Vivarte face à une autre crise

Un magasin La Halle, à Paris, en septembre 2017.
Un magasin La Halle, à Paris, en septembre 2017. ERIC PIERMONT / AFP

Le directeur de La Halle, qui conduisait depuis 2016 la primordiale enseigne du groupe français, quitte ses fonctions.

Vivarte fait danser ses dirigeants. Le répartiteur d’habillement a ainsi raconté, jeudi 23 mai, le départ de Philippe Thirache, président de La Halle, son essentielle succursale. Celui qui dirigeait l’enseigne depuis 2016 a immédiatement quitté ses fonctions. M. Thirache, ancien dirigeant de Kiabi, sera remplacé par Stéphane Roche, DGde Vivarte depuis deux mois. Ce départ ne serait pas « soudain », mais « réfléchi », assure le groupe, évoquant « un désaccord sur les orientations stratégiques » et « les méthodes » que désire M. Roche au sein de La Halle pour la relancer.

Ce réaménagement intervient alors que Patrick Puy, président de Vivarte depuis 2016, doit encore en diminuer le périmètre. Le spécialiste de la restructuration d’entreprise doit céder Minelli et San Marina. Vivarte, qui comptait 16 enseignes et marques il y a trois ans, se condenserait alors à deux enseignes : La Halle et ses 871 magasins, qui représentent 873 millions d’euros de chiffre d’affaires, et Caroll, chaîne de mode féminine aux 500 points de vente partout dans le monde.

Ces retenions doivent accorder de l’air au groupe plombé par son dette contracté lors d’une cascade de rachats par des fonds d’investissement en leverage buy-out (« rachat avec effet de levier ») depuis 2000. La prochaine échéance s’annonce à l’automne. Le groupe doit payer 100 millions d’euros de dettes, explique la direction.

« Chiffres catastrophiques »

Fin de l’année dernière, quatre mois après avoir attaché un exercice avec 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires, M. Puy avait assuré que l’entreprise se voyait « dans une situation normale ». Sa dette se plaçait alors à 302 millions d’euros, après une série de cessions et de conversions de dettes en actions. En 2014, ce montant avait atteint 2,8 milliards d’euros.

Néanmoins, au niveau interne, les élus du personnel s’effrayent du sort du groupe, dont l’activité dépend aussitôt de ses magasins La Halle. Fin janvier, dans un communiqué, l’administration du groupe affirmait pourtant : « La relance confirmée de La Halle en 2018 et les performances solides des derniers mois attestent de la pertinence de [sa] stratégie. »