Qui a pu se former depuis le Covid ?

« Plus que les moyens, effectivement déployés, ce sont l’information, l’organisation et le contexte de crise sanitaire que les salariés ont désignés comme obstacles à la formation sur cette période. »

Carnet de bureau. Pendant la crise sanitaire, la formation continue, mais pas pour tout le monde. C’est ce que pointe le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), qui prépare un grand bilan sur l’impact du Covid sur la formation professionnelle, coordonné par Ekaterina Melnik-Olive. L’étude titrée « Impact de la crise sanitaire sur les mobilités, les projets, les aspirations professionnelles, les compétences et le travail » a été menée de mars 2020 à mai 2021 et aborde trois volets : « l’accès à la formation », « l’adaptation des parcours durant la crise » et « l’évolution des aspirations professionnelles ».

Les éléments chiffrés extraits du premier volet, qui viennent d’être transmis au ministère du travail et devraient prochainement être publiés, indiquent que les moyens déployés pour faire face à la situation exceptionnelle de télétravail généralisé et de chômage partiel massif n’ont pas réduit les inégalités d’accès à la formation.

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Les salariés qui se sont formés pendant le Covid sont plutôt les diplômés : à 52 % de niveau bac + 2/3/4, contre 29 % seulement pour les sans diplôme ; à 48 % en emploi sur des professions intermédiaires contre 33 % pour les ouvriers ; et majoritairement (56 %) dans des grandes entreprises (2 000 et plus) contre environ un quart dans les sociétés de 10 à 49 salariés.

Des obstacles

Durant la crise sanitaire, le dispositif FNE-Formation a été élargi de manière à permettre aux entreprises concernées par l’activité partielle de former leurs salariés. Dès avril 2020, le ministère du travail annonçait une mise à disposition massive des ressources pédagogiques en ligne pour favoriser la formation à distance.

Pourtant 60 % des salariés suivis par le Céreq n’ont bénéficié d’aucune formation pendant la crise, et les aides n’ont pas permis aux laissés-pour-compte de la formation professionnelle d’y accéder. « Les personnes qui ne s’étaient pas formées de 2014 à 2019 se retrouvent majoritairement parmi celles qui n’ont pas eu d’occasion de se former pendant la crise », indique le Céreq. Mais pas forcément pour les mêmes raisons.

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Le désordre du Covid a jeté une ombre de plus sur le circuit de la formation professionnelle déjà très brumeux. Plus que les moyens, effectivement déployés, ce sont l’information, l’organisation et le contexte de crise sanitaire que les salariés ont désignés comme obstacles à la formation sur cette période. De nombreuses propositions ou demandes de formation n’ont pas abouti. Davantage pour les femmes (37 %) que pour les hommes (32 %) ; et plus pour les salariés diplômés (37 % des bac + 5, 41 % des bac + 2) que pour les non-diplômés (28 %).

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