Archive dans 2026

L’avenir des missions locales suspendu aux négociations budgétaires

Une cabine de création de CV vidéo à la mission locale jeunes de Valenciennes (Nord), le 16 janvier 2025.

L’aide à l’insertion professionnelle des jeunes va-t-elle être affaiblie dans le projet de loi de finances (PLF) 2026 ? Mercredi 7 janvier, dans le cadre de la semaine de contrôle à l’Assemblée nationale – qui permet aux différents groupes parlementaires d’interpeller le gouvernement sur le sujet de leur choix –, les députés communistes du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) ont organisé un débat autour de l’avenir des missions locales.

L’objectif était d’interroger le gouvernement, à l’aube des discussions budgétaires qui ont repris jeudi 8 janvier en commission des finances, sur sa volonté de diminuer le financement de ces structures d’aide à l’insertion des jeunes de 16 à 25 ans. Dans la première version du PLF 2026, le gouvernement prévoyait une baisse de 13 % du budget des missions locales.

En guise de propos introductif, le député du Val-d’Oise Emmanuel Maurel (divers gauche), a listé les difficultés rencontrées par les organismes locaux : « Tensions de trésorerie, gel des recrutements, réduction d’activité et, dans les cas les plus critiques, plan de licenciement. (…) Tous les voyants sont passés au rouge. » Le constat est partagé par tous les groupes politiques. Et l’avenir de ces structures, déjà amputées en 2025 de 5,8 % de leur budget, interroge.

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Nouveau coup dur pour l’est de l’Allemagne, où Zalando ferme un site employant 2 700 salariés

Centre logistique de Zalando d’Erfurt, dans l’est de l’Allemagne, en 2012.

Le signal est terrible, pour l’une des entreprises allemandes les plus connues du grand public outre-Rhin : le groupe Zalando, première plateforme européenne de commerce en ligne d’articles de mode, a annoncé, jeudi 8 janvier, la fermeture, en septembre, de son site logistique d’Erfurt, capitale du Land de Thuringe (Est), qui emploie 2 700 salariés. Ouvert en 2012 quand Zalando était en pleine ascension, c’est le plus ancien centre d’expédition ouvert en propre par le groupe berlinois, mais aussi le seul situé dans l’est de l’Allemagne.

Pour cette partie du pays, c’est un nouveau coup dur après l’annonce par Volkswagen, début décembre, de la fermeture sa petite usine de Dresde, en Saxe. De quoi renforcer l’impression, largement répandue dans la région, que les directions des grands groupes allemands sacrifient toujours plus volontiers les sites de l’Est que ceux de l’Ouest, quelles que soient les performances des salariés. Du pain béni pour l’extrême droite, dominante en Thuringe.

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Les soldes ne feront pas le plein d’emplois saisonniers

Dans le centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, les fêtes de fin d’année et les soldes qui ont commencé mercredi 7 janvier ne sont plus la manne qu’ils étaient pour l’emploi : « On recrute moins que les années précédentes, et désormais plus en intérim qu’en CDD », témoigne une vendeuse des Galeries Lafayette.

S’il revient plus cher, l’intérim procure en effet davantage de flexibilité à l’employeur, quand la conjoncture se fait incertaine, et lui épargne des formalités administratives quand il s’agit de recruter au pied levé pour quelques jours. Même tendance dans l’enseigne de mode voisine Compagnie de Californie, qui n’a pris, cette année, aucun extra « ni pour Noël ni pour les soldes ». Au Petit Souk, un concept « bazar » propice aux cadeaux de Noël, deux personnes ont été recrutées en renfort en décembre, « mais pas pour les soldes », confie une vendeuse.

Certes, Paris n’est pas la France, et le textile traverse une crise particulièrement grave du fait de la concurrence des plateformes à bas prix comme Shein. Mais le constat prévaut au-delà de ce secteur et sur l’ensemble du territoire pour plusieurs raisons. D’abord les Français dépensent moins pour les fêtes : selon le baromètre Noël CSA-Cofidis, le budget moyen consacré à cette période s’est établi à 491 euros en 2025, soit 6 euros de moins qu’en 2024, tandis que le budget médian a reculé de 50 euros pour revenir à 350 euros. La majorité des ménages restreint donc ses achats, ce qui réduit les besoins en main-d’œuvre supplétive.

Ensuite, les soldes ont perdu en impact, en particulier dans le petit commerce. Le Syndicat des indépendants et des TPE, qui regroupe des artisans et des commerçants, pointe ainsi « le désintérêt croissant que suscite cette période commerciale, tant du côté de [ses] adhérents que des consommateurs », selon le délégué général Jean-Guilhem Darré. La raison tient à la succession des promotions tout au long de l’année. Aux « French Days » de septembre, qui regroupent les offres à prix cassés des grandes enseignes françaises, succède le week-end du « Black Friday » en novembre.

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Zalando ferme un centre de distribution en Allemagne employant 2700 personnes

Dans le centre de distribution Zalando d’Erfurt (Allemagne), le 12 décembre 2012.

Le géant allemand de la mode en ligne Zalando a annoncé, jeudi 8 janvier, fermer un centre de distribution dans l’est de l’Allemagne, qui emploie 2 700 personnes, afin de moderniser son réseau logistique européen menacé par la rude concurrence des plateformes chinoises.

Le site d’Erfurt, qui représente un sixième des effectifs de Zalando et constituait un « pilier logistique crucial » selon un communiqué, fermera à la fin septembre. « Nous allons immédiatement entamer des négociations avec le comité d’entreprise d’Erfurt pour élaborer un accord d’intérêt et un plan social », détaille l’entreprise basée à Berlin. Trois autres entrepôts en Europe, exploités par des prestataires externes, cesseront aussi toute activité.

Le syndicat des services, Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft (ver.di), au travers d’un communiqué de son représentant Matthias Adorf, a dénoncé la décision de l’entreprise « au lieu d’investir dans le maintien des infrastructures et de discuter […] des possibilités d’assurer l’avenir du site, Zalando impose le fait accompli ». L’organisation examinera les actions possibles « pour rendre la perte d’emplois aussi acceptable que possible sur le plan social ».

Dans un communiqué, l’ancien ministre-président du Land de Thuringe, où se trouve le site, et député de gauche, Bodo Ramelow, appelle le gouvernement fédéral et du Land « à tout mettre en œuvre pour amener l’entreprise à revoir sa décision ».

Fondé en 2008, Zalando est un groupe phare en Europe de la vente en ligne de vêtements, employant 16 000 personnes dont près de la moitié dans la capitale allemande.

Un plan de modernisation pour faire face à la concurrence chinoise

Zalando doit aujourd’hui composer avec la rude concurrence des plateformes chinoises Shein et Temu, qui renouvellent sans cesse leurs produits à des prix cassés et pénètrent sans mal le marché européen. Pour mieux rivaliser, Zalando avait racheté l’an dernier son rival hambourgeois About you pour 1,1 milliard d’euros.

« Nous continuerons d’investir dans des technologies logistiques de pointe, l’automatisation et des pratiques plus durables à travers notre réseau logistique paneuropéen », ajoute l’entreprise cotée à la Bourse de Francfort.

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Selon l’entreprise, ce plan lui permettra de poursuivre sa stratégie de croissance, avec une hausse annuelle de 5 à 10 % des ventes réalisées sur son site et de son chiffre d’affaires. A terme, le groupe comptera 14 centres de distribution, contre 12 aujourd’hui, répartis dans 7 pays. Il devrait ouvrir à l’été un site à Giessen, dans l’ouest de l’Allemagne, employant 1 700 personnes.

En 2023, le groupe avait déjà supprimé plusieurs centaines d’emplois dans des branches ayant connu une croissance trop rapide, à l’image d’autres mastodontes du secteur. Si le communiqué de Zalando mentionne aussi la question de l’automatisation des systèmes, il n’aborde pas celle de l’intelligence artificielle qui a conduit à des suppressions de poste ailleurs, à l’instar du géant américain du commerce en ligne Amazon.

Le Monde avec AFP

La mort de Thierry Morfoisse, en 2009, après son exposition aux algues vertes sera rejugée par la cour d’appel de Rennes

La plage du Valais, à Saint-Brieuc, fermée en raison de la présence d’algues vertes toxiques, le 10 juillet 2019.

Selon un arrêt de la Cour de cassation rendu, jeudi 8 janvier, l’affaire du décès de Thierry Morfoisse, chauffeur mort d’un infarctus en 2009 à Binic (Côtes-d’Armor) après avoir déchargé des algues vertes, sera rejugée par la cour d’appel de Rennes.

Les magistrats de la plus haute juridiction judiciaire ont estimé que les motifs de l’arrêt rendu en 2023 par la cour d’appel de Rennes étaient « insuffisants à démontrer que l’accident litigieux, survenu au temps et au lieu du travail, avait une cause totalement étrangère au travail ». Le dossier est donc renvoyé à nouveau devant la cour d’appel de Rennes mais « autrement composée », selon l’arrêt que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter.

Le jour de son décès, Thierry Morfoisse, 48 ans, avait transporté trois bennes de plus de 20 tonnes d’algues vertes depuis leur lieu d’entreposage à Binic, jusqu’à la déchetterie de Lantic, avant de faire un malaise cardiaque au volant.

En 2018, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Saint-Brieuc avait reconnu l’accident du travail. Mais la famille demandait depuis la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, en l’absence de mesures de protection et d’information.

Les risques liés à l’exposition aux algues vertes reconnus par la justice

« C’est bien entendu une bonne nouvelle, puisque ça justifie le recours qu’on a exercé », s’est félicité Me François Lafforgue, avocat de la famille, joint par l’AFP. « Nous allons nous prévaloir de cette décision pour demander la reconnaissance de la faute de l’employeur en ce qu’il n’a pas protégé suffisamment son salarié, alors qu’il aurait dû être informé du danger occasionné par le contact avec les algues vertes en putréfaction », a-t-il ajouté.

Si une expertise en 2014 avait exclu le rôle causal dans le décès de Thierry Morfoisse d’une intoxication à l’hydrogène sulfuré, émis par les algues vertes. La décision de la Cour de cassation intervient après la condamnation de l’Etat, en juin 2025 par la cour administrative d’appel de Nantes, à indemniser la famille d’un joggeur décédé en 2016 dans une vasière envahie d’algues vertes à l’embouchure du Gouessant (Côtes-d’Armor).

Il s’agissait alors de la première reconnaissance d’un lien entre le décès d’un humain et ces algues causées par l’élevage industriel. « Cela constitue une série de décisions favorables qui nous laissent penser qu’aujourd’hui le sujet de santé publique des algues vertes est un sujet à part entière », s’est félicité Me Lafforgue.

Le Monde avec AFP

Ruptures conventionnelles : les débuts laborieux des négociations entre syndicats et patronat

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, à Paris, le 5 décembre 2025.

Décidément, cette négociation démarre péniblement. Les partenaires sociaux se sont réunis, mercredi 7 janvier, au siège de l’Unédic, l’organisme paritaire qui gère l’assurance-chômage, pour lancer les discussions sur les ruptures conventionnelles et les contrats courts. Mais si cette séance devait initialement être consacrée à fixer le périmètre des échanges et le calendrier, patronat et syndicats ont déjà exposé leurs divergences.

Les pourparlers sont en tout cas vraiment lancés, après le faux départ du 3 décembre 2025. A l’initiative de la CFDT, une première réunion avait eu lieu, à laquelle n’avaient pas participé le Medef ni l’Union des entreprises de proximité (U2P). La confusion autour de cette négociation dure maintenant depuis plusieurs mois. Si les organisations d’employeurs et de salariés se sont retrouvées mercredi, c’est pour répondre à la demande de Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, d’entamer des discussions autour de nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs, et notamment sur les ruptures conventionnelles, afin de réaliser au moins 400 millions d’euros d’économies.

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Salaires : avec le ralentissement de l’inflation, les grandes entreprises délaissent les augmentations collectives

Les augmentations générales, pour tous les salariés, avaient connu un retour en grâce dans les entreprises pendant la période de forte inflation (2021-2023). Alors que jusqu’à 61 % des entreprises y avaient encore recours en 2025, moins d’un tiers les envisagent désormais pour 2026 (29 %), au profit d’augmentations individuelles, indique une enquête du cabinet WTW, publiée jeudi 8 janvier. Celle-ci compile les réponses de 944 entreprises en France, la plupart filiales de grands groupes ayant leur siège à l’étranger, ou faisant partie du CAC 40 ou du SBF 120 pour la minorité ayant leur siège en France.

« Il y a une normalisation, un retour aux pratiques d’avant l’inflation et la crise sanitaire, souligne Khalil Ait-Mouloud, directeur de l’activité enquête de rémunération chez WTW France. L’inflation étant en baisse, il n’y a plus cette volonté de compenser les pertes de pouvoir d’achat pour tous, mais plutôt de réorienter les budgets vers la récompense des salariés les plus performants, ceux aux compétences critiques ou ceux les plus chassés. »

Dans un contexte géopolitique incertain et de croissance économique faible, « les dernières années ont appris aux entreprises à rester prudentes » et à anticiper « de possibles impacts sur leurs résultats financiers », précise encore Khalil Ait-Mouloud. En 2025, les entreprises reconnaissent ainsi avoir revu à la baisse leurs intentions initiales, en attribuant finalement des hausses de salaire moindres que les budgets envisagés en début d’année (3,1 % attribués contre 3,5 % prévus).

« Prudence accrue »

Pour 2026, elles annoncent des budgets globaux au même niveau, à 3,1 %. L’étude de WTW souligne tout de même une nette différence de prévisions entre les entreprises de groupes ayant leur siège en France et les entreprises françaises filiales de groupes étrangers. Pour les premières, les prévisions d’augmentations tombent à 2 % (contre 2,2 % en 2025). Cela montre d’abord une « prudence accrue des groupes nationaux face à une croissance modérée et à une pression persistante sur les coûts », souligne l’étude, mais c’est aussi lié à des avantages « non monétaires », insiste Khalil Ait-Mouloud : « Ces grandes entreprises du CAC 40 ou du SBF 120 disposent d’une renommée importante, proposent un socle social plus complet – une bonne couverture santé par exemple – et semblent offrir une sécurité de l’emploi plus forte que les filiales de groupes étrangers opérant en France. Elles peuvent donc se permettre d’avoir une politique salariale moins agressive. »

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Marion Flécher, sociologue : « Loin de remettre en cause le capitalisme, les start-up en proposent un nouveau visage »

Marion Flécher est sociologue, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre et chercheuse associée au Centre d’études de l’emploi et du travail. Prenant appui sur une enquête réalisée entre 2016 et 2019 en France et dans la Silicon Valley, aux Etats-Unis, elle s’interroge, dans son ouvrage, sur les promesses portées par les start-up (success-story, méritocratie, flexibilité).

Dans votre essai, vous cherchez à déconstruire des mythes attachés au monde des start-up. Parmi eux, celui du « self-made-man » et de la méritocratie. Pourquoi estimez-vous que tous les fondateurs d’entreprise ne partent pas avec les mêmes chances de succès ?

Je me suis intéressée à la réalité sociale derrière ce mythe du self-made-man. On constate tout d’abord que les fondateurs de start-up constituent une population fortement dotée en capital scolaire, économique et social – majoritairement issue des classes moyennes et supérieures, avec un niveau de diplôme élevé et un accès privilégié à des réseaux relationnels proches des milieux d’affaires. Ce capital joue en particulier un rôle-clé pour réussir des levées de fonds, lors desquelles il faut convaincre des investisseurs – souvent des hommes d’une soixantaine d’années, issus des milieux d’affaires.

Vous expliquez que ces inégalités se manifestent également en cas d’échec de la start-up. Pourquoi ?

Les entrepreneurs disposant d’un fort capital culturel, économique et social ne vont pas mettre toutes leurs ressources en jeu. C’est le cas notamment sur le plan financier : ils auront la capacité de mobiliser des capitaux familiaux ou des subventions publiques. En cas d’échec, leur diplôme leur permettra de retrouver facilement un emploi de cadre salarié. Cette expérience entrepreneuriale pourra par ailleurs être valorisée dans leur parcours professionnel. En revanche, l’échec va coûter très cher aux créateurs de start-up n’ayant ni ces capacités ni les « codes » pour décrocher, par exemple, des subventions. Ils vont s’endetter lourdement sans avoir la possibilité de rebondir.

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La Cour des comptes tire un bilan plutôt positif du recours à l’IA par France Travail

En expérimentant de premiers outils d’intelligence artificielle (IA) dès le milieu des années 2010, France Travail a su se montrer novateur. Une anticipation salutaire à l’heure du plein essor de la technologie : l’opérateur a su déployer l’IA de manière structurée, avec des résultats opérationnels inégaux mais prometteurs, malgré des lacunes persistantes en matière de gouvernance et de données.

C’est le bilan que dresse la Cour des comptes du recours à l’IA par France Travail, dans un rapport rendu public mercredi 7 janvier. La haute juridiction a analysé près de dix ans d’usage de l’IA par l’opérateur public de l’emploi. L’enquête porte sur la période allant de 2017 à 2025 et examine les conditions de mise en œuvre de la technologie, ses effets concrets ainsi que le respect du cadre juridique et éthique. C’est la première fois qu’une telle évaluation est menée pour un opérateur de l’Etat.

Depuis 2015, France Travail – qui a succédé à Pôle emploi le 1er janvier 2024 – utilise l’IA dans vingt-sept cas d’usages déployés à grande échelle, avec un essor depuis 2019, selon un recensement de la Cour. « France Travail utilise de façon croissante l’intelligence artificielle, principalement en soutien de sa mission d’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises », expliquent les auteurs du rapport. Les autres missions, telles que l’indemnisation ou la lutte contre la fraude, demeurent marginalement concernées.

« Gains d’efficience »

Le déploiement de l’IA au sein de l’opérateur public s’est concentré autour de deux programmes. « Intelligence emploi », d’abord, entre 2019 et 2022, visait à « installer durablement l’IA à travers une approche systémique », avec une capacité à développer des solutions d’IA. Le second dispositif, « Data IA », lancé en 2024, doit permettre de suivre les progrès des nouvelles technologies utilisant l’IA générative. En mars 2025, 56 % des agents interrogés déclarent utiliser l’IA, dont 9 % chaque jour, et 18 % plusieurs fois par semaine.

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