Mobilisent pour les salariés de GE Belfort

À l’entrée de l'usine General Electric (GE) de Belfort, en octobre 2018.
À l’entrée de l’usine General Electric (GE) de Belfort, en octobre 2018. Pascal BASTIEN / Divergence

La firme américaine, en pénurie dans l’énergie, avisera un plan social après les élections européennes du 26 mai. Près de 1 000 postes sont tourmentés.

Le dossier fait l’objet de « la plus grande vigilance de la part de l’Etat ». C’est en ces termes qu’Emmanuel Macron a répondu, dans un message daté du 29 avril, aux élus de Bourgogne et du Territoire de Belfort. Tous s’alarment pour le futur d’une partie du site General Electric (GE) de Belfort et la moitié des 1 900 salariés fabriquant des turbines à gaz pour centrales électriques. Et tous réclament, avec les syndicats, l’appui de l’Etat pour soutenir une reconversion industrielle.

Le groupe de Boston endure surtout de l’affaissement des commandes de turbines en Europe

Le président de la République les a révoqués vers le ministre de l’économie, qui reçoit ainsi d’un nouveau dossier délicat après avoir réglé avec succès la reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) par British Steel. Bruno Le Maire a perçu ces élus, lundi 13 mai, à Bercy pour invoquer avec eux les pistes admettant de sauver le plus d’emplois possible et leur confirmer que « l’Etat [travaillerait] main dans la main avec les collectivités ». Acquise par le géant américain avec l’ensemble d’Alstom Power pour 10 milliards d’euros en 2015, l’usine de turbines à gaz risque de faire les frais du vaste réaménagement lancé par le groupe dans sa branche énergie.

Le géant de Boston souffre de l’éboulement des commandes de turbines en Europe, de l’ardeur de concurrents asiatiques plus compétitifs dans les pays émergents, et du défilé rapide des parcs éoliens et solaires pour sortir des énergies fossiles. Une mauvaise passe que traverse aussi son principal rival, Siemens. Le groupe allemand vient d’aviser qu’il se séparait de cette activité historique pour créer une société (30 milliards de chiffre d’affaires) qu’il aperçoit de coter en Bourse.

Dans sa lettre aux élus, le Président de la République assure que Belfort « dispose d’atouts », sans cacher le coût des investissements nécessaires à cette diversification. Mais le gouvernement veut esquiver une nouvelle catastrophe sociale, comme les condamnations de Ford Blanquefort (Gironde) et des deux usines sarthoises du papetier Arjowiggins, qui ont entraîné la suppression de 1 600 emplois. M. Le Maire a avisé aux élus qu’aucun des deux sites de GE (Belfort et Bourogne) ne fermerait.