Secourir Notre-Dame de Paris

« Depuis le 15 avril, la mobilisation du secteur de la sylviculture a été à la hauteur de l’émotion générale »
« Depuis le 15 avril, la mobilisation du secteur de la sylviculture a été à la hauteur de l’émotion générale » Francisco Seco / AP
Une petite société du Nord de la France a déterminé de planter les 1 300 chênes brûlés dans l’incendie de la cathédrale de Paris.

Un jour après l’incendie de Notre-Dame de Paris, à Lys-lez-Lannoy (Nord), près de Lille, se soutenait le comité de direction de Création bois construction, une petite entreprise d’une cinquantaine de personnes spécialisée dans la création et la construction d’immeubles en bois. Ce 16 avril, l’éloignement de la charpente de Notre-Dame, nommée « la forêt », qui avait envie la coupe de 1 300 chênes, était dans tous les esprits. « J’ai été impressionné par la prise de conscience des équipes, très affectées par la destruction de Notre-Dame, déclare le PDG, Hervé Denize. Quelques un  des charpentiers avaient eu l’occasion de considérer “la forêt” de Notre-Dame dans leur parcours de compagnon du devoir. » Le comité de direction a déterminé ce jour-là de replanter 1 300 chênes d’ici trois mois.

Depuis le 15 avril, l’appel du secteur de la sylviculture a été à l’élévation de l’émotion générale. L’assureur Groupama, investisseur institutionnel et propriétaire terrien, a avisé dès le lendemain vouloir offrir 1 300 chênes centenaires essentiels à la reconstruction de Notre-Dame. Le 19 avril, c’était au tour de l’association des sylviculteurs de Poitou-Charente d’appeler à assembler 1 300 chênes pour refaire la charpente « à l’identique », quelle que soit la décision définitivement retenue pour le rétablissement de la cathédrale de Paris.

Moins de 5 euros par chêne

La décision de la petite société du Nord n’est pas « un coup de pub, car notre récente politique de protection de la filière bois va déjà dans ce sens », révélait à La Voix du Nord, le 20 avril, la directrice générale Frédérique Seels. « L’engagement de notre société, c’est de planter autant d’arbres que notre activité en consomme », déclare M. Denize. A moins de 5 euros par chêne, « ce n’est pas une dépense insurmontable pour la société. Les salariés ont été fiers de cette décision », qui fait autant écho à l’émotion générale qu’à la promesse des salariés.

« Il faudra deux cents ans pour que les chênes atteignent la taille de ceux utilisés pour la charpente de Notre-Dame, ce n’est donc pas pour cette génération. Mais on voulait faire autre chose que verser de l’argent, une action qui ait du sens pour les équipes, un symbole pour leur avenir. Pour les salariés, c’est une reconnaissance de leur métier, alors qu’ils viennent de passer à côté du dépôt de bilan », mentionne M. Denize, qui a racheté Création bois construction en février. Création bois construction envisage de financer l’accumulation et la plantation des 1 300 chênes dans les forêts du nord de la France.