Devant le manque de coiffeurs, L’Oréal mise sur l’apprentissage

La marque française de produits cosmétiques a annoncé la création, à Paris, de l’école Real Campus by L’Oréal. Objectif : susciter des vocations et faire face à la crise que traverse la profession.

Real Campus by L’Oréal espère former 10 000 jeunes en dix ans.
Real Campus by L’Oréal espère former 10 000 jeunes en dix ans. Charles Platiau / Reuters

L’Oréal ouvre un centre de formation en apprentissage (CFA). Après  Korian et Sodexo, qui ont lancé un CFA aux métiers de la cuisine,  le fabricant français de produits cosmétiques a annoncé, le 10 septembre, la création de l’école Real Campus by L’Oréal à Paris, pour former des coiffeurs. L’établissement, qui s’installera début 2020 au sein des anciens locaux de l’association de la Croix-Rouge, dans le 14arrondissement de la capitale, enseignera en alternance un bachelor de coiffure et un diplôme de niveau bac + 3.

Les étudiants s’y formeront « à la coupe, à la coloration et au coiffage », déclare Nathalie Roos, directrice générale de la division produits professionnels de L’Oréal, mais aussi « au management à la gestion ». D’autre part, le programme pédagogique initiera les étudiants au rôle de l’économie numérique dans la gestion quotidienne d’un salon de coiffure. Real Campus espère former 10 000 jeunes en dix ans.

Cette création est faite pour contribuer à enrayer la crise que traverse la profession. Car « le métier n’attire plus », déclare Franck Provost. Le fondateur du groupe Provalliance, mastodonte qui exploite les enseignes Franck Provost, Jean-Louis David, Maniatis ou Saint Algue, s’inquiète de voir combien le secteur peine à recruter des apprentis. Bien que cette filière emploie 184 000 personnes en France, dans 86 000 établissements, elle ne parvient pas à pourvoir les 10 000 offres de postes d’apprentis qu’elle propose chaque année.

Relancer l’activité dans les salons

Ce programme pédagogique estampillé L’Oréal pourrait intéressé  des bacheliers, des titulaires de brevets professionnels ou de jeunes salariés en cours de reconversion professionnelle, estime M. Provost. D’autant que les étudiants apprendront à gérer et à diriger un salon de coiffure. Un enseignement qu’il juge primordiale, alors que, « en CAP [certificat d’aptitude professionnelle], on en est encore à apprendre à enrouler des permanentes ».

A terme, ce bachelor pourrait aussi contribuer à relancer l’activité dans les salons en formant des coiffeurs aux techniques numériques propres à attirer la clientèle et à la conserver. C’est un impératif pour L’Oréal. Depuis des années, le groupe, qui effectue 12 % de ses 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce aux produits capillaires destinés aux professionnels, est face à la crise du secteur. Les jeunes fréquentent moins les salons que leurs aînés. Et, faute de rentabilité ou de repreneurs, 7 000 établissements ferment chaque année dans l’Hexagone.