Le télétravail, partout où c’est possible, redevient une « obligation »

Télétravail, le retour. Tout comme durant le premier confinement, le recours à cette forme d’activité doit être organisé « de la manière la plus massive possible », a indiqué, jeudi 29 octobre, le chef du gouvernement, Jean Castex. Pour toutes les tâches qui peuvent être accomplies à distance, il s’agit d’une « obligation » et non pas d’une « option », a renchéri la ministre du travail, Elisabeth Borne. Des déclarations qui s’inscrivent dans le droit-fil des annonces faites, la veille, par Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée. Le but est de prévenir les risques d’infection au coronavirus en réduisant les interactions sociales et les déplacements dans les transports en commun.

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Ce mode d’organisation, soudainement appliqué à plusieurs millions d’actifs à partir du 17 mars et jusqu’au 11 mai, n’avait pas disparu, depuis. Sur la période récente, l’Etat recommandait aux patrons d’employer ainsi leur main-d’œuvre, à raison de quelques jours par semaine – le dosage devant être défini en concertation avec les élus du personnel. Désormais, ce sera, à nouveau, à « 100 % » du temps de travail pour tous les postes qui le permettent – soit environ un tiers dans le secteur privé. Le « protocole national » sanitaire, destiné aux entreprises, a, une fois de plus, été réécrit, jeudi, afin de restaurer provisoirement cette règle. Les employeurs qui s’en affranchissent manqueront à leur « obligation de protection des salariés », ce qui les expose « à une sanction civile ou pénale », met-on en garde dans l’entourage de Mme Borne.

Les organisations patronales n’ont, à ce stade, pas d’objections au rétablissement du télétravail à une grande échelle. Les syndicats, de leur côté, expriment des avis plus contrastés. « Repasser à 100 % est une mesure de bon sens, compte tenu du contexte épidémique », confie Catherine Pinchaut (CFDT). Mais elle craint que « certaines entreprises se disent que le télétravail n’est pas si obligatoire que ça ». Jérôme Vivenza (CGT) regrette que la décision de l’exécutif tombe alors que plusieurs questions liées à l’activité à distance ne « sont pas réglées » : prise en charge des frais engagés par le salarié pour pouvoir exercer son métier à la maison, évaluation de la charge de travail… Autant de points chauds qui doivent être abordés dans la négociation interprofessionnelle entre partenaires sociaux, dont le coup d’envoi est prévu mardi 3 novembre. « Nous aurions pu en discuter plus tôt, dès le printemps, mais le patronat a fait traîner les choses, affirme Cyril Chabanier, le président de la CFTC. C’est dommage. »

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