L’achat du journal « Nice-Matin »

Le siège de « Nice-Matin », à Nice , en 2012.
Le siège de « Nice-Matin », à Nice , en 2012. Eric Gaillard / REUTERS

Le placement du quotidien en ordre de préservation pourrait obliger son actionnaire belge Nethys à abandonner ses parts à l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa.

Nice-Matin va-t-il jaillir du flou dans lequel le journal est introduit depuis que Nethys, son actionnaire belge vers les  34 % a prévenu vouloir se désengager, fin décembre ? Le tribunal de commerce de Nice doit, vendredi 14 juin, déterminer de retenir ou non la procédure de préservation provoquée le 6 mars par la direction du quotidien, bien que le recours certifié par Nethys.

L’homme d’affaire franco-libanais Iskandar Safa s’est exprimé pour reprendre les parts de Nethys et des 66 % des salariés-actionnaires du titre niçois, par l’intermédiaire de sa succursale Privinvest Medias. Celle-ci détient déjà le groupe Valmonde, l’éditeur du magazine Valeurs actuelles.

Mais les débats entre Privinvest Médias et l’actionnaire belge sont au point mort, et ce dernier demeure muet sur ses intentions. L’instruction de sauvegarde doit donc « permettre au tribunal de commerce de contraindre Nethys à céder ses parts à Iskandar Safa ou à un autre repreneur, alors que le pacte d’actionnaire lui donne le droit de refuser une offre », déclare Romain Maksymowycz, délégué du Syndicat national des journalistes (SNJ) de Nice-Matin.

Faire élever les enchères

Les transactions se réunissent sur la valorisation du groupe de presse assemblant Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin. Iskandar Safa offrirait un peu plus de 17 millions d’euros à Nethys. Insuffisant selon le belge, qui affirme avoir investi près de 21 millions d’euros dans le quotidien niçois depuis 2016.

Le recours posé par Nethys est alors interprété comme une façon de « gagner du temps » et de faire monter les enchères. « A moins qu’il n’ait reçu une autre offre, mais dans ce cas le pacte d’actionnaire l’oblige à nous en informer », déclare Jean-François Roubaud, le président du conseil de surveillance de Nice-Matin.

Iskandar Safa avait déjà essayé de poser la main sur Nice-Matin en 2014, en déposant une offre commune avec l’éditeur belge Rossel (Le Soir, La Voix du Nord) et le groupe de BTP Marzocco. Le tribunal de commerce avait définitivement opté pour une reprise par les salariés sous forme de coopérative.

Des angoisses au sein de la rédaction

Au total, l’enveloppe certifiée par Privinvest atteindrait 40 millions d’euros. Cette somme enduis l’ensemble du capital, la reprise de la dette et un plan d’investissement dans le digital et la différenciation du journal. L’offre est jugée profitable par les dirigeants de Nice-Matin, dont les déficits nécessiteraient atteindre entre 3 et 4 millions d’euros en 2019. Depuis 2014, le titre s’est contraire de plus de 300 salariés sur 1 106.