Comment le CAC 40 plait les jeunes diplômés

Le marché de l’emploi des cadres est au beau fixe, surtout pour les bac + 5. Pour les employeurs, les sociétés s’adaptent.

Avec 4 300 poste de travaille en CDI en 2018, dont 65 % de jeunes diplômés, Capgemini, socié­té de conseils, services informatiques et transformation digitale, est l’un des plus gros recruteurs de cadres en France. En 2019, la tendance devrait être la même. « Le premier critère de sélection pour les jeunes diplômés est d’intégrer une entreprise apprenante », déclare Jihane Baciocchini, directrice du recrutement pour Capgemini France.

« Ils veulent contribuer à la fabrication des savoirs », ajoute Delphine Renard, directrice des ressources humaines. Pour ce faire, la société a développé le principe des communautés (par métiers, technologiques, sectorielles…) et élaborer depuis six mois une dynamique de codéveloppement, un processus d’animation de groupe crée sur l’intelligence collective. Répondre aux besoins de la nouvelle génération est une grande contribution dans une société  où la moitié des ­effectifs sont âgés de moins de 30 ans.

Les jeunes cadres désire de la lisibilité et de la transparence, et sont surtout friands d’évaluations de leur travail. Résultat: le traditionnel entretien annuel est mort et enterré, car jugé en décalage avec la réalité. « Nous sommes passés d’une évaluation annuelle de la performance à une validation en continu des compétences », conclu Delphine Renard. Une appli CapGenie permet au salarié de s’auto-évaluer et de consulter des commentaires de sa hiérarchie. Tous les manageurs ont été formés à cette nouvelle approche. « Nous avons de très bons retours des jeunes embauchés. Ils jugent le dispositif plus rapide et plus fluide », épanoui Delphine Renard.

Le monde pour terrain de jeu

Une revue de personnel trimestrielle, où les manageurs se focalise sur les compétences des salariés, a aussi été mise en place. Concrètement, « le rythme des promotions s’est accéléré pour passer de 22 % à 28 % entre 2017 et 2018 », illustre la DRH. Reste aussitôt, selon les retours des utilisateurs, des dysfonctionnements à résoudre sur l’application CapGenie.

Cette génération de jeunes diplômés est très mobile et a fait du monde son terrain de jeu. Afin d’éclairer la mobilité interne au ­niveau international, Schneider Electric (gestion de l’énergie et des automatismes) – le groupe est présent dans plus de 100 pays – travaille sur une plate-forme nommée « Open Talent Market », qui va voir le jour d’ici la fin de l’année. « Elle sera exhaustive et proposera, outre les postes à pourvoir, les ouvertures de projets avec appel à participation », mentionne Anissa Deal, directrice du recrutement.