arrive pas à les satisfaire toutes », note Gilles Cavallari.

Pas de télétravail pour les ouvriers du BTP et de l’industrie, des secteurs friands de personnel intérimaire. Sur les chantiers ou dans des entrepôts, les salariés demeurent en première ligne face à la pandémie. « On a vu des taux d’absentéisme monter jusqu’à 40 % dans certaines entreprises, déplore Gaëtan Deffrennes, le directeur général de Randstad. C’est en train de se calmer, mais on a encore beaucoup de salariés parents d’enfants malades qui doivent rester à la maison pour les garder. »

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Chez Adecco, le constat est plus nuancé. « Bien qu’il y ait des sollicitations accrues de la part de nos clients liées à l’absentéisme causé par la vague Covid de ce mois de janvier 2022, en particulier dans les secteurs de la grande distribution et de la logistique, nous ne constatons pas un “boom” spectaculaire des remplacements, relate une porte-parole d’Adecco. Dans des secteurs comme le BTP, certaines missions sont repoussées. En ce qui concerne la restauration, le télétravail étant synonyme de baisse d’activité, il n’y a pas de boom de missions. »

De l’hôtellerie à la logistique

Un effet de « vases communicants » compense en partie la pénurie de personnel, note Gaëtan Deffrennes. Les salariés de secteurs encore en berne, comme l’hôtellerie-restauration, n’hésitent pas à postuler dans des filières qui recrutent en masse. « Depuis 2020, on a vu les salariés de l’hôtellerie-restauration se tourner vers l’industrie et la logistique, un secteur qui a explosé avec la livraison à domicile. Ils ont découvert des horaires davantage compatibles avec une vie de famille, et ils sont restés. Un secteur qui reste compliqué, c’est le BTP. Beaucoup d’entreprises hésitent à prendre de nouveaux chantiers. »

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La crise sanitaire aggrave les pénuries de personnel dans la logistique et le bâtiment, des secteurs qui étaient déjà en tension avant la crise, s’accordent à dire les acteurs de l’intérim. « On met trois fois plus de temps pour recruter un cariste ou un préparateur de commandes », avoue Gilles Cavallari. A l’instar du personnel ultra-qualifié de la tech, les entreprises s’arrachent désormais les intérimaires du BTP et des plates-formes de distribution de colis.

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En Belgique, la forte inflation relance le débat sur l’indexation automatique des salaires

Les centres d’appel des compagnies débordés, les centres d’aide sociale de plus en plus sollicités, les décideurs politiques hésitants quant aux mesures à prendre : la flambée des prix du gaz, de l’électricité et des carburants est « le » sujet du moment en Belgique. Selon la Commission de régulation de l’électricité et du gaz, la facture annuelle d’électricité d’un ménage belge moyen a grimpé en 2021 de 400 euros, s’établissant à près de 1 321 euros, quand, en France, la facture restait quasiment stable, autour de 700 euros. Celle du gaz a bondi de 1 539 euros (2 800 euros par an), alors qu’en France la progression est de 964 euros, s’établissant à 2 572 euros.

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Selon le Bureau fédéral du Plan, la hausse de la facture énergétique représente à elle seule près de la moitié de l’inflation, qui devrait s’établir à 6,67 % en janvier et culminer à 6,77 % en février. Un taux record depuis 2008, bien au-delà de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne. Il est dû, aussi, à une forte augmentation du prix des produits alimentaires, des biens industriels non liés à l’énergie et du gasoil de chauffage, très prisé par les ménages. A la fin de 2020 déjà, le taux d’inflation belge dépassait de 0,7 point celui de la zone euro, qui s’établissait à 4,9 %.

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De quoi inquiéter la population, faire hésiter le gouvernement quant aux mesures à prendre et s’interroger le monde patronal : selon le Voka, groupement des entrepreneurs de Flandre, l’addition devrait s’élever à 11 milliards d’euros pour les firmes du pays. La cause ? Le mécanisme d’indexation automatique des salaires. Lorsque les prix d’un panier de produits dépassent un plafond, les allocations sociales et les rémunérations de la fonction publique sont adaptées sans discussion. L’adaptation des salaires se fait aussi dans le privé, mais de manière différée, après que des conventions sont négociées par secteurs.

Un potentiel « saut d’index »

Défendue bec et ongles par la gauche et les puissants syndicats, l’indexation automatique, également en vigueur sous une forme atténuée dans quelques autres pays européens, fut dénoncée naguère par la Banque centrale européenne, l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’Allemagne d’Angela Merkel et la France de Nicolas Sarkozy. Tous estimaient qu’il alimentait une spirale inflationniste : l’augmentation des prix entraîne une hausse des rémunérations, d’où un nouvel accroissement des prix puisque les entreprises y intègrent la progression du coût salarial. Le tout handicapant la compétitivité et l’emploi.

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A Blois, les convoyeurs de fonds en grève pour un dégel des salaires

La caisse centrale de Blois, austère bunker blanc derrière la gare SNCF, fait travailler une soixantaine de salariés, chacun s’appelant par un surnom et utilisant un jargon très singulier : « sécurisation de la phase trottoir », « mallette Axytrans », entend-on sur le parking où reviennent au compte-gouttes quelques véhicules, blindés ou non. Ces routiers armés collectent ou livrent les devises des banques, restaurants McDonald’s, supermarchés et certains bars-tabacs entre Chartres et Yzeures-sur-Creuse (Indre-et-Loire). Ils se partagent le marché avec le groupe américain Brink’s. Le site de Blois est l’un des 64 que compte la société suédoise Loomis.

Eric Grelet, 54 ans, adepte de krav-maga et moniteur de tir en club, est convoyeur depuis vingt-trois ans. Ce colosse gagne autour de 2 000 euros net par mois, avec 400 euros de prime de sécurité, d’habillement et de repas inclus. Face aux hausses de l’essence, des produits alimentaires et du gaz, l’intersyndicale (FO, CGT, CFDT, UNSA, CFTC) a lancé un appel à une augmentation des salaires. Ils demandent une hausse de 95 euros brut (+ 5 %). La direction leur a accordé 25 euros, soit, dans le détail, une hausse de 0,6 % en avril, puis de 0,4 % en septembre et de 1 % en janvier 2023. « Ce n’est pas dans notre culture de faire grève, mais on déplace des fonds très importants et on se bat pour une augmentation dérisoire pour au moins amortir l’inflation », explique ce délégué syndical FO, dont le salaire n’a plus varié depuis trois ans. « Pendant le Covid-19, on a toujours travaillé mais on n’a jamais été récompensés… Il n’y a jamais eu de prime Macron, par exemple. »

Débrayages serrés

Eric travaille en trinôme dans des camions blindés ou en binôme, lorsqu’on lui confie des valises intelligentes où stocker les billets. « Lesquelles implosent si vous dépassez le temps imparti entre le véhicule et le sas de livraison, ou si vous vous éloignez un peu trop de l’itinéraire. On a connu deux braquages à Blois… c’est un métier dangereux et qui restera dangereux. On est bien d’accord que tous les jours, on risque notre vie », explique cet employé au regard porté sur chaque passant qui approche.

D’une grève totale, le mouvement social, suivi à plus de 80 %, a évolué à Blois en débrayages serrés. « On démarre à 8 heures et on arrête à midi. Comme on rayonne dans la région et qu’un blindé ne roule qu’à 90 km/h, cela veut dire qu’une tournée à Chartres ou à Chinon [Indre-et-Loire], qui, normalement, compte entre vingt et trente arrêts, n’en compte désormais que deux, puisqu’il faut déjà 1 h 45 pour y aller ! Je peux vous dire que beaucoup de magasins et de distributeurs ne sont plus approvisionnés. »

Covid-19 : soulagement des professionnels de la culture après les annonces de Jean Castex

Lors d’un concert à l’AccorHotels Arena, à Paris, en mai 2021.

Les professionnels l’attendaient avec impatience. Jeudi 20 janvier, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé un allègement « gradué et progressif » des restrictions sanitaires qui frappent le secteur culturel depuis le début de l’année. Concrètement, les spectacles se déroulant avec un public assis pourront avoir lieu sans jauge à partir du 2 février. Depuis le 3 janvier, la capacité maximale des salles avait été fixée à 2 000 spectateurs en intérieur et à 5 000 en extérieur, ce qui avait entraîné l’annulation de nombreuses manifestations.

Pour les concerts debout, qui étaient purement et simplement interdits depuis le 3 janvier, à l’intérieur comme à l’extérieur, les professionnels devront attendre le 16 février avant de pouvoir reprendre leur activité. Un délai supplémentaire jugé nécessaire par le premier ministre pour « absorber les effets du pic épidémique » et s’assurer d’un réel reflux de la cinquième vague de contamination, alors que plus de 425 000 cas positifs au Covid-19 ont été encore enregistrés jeudi.

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Cette reprise d’une activité normale se fait à une condition : les spectateurs âgés de 16 ans et plus devront, dès le 24 janvier, présenter un passe vaccinal, c’est-à-dire un schéma vaccinal complet, pour pouvoir entrer dans une salle de spectacle, un cinéma ou un musée. Seuls ceux âgés de 12 à 15 ans pourront encore présenter un passe sanitaire et être admis dans un lieu culturel avec un simple test négatif. Les enfants de moins de 12 ans ne sont pas concernés par ces restrictions. Le port du masque, en revanche, reste obligatoire pour tout le monde.

« On sort enfin du flou artistique »

Sans surprise, ces annonces ont été plutôt bien accueillies par les professionnels. « On sort enfin du flou artistique. Depuis la fin décembre [2021], on réclamait un calendrier pour pouvoir travailler avec les producteurs et programmer des concerts. Dès demain, le public va pouvoir recommencer à acheter des places sereinement », se réjouit Daniel Colling, le président des Zénith de Paris, Nantes et Toulouse, qui avait suspendu tous les spectacles et concerts prévus dans ses salles en janvier.

« C’est bien, on avait besoin de visibilité, on l’a demandé et on l’a eue, abonde Angelo Gopee, directeur général de la filiale française de Live Nation, le plus gros organisateur de concerts au monde. Mais il faut être réaliste, le public va avoir du mal à s’y remettre. Quand on a rouvert l’an dernier, beaucoup de salles ont continué à souffrir à cause de la lassitude des gens. On va devoir encore recaler des dates la semaine prochaine. Notre activité ne devrait reprendre normalement que fin mars. »

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Un million d’entreprises créées en 2021 en France, signe d’attractivité ou de précarité ?

« Un record tout simplement historique. » Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, s’est félicité, lundi 17 janvier, du nombre d’entreprises créées en 2021 en France – un million –, qu’il considère comme le signe d’un regain d’attractivité du pays.

Avec 995 868 entreprises créées en 2021, « cela représente une augmentation de 17,4 % par rapport à 2020, elle-même une année record avec près de 850 000 entreprises créées », détaille un communiqué du gouvernement.

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Deux tiers de microentrepreneurs

Les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), sur lesquelles s’appuie M. Le Maire, apportent cependant une nuance de taille : parmi ces créations d’entreprises, près de deux tiers étaient des microentreprises. Si on les exclut, le nombre d’entreprises créées en 2021 n’est plus que de 354 325.

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La différence est importante. Le régime de l’autoentrepreneur créé en 2009 – devenu microentrepreneur depuis 2014 – est bien souvent plus fragile que celui des entrepreneurs classiques.

Selon une étude publiée par l’Insee en juillet 2021, les microentrepreneurs retiraient en 2019 en moyenne 590 euros par mois de leur activité non salariée, soit 6,5 fois moins que les non-salariés classiques (essentiellement des entrepreneurs individuels ou des gérants majoritaires de sociétés à responsabilité limitée). L’étude précise ainsi :

« Leur faible revenu est lié à la nature de ce régime, qui impose des plafonds sur les chiffres d’affaires pour en bénéficier. Un sur quatre gagne moins de 100 euros par mois, la moitié moins de 330 euros et un sur dix plus de 1 510 euros. »

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Indépendance et précarité

Gage d’indépendance, le statut de microentrepreneur s’est imposé ces dernières années pour les personnes qui souhaitent lancer leur activité. Ce régime simplifié offre une exonération de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à condition de ne pas dépasser certains seuils et une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d’activité.

A la fin de 2019, la part des microentrepreneurs augmentait dans presque tous les secteurs, selon l’Insee :

« Elle atteint 75 % dans le commerce de détail hors magasin (sur les marchés ou à distance) et jusqu’à 98 % dans les activités de livraison à domicile et de coursiers urbains. »

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Si cette promesse d’affranchissement du salariat est séduisante, elle est aussi synonyme d’instabilité et de petits boulots. Parmi les microentrepreneurs, 29 % cumulaient leur activité avec un travail salarié à la fin de 2019. L’arrivée de la crise sanitaire, en 2020, a aggravé les choses. Un sondage publié au début de 2021 par l’Union des autoentrepreneurs montrait que, si plus de 83 % des personnes interrogées sur un échantillon de 3 320 répondants avaient repris une activité à l’issue du deuxième confinement, ils n’étaient que 10 % à avoir récupéré au moins 60 % de leur chiffre d’affaires de l’année précédente.

L’autoentrepreunariat peut aussi être subi, et s’apparenter à du salariat déguisé sous la coupe d’une entreprise ayant recours à des microentrepreneurs pour ne pas avoir à les employer. Sanctionnée par la loi, la dissimulation d’emploi salarié est caractérisée, selon l’Urssaf, lorsque « les personnes employées fournissent un travail à un donneur d’ordre, dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente à l’égard de celui-ci ; et que le donneur d’ordre a volontairement pu échapper à ses obligations d’employeur par ce moyen ».

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Des microentreprises moins pérennes

Une autre enquête de l’Insee montre que les microentreprises sont moins pérennes que les entreprises individuelles classiques :

« Cinq ans après leur immatriculation au premier semestre 2014, un tiers des autoentrepreneurs ayant démarré leur activité sont toujours actifs. Pour la même génération, la proportion d’entrepreneurs individuels classiques pérennes à cinq ans est beaucoup plus élevée (53 %). »

Derrière le chiffre record de 995 000 entreprises créées en 2021, on trouve ainsi 641 000 nouveaux microentrepreneurs, dont le profil ne correspond pas toujours à l’image du patron fortuné.