Au Conforama de Vitry, dans le Val-de-Marne, les salariés « en deuil »

Les employés du magasin accusent le coup, après l’annonce, lundi, d’un plan social visant 1 900 postes dans le groupe en France. Le comité central d’entreprise doit détailler jeudi le plan de restructuration

Par Publié aujourd’hui à 10h04

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Le magasin Conforama de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 6 mars.
Le magasin Conforama de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 6 mars. DENIS CHARLET / AFP

« Dix-neuf ans passés au Conforama de Vitry-sur-Seine [Val-de-Marne] et on apprend par la télévision que le magasin va fermer, c’est dur. J’ai 46 ans, que vais-je faire ? », déclare, amer, Zenagui – toutes les personnes citées dont le nom n’apparaît pas ont souhaité garder l’anonymat. Le 1er juillet, ce vendeur a « pris une claque » en découvrant l’ampleur de la restructuration du groupe d’ameublement. Certes, les difficultés financières de l’entreprise étaient connues – en six ans, elle a cumulé 480 millions d’euros de pertes –, tout comme le scandale financier dans lequel est empêtré son principal actionnaire, le groupe sud-africain Steinhoff.

« Il n’empêche, on ne s’attendait pas à autant de licenciements », explique Nadia Nattiez, déléguée CGT du Conforama de Vitry, qui a noué à son bras un foulard noir, « en signe de deuil ». Pas moins de trente-deux magasins vont fermer leurs portes, auxquels s’ajoutent dix boutiques du réseau Maison Dépôt, qui disparaîtra. Le siège social et d’autres services sont aussi touchés. Au total, 1 900 postes sont supprimés, sur les 9 000 employés dans l’Hexagone.

Rencontrés à quelques jours du comité central d’entreprise, qui doit se tenir jeudi 11 juillet, durant lequel la direction va détailler son plan de réorganisation, les salariés sont encore sous le choc. « Je ne dors plus depuis une semaine. Comment vais-je faire avec mes trois enfants à charge ? », raconte Aliya (le prénom a été modifié), mère célibataire de 36 ans, en CDI à Vitry depuis dix ans. L’éviction surprise du directeur général du groupe, mardi 9 juillet, a renforcé les inquiétudes des salariés, qui, à l’image de Nadia, ne se font guère d’illusion sur d’éventuels reclassements. Contactée, la direction du magasin n’a pas souhaité faire de commentaires.

« J’ai donné mon dos à Conforama »

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Devant le magasin, qui emploie 87 personnes, le sujet est évidemment au cœur de toutes les discussions. Un à un, les employés livrent leur histoire. Tous ont l’impression d’appartenir à la « famille Conforama ». A 36 ans, Samir y travaille depuis treize ans. Enfant de Vitry, il n’a jamais voulu quitter sa ville natale. Ni Conforama. « J’y ai même rencontré ma femme. Elle est à Conforama depuis dix ans, et nous attendons un enfant pour janvier ». Au moment où les premières lettres de licenciement sont censées arriver.