En Ile-de-France, le secteur privé continue à recruter à tour de bras

Des ouvriers construisent, sur le champ de course de Longchamp, en octobre 2019.
Des ouvriers construisent, sur le champ de course de Longchamp, en octobre 2019. JOEL SAGET / AFP

L’Ile-de-France, premier bassin d’emploi de l’Hexagone avec 4,8 millions de salariés dans le secteur privé – soit un salarié sur quatre dans le pays –, va continuer à recruter de manière soutenue en 2020. Ce sont tout particulièrement les services qui devraient soutenir la tendance dans cette région qui représente 31 % du produit intérieur brut (PIB) national, indique une enquête de la Banque de France réalisée auprès de 14 800 chefs d’entreprise, tous secteurs confondus, et publiée jeudi 13 février. « Dans un contexte international difficile, marqué par un ralentissement de la croissance et des échanges internationaux, les entreprises franciliennes ont bien tiré leur épingle du jeu en 2019 », explique Jean-Pascal Prevet, directeur régional Île-de-France de l’institution.

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Les sociétés du secteur de la construction et des travaux publics, notamment, ont réalisé une excellente année 2019, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,7 %, et s’acheminent vers une croissance plus modérée en 2020 (+ 2,3 %). L’industrie, après une production en augmentation de 2,4 %, prévoit une progression de 1 % cette année, en raison d’une conjoncture moins favorable dans l’automobile. Dans ce secteur, « l’année 2019 a connu une stabilisation » des effectifs, essentiellement due à la diminution « drastique » du nombre d’intérimaires dans les usines de la région, Renault à Flins et PSA à Poissy, note l’étude.

Le BTP toujours porteur

Les services marchands devraient connaître une année particulièrement dynamique (+ 4,3 % attendus, après 3 % en 2019). Toutes les branches des services ont recruté l’an passé (+ 3,6 % au global) et vont poursuivre sur cette lancée, à l’exception notable de la publicité. L’ingénierie technique (bureaux d’étude), notamment, est fortement pourvoyeuse d’emplois, dans un secteur en tension. « Les compétences sont difficiles à recruter et à conserver », a souligné Danièle Koubi, responsable des études économiques au sein de la direction des affaires régionales Ile-de-France de la Banque de France. Les effectifs devraient y augmenter de 5,4 % en 2020, au même rythme que l’année passée.

Autre activité en tension : l’information-communication, portée par les activités informatiques et le secteur des logiciels. Développeurs, ingénieurs, chefs de projet sont toujours très demandés alors que les embauches accélèrent encore (+ 5,6 % cette année, après 3,8 % en 2019). Dans un autre registre, les transports et l’entreposage, qui bénéficient de l’envolée du e-commerce, cherchent des manutentionnaires ou des chauffeurs pour acheminer les millions de colis qui leur sont confiés, mais souffrent d’un manque d’attractivité qui pénalise les entreprises.