Credit Suisse-UBS : « la fusion va accroître la saignée dans les effectifs, en faisant apparaître des redondances »

Le nouveau PDG d’UBS, Sergio Ermotti, lors d’une conférence de presse, à Zurich, le 29 mars 2023.

Cent vingt-deux mille salariés dans le monde, c’est trop, beaucoup trop. Revenu dans son ancienne maison, le nouveau PDG d’UBS, Sergio Ermotti, s’apprête à tailler dans le vif, après l’acquisition pour 3 milliards d’euros – sous la pression des autorités helvétiques – de Credit Suisse, au bord de la faillite. De 25 000 à 36 000 postes, soit de 20 % à 30 % des employés, du nouveau mastodonte bancaire pourraient être supprimés, a avancé, dimanche 2 avril, l’hebdomadaire zurichois SonntagsZeitung, citant des sources internes anonymes.

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Tous les licenciements ne sont pas imputables à l’opération, puisque la banque en faillite prévoyait déjà 9 000 suppressions de postes avant l’opération, résultat d’une mauvaise gestion depuis plusieurs années.

Mais la fusion va accroître la saignée, en faisant apparaître des redondances : leurs agences sont voisines au cœur de nombreuses villes, à l’image des sièges des deux banques situées côte à côte sur la Paradeplatz de Zurich. Les employés de Credit Suisse sont les plus menacés, selon les syndicats, qui réclament un plan de sauvetage. « L’enjeu est colossal pour ses 17 000 employés en Suisse », soulignait l’Union syndicale suisse, au lendemain de la fusion.

10 % du produit intérieur brut

Le choc social s’est doublé, dimanche, d’une secousse judiciaire. Le parquet fédéral a annoncé l’ouverture d’une enquête sur d’éventuelles irrégularités lors du mariage forcé. « Il s’agit d’analyser et d’identifier toute infraction pénale qui pourrait relever de [sa] compétence », a-t-il expliqué dans un courriel transmis à l’AFP. L’enjeu est, là aussi, très important pour la Confédération helvétique, dont l’industrie financière (banques, compagnies d’assurances et de réassurances…) pèse près de 10 % du produit intérieur brut. La justice veut s’assurer que la place financière suisse reste « propre ».

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Les choses se sont améliorées au « paradis » suisse, moins opaque depuis la fin annoncée du secret bancaire en 2009, exigée par le G20 et l’Organisation de coopération et de développement économiques, et l’entrée en vigueur de l’échange automatique de données en 2018. De multiples scandales, dont beaucoup remontent aux années 2000, ont trouvé un épilogue judiciaire en Europe et aux Etats-Unis. Ils impliquaient très souvent les deux géants de la gestion de fortune.

Le dernier remonte à décembre 2021 : UBS devra payer 1,8 milliard d’euros d’amendes, dont 800 millions à la France, pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale aggravé. Dans ces opérations mains propres, on a le désagréable sentiment que ce sont finalement les employés qui paient la facture.

Crise au « Canard enchaîné » : le lanceur d’alerte Christophe Nobili convoqué à un entretien préalable à un licenciement

A Paris, en février 2017.

Si Christophe Nobili s’avise de se présenter au Canard enchaîné, lundi matin, ce sera uniquement pour exercer ses mandats de délégué syndical (SNJ-CGT) et d’élu au comité social et économique (CSE). Le journaliste, lui, a été mis à pied à titre conservatoire, vendredi 31 mars, et s’est vu adresser une lettre de convocation à un entretien préalable à un éventuel licenciement, a appris Le Monde de source interne. Un CSE extraordinaire a été convoqué vendredi prochain, afin de soumettre ce projet à consultation, comme le veut la procédure quand un salarié est délégué syndical. Son salaire est suspendu.

Pour rappel, l’enquêteur a déposé plainte contre X, début mai 2022, pour abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux, après avoir découvert que sa direction avait rémunéré l’épouse du dessinateur André Escaro pendant plus de vingt ans, sans travail réel en échange. Il a fait le récit de sa découverte, et de sa démarche, dans un livre, Cher Canard. De l’affaire Fillon à celle du Canard enchaîné, paru aux éditions JC Lattès début mars.

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« Une mise à pied conservatoire ? Une suspension de salaire ? C’est le traitement que l’on réserve généralement à ceux qui ont piqué dans la caisse ou qui se sont rendus coupables de violences physiques ou de harcèlement !, s’insurge Christophe Nobili dimanche soir. Ce n’est pas le traitement qu’on attend d’un journal comme Le Canard vis-à-vis d’un lanceur d’alerte. »

« Une sanction totalement disproportionnée »

Avant de déclencher une action judiciaire en effet, M. Nobili s’était placé sous le statut de lanceur d’alerte, et s’était fait élire délégué syndical dans l’espoir de protéger son emploi. En vain, semble-t-il. Dimanche en fin d’après-midi, le comité d’administration du journal a envoyé un e-mail à tous les salariés, pour les informer d’une « décision difficile », prise « à l’unanimité ». Elle fait suite à « la parution de son livre, et ses multiples déclarations à la presse et dans les autres médias, en violation tant de la convention collective des journalistes que de la charte déontologique du Canard », annonce le courrier. Cette procédure vise à « installer la terreur et [à] intimider mes soutiens », assure encore M. Nobili.

Les membres de la cellule syndicale que le journaliste a montée au journal au cours de l’hiver 2021-2022 s’insurgent, dans un texte que Le Monde a consulté, contre ce qu’ils considèrent comme « une sanction totalement disproportionnée, qui témoigne d’une violence symbolique hors de propos, et qui fait courir le risque de commettre une grave injustice à son égard ». Regrettant que cette décision « risque de nuire encore davantage à l’image du journal, notamment auprès de son lectorat », le communiqué, déjà signé par dix-neuf personnes dimanche en début de soirée, ajoute : « En recourant ainsi à des méthodes patronales, pourtant dénoncées à longueur de colonnes, pour faire taire l’homme par qui le scandale arrive, la direction prend le risque de rester dans l’Histoire comme celle qui aura transformé Le Canard en une entreprise comme les autres. » Contacté, le directeur général délégué et directeur de la publication, Nicolas Brimo, s’est refusé à tout commentaire.

Au Québec, une nouvelle loi va encadrer le travail des enfants

D’ici à quelques semaines, les enfants de 11, 12 ou 13 ans, qu’il n’est pas rare de rencontrer à Montréal derrière un comptoir d’épicerie ou dans les rayons des supermarchés où ils rangent des cartons, auront disparu de leur poste de travail. Le gouvernement québécois a en effet déposé, mardi 28 mars, un projet de loi fixant à 14 ans l’âge minimal pour occuper un emploi.

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Le texte prévoit néanmoins quelques exceptions, sous réserve de l’accord des parents : les plus jeunes pourront notamment continuer d’effectuer du baby-sitting, d’apporter de l’aide aux devoirs, de faire de l’animation dans des colonies de vacances ou encore d’« aider aux petits travaux dans l’entreprise familiale », tel le ramassage de pommes à l’automne.

Le ministre du travail, Jean Boulet, a par ailleurs fixé à dix-sept heures le nombre maximal d’heures hebdomadaires qu’un enfant âgé de plus de 14 ans pourra consacrer à une activité rémunérée, dont dix heures pendant les jours de la semaine où il est à l’école. « Jusqu’à un certain nombre d’heures, le travail est bénéfique pour les enfants, pour leur confiance en eux, pour le développement d’habiletés et de compétences. Mais au-delà d’un certain nombre d’heures, ça devient difficile et ça affecte leur parcours scolaire », a expliqué le ministre lors de la présentation de son texte.

Risques de décrochage scolaire

Le Québec restait l’une des rares provinces canadiennes où il n’y avait pas d’âge minimal requis pour commencer à travailler, quand, sur la côte Pacifique du pays, la Colombie-Britannique, par exemple, avait relevé en 2021 ce seuil de 12 à 16 ans.

Imprégnés de la culture nord-américaine qui valorise l’autonomisation des enfants à travers le travail, les jeunes Québécois, tous milieux sociaux confondus, sont depuis longtemps habitués à ces petits jobs leur permettant de gagner un peu d’argent de poche, mais aussi, assurent certains parents, d’« acquérir un savoir-être et savoir-vivre » qui leur seront utiles à l’heure de leur entrée définitive dans la vie active. Cependant, la pénurie de main-d’œuvre, qui s’est accrue depuis la pandémie de Covid-19, avec 240 000 postes vacants dans la province, et un taux de chômage de 3,9 % (en janvier) ont accentué la pression des employeurs sur cette main-d’œuvre bon marché.

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Selon la dernière « Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire », datée de 2017, 46 % des élèves en classe de 5e, soit âgés d’environ 12 ans, travaillent pendant l’année scolaire. Aux risques de décrochage scolaire régulièrement dénoncés notamment par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec sont venus s’ajouter des chiffres inquiétants sur les conditions de travail des plus jeunes. De 2017 à 2021, le nombre de lésions professionnelles reconnues par la Commission sur la sécurité du travail est passé de 10 à 64 par année pour les enfants de 14 ans et moins, soit une augmentation de 540 %.

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« L’intelligence artificielle générative crée plus de métiers qu’elle n’en élimine »

L’exceptionnelle accélération des progrès de l’intelligence artificielle (IA) et la rapidité fulgurante de son adoption par des millions de gens en un temps record, grâce notamment à ChatGPT et au lancement de GPT-4, une nouvelle version sortie à la mi-mars avec des améliorations considérables, amènent de nombreux observateurs à poser à nouveau une brûlante question : est-ce que l’IA remplacera, déplacera ou créera de nouveaux emplois ?

Au début 2023, la vague d’environ 200 000 licenciements qui a touché le secteur de la technologie aux Etats-Unis, notamment dans la Silicon Valley, a été attribuée à la crise économique et géopolitique mondiale, et au surrecrutement intervenu pendant et juste après la pandémie du Covid-19. L’IA était donc hors de cause.

Mais, d’ici à 2025, estime le Forum économique mondial, l’IA remplacera quelque 85 millions d’emplois, tandis que 97 millions de nouveaux emplois seraient créés sur la même période grâce à l’IA. Selon le cabinet de conseil PwC, l’IA sera responsable d’une augmentation de 14 % du produit intérieur brut de l’Amérique du Nord d’ici à 2030.

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Sam Altman, président d’OpenAI, l’entreprise qui a développé ChatGPT, s’inquiète de la rapidité avec laquelle certains emplois seraient remplacés dans un proche avenir. Une nouvelle étude d’OpenAI publiée en mars estime que ChatGPT et les futurs outils « génératifs » qui en dérivent pourraient avoir un impact sur la moitié des tâches accomplies par environ 19 % des travailleurs aux Etats-Unis. Et 80 % verraient au moins 10 % de leurs tâches affectées par ChatGPT.

De nouvelles compétences

Rappelons toutefois que l’utilisation d’outils logiciels comme Excel a rendu le travail des comptables plus efficace, leur permettant de se concentrer sur des tâches plus complexes qui nécessitent leur expertise spécifique. Excel n’a pas réduit le besoin de comptables, mais a amélioré leur efficience. Et le nombre de comptables a augmenté aux Etats-Unis.

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En réalité, l’adoption généralisée de l’IA exigera de nouvelles compétences techniques et non techniques. L’IA générative a un impact visible dans les domaines créatifs tels que la musique, l’art et l’écriture. Ce qui crée de nouveaux rôles, tels que ceux de spécialiste du contenu généré par l’IA, conservateur d’art IA et producteur de musique IA. Un autre domaine exigeant de nouvelles compétences est celui des services commerciaux, notamment avec les chatbots [robot conversationnel en ligne] et les assistants virtuels alimentés par l’IA.

L’IA générative change aussi la nature des emplois existants. Par exemple, les comptables peuvent maintenant utiliser des systèmes alimentés par l’IA pour automatiser de nombreuses tâches, libérant ainsi du temps pour d’autres tâches plus stratégiques. De même, les médecins peuvent utiliser des systèmes alimentés par l’IA pour analyser les données des patients et identifier les risques potentiels pour la santé. L’impact est aussi très significatif dans le monde du droit.

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« J’ai découvert le quotidien monotone et déshumanisé de la vie d’un jeune cadre dynamique dans une grande banque »

La première fois que j’ai compris que « la vie active » d’un jeune cadre dynamique serait en fait un quotidien monotone, aliénant et vide de sens, c’était en septembre 2021, en obtenant une alternance dans la finance au sein d’un grand groupe bancaire, premier dans le financement des énergies renouvelables (ENR).

Lorsque j’intègre le département, je vois cette opportunité comme un challenge. En tant qu’ingénieur diplômé de l’institut polytechnique UniLaSalle Beauvais en géologie et déjà avancé dans une prise de conscience écologique, me voilà idéalement placé pour « changer les choses de l’intérieur ». Je travaille sur le biogaz, une filière naissante à laquelle je crois beaucoup.

Disons que je suis dans le bon wagon, car dans le bâtiment d’en face la même banque finance les projets climaticides de grands groupes pétroliers. D’ailleurs, selon un récent classement, ma banque est le troisième plus gros financeur des énergies fossiles en France… « Changer les choses de l’intérieur » revient en fait à contribuer à l’enrichissement d’une institution qui alimente la source du problème climatique en même temps qu’elle en développe les alternatives. Si on reprend l’image de la maison qui brûle, la boîte pour qui je bosse finance donc à la fois les pompiers et les pyromanes.

Au-delà du paradoxe écologique, ces dix-huit mois passés au siège m’ont donné à voir un quotidien que j’ai trouvé profondément monotone et déshumanisé. J’ai travaillé au sein d’un immense campus composé de dix mille banquiers ; tous vêtus d’habits cintrés aux couleurs foncées. Un endroit impeccable, comparable à un grand village des Sims, à la pointe de la modernité, où rien ne manque. En fait, j’ai évolué dans un environnement incroyablement confortable, d’où se dégage une sorte de neutralité ambiante assez oppressante.

Chaussures à talonnettes et pause de midi

L’avantage avec ce quotidien répétitif, c’est qu’il est facile à décrire. Le mien, comme celui de mes collègues, consistait à être assis derrière un ordi, dans un grand open space et à alterner entre travail sur Excel et appels en visio. Comme tout le monde, j’avais des chaussures à talonnettes qui font du bruit dans les couloirs. Comme tout le monde, mes moments d’interactions sociales se réduisaient essentiellement à la pause de midi.

Rapidement, j’ai ressenti comme un grand vide, dans cette ambiance si aseptisée. J’ai d’ailleurs listé quelques éléments. Il y a, par exemple, la volonté de tout quantifier, qui aboutit à la création d’indicateurs absurdes, comme « atteindre les 100 % d’excellence relationnelle » comme si les relations humaines pouvaient être quantifiées. Je pourrais aussi parler du langage « corporate », ou du management très vertical, voire infantilisant. Je suis évidemment conscient que tout milieu social ou professionnel implique des concessions. Mais cela devient alarmant quand celles-ci se font au détriment des individus eux-mêmes.

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Chez les ex-salariés de Camaïeu, un traumatisme encore à vif

Dans le centre ville de Montbéliard (Doubs), le 1e mars 2023.

En l’espace de six mois, les anciens salariés de Camaïeu sont devenus accros. Accros à l’actualité économique des enseignes détenues par la Financière immobilière bordelaise, holding de Michel Ohayon. « Je lis tout sur lui », affirme une ancienne employée. L’homme d’affaires bordelais avait repris Camaïeu en juillet 2020, à la barre du tribunal de commerce de Lille Métropole, en promettant de sauver la chaîne de prêt-à-porter féminin.

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Il n’en a rien été. Au 1er octobre 2022, l’ensemble des 511 magasins ont définitivement tiré le rideau. Depuis, les ex-Camaïeu suivent « au jour le jour » la situation des 4 155 employés de Gap, de Go Sport, des Galeries Lafayette et de La Grande Récré, des sociétés que possède encore la Financière immobilière bordelaise, en dépit de ses difficultés économiques.

Les 2 600 anciens salariés de Camaïeu redoutent que leurs alter ego de la galaxie Ohayon connaissent la même « descente aux enfers ». Celle-ci a commencé à l’été 2022, se rappellent beaucoup d’entre eux. Au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise de Roubaix (Nord), les réunions en visioconférence organisées par la direction avec les responsables de boutiques se multiplient.

« On savait que des magasins allaient fermer. Mais de là à les voir tous disparaître, ça nous paraissait impossible », se souvient une ancienne vendeuse, Aurélie Bonnenfant, du Camaïeu des Herbiers (Vendée). Néanmoins, le 28 septembre 2022, le tribunal de commerce de Lille prononce la liquidation de l’entreprise fondée en 1984, après avoir écarté le plan de continuation de Michel Ohayon, faute de financement.

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Les responsables régionales espéraient annoncer en premier la disparition de l’enseigne à leurs équipes. Mais la presse télévisée les prend de court. Les journalistes de BFM Lille et de l’Agence France-Presse sont sur le parvis du tribunal situé à Tourcoing (Nord). Au prononcé, ils filment Michel Ohayon, qui leur intime de « ne pas chercher à le faire parler », sous les injures de quelques salariés.

« On fait comment maintenant ? C’est lui qui va payer nos loyers et qui va nourrir les familles ? », s’alarme alors, devant les caméras, une employée entrée chez Camaïeu douze ans auparavant. Dans les magasins, à « 17 h 20 », se remémore Céline Kapusta, ancienne adjointe du magasin de L’Isle-d’Abeau (Isère), les téléphones bipent. « C’est ma meilleure amie qui m’a appris la fermeture », se souvient aussi Aurélie Bonnenfant.

C’est parfois « du vrai Kafka »

Les magasins sont fermés définitivement sous trois jours, le samedi 1er octobre. Ce sont trois journées de « dingue, horribles », où les fidèles clientes et les « vautours en mal de bonnes affaires » se pressent, rapportent toutes les vendeuses. Assaillies par les clientes de questions incessantes du type « Qu’est-ce que vous allez devenir ? Comment ça va se passer ? », les vendeuses travaillent, sans relâche, de 8 heures à 21 heures. Les compteurs s’affolent. Dans la boutique de la galerie marchande E. Leclerc aux Herbiers, au dernier jour, le chiffre d’affaires atteint « 23 000 euros, un record », rapporte Mme Bonnenfant.

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Plus de 300 000 personnes ont signé un contrat d’engagement jeune en un an

Un premier bilan encourageant, mais peut encore mieux faire. Un peu plus d’un an après sa mise en œuvre, le 1er mars 2022, le contrat d’engagement jeune (CEJ) a bénéficié à plus de 300 000 personnes. Cela correspond à l’objectif révisé fixé par le premier ministre de l’époque, Jean Castex – il avait d’abord visé 400 000 contrats signés en un an avant que ce chiffre soit revu à la baisse.

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Parmi les dernières réformes sociales du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, le CEJ s’adresse aux 16-25 ans et aux moins de 30 ans en situation de handicap qui ne sont ni en études, ni en activité, ni en formation, et qui peinent à accéder à un emploi durable. Le jeune qui signe un contrat d’engagement s’inscrit dans un parcours de six à douze mois (voire dix-huit dans certains cas) et s’engage avec son conseiller d’insertion dans un accompagnement de quinze à vingt heures hebdomadaires pour lequel il peut bénéficier d’une allocation mensuelle. Comme d’autres prestations sociales, celle-ci est revalorisée à hauteur de 1,6 % samedi 1er avril pour atteindre environ 530 euros maximum.

Au 31 janvier, 301 725 jeunes s’étaient engagés dans le dispositif, 188 715 en missions locales et 113 010 à Pôle emploi. Cela correspond plus ou moins au dispositif que le CEJ a remplacé, la Garantie jeune, qui ne concernait en revanche que les jeunes inscrits en missions locales. Plus de la moitié (54 %) des CEJ signés l’ont été par des jeunes entre 18 et 21 ans et 44 % par des jeunes sans diplôme. En matière d’insertion professionnelle, le gouvernement affirme que, parmi la première cohorte du CEJ – ceux ayant signé un contrat en mars 2022 –, 76 % ont accédé à un emploi dans les neuf mois suivant leur entrée, 63 % à un emploi d’un mois ou plus et 43 % à un emploi durable.

« Accompagnement de qualité »

Des chiffres à relativiser, selon le président de la commission de l’insertion des jeunes au Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, Antoine Dulin : « Quand on parle d’emploi, cela peut être un contrat de seulement deux jours et, pour l’emploi durable, cela signifie un CDD de plus de six mois, il faut donc être vigilant. » Ce dernier alerte également sur le public concerné. Comme la mise en place du CEJ s’est faite à marche forcée lors des six premiers mois, « les conseillers des missions locales et de Pôle emploi ont essuyé les plâtres » et ne se sont donc pas concentrés sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi.

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« Le but n’est pas atteint de ce côté-là, on n’a pas rattrapé les jeunes en rupture », précise Antoine Dulin, qui avance par ailleurs des pistes d’amélioration du dispositif. D’abord ouvrir aux signataires l’accès à divers droits (complémentaire santé solidaire, tarifs réduits dans les transports et la culture, etc.) comme pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ; augmenter la durée moyenne des contrats pour garantir un meilleur accès au logement notamment ; simplifier les procédures administratives des conseillers d’insertion ou encore permettre le versement de l’allocation aux jeunes en rupture dès le début de la démarche sans attendre la signature du contrat d’engagement.

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Ce qui change le 1er avril pour le budget des ménages : crédit immobilier, chômage, RSA, passoires thermiques, factures d’énergie…

Le coup d’envoi de la campagne 2023 de la déclaration de revenus doit être donné dans quelques jours, le 13 avril, avec l’ouverture du service de déclaration en ligne. En attendant, une série de mesures entrent en vigueur le 1er avril. Voici les principales.

Plusieurs prestations revalorisées de 1,6 %

Revenu de solidarité active (RSA), prime d’activité, allocation adulte handicapé (AAH), allocations familiales, complément libre choix du mode de garde, pensions d’invalidité, rente accident du travail-maladie professionnelle : autant de prestations qui voient leur montant augmenter de 1,6 % le 1er avril, date de leur revalorisation annuelle classique.

Pourquoi 1,6 % ? « Ce taux a été établi à partir de la moyenne des taux d’inflation mensuels depuis un an, soit + 5,6 % (…) ramenée à + 1,6 %, car le gouvernement a tenu compte de la hausse exceptionnelle de 4 % accordée de manière anticipée en juillet 2022 », indique l’AFP.

Allocation-chômage : une hausse exceptionnelle de 1,9 %

C’est traditionnellement le 1er juillet que sont revalorisées les allocations-chômage chaque année, mais une hausse exceptionnelle de 1,9 % a été actée pour le 1er avril.

« En février, le conseil d’administration de l’Unédic [constitué de représentants des partenaires sociaux] a mandaté le bureau pour demander au gouvernement (…) une modification exceptionnelle (…) de la réglementation d’assurance-chômage lui permettant de décider très rapidement d’une revalorisation supplémentaire des allocations dans un contexte de forte inflation. Cette requête a reçu une réponse favorable », explique l’Unédic.

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Attention, ce taux de 1,9 % ne concerne pas tous les chômeurs indemnisés : tout dépend de la façon dont votre allocation a été calculée à l’origine (si vous êtes concerné ou non par l’allocation minimale, ou par la « part fixe » de l’allocation) et de votre « ancienneté » vis-à-vis de cette allocation (certains verront donc leur allocation augmenter de moins de 1,9 %, voire ne constateront aucune évolution).

Pour la revalorisation de juillet 2023, le conseil d’administration de l’Unédic doit statuer en juin.

Taux d’usure des prêts immobiliers : retour en 2015

Le taux maximal auquel une banque peut prêter de l’argent est fixé, pour avril, à 4,24 % pour un crédit immobilier contracté sur vingt ans ou plus, et à 4,09 % pour un prêt sur dix à dix-neuf ans (assurance emprunteur et frais divers compris), contre respectivement 4 % et 3,87 % en mars. Des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis 2015.

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Dispositif de protection de l’emprunteur ayant été accusé de freiner l’accès au crédit dans le contexte de hausse des taux des prêts, ce taux d’usure est fixé par la Banque de France sur la base de la moyenne des taux pratiqués les trois mois précédents, majorée d’un tiers. Si la révision a lieu traditionnellement chaque trimestre, elle est réalisée chaque mois entre février et juin 2023, de façon dérogatoire.

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Les mercredis de l’enfer des parents en télétravail : « Ma journée est complètement saucissonnée ! »

Pour permettre à son enfant de ne pas se lever à l’aube le mercredi matin et lui éviter une journée au centre aéré, Hélène Bastou a opté pour le télétravail. En accord avec son patron, le mercredi, elle reste chez elle, du côté de Nîmes. Sa fille, âgée de 6 ans, a compris le contrat : « Elle sait qu’elle peut se lever plus tard et prendra son petit déjeuner toute seule. J’ai tout préparé. Si elle m’entend parler, c’est que je suis au téléphone ou en visio. » Et le mot d’ordre est clair : « Interdiction de venir me déranger. » Bien consciente que cette organisation un peu militaire n’est pas parfaite, cette chargée de mission, qui vit seule la semaine (son compagnon travaille à 300 kilomètres), fait partie de celles et ceux qui, chaque mercredi, assument les tâches professionnelles et familiales sur le même créneau horaire.

La plupart sont indépendants et excellent dans l’art de jongler entre vie privée et sphère professionnelle. Une véritable « gymnastique de l’esprit », estime Marine Avias, alias Mademoiselle Astuce dans le milieu professionnel. Maman de quatre enfants, cette architecte d’intérieur dans l’Hérault est une spécialiste de l’anticipation : « C’est comme le sport, plus on s’entraîne, plus on est musclé ! Maintenant, j’ai l’habitude. Quand je suis avec mes enfants, je suis totalement avec eux, hors de question de travailler, mais pendant qu’ils sont à leurs activités, ou quand je suis en voiture, je réponds à un client, je fais un suivi de chantier. »

Ces mères, puisqu’il s’agit principalement d’elles, sont devenues des as du changement de casquette : à 10 h 10, elles sont mamans pour amener l’aîné à l’entraînement ; à 10 h 25, de leur voiture, elles reprennent le dernier dossier en cours et, une heure trente plus tard, elles gèrent le déjeuner en famille, avec le portable à portée de main – « On ne sait jamais », commente Laure (le prénom a été changé). Journaliste free-lance à Rennes, elle se reconnaît « complètement dans cet emploi du temps gruyère ». Elle admet facilement tomber dans ce qu’elle qualifie de « pièges », « comme les appels téléphoniques alors qu’[elle est] dans les vestiaires de la piscine ». « Je n’ose pas ne pas répondre et je vois ma fille me faire les gros yeux », rapporte-t-elle. Sa fille justement, Eléonore, 9 ans, ne saisit pas bien la frontière entre les heures de travail de sa mère et le temps où elle est disponible : « Elle dit qu’elle ne travaille pas le mercredi, mais en fait, elle est toujours connectée. Elle passe beaucoup de temps au téléphone ou prend son ordinateur pour m’emmener au sport. Et ça arrive souvent qu’on annule une activité parce que, finalement, elle doit travailler. » Son petit frère, Paul, 7 ans, « trouve que maman travaille tout le temps, même le dimanche ». « Mais elle essaie quand même de jouer avec nous, nuance-t-il. Et je préfère être à la maison qu’au centre aéré, même si mes copains y vont. »

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L’Union européenne adopte de nouvelles règles de transparence pour l’égalité salariale entre femmes et hommes

Le Parlement européen a adopté, jeudi 30 mars, une directive destinée à contraindre les employeurs dans l’Union européenne (UE) à la transparence pour garantir l’égalité de rémunération entre femmes et hommes, prévoyant des amendes en cas de discrimination salariale.

Les femmes gagnent 13 % de moins par heure que les hommes pour le même travail en moyenne dans l’UE, selon des statistiques de la Commission pour 2020. Cet écart n’est que de 0,7 % au Luxembourg, mais il atteint 15,8 % en France, 18,3 % en Allemagne, et monte jusqu’à 22,3 % en Lettonie.

Les nouvelles règles, issues d’une proposition de la Commission européenne en mars 2021 et qui devront encore être entérinées par le Conseil (Etats membres), doivent permettre de mieux comparer la rémunération des hommes et celle des femmes. Elles ont été largement adoptées par les eurodéputés (427 voix pour, 79 contre et 76 abstentions).

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré :

« A travail égal, salaire égal. Et pour un salaire égal, il faut de la transparence. Les femmes doivent savoir si leurs employeurs les traitent de façon équitable. Et lorsque ce n’est pas le cas, elles doivent être en mesure de se défendre et d’obtenir ce qu’elles méritent. »

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Fin du secret salarial

Les employées et leurs représentants auront le droit de demander à l’employeur des informations claires et complètes sur les niveaux de rémunération individuels et moyens, ventilés par genres, explique le Parlement européen dans un communiqué, ajoutant : « Le secret salarial sera interdit. »

Lorsque les effectifs comptent au moins cent salariés, ces employeurs seront tenus de publier régulièrement des informations sur l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. L’employeur qui ne pourra pas justifier objectivement un écart de 5 % ou plus devra procéder à l’évaluation des salaires en coopération avec les représentants du personnel.

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Les Etats membres devront mettre en place des sanctions efficaces, telles des amendes, pour les employeurs qui enfreignent les règles. Une victime de discrimination aura le droit de demander une indemnisation.

Le Parlement souligne enfin que si une employée ou un employé estime que le principe de l’égalité de rémunération n’a pas été appliqué et porte l’affaire devant les tribunaux, ce sera à l’employeur de prouver qu’il n’y a pas eu de discrimination.

Une fois adoptée par le Conseil, la directive entrera en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel, et les Etats membres devront transposer les nouveaux éléments dans leur droit national dans un délai de trois ans.

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Le Monde avec AFP