L’Assemblée nationale adopte le projet de loi sur le partage de la valeur

L’Assemblée nationale adopte le projet de loi sur le partage de la valeur

Le ministre du travail, Olivier Dussopt, à l’Assemblée nationale, le 27 juin.

« Cet accord nous oblige. » En ouverture de l’examen en séance publique du projet de loi sur le partage de la valeur, lundi 26 juin, son rapporteur, Louis Margueritte (Renaissance, Saône-et-Loire), avait donné le ton des discussions à venir. Pour le camp présidentiel, les députés devaient « retranscrire fidèlement » – selon les mots maintes fois répétés du ministre du travail, Olivier Dussopt – l’accord national interprofessionnel (ANI) signé en février par toutes les organisations patronales et syndicales, à l’exception de la CGT. Ce fut chose faite, après quatre jours de débat, avec l’adoption en première lecture, jeudi 29 juin au matin, de ce projet de loi à une large majorité de 112 voix pour, 27 contre et 8 abstentions.

La coalition présidentielle a pu notamment compter sur les voix des élus Les Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN). A gauche, les socialistes ont aussi voté en faveur du texte alors que les « insoumis » et les communistes se sont opposés au texte. De leur côté, les écologistes se sont abstenus. « C’est un très bon message qu’on vient d’envoyer à la démocratie sociale », s’est réjoui Louis Margueritte après le vote.

L’accord transposé dans ce projet de loi de quinze articles vise à étendre et à faciliter – de manière expérimentale pendant cinq ans – les mécanismes de partage de la valeur, tels que la participation, l’intéressement ou une prime aux entreprises de 11 à 49 salariés. Le texte impose notamment à celles qui réalisent un bénéfice « au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires pendant trois années consécutives » de « mettre en place » un de ces dispositifs. Cette mesure pourrait concerner « 1,5 million de salariés supplémentaires » d’ici « deux à trois ans », a précisé M. Dussopt.

Retranscription « un peu machiavélique »

Dans la lignée du projet de loi sur le pouvoir d’achat adopté en juillet 2022 qui prévoyait notamment le triplement du plafond de la prime partage de la valeur – plus connue sous le nom de « prime Macron » –, le texte vise aussi à généraliser son usage en permettant aux entreprises de la distribuer deux fois par an, avec la possibilité de la verser sur un plan d’épargne salariale. A l’occasion des explications de vote jeudi matin, le député communiste de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq, a déploré une retranscription « non pas fidèle, mais habile et même un peu machiavélique de l’ANI ». « Pourquoi ? Parce qu’en réalité, et nos débats l’ont bien montré, la transposition de cet accord national interprofessionnel aura très peu d’effets pour les travailleurs », a-t-il critiqué. De son côté, le député Renaissance de Paris, David Amiel, a salué un texte qui acte « un principe de justice. Quand une entreprise gagne plus, les salariés eux aussi doivent gagner plus ».

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LJD

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