La République ouvre son Institut de formation, laboratoire du « progressisme »

La République en marche a dévoilé les contours de son Institut de formation, nommé « Tous politiques ! » et qui se veut ouvert à la société civile, afin de « faire apparaître une génération progressiste » notamment chez les élus, selon le chef du parti, Christophe Castaner.

Cet établissement, qui sera doté d’un budget de 2,5 millions d’euros par an financé pour moitié par le parti, est mené par le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron.
Erigé comme l’un des chantiers prioritaires d’un parti encore en organisation, il proposera à partir de lundi des cours en ligne ou présentielles, gratuites ou payante, autour de trois axes: « concevoir », « s’engager » et « convertir ».
On y retrouve par exemple un module intitulé « Evaluer les politiques locales: méthode et outils » ou encore « Communiquer pour engager: principes, enjeux et méthode ». Du media training ou un programme de reconversion des élus figureront aussi dans le catalogue.
Selon M. Castaner, qui promet « d’ouvrir le plus largement possible » cet institut en s’inscrivant dans une « logique de massification », il s’agit surtout de « faire en sorte que des personnes issues de la société civile puissent être accompagnées » afin de « lever les freins qui empêchent de se révéler ». Dans cette perspective, un programme « 1000 Talents » sera mis en oeuvre à la rentrée.
Les formations s’adressent aux personnes « en cohérence avec les valeurs du progressisme », pour « faire émerger tout une génération progressiste », ajoute le délégué général du parti.
Alors que persistent des interrogations sur le socle idéologique d’un parti dont la base est mouvante, cet institut permettra-t-il de dessiner une colonne vertébrale, notamment dans la perspective des prochaines élections municipales de 2020 ?
« La question du macronisme municipal, je m’en fiche un peu. La question du progressisme municipal me semble être un vrai sujet », a répondu M. Castaner qui ne veut cependant « pas réduire l’approche de formation uniquement aux élections ».
« Il ne s’agit pas d’imposer une formation sur une doctrine politique mais plutôt sur une pratique de l’engagement politique », a-t-il insisté.
« Et je pense qu’on s’enrichira mutuellement », a-t-il assuré, en plaidant pour que le catalogue de formations soit aussi « co-construit avec ceux qui vont s’inscrire ».
L’institut se veut aussi « un objet profondément féministe », dixit M. Castaner.
« Il faudra aller au-delà du paritarisme nécessaire, il faudra être plus ambitieux encore », a-t-il renchéri.