A Toulouse, les employés de Brico Privé dénoncent un plan social injuste

A Toulouse, les employés de Brico Privé dénoncent un plan social injuste

Des employés de Brico Privé manifestent devant l’entreprise, à Toulouse, le 25 mars 2024, en portant des masques reproduisant le visage de Thierry Cotillard, le dirigeant du groupe Les Mousquetaires.

Mercredi 10 avril, les salariés de Brico Privé, un site de vente en ligne de matériel de bricolage en cessation d’activité, ont érigé un barrage de palettes en bois pour empêcher les camions de marchandises d’entrer et de sortir des entrepôts de la zone d’activité Eurocentre, à Castelnau-d’Estrétefonds (Haute-Garonne). La veille, une vingtaine d’entre eux avait distribué des tracts aux clients d’un magasin Intermarché situé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Ce point de vente n’avait pas été retenu par hasard : il est dirigé par Thierry Cotillard. Le président des Mousquetaires est également le patron de leur entreprise, qui baissera définitivement le rideau à l’été 2024, supprimant 174 emplois. Quatre jours plus tôt, les salariés avaient manifesté place du Capitole, à Toulouse, derrière une banderole sur laquelle il était écrit : « Privé d’avenir avec Les Mousquetaires ; les employés à terre ».

Ces derniers jours, les équipes de Bricoprive.com ont multiplié les actions pour dénoncer les mesures de reclassement du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé le 12 janvier. « Elles sont injustes, pas à la hauteur d’un groupe qui a enregistré 54 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023 », s’indigne Karoline Vitrant, déléguée du personnel FO et représentante au comité social et économique (CSE) de Brico Privé.

L’une des pierres d’achoppement concerne l’indemnité compensatrice : si le groupement de distribution alimentaire propose de 1,5 mois à 4,5 mois de salaire brut, selon l’ancienneté, les salariés réclament 15 000 euros par année d’ancienneté. Les autres désaccords portent sur le montant de l’aide à la création d’entreprise, celui du congé de reclassement et de sa durée.

« C’était devenu intenable »

En se mobilisant, les employés espèrent se faire entendre, vendredi 19 avril, lors de la prochaine réunion de négociation. « Nous nous sommes assis autour d’une même table à deux reprises, le 3 et 11 avril, pour échanger et non négocier, déplore Mme Vitrant, embauchée en 2015. Alors, on durcit le ton de notre lutte. On montre les crocs. »

La forte croissance de Brico Privé, qui enregistrait plus de 170 millions d’euros de volume d’affaires entre juillet 2019 et juillet 2020, avait aiguisé l’appétit des Mousquetaires. Par le biais de leur filiale ITM Equipement de la maison (ITME), qui regroupe Bricomarché, Bricorama, Brico Cash et Racetools, ils ont effectué, en septembre 2020, une prise de participation de 66 % au capital de cette société, fondée à Toulouse en 2012 par Julien Boué et Marc Leverger.

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LJD

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