La réapparition du chômage partiel dans l’industrie en Allemagne

Les entreprises réduisent temporairement la durée du travail ainsi que les salaires pour faire face à la baisse de la production. Le secteur automobile est particulièrement touché.

Des voitures sont stockées au port de Bremerhaven, au nord-ouest de l’Allemagne, le 16 mai.
Des voitures sont stockées au port de Bremerhaven, au nord-ouest de l’Allemagne, le 16 mai. Martin Meissner / AP

C’est une véritable problème qui se propage. Et depuis début septembre, le phénomène s’accentue. Chaque jour qui passe apporte son lot d’entreprises industrielles qui mettent leurs travailleurs en chômage partiel. Des PME régionales aux multinationales bien placées en Bourse, aucune société du secteur industriel ne semble exemptée contre ce mal.

L’industrie automobile, est en première ligne. L’équipementier Continental, l’une des trente sociétés qui composent l’indice DAX à la Bourse de Francfort, a déjà diminué le temps de travail dans trois de ses usines en Allemagne. Entre 500 et 1 000 salariés, sur les 240 000 qu’emploie le groupe, sont touchées, selon un porte-parole. Et cela pourrait continuer : des discussions sont en cours avec les représentants du personnel avant de « prendre des décisions dans les semaines à venir », déclarait, dimanche 8 septembre, Elmar Degenhart, le patron de « Conti », à l’édition dominicale du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

En Allemagne, le chômage partiel est très bien encadré. Lorsqu’une société fait face à un « imprévu », comme une baisse des commandes, elle peut faire une demande de compensation pour ses travailleurs, pour une durée allant jusqu’à douze mois. Durant cette période, l’agence fédérale pour l’emploi prend en charge jusqu’à 67 % de la perte de salaire subie par les employés en activité réduite.

Gros coup de déprime

Depuis début septembre, c’est la situation dans laquelle se trouvent plusieurs travailleurs de l’équipementier bavarois Schaeffler, principal actionnaire de Continental. « Nous avons fait une demande de chômage partiel pour six mois », déclare Jörg Schütze, président du comité d’entreprise de l’usine de Steinhagen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où la totalité des 420 travailleurs ne travailleront plus que trente-cinq heures maximum par semaine, contre quarante en temps normal. Leurs 250 collègues du site d’Erlangen, en Bavière, non loin du siège social de Schaeffler, sont logés à la même enseigne.

Le phénomène ne s’arrête plus. Dans la grande usine Opel, à Rüsselsheim, dans la région Rhin-Main, l’activité partielle devrait entrer en vigueur début octobre, pour une durée d’au moins trois mois, selon des documents internes qui ont fuité dans les médias allemands à la fin août. Quelque 2 600 personnes travaillent là-bas, en banlieue de Francfort. Et chez  FEV, constructeurs de moteurs de voitures et de motos, basé à Aix-la-Chapelle, au moins une partie des 2 100 salariés travailleront en horaires réduits à partir du mois prochain. Laconique, la direction assure qu’il n’y a « pas lieu de paniquer » et qu’il n’y aura pas de licenciements.