Les personnes touchées par le cancer d’origine professionnelle sont augmentés d’une façon spectaculaire

Un médecin généraliste, à Bordeaux, en 2015.
Un médecin généraliste, à Bordeaux, en 2015. Regis Duvignau / REUTERS

L’Assurance maladie annonce, jeudi, le rapport « Santé travail : enjeux et actions ». Elle admet qu’une part non insignifiant des cancers professionnels demeure non affirmé.

Le cancer est transformé abondamment courant dans le monde du travail, que l’expérience de la maladie est en passe d’évolution une compétence. Qualification « Fighting cancer » peut-on ainsi lire dans les CV sur Linkedin. « Quand on traverse une maladie, on procure une compétence qui est d’aller chercher des ressources pour s’adapter dans l’urgence et gérer les crises, l’ex-malade a de quoi transmettre à ses pairs », déclare Hélène Bonnet, responsable chez Sanofi de « Cancer & travail : agir ensemble ». Jeudi 11 avril, l’Assurance maladie diffuse un rapport intitulé « Santé travail : enjeux et actions », qui dévoile que le nombre de cancers reconnus d’origine professionnelle a plus que triplé en vingt ans, passant de 541 à 1940, avec une moyenne annuelle de 1840 cas pour les cinq dernières années.

Il y a en hexagone 1 000 nouveaux cas de cancer par jour. La cartographie éditée en janvier par Santé publique France (ex-Institut de veille sanitaire) montre qu’en moyenne le cancer a intéressé 356 000 nouveaux cas par an de 2007 à 2016, et pour 2018 l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en a signalé 382 000. La part des cancers reconnus d’origine professionnelle (0,5 %) peut, à cette aune, paraître proportionnellement modeste.

Mais l’amélioration des cancers sans rapport avec l’amiante est menaçante : c’est la part du bilan qui augmente le plus ces dernières années. « Le nombre de cancers hors amiante représente désormais 23 % des cancers professionnels en 2017, contre 17 % en 2013 », mentionne la branche Risques professionnels de l’Assurance maladie. Il s’agit des cancers de la vessie, des cancers nasosinusiens et des leucémies, en lien avec l’exposition aux poussières de bois, au benzène, et aux produits noirs (goudrons, bitumes, asphaltes) pour la moitié d’entre eux. Dans le même temps, la part des cancers liés à l’amiante est passée à 77 % contre 83 % quatre ans plus tôt. Ils sont réduits dans le nord de la France dans les secteurs de la sidérurgie et le BTP et sur la population ouvrière.

Une participation financière de taille

Cette situation ne correspond pas à l’exposition actuelle des salariés, mais elle reflète la structure de l’emploi des cinquante dernières années. « La période de latence entre l’exposition aux facteurs cancérigènes et la survenue du cancer est de vingt à quarante ans. On ne connaîtra l’impact de l’exposition contemporaine des agents cancérigènes sur la santé des salariés que dans plusieurs années », ajoute l’Assurance maladie.