Dans la Sarthe, les anciens salariés d’Arjowiggins se battent pour faire repartir une activité industrielle

L’ex-intersyndicale de l’usine du papetier liquidée en mars, qui comptait 550 salariés, élabore un projet de fabrication de nouveaux produits papetiers innovants.

Publié aujourd’hui à 08h33

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A l’entrée de l’usine du papetier Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye (Sarthe), en mars.
A l’entrée de l’usine du papetier Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye (Sarthe), en mars. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Bessé-sur-Braye (Sarthe), envoyé spécial

« Tant qu’on n’est pas mort, on est vivant. » Jacques Lacoche, maire UDI du village de Bessé-sur-Braye (Sarthe), ne veut pas désarmer. Mercredi 9 octobre, il est venu soutenir la nouvelle mobilisation de l’association Action citoyenne pour l’intérêt général, qui entend empêcher la vente aux enchères de papier et pâte à papier encore stockés dans l’usine Arjowiggins, liquidée en mars.

Il est également là, car il fonde un grand espoir dans une autre association, Les Sacrifiés d’Arjowiggins, créée par l’ancienne intersyndicale de l’entreprise (CGT, CFDT et CFE-CGC). Celle-ci vient de faire savoir qu’elle travaille à un projet de reprise industrielle. « S’il doit y avoir un projet, ce ne sera pas sur du papier recyclé, car c’est une “bulle”, un secteur en croissance dans un marché global du papier en déclin », prévient Pascal Trudel, délégué CGT.

« En revanche, il y a du grain à moudre sur des produits innovants et de spécialité. Nous avons un groupe de dix-sept chercheurs du service R&D qui ont continué à travailler sur ces nouveaux produits. » Les anciens salariés les tiennent encore secrets. « Mais c’est un projet très fiable et qui peut rapporter beaucoup d’argent », assure Emmanuel Sauvaitre, délégué CFDT.

L’intersyndicale veut lancer une étude auprès de la société d’expertise Secafi pour montrer le potentiel économique de ce projet et séduire des industriels et financiers afin de relancer la papeterie. Mais le temps presse… Ce travail devrait « durer environ deux mois », selon le représentant syndical Christophe Garcia (CFE-CGC). Or le propriétaire des machines de production qui étaient louées en leasing a donné comme délai le 31 octobre avant de reprendre son bien.

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« Course contre la montre »

« Nous avons décidé de demander un délai supplémentaire pour la location des machines, indique M. Garcia devant les grilles de l’usine. Ce que l’on voudrait, c’est garder les machines le temps que l’étude, qui est en train d’être financée par la région et la préfecture de la Sarthe, puisse être lancée. »

L’urgence, c’est aussi l’arrivée de l’automne. « C’est une course contre la montre, concède le maire de Bessé-sur-Braye. Nous avons eu un été chaud et les machines n’ont pas trop souffert. Mais il ne faudrait pas que le matériel se dégrade avec l’humidité. »

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