Le logo de France Travail, à Nancy, le 1ᵉʳ mai 2025. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Finalement, la réunion a eu lieu, ce qui constitue – presque – un petit événement. Mercredi 28 janvier, les syndicats et le patronat se sont rencontrés pour engager une négociation sur les contrats de travail de courte durée. Plusieurs protagonistes, dont les trois mouvements d’employeurs, avaient prévenu qu’ils feraient défection si le gouvernement ne répondait pas à certaines de leurs attentes, en amont de ce temps d’échange. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, leur ayant donné satisfaction par le biais d’une lettre envoyée pendant la nuit précédente, les acteurs sociaux ont pu lancer les pourparlers.
Le rendez-vous de mercredi après-midi s’inscrit dans un feuilleton alambiqué, en lien avec l’assurance-chômage. En novembre 2024, les représentants des travailleurs et des chefs d’entreprise, qui gèrent le système d’indemnisation des demandeurs d’emploi à travers l’association paritaire Unédic, parviennent à un accord redéfinissant les règles du régime.
Quelques mois plus tard, ils aboutissent à un autre compromis, consacré – cette fois-ci – au bonus-malus. Ce mécanisme consiste à moduler les cotisations à l’assurance-chômage en fonction de la fréquence à laquelle un patron se sépare de ses collaborateurs : ainsi, une entreprise, qui embauche du personnel en multipliant les contrats à durée déterminée et les missions d’intérim, est susceptible de se voir appliquer le taux de contribution le plus élevé, tandis que celle dont la main-d’œuvre est stable paiera moins. Sur ce dispositif, les syndicats et le patronat trouvent, en mai 2025, un terrain d’entente, qui prévoit, entre autres, des tractations complémentaires à mener ultérieurement sur les contrats courts.
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La CNIL a annoncé, jeudi 29 janvier, avoir lourdement sanctionné France Travail après un vol massif de données, ayant pu concerner 36,8 millions de demandeurs d’emploi. ERIC PIERMONT / AFP
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a condamné jeudi 29 janvier France Travail à une amende de 5 millions d’euros après une fuite de données personnelles massive, ayant pu concerner jusqu’à 36,8 millions d’utilisateurs français en mars 2024.
France Travail, opérateur public consacré à la recherche d’emploi (anciennement Pôle emploi), avait alors révélé avoir été la cible de pirates informatiques ayant réussi à extraire des données personnelles de demandeurs d’emploi, et avait averti la CNIL en conséquence. L’autorité avait expliqué que les données subtilisées recouvraient « les noms et prénoms, les numéros de Sécurité sociale, les identifiants France Travail, les adresses mail et postales ainsi que les numéros de téléphone ».
Etaient concernés les chômeurs inscrits à France Travail au moment des faits, mais aussi les « personnes précédemment inscrites au cours des vingt dernières années », soit « potentiellement » 43 millions de personnes. Après vérifications et élimination de doublons, ce nombre a été ramené à 36,8 millions, a précisé France Travail à l’Agence France-Presse.
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Livre. L’ouvrage a connu un succès retentissant à sa sortie en 2011, dépassant le million d’exemplaires vendus. Désormais traduit en français, Bonne stratégie, mauvaise stratégie (Arpa, 2025) propose aux décideurs une démarche méthodique pour mener leur entreprise avec succès et lui faire passer les caps délicats.
Il est l’œuvre de Richard Rumelt, influent spécialiste américain de la stratégie et du management, qui livre là les enseignements d’une carrière menée principalement dans l’enseignement supérieur (l’Insead en France, l’UCLA Anderson School of management à Los Angeles…) et le conseil en entreprise.
Et c’est précisément dans ses activités professionnelles que l’on suit, au fil des pages, le docteur en gestion. Tentant de convaincre des entrepreneurs – parfois sans succès – de nécessaires mutations, accompagnant des étudiants dans la découverte des leviers de développement des organisations, échangeant avec de grands patrons sur leurs changements de cap décisifs. Tel l’ancien directeur général d’Apple Steve Jobs (1955-2011), qui revient pour lui sur le redressement réussi de sa firme à la fin des années 1990.
Triade incontournable
Ce fil directeur permet à M. Rumelt de séparer progressivement le bon grain de l’ivraie, la bonne stratégie de la mauvaise. Il pointe ainsi les errements dans lesquels s’engouffrent parfois, pour le pire, certains dirigeants. Déplorant qu’il y ait « tant de mauvaises stratégies », il cite, pêle-mêle, les écrans de fumée (le « charabia » et les « mots scintillants » qui font office de stratégie), la mise en avant de simples aspirations en lieu et place de véritables plans opérationnels et, surtout, l’évitement face aux défis à affronter.
L’auteur appelle à revenir aux fondamentaux de la stratégie et en particulier à une triade incontournable à ses yeux. Elle se compose tout d’abord d’un diagnostic, qui cible avec précision la nature du défi à relever. « Dans le monde des affaires, [il] consiste généralement à faire face au changement et à la concurrence », explique l’ouvrage. Il peut aussi s’agir de problématiques organisationnelles internes (manque de coopération des différentes unités, lourdeurs bureaucratiques…), note l’auteur. Dans un deuxième temps, une politique d’orientation doit être définie, qui s’appuie sur des leviers ou des avantages concurrentiels. Enfin, un « ensemble d’actions cohérentes » doit être identifié – une étape souvent négligée par les mauvais stratèges.
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Le logo Amazon, à Dublin, en Irlande, le 28 octobre 2025. DAMIEN EAGERS / REUTERS
Le géant du commerce en ligne Amazon va supprimer 16 000 postes dans le monde, sans donner de précisions sur les emplois concernés, a expliqué le mastodonte dans un message adressé aux employés mercredi 28 janvier et consulté par l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous travaillons (…) pour soutenir toutes les personnes dont le poste est touché », précise Amazon, ajoutant que de nouveaux postes seront offerts à certains salariés lorsque cela sera possible.
En juin, le patron de la multinationale, Andy Jassy, avait affiché sa volonté de réduire les coûts, en pleine course aux investissements dans l’intelligence artificielle. Il avait annoncé que le développement de l’IA allait, « dans les prochaines années (…) réduire [les] effectifs de bureaux ». Cela s’était traduit, fin octobre, par une première vague de suppression de 14 000 postes.
27 000 postes
Beth Galetti, vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie, avait alors laissé entendre que ces suppressions n’étaient qu’une étape avant « de continuer à recruter dans des domaines stratégiques-clés tout en identifiant d’autres occasions de supprimer des [postes] » en 2026.
« Comme je l’ai précisé en octobre, nous avons travaillé à renforcer notre organisation en réduisant les strates, en accroissant la responsabilisation et en supprimant la bureaucratie », a-t-elle écrit dans son message aux employés, mercredi. « Si de nombreuses équipes ont finalisé leurs changements organisationnels en octobre, d’autres n’ont achevé ce travail que maintenant », a-t-elle ajouté.
« Pendant que nous mettons en œuvre ces changements, nous continuerons également à recruter et à investir dans des domaines et des fonctions stratégiques qui sont essentiels à notre avenir », a complété Beth Galetti.
Débuté en 2021, le mandat d’Andy Jassy a déjà été marqué par un mouvement similaire, avec 27 000 suppressions de postes lors de l’hiver 2022-2023.
Un ancien corps de ferme, à Hasparren (Pyrénées-Atlantiques), rénové par la SCI Lan eta bizi herrian (« travailler et vivre au Pays basque »), constituée d’entrepreneurs locaux. MYRIAM DUBERTRAND
C’est une belle maison dans la pure tradition basque, avec ses murs blancs, ses volets rouges « baigorry » et ses vieux colombages en façade. A voir cet ancien corps de ferme rénové situé à Hasparren (Pyrénées-Atlantiques), il est difficile de deviner qu’il y a deux ans, seulement deux murs tenaient encore debout. Aujourd’hui, la bâtisse appartient à la société civile immobilière (SCI) Lan eta bizi herrian (« travailler et vivre au Pays basque »).
L’idée de cette SCI a germé en 2023 dans l’esprit d’entrepreneurs locaux. « Le problème du logement au Pays basque ne fait que s’amplifier et m’a déjà empêché de recruter », explique Hubert Candelé, dirigeant de la laiterie Bastidarra. « Il ne se passe pas un mois sans qu’un salarié ait un besoin de logement à la suite d’une séparation, d’une naissance… Or la plupart d’entre eux sont dans la mauvaise case, constate pour sa part Peio Etxeleku, dirigeant de la fromagerie Agour. Ils ne sont ni assez pauvres pour être prioritaires dans l’accès aux logements sociaux ni assez riches pour s’offrir des logements aux prix pratiqués au Pays basque, notamment sur la côte. » Pour Brice Goguet, président du groupe de sellerie Voltaire, « ces difficultés pour se loger créent un véritable stress chez les salariés ».
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Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 27 janvier 2026. DIMITAR DILKOFF / AFP
L’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité en première lecture, mardi 27 janvier dans la soirée, la pérennisation de l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » et son intégration dans le droit commun.
La proposition de loi portée par le député (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) des Vosges Stéphane Viry a été adoptée par 96 voix (23 abstentions). Elle va désormais poursuivre son parcours au Sénat.
Mise en place par une loi en 2016, cette expérimentation qui repose sur l’idée que « personne n’est inemployable », permet à des territoires volontaires « de 5 à 10 000 habitants » de créer des « entreprises à but d’emploi » (EBE), qui recrutent en CDI des personnes durablement éloignées de l’emploi.
Elle a été prolongée en 2020 et devait en principe prendre fin le 30 juin 2026, au grand dam des nombreux députés qui soutiennent l’initiative, et des quelque 4 000 personnes employées au sein d’un des 83 Territoires zéro chômeur de longue durée créés. Mais un amendement retenu dans le cadre de la discussion budgétaire devrait permettre de prolonger l’expérimentation jusqu’à la fin de l’année, selon le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou.
Et la proposition de loi de M. Viry, largement réécrite via quatre amendements du gouvernement, doit permettre une « pérennisation » du dispositif, avec un « chapitre dédié dans le code du travail », a-t-il dit devant les députés.
Les amendements du gouvernement tiennent notamment compte, pour l’évolution de la gouvernance de « territoires zéro chômeur », d’un rapport de la Cour des comptes paru en juin 2025, qui a souligné l’utilité de l’expérimentation tout en en soulignant le coût élevé pour les finances publiques (28 000 euros par équivalent temps plein en 2023, davantage que d’autres dispositifs d’insertion).
Le texte prévoit notamment que les « entreprises à but d’emploi » nouent des conventions sous l’égide des préfets et des présidents de département. Une prérogative dans laquelle les groupes écologistes et « insoumis » ont dénoncé un « droit de veto » du préfet qui pourrait pénaliser des territoires prêts à se lancer.
Les négociations annuelles obligatoires pour les augmentations des 14 000 salariés du socle social commun de TotalEnergies (sur 35 000 salariés du groupe, avec les filiales) se sont terminées sur un désaccord le 20 janvier. Favorables à la proposition de la direction, la CFDT et le syndicat autonome CAT n’avaient pas la représentativité nécessaire pour la ratifier, tandis que la CFE-CGC (1er syndicat représentatif) et la CGT ont refusé de signer.
« La raison en est très simple : ce qui a été proposé n’est pas à la hauteur des excellents résultats de l’entreprise, et totalement disproportionné par rapport au retour qui va être fait aux actionnaires », explique Dominique Convert, coordinateur CFE-CGC chez TotalEnergies, qui avait signé l’accord l’an passé.
Aux salariés, le groupe a proposé une enveloppe globale d’augmentation de 2,3 %, laquelle intègre notamment les hausses conventionnelles obligatoires et les augmentations individuelles. « Seul 0,9 % d’augmentation générale est vraiment garanti aux ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise », déplore Eric Sellini, coordinateur CGT. « Mais pour ces catégories de personnel, le plancher d’augmentation est de 500 euros bruts annuels, relève Geoffrey Caillon, coordinateur CFDT. On serait au-dessus de l’inflation, je ne comprends pas qu’on laisse passer cette opportunité. »
Scénario minimal
Le niveau de l’inflation, à 0,8 % en décembre sur un an selon l’Insee (+ 0,7 % pour l’indice des prix à la consommation harmonisé européen) est également pris en référence par la direction pour défendre sa proposition, soulignant que l’écart entre la hausse des prix et l’enveloppe mise sur la table est identique à celui de l’an passé.
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Un supermarché Auchan à Béziers (Hérault), en mars 2025. GABRIEL BOUYS / AFP
Auchan, qui souhaite se concentrer sur ses hypermarchés, entend proposer à la vente 91 supermarchés au Groupement Mousquetaires (Intermarché), a annoncé le groupe mardi 27 janvier.
Le distributeur, en difficulté, avait dévoilé en novembre son projet de basculer en franchise Intermarché ou Netto ses supermarchés. Le groupe en compte environ 300 dont une trentaine sont déjà franchisés. Sur son parc total de 266 magasins détenus en propre, il ne prévoit désormais un passage en franchise que pour 164 d’entre eux, a-t-il expliqué mardi.
Dans un communiqué, il précise que 91 supermarchés, « de par leur situation géographique ou économique », seront « proposés à la cession au Groupement Mousquetaires ». La localisation de ces supermarchés n’est pas précisée. Le projet est soumis à la consultation des instances représentatives du personnel, ouverte mardi, et doit être autorisé par l’Autorité de la concurrence.
Pour les 164 supermarchés qui passeraient en franchise, Auchan souhaite créer une nouvelle entité juridique autonome, qui resterait sa propriété mais qui permettrait l’exploitation sous enseigne Intermarché ou Netto. « Cette entité bénéficierait immédiatement du modèle commercial d’Intermarché pleinement adapté à ce format », estime Auchan, notamment en termes de « compétitivité » des prix. Auchan espère finaliser l’intégration progressive de ces 164 supermarchés « à l’horizon avril 2027 ».
En novembre, le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse, avait précisé les contours du modèle envisagé : « Les fonds de commerce, l’immobilier restent propriétés d’Auchan, les salariés restent des salariés d’Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin. »
Auchan conserverait 11 supermarchés dans son périmètre, « sous d’autres formats », explique le distributeur, sans détailler davantage. L’opération doit permettre à Auchan de faire baisser les prix dans ses supermarchés, de 6 % à 8 % selon une source proche du dossier, tout en continuant le « travail » sur sa centaine d’hypermarchés.
La présentation du projet en novembre aux instances du personnel avait provoqué « une onde de choc », avait alors témoigné à l’Agence France-Presse (AFP) René Carette, délégué syndical central à la CFDT Auchan. « On veut qu’Auchan s’engage à maintenir tous les emplois et tous les acquis sociaux », avait ajouté Franck Martinaud, délégué syndical Retail France FO.
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Ce deal « gagnant-gagnant » pourrait « nous permettre d’étendre notre emprise sur le marché français », s’était, de son côté, félicité le patron des Mousquetaires, Thierry Cotillard. Les supermarchés Auchan représentent deux points de part de marché, et les Mousquetaires visent 20 % en 2028, contre 17,7 % en octobre, selon Kantar Worldpanel.
L’Assemblée nationale étant incapable de voter un budget pour 2026, le gouvernement a fait appel à l’article 49.3 de la Constitution, alors qu’il s’était engagé à ne pas y recourir… Au-delà des grands récits idéologiques, ces errements devraient nous alerter sur la nécessaire adaptation des dispositifs politiques à l’importance du budget de l’Etat dans les sociétés contemporaines. Car la Constitution ne semble pas avoir prévu l’absence de majorité parlementaire, ou n’a conçu que des solutions insatisfaisantes pour établir un budget dans de telles circonstances.
Ainsi, l’article 49.3 reste le secours ultime, mais il incarne désormais un déni de démocratie. Il importerait donc d’explorer, pour ces situations, de nouvelles modalités d’élaboration budgétaire, qui concilient démocratie et bonne gestion de la République.
Le choix d’un budget est l’une des pratiques de « bonne gestion », les plus anciennes et les plus universelles. Elle précède de beaucoup les démocraties modernes. Car, depuis les formes rudimentaires de reddition de comptes, la gestion budgétaire incarne la prise de responsabilité vis-à-vis d’autrui et veut provoquer en retour la confiance collective.
Loin de se confondre avec la recherche de la rentabilité, elle vise à rassurer sur la sincérité, la cohérence et l’équilibre des décisions financières. La logique des comptes s’est ainsi imposée, dès le Moyen Age, dans la vie des affaires comme dans celle des… organismes religieux ! Et plus l’Etat moderne a multiplié ses interventions, plus son budget est devenu la colonne vertébrale d’une large part de la vie des citoyens.
Trophées des luttes partisanes
Mais à l’Assemblée nationale, le vote du budget prend une signification différente. Il symbolise le choix démocratique en reflétant la volonté du peuple. C’est ainsi qu’en principe, l’opposition ne vote pas le budget, même si elle sait que son adoption est indispensable. Quant aux compromis budgétaires, ils sont brandis comme autant de trophées des luttes partisanes ou idéologiques que chaque parti promet à ses électeurs. Au fond, les Parlements ne votent pas d’abord pour doter le pays d’un outil de gestion indispensable, mais pour défendre des choix de société à travers ce dernier.
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