Emploi : Jaris défait les fonctions de l’audiovisuel aux personnes en condition de handicap

Jaris, promo 2017, atelier de prise de vue au Plessis-Trévise.
Jaris, promo 2017, atelier de prise de vue au Plessis-Trévise. DR

Le fait Duoday appel le 16 mai les sociétés à assister l’accès du handicap à l’emploi en milieu ordinaire. C’est le credo du centre de formation aux professions de l’audiovisuel Jaris depuis plus de quinze ans avec un vrai succès.

Le 16 mai se tient le Duoday 2019, une journée nationale usitée à la réunion du handicap et de l’entreprise. Pour les stagiaires de Jaris, le Duoday c’est tous les jours. Ce mécanisme d’insertion créé en 2003 forme avec un véridique succès les personnes en condition de handicap aux métiers de l’audiovisuel, en s’appuyant sur le réseau professionnel et sur la mise en situation des stagiaires. « On n’est pas une boîte à rêves, on est sur des emplois plus techniques que créatifs, on forme des manipulateurs de prises de vue, des preneurs de sons et des monteurs, mais ni des scénaristes ni des réalisateurs », déclare Eric Canda, fondateur et directeur de Jaris Productions.

Le plan de formation s’adresse aux personnes espacées de l’emploi par un handicap ou par l’instabilité sociale. Ce sont des personnes avouées en situation de handicap physique ou psychique (autistes, dépressifs, schizophrènes, bipolaires) et des jeunes de moins de 25 ans mandatés par le service public de l’emploi. Les stagiaires ont entre 18 à 45 ans.

Depuis 15 ans, tous les ans, Jaris perçoit en entretien une cinquantaine de candidats destinés par Cap emploi (le Pôle emploi « handicap ») ou par une mission locale (le Pôle emploi des 16-25 ans). Douze d’entre eux entreront en formation théorique et pratique. Des professionnels viennent leur expliquer les ficelles du métier et les stagiaires convoient des ateliers en conditions réelles de travail. « Pendant trois mois, ils s’exercent en binôme sur toute la chaîne de conception d’un film : écriture, prise de vue, réalisation, etc. », retrace Téva Bourdin, opérateur indépendant et formateur Jaris, qui a déjà une centaine d’élèves à son actif.

Quelques séances sont employées au développement personnel et à la gestion du stress. « Les contenus ne sont pas très alambiqués, mais derrière il y a pour chacun une lutte personnelle. Pour moi, c’était la fatigue, car c’est difficile d’analyser ce qui tient de la fatigue ou de la maladie », témoigne Caroline Roatta, 37 ans, stagiaire de la promo 2017, faite depuis 2013 par la maladie de Wilson.

Confiance recouvrée

« Certains stagiaires faisaient déjà dans l’audiovisuel avant de dépendre à la suite d’un accident de vie ou d’un burn-out. Ils achètent très vite les compétences métiers. Ils ont perdu la confiance, mais ce sont des personnes qui moulinent très vite », définit Téva Bourdin.