L’OMC voit dans les services le « nouveau moteur de la mondialisation »

Selon le rapport annuel de l’institution, les pays développés sont les grands gagnants de l’essor de ce secteur, qui représente 20 % du commerce mondial, contre 9 % en 1970.

Par Publié aujourd’hui à 11h21

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L’avenir de la mondialisation passe par les services. « C’est le secteur le plus dynamique du commerce mondial sans que cela soit reconnu ou bien compris », affirme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans son rapport annuel publié mercredi 8 octobre. L’institution, basée à Genève, observe que la valeur des échanges dans ce secteur a augmenté plus rapidement que celle des biens, à un rythme annuel de 5,4 %, entre 2005 et 2017. Les services, qui ne pesaient que 9 % du commerce mondial en 1970, représentent désormais 20 % et ce niveau pourrait grimper à 33 % d’ici à 2040, selon les projections de l’OMC.

Ces derniers jouent un rôle croissant, mais discret, dans le développement du commerce mondial. « Les exportations de services font travailler un nombre incroyable de personnes dans le monde, et il reste encore un énorme potentiel inexploré », avance Roberto Azevêdo, le directeur général de l’OMC.

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Un potentiel inexploré car, contrairement au commerce de marchandises, il était jusque-là difficile à cerner et à mesurer. Certains services, telles les productions audiovisuelles, franchissent la frontière pour être consommés à l’étranger. Parfois c’est le consommateur qui se déplace à l’étranger, comme c’est le cas avec le tourisme. Le fournisseur peut aussi s’installer de manière temporaire ou permanente hors de son pays pour vendre ses services, comme le font les sociétés informatiques indiennes qui envoient leurs consultants chez des clients aux Etats-Unis.

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Les perdants sont les pays pauvres

L’affaire se complique si l’on prend en compte la part des services dans la valeur ajoutée des produits industriels, que ce soit lors de leur conception ou de leur transport. L’OMC a ainsi calculé que les échanges de services pourraient augmenter de 50 % d’ici les vingt prochaines années.

Les services se mondialisent dans le sillage des échanges de marchandises et grâce à la technologie. Ils peuvent désormais être exportés facilement en raison de la baisse du coût des télécommunications et de la numérisation de pans entiers de l’économie mondiale. Un processus à l’œuvre dans les secteurs de l’éducation et de la santé…

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A en juger par le volume des échanges, les gagnants sont majoritairement les pays développés, et quelques pays émergents qui les rattrapent. Les perdants sont les pays pauvres si l’on regarde leur contribution quasi nulle aux exportations et aux importations de services dans le monde. « L’importation de services liés aux infrastructures portuaires ou à la logistique peut toutefois aider leurs industries à être plus compétitives », nuance toutefois John Drummond, chef de la division des échanges de services à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).