« Jamais tranquille » : l’épuisante recherche du prochain contrat pour les millions de Français en emploi court

Courir après le prochain CDD, le prochain temps partiel ou la prochaine mission d’intérim. Pour les millions de salariés en emploi précaire (6,1 millions en contrat court et 4,7 millions à temps partiel fin 2025), décrocher un poste ne suffit pas. Il faut toujours penser à l’après. Une bonne partie de leur temps libre est alors consacrée… à la recherche de travail. Reléguant la vie privée au second plan. « Difficile de prévoir des activités régulières, quand l’activité est irrégulière », raconte Thibault, technicien dans le théâtre (les témoins cités sous leur seul prénom ont souhaité garder l’anonymat). Cet intermittent a fait une croix sur les activités sportives ou associatives devant l’impossibilité de s’engager. Il passe sa vie à parcourir la France, mais prévoir des vacances est compliqué. « Difficile de trouver un espace détaché entre travail et non-travail », résume-t-il.
Dans la durée, cela signifie « avoir des craintes pour [son] emploi, devoir changer de qualification ou de métier », expliquent les chercheuses Véronique Rémy et Véronique Simonnet, dans une récente analyse de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques portant sur les caractéristiques de l’emploi temporaire. Selon cette étude publiée en mars 2025, ces travailleurs précaires sont significativement plus exposés à l’insécurité de l’emploi que ceux en CDI. L’indicateur d’insécurité (fondé sur la crainte pour son emploi, l’obsolescence de sa qualification, la facilité à retrouver un poste sans perte de revenus) est de 0,46 pour les intérimaires, 0,42 pour les CDD et… 0,33 pour les CDI.
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