Après le pays du chômage de masse, la France est désormais pays de l’embauche »

Dans une agence Pôle emploi, à Tourcoing (Nord), en octobre 2018.
Dans une agence Pôle emploi, à Tourcoing (Nord), en octobre 2018. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Nous l’avons tous aperçu, depuis quelques mois, de petits cartons discrets sortent dans les magasins, à l’entrée des fabriques ou des chantiers : employés sollicités. Comme au bon vieux temps, la France, pays du chômage de masse, est désormais, le pays de l’embauche. Au vu de l’extraordinaire enquête 2019 de Pôle emploi sur les besoins de main-d’œuvre, la société en France pourrait mettre un panneau géant devant sa porte : ici, on embauche un million d’employés dans les services aux particuliers, 700 000 dans les services aux entreprises, 325 000 dans le commerce, 178 000 dans la construction… Et même les secteurs moribonds cherchent des bras : 240 000 postes sont à nantir dans l’industrie et 250 000 dans l’agriculture !

On ne sait pas si, comme l’a suggéré, en 2018, Emmanuel Macron, il suffit de traverser la rue pour avoir un job, mais le fait est que l’emploi est existant.Et dans tous les domaines. La liste des métiers les plus sollicités par les sociétés cette année laisse rêveur : viticulteur, agent d’entretien, serveur, animateur socioculturel, aide ménagère, artiste, cuisinier, informaticien… Il y en a pour tous les goûts et toutes les compétences. Sachant que du côté des cadres (à partir de bac + 3), on approche le plein-emploi depuis plus d’un an.

Problèmes de difficulté, d’image du métier et de l’entreprise

Cette embellie est phénoménale. On n’avait pas vu un tel emballement depuis les années fastes 2006-2008, quand le taux de chômage était arrivé aux alentours de 7 %. Il s’explique par la manœuvre du retour de l’augmentation et de cinq ans de mesures en faveur des sociétés, tant sur le plan financier que social.

Mais la réduction forte du chômage, qui est passé, en 2018, sous la barre des 9 %, n’est pas encore garantie. Car la face sombre de l’étude de Pôle emploi révèle une forte augmentation des difficultés d’embauche. Les entreprises prévoient 2,7 millions de d’embauche cette année, mais une sur deux reconnaît que ce sera difficile, tant elles ont du mal à trouver le bon candidat. Dans des métiers, comme les couvreurs, les charpentiers, les carrossiers, les mécaniciens auto ou les aides à domicile, plus de 80 % des employeurs questionnées peinent à recruter. Score presque pareil du côté des chauffeurs routiers, des électriciens ou des plombiers. Depuis 2016, ce phénomène de difficulté s’amplifie et devient un vrai facteur de blocage. Dans la construction, les deux tiers des sociétés sont en pénurie de recrutement.