Emploi en France une nette accélération malgré la crise

Durant les 3 premiers mois, l’économie française a créé 93 800 nouveaux emplois, surtout dans les services marchands.

Chantier de la future gare Grand-Paris-Express de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, le 6 mars. Dans la construction, 16 100 emplois ont été créés au premier trimestre 2019.

Chantier de la future gare Grand-Paris-Express de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, le 6 mars. Dans la construction, 16 100 emplois ont été créés au premier trimestre 2019. Gilles ROLLE/REA

Malgré un climat social tendu et un début de 2019, la France a continué à créer des emplois durant les 3 premiers mois. Mieux : la dynamique s’est accélérée si on en croit les chiffres détaillés publiés mercredi 12 juin par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Entre janvier et mars, 93800 postes d’emploi ont été créer, 218600 durant les 12 derniers mois. Une performance qui vaut d’être saluée alors que la croissance oscille mollement, depuis trois trimestres entre 0,3 % et 0,4 %.

Bien sûr, souligneront les sceptiques, on est loin de la croissance de la fin de 2019, dont 108 postes avaient été crées durant une seule trimestre.Mais le brutal stagnation que la France a vécu après début 2018, semble en passe d’être enrayée. Tous les secteurs économique, privé et public, embauchent actuellement.

Même pour l’industrie, qui a toujours été le parent pauvre du marché du travail, s’est remise à embaucher à l’échelle nationale. Au premier trimestre, 7 500 nouveaux postes sont crées, 18 800 sur un an. Une hausse particulièrement marqué dans les domaines de l’énergie, de l’eau et de la gestion des déchets, ainsi que dans l’agroalimentaire et la fabrication de biens d’équipement.

« Presque plus de gains de productivité du travail »

Dans le domaine de la construction, la progression est marquante est plus nette encore : on y observe la plus forte hausse des embauches depuis fin 2007, avec 16 100 emplois créés au premier trimestre, 36 500 depuis début 2018. Une reprise qui se retrouve aussi dans l’intérim, après des mois de repli.

C’est aussi dans les services marchands que se concentrent la majorité des nouveaux postes (68 200). Dans l’hébergement et la restauration, les recrutements ont triplé entre la fin 2018 et le début d’année 2019.

« La croissance, résume Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français de conjonctures économiques (OFCE), est ultra-riche en emplois. Le produit intérieur brut [PIB] progresse de 0,3 % au premier trimestre et l’emploi de 0,4 %. Cela signifie qu’il n’y a presque plus de gains de productivité du travail. » Faut-il s’en inquiéter ?