« Les conséquences positifs de la méditation ne font qu’équilibrer ses effets négatifs »

« Andrew Hafenbrack, devenu professeur en comportement des organisations à l’école d’économie et de business Catolica-Lisbon (Portugal), sème le doute. »
« Andrew Hafenbrack, devenu professeur en comportement des organisations à l’école d’économie et de business Catolica-Lisbon (Portugal), sème le doute. » Tang Yau Hoong/Ikon Images / Photononstop

Il faut constamment se méfier des enthousiasmes rapides et violents. Pour les modes managériales notamment. Car à l’enthousiasme collectif remplacent bien fréquemment doute et remise en cause. Il pourrait en être ainsi de la méditation, aussitôt en vogue chez les jeunes et les moins jeunes cadres.

Obtenue du bouddhisme, la méditation comporte à s’assembler sur le moment présent, à accepter la situation telle qu’elle est. Même adoptée pendant de très courtes périodes – pour rester compatible avec les exigences de la vie professionnelle – elle serait donc efficiente pour batailler contre l’anxiété, et s’apercevoir mieux au travail, entre autres. Le célèbre chef cuisinier français Thierry Marx en est un adepte. Et il est bien connu que Chade-Meng Tan, l’un des premiers ingénieurs mobilisés chez Google aux Etats-Unis a persuadé nombre de ses collègues d’y avoir recours.

Mais voilà qu’un de ses initiateurs de la première heure, Andrew Hafenbrack, devenu professeur en conduite des organisations à l’école d’économie et de business Catolica-Lisbon (Portugal), sème le doute. Alors qu’en 2014, il assurait que quinze minutes de méditation suffisent pour prendre de meilleures décisions, il alerte aussitôt sur un effet négatif de la technique, sans la remettre globalement en cause. « Méditer démotive », déclare-t-il dans un article diffusé en janvier dans la Harvard Business Review. Il a observé les différences de conduite au travail entre deux groupes de personnes.

Les personnes blasées moins performantes

Les adhérents du premier groupe connaissaient médité durant quinze minutes avant qu’il ne leur soit sollicité d’écrire une lettre. Les participants du second groupe possédaient pu faire ce que bon leur semblait, lire les nouvelles par exemple. Ceux qui avaient réfléchi ont déclaré faillir d’inspiration et ont expédié leur travail. Bizarrement cependant, ces êtres démotivés ont fourni d’aussi bons résultats que les autres, alors que ce n’aurait pas dû être le cas, vu que les personnes blasées sont naturellement moins performantes.

Pour le chercheur, il semble donc que les effets positifs de la méditation, comme le progrès de l’aptitude à se concentrer, ne font que compenser les effets négatifs dus à la perte de motivation. Ce qui prime l’intérêt professionnel de ce type de technique… A moins d’être capable de jouer délicatement de cet art, de savoir repérer les situations où sa pratique est certainement utile.