Quand l’assurance-vie devient solidaire

les fonds solidaires consacrent environ 800 millions d’euros au financement de l’économie sociale et solidaire.

Le monde de la finance solidaire est en ébullition. A partir du 1er janvier 2022, tous les contrats d’assurance-vie auront l’obligation de proposer au minimum un fonds solidaire, c’est-à-dire un produit consacrant de 5 à 10 % de son actif au financement de structures de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ces fonds sont surnommés « 90-10 ». Cela devrait donner un coup d’accélérateur à ces produits jusqu’ici majoritairement distribués dans le cadre de l’épargne salariale : leur encours a atteint 13,78 milliards d’euros à la fin de l’année 2020, dont 85 % avec l’épargne salariale, d’après l’association FAIR.

Au total, les fonds solidaires consacrent environ 800 millions d’euros au financement de l’ESS. « L’impact de ces produits est tangible : les structures soutenues par nos fonds solidaires ont permis de mettre à disposition 6 400 logements et d’accompagner 25 000 personnes vers l’emploi en 2020 », indique Béatrice Verger, responsable du développement investissement socialement responsable (ISR) de BNP Paribas Asset Management.

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Concrètement, comment ces acteurs sont-ils sélectionnés par les gérants des fonds solidaires ? Chaque société de gestion développe une approche spécifique, même si certains poids lourds du secteur, comme la foncière Habitat et Humanisme, France Active Investissement ou encore l’ADIE, sont présents dans la plupart des fonds.

« Mutualiser les investissements »

Depuis une dizaine d’années, la tendance est à la création d’un produit spécifique qui sert de « poche solidaire » à l’ensemble des fonds « 90-10 » d’une même maison et peut même être distribué auprès d’autres sociétés de gestion n’ayant pas cette expertise. « Réunir nos investissements solidaires dans un seul fonds nous permet de mutualiser nos investissements, donc d’être capables de financer jusqu’à plusieurs millions d’euros pour une même structure de l’ESS dans certains cas », explique Laurence Laplane-Rigal, directrice de l’investissement à impact social chez Amundi, dont le fonds « pur solidaire », Amundi Finance et Solidarité, pèse à lui seul environ 410 millions d’euros.

« Nous accompagnons ces entreprises, coopératives ou associations, dans leur changement de taille, lorsqu’elles passent de l’échelle locale à l’échelle régionale, ou de la région au territoire national », précise Mme Laplane-Rigal, citant Vivre en béguinage (logement accompagné pour seniors), Homnia (logement pour personnes en situation de handicap), La Varappe (insertion par l’emploi) ou encore My Retail Box (distribution en vrac). Amundi finance au total 43 structures de l’ESS, pour des tickets compris entre 800 000 euros et 5 millions d’euros, voire plus, sous forme de dette ou d’apport de fonds propres.

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