Chanel agrandit son usine dans l’Oise

La maison de luxe a lancé le chantier d’extension de ce site afin d’augmenter sa production de sacs à main et de pouvoir répondre à la demande asiatique.

 La maison de luxe Chanel a posé la première pierre, mercredi 18 septembre, du chantier d’extension de son usine de maroquinerie de Verneuil-en-Halatte (Oise), fondée depuis 1990. Coupeurs, modélistes et maroquiniers y fabriquent ses sacs à main. L’ouverture est prévue en 2020, à l’issue de travaux de grande grandeur, dont le montant n’a pas été dévoilé. Chanel emploie 410 travailleurs dans cette usine.

Cet extansion, qui portera la superficie globale de l’usine de Verneuil-en-Halatte à 25 000 mètres carrés, n’est pas le seul chantier en cours au sein de la marque conservé par les frères Alain et Gérard Wertheimer. Toujours en 2020, Chanel doit inaugurer un nouvel immeuble de 25 500 mètres carrés à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Dans cet édifice conçu par l’architecte Rudy Ricciotti, la maison  va rassembler les 600 travailleurs de ses filiales qui, auparavant, occupaient un autre site à Aubervilliers et un immeuble à Pantin. Parmi les entreprises concernées figurent le bottier Massaro, le brodeur Lesage, le plumassier Lemarié,  le fabricant de bijoux Goossens et le confectionneur Paloma, spécialiste du flou. Toutes ces entreprises fournissent non uniquement Chanel, mais aussi des concurrents.

En même temps, la marque connue pour ses sacs à main en cuir d’agneau matelassé multiplie les opérations afin de sécuriser ses fournitures auprès des tanneries et mégisseries. Les Tanneries Haas, que Chanel a rachetées en 2013, préparent leur déménagement dans une nouvelle usine, toujours à Mittelbergheim (Bas-Rhin). Cet investissement s’apparente à celui mené en 2016 dans le secteur de la soie. Chanel est connue pour avoir alors repris des PME de la Loire et la Haute-Loire spécialisées dans la filature  le tissage, la teinture, l’ennoblissement et l’impression de cette fibre.

Recrutement à tout-va

En agrandissant son usine de Verneuil-en-Halatte, Chanel cherche à élever ses capacités de production pour faire face à la demande asiatique. En effet, les clients chinois raffolent des sacs à main Made in France. Louis Vuitton décuple sa production et recrute à tout-va. La marque phare du groupe LVMH a baptiser une nouvelle maroquinerie à Beaulieu-sur-Layon, dans le Maine-et-Loire, et rénove La Régence, un bâtiment du XVIIIe siècle, à Vendôme (Loir-et-Cher) pour y installer des maroquiniers.

Hermès, dont les ventes de maroquinerie ont crû de 12,4% au premier semestre 2019, commence aussi des chantiers partout dans l’Hexagone. En 2020, la marque ouvrira sa maroquinerie de Guyenne (Gironde). Longchamp, autre marque française dont les Chinois sont friands, a aussi augmenté ses capacités de production à Pouzauges, en Vendée.

Chanel espère mieux approvisionner le marché chinois. La marque, dont les ventes ont progressé de 10,5 % à taux de change constant en 2018, a généré 9,91 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, après une augmentation de 17% en 2017. Elle a connu un succès fou en Asie. Cette région représente dès lors 42,4 % de son activité, a indiqué en juin son directeur financier, Philippe Blondiaux, à l’agence Reuters. Ses ventes y ont bondi de près de 20 % en 2018.