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Le plan social géant d’Auchan invalidé en appel par la justice

La cour administrative d’appel de Douai (Nord) a confirmé, mercredi 7 janvier, l’invalidation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) d’Auchan prévoyant la suppression de près de 2 400 postes, selon l’arrêt consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Qualifiant cette décision de « juridiquement incompréhensible », Auchan Retail a « décidé de se pourvoir devant le Conseil d’Etat », a fait savoir le distributeur dans un communiqué.

Si elle devenait définitive, cette invalidation ouvrirait a minima la voie à des indemnisations supplémentaires devant les prud’hommes pour les salariés qui les saisiraient. Auchan Retail a en revanche souligné que « cette décision n’annule ni les licenciements économiques prononcés, ni le principe même du PSE et la nouvelle organisation. »

Durant la procédure d’information et consultation, Auchan Retail France a fourni aux Comités social et économiques (CSE) des huit sociétés concernées par le PSE les chiffres à l’échelle de la société Suraumarché, qui contrôle ces huit entreprises. Or, la cour administrative d’appel pointe dans son arrêt que Suraumarché est détenu en quasi-totalité par Acanthe, Valorest et Cimofat, trois des principales sociétés de la galaxie Mulliez.

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Si aucune n’est majoritaire, elles ont en réalité « les mêmes instances dirigeantes, des sièges sociaux établis à la même adresse et des objets sociaux similaires », et leurs statuts précisent que « les actionnaires ne peuvent être que des descendants de Louis et Marguerite Mulliez-Lestienne ». En conséquence, en ne présentant pas aux CSE consultés les données relatives à ces trois sociétés, Auchan « n’a pas permis [aux CSE] d’émettre régulièrement un avis sur l’opération projetée », affirme la cour administrative d’appel.

Demande de réintégration des salariés

L’empire Mulliez, dont d’autres enseignes comme Decathlon et Kiabi, sont en bien meilleure santé financière, ne constitue pas un groupe, mais une galaxie à la structure complexe, mélangeant des sociétés civiles détenues par la famille et des holdings gérant les enseignes.

La fédération CGT Commerces et Services, qui faisait partie des syndicats ayant saisi la justice administrative, a réclamé dans un communiqué « la réintégration de plein droit de tous les salariés dont le contrat aurait déjà été rompu ».

Sur les 2 400 salariés concernés par ce PSE, « 1 990 ont déjà trouvé une solution (reclassement interne, préretraite, emploi, création d’entreprise ou reconversion) », assure Auchan Retail.

En difficulté, Auchan a annoncé en novembre le passage de 300 de ses supermarchés sous bannières Intermarché et Netto. Un projet qui n’entraînera pas de suppressions d’emplois, a promis le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse.

Lire dans la série « Successions » (en 2021) : Article réservé à nos abonnés Les Mulliez, un modèle de « communisme familial »

Le Monde avec AFP

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En 2025, la hausse des départs collectifs a posé des difficultés particulières aux PME

Des salariés du géant de l’acier ArcelorMittal après l’annonce d’un plan de sauvegarde de l’emploi, à Indre (Loire-Atlantique), le 7 mai 2025.

L’année 2025 a été marquée par l’accélération du nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) dans la métallurgie, la distribution, l’informatique… Et la liste n’est pas exhaustive. Quel bilan pour le management ? C’est sur ce thème que les Rencontres RH ont clôturé l’année. Ce rendez-vous mensuel de l’actualité du management, organisé par Le Monde en partenariat avec l’Association pour l’emploi des cadres, s’est tenu le 16 décembre 2025 à Paris, en l’absence de nombreux DRH qui, bien qu’ayant exprimé un fort intérêt pour le sujet, ont finalement préféré ne pas venir en parler.

Echanger publiquement sur les PSE est toujours délicat pour l’image des entreprises. Ce que nous ont confirmé les deux représentants des ressources humaines qui ont participé au débat, avec Annie Jolivet, économiste du travail et ingénieure de recherche au Conservatoire national des arts et métiers et au Centre d’études sur l’emploi et le travail. Christophe Le Bars, DRH de transition, et Alexis Lembo, fondateur de MPO, une société de conseil en accompagnement des restructurations, ont témoigné des difficultés particulières des petites et moyennes entreprises, brutalement confrontées aux départs collectifs.

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Ce qui change en 2026 pour les salariés et les directions des ressources humaines

L’adoption définitive du budget de la Sécurité sociale, le 16 décembre 2025, amène plusieurs modifications pour les salariés et les entreprises. Ainsi, le coût des ruptures conventionnelles va augmenter pour l’employeur, le taux de la contribution patronale passant de 30 % à 40 % de l’indemnité perçue par le salarié. Une hausse que regrette Audrey Richard, présidente de l’Association nationale des DRH : « La rupture conventionnelle est un outil très utilisé et qui permet une séparation apaisée. Certaines entreprises vont désormais hésiter à y avoir recours. »

« Cette hausse est un frein à un outil qui a de nombreuses vertus, renchérit Joëlle Muchada, avocate associée au cabinet Voltaire Avocats. Les entreprises craignent que cela ne mène à des situations conflictuelles. »

En revanche, elle approuve le plafonnement des arrêts maladie : la première prescription sera d’une durée maximale d’un mois, et de deux mois en cas de renouvellement, et ce, à compter du 1er septembre 2026. « Ce plafonnement va offrir aux entreprises une meilleure visibilité et faciliter la gestion des remplacements », estime l’avocate.

Autre nouveauté : le congé supplémentaire de naissance, qui sera effectif au 1er juillet prochain. Il concernera les parents d’enfants nés à compter du 1er janvier 2026. Il pourra être pris par chacun des parents, simultanément ou séparément. Il offre jusqu’à deux mois supplémentaires de congé après la naissance de l’enfant et il s’ajoute aux congés maternité ou paternité existants.

La rémunération s’élèverait à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second. Les montants doivent être précisés par décret. « C’est une bonne mesure, car elle encourage une répartition plus équilibrée des responsabilités familiales et professionnelles, contribuant ainsi à l’égalité hommes-femmes, apprécie Audrey Richard. Reste que les entreprises vont devoir anticiper l’organisation du travail pour assurer la continuité de l’activité. »

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Pouvoir d’achat : les syndicats sceptiques sur le déblocage anticipé de l’épargne salariale

Le ministre des petites et moyennes entreprises, Serge Papin, après le conseil des ministres à l’Elysée, le 5 janvier 2026.

L’objectif poursuivi est consensuel, mais les modalités pour l’atteindre ne font vraiment pas l’unanimité. Lundi 5 janvier, le cabinet du ministre des petites et moyennes entreprises (PME), Serge Papin, a mené une série d’entretiens avec des syndicats et des organisations patronales afin d’examiner un projet de mesure qui vise à améliorer le pouvoir d’achat d’une partie des salariés. A ce stade, le mécanisme à l’étude inspire du scepticisme, voire de vives critiques, parce qu’il est jugé insuffisamment ambitieux ou assimilé à de la poudre aux yeux.

L’hypothèse a émergé cinq jours après la nomination de M. Papin au sein du gouvernement. Le 17 octobre 2025, sur RTL, l’ancien PDG du groupe de distribution Système U avait plaidé pour que des décisions soient prises afin d’octroyer un « complément » de rémunération, ciblant en particulier les « classes moyennes », avec l’idée qu’il soit immédiatement « disponible pour la consommation ». Il était alors question de jouer sur « l’intéressement », un dispositif de partage de la valeur instauré dans de nombreuses sociétés qui attribuent ainsi des primes à leurs personnels en fonction des résultats réalisés. Le schéma mis en avant demeurait cependant très vague.

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