Le budget, symbole et limite de la démocratie

L’Assemblée nationale étant incapable de voter un budget pour 2026, le gouvernement a fait appel à l’article 49.3 de la Constitution, alors qu’il s’était engagé à ne pas y recourir… Au-delà des grands récits idéologiques, ces errements devraient nous alerter sur la nécessaire adaptation des dispositifs politiques à l’importance du budget de l’Etat dans les sociétés contemporaines. Car la Constitution ne semble pas avoir prévu l’absence de majorité parlementaire, ou n’a conçu que des solutions insatisfaisantes pour établir un budget dans de telles circonstances.

Ainsi, l’article 49.3 reste le secours ultime, mais il incarne désormais un déni de démocratie. Il importerait donc d’explorer, pour ces situations, de nouvelles modalités d’élaboration budgétaire, qui concilient démocratie et bonne gestion de la République.

Le choix d’un budget est l’une des pratiques de « bonne gestion », les plus anciennes et les plus universelles. Elle précède de beaucoup les démocraties modernes. Car, depuis les formes rudimentaires de reddition de comptes, la gestion budgétaire incarne la prise de responsabilité vis-à-vis d’autrui et veut provoquer en retour la confiance collective.

Loin de se confondre avec la recherche de la rentabilité, elle vise à rassurer sur la sincérité, la cohérence et l’équilibre des décisions financières. La logique des comptes s’est ainsi imposée, dès le Moyen Age, dans la vie des affaires comme dans celle des… organismes religieux ! Et plus l’Etat moderne a multiplié ses interventions, plus son budget est devenu la colonne vertébrale d’une large part de la vie des citoyens.

Trophées des luttes partisanes

Mais à l’Assemblée nationale, le vote du budget prend une signification différente. Il symbolise le choix démocratique en reflétant la volonté du peuple. C’est ainsi qu’en principe, l’opposition ne vote pas le budget, même si elle sait que son adoption est indispensable. Quant aux compromis budgétaires, ils sont brandis comme autant de trophées des luttes partisanes ou idéologiques que chaque parti promet à ses électeurs. Au fond, les Parlements ne votent pas d’abord pour doter le pays d’un outil de gestion indispensable, mais pour défendre des choix de société à travers ce dernier.

Il vous reste 34.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Emploi et handicap : la Cour des comptes déplore des dispositifs « insuffisants » avec des résultats « en deçà des attentes »

Alexandre Bisson, 21 ans, qui a une déficience cognitive due à un trouble du spectre autistique, installe des desserts dans la vitrine d’un restaurant, dans lequel il est apprenti. A Paris, le 17 février 2023.

Des « acteurs multiples », un « foisonnement de dispositifs », un système de quotas « nécessaire mais insuffisant », qui aboutit à des résultats « en deçà des objectifs », tel est le constat sévère dressé par un rapport de la Cour des comptes, publié lundi 26 janvier, sur « la politique en faveur de l’inclusion dans l’emploi des personnes en situation de handicap ».

La publication met de côté la situation de l’emploi protégé, qui mobilise 1,6 milliard d’euros pour 120 000 personnes accueillies en Etablissements et services d’aide par le travail, et se concentre sur l’insertion des travailleurs en situation de handicap en milieu ordinaire. Cette mission, qui mobilise 1,3 milliard d’euros, est répartie entre une grande variété d’acteurs : France Travail, son dispositif spécifique pour le handicap Cap Emploi, les missions locales pour les jeunes, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) pour le privé, et son équivalent, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP), pour le secteur public, ainsi que d’autres prestataires externes… Un « paysage institutionnel peu compréhensible pour les utilisateurs, personnes handicapées et employeurs », avec des actions peu coordonnées et des « dispositifs en silo », constate la Cour des comptes.

Il vous reste 74.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« C’est un métier ! » : les tailleurs de pierre tiraillés entre savoir-faire et mécanisation

Le chantier de reconstruction de Notre-Dame de Paris a remis à l’honneur certains métiers oubliés, en particulier les tailleurs de pierre. Les « pierreux », comme on dit dans le milieu, sont ceux qui façonnent les pierres pour la construction neuve, mais surtout pour la restauration de bâtiments. « C’est un métier passionnant, traditionnel, qui fait immédiatement penser aux cathédrales », résume Sébastien Terrier, responsable d’opération à l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics.

La taille de pierre est une profession confidentielle, mais où le savoir-faire a de la valeur. D’après le dernier baromètre « Besoins en main-d’œuvre » de France Travail, 80 % des recrutements de « professionnels de la taille de pierre et des matériaux associés » étaient jugés difficiles par les employeurs en 2025. Selon l’Urssaf, on comptait 7 272 professionnels de la taille de pierre fin 2024, un chiffre qui a diminué continuellement (9 653 en 2009) jusqu’à se stabiliser depuis 2015.

La demande est toujours là, mais le métier s’est en partie mécanisé avec le temps. En amont, les appareilleurs, qui se spécialisent dans le dessin technique, font désormais des scanners ou utilisent la photogrammétrie pour modéliser les façades, et gagner du temps sur l’élaboration du gabarit fourni à la machine.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Tailleur de pierre, à la croisée des chemins entre art et artisanat

Sur la deuxième étape, le façonnage, les machines à commande numérique – par exemple dites « 5 axes » ou « 8 axes » – permettent de réaliser le gros de la taille. « Les axes sont des grands bras articulés, qui grignotent de la matière dans la pierre, font la taille la plus pénible, la grosse bûche comme on dit. Le tailleur doit garder de 30 à 40 % du temps de taille à la main », précise Charlotte d’Aquilante, directrice de travaux chez H. Chevalier. Sophie, tailleuse de pierre depuis dix ans, a vu le métier bouger : « La machine prend une place importante, elle est capable de pousser plus loin le travail, on a moins de finitions à faire, mais les pierres sont toujours reprises à la main. »

Il vous reste 51.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« Dans ce secteur, respecter le droit du travail, c’est déjà un progrès » : comment la restauration tente de changer sa culture toxique face aux démissions en cascade

Sous l’église de la Madeleine, dans le 8e arrondissement de Paris, dans une longue salle aux airs de crypte, un drôle de restaurant gastronomique rassemble chaque soir 80 convives. Lumière tamisée, service attentionné, assiettes dressées avec soin : une parenthèse de plaisirs pour des invités peu habitués à fréquenter les tables étoilées, des personnes précaires venues par l’entremise d’associations caritatives. Unique en son genre, le Refettorio est financé par des fondations et des mécènes. S’il détonne par son concept, il se distingue aussi par son organisation. Horizontalité, communication bienveillante, horaires maîtrisés… « Notre priorité, c’est que l’ambiance en cuisine soit agréable, tout en restant exigeantes », insiste Marine Beulaigue, 29 ans, qui dirige la cuisine avec sa consœur Blandine Paris, 30 ans.

Marine Beulaigue (à gauche), cocheffe du restaurant associatif Le Refettorio, cuisine avec Cécile, une bénévole, à Paris, le 6 janvier 2026.
Au début de service, au Refettorio, les pros proposent à tout le monde un café ou un thé, pratique rare dans ce milieu. A Paris, le 6 janvier 2026.

Une évidence ? Pas vraiment. Lors de leurs passages dans les cuisines de chefs étoilés ou de restaurants bistronomiques parisiens, les deux « cocheffes » ont connu les dérives qui caractérisent le secteur. Des semaines de soixante-dix heures de travail, des heures supplémentaires non rémunérées, des coupures épuisantes en milieu de journée (entre les services du midi et du soir) qui ne sont pas assez longues pour rentrer chez soi… Mais aussi des cordons bleus surgelés avalés debout, en cinq minutes, en guise de déjeuner, et un management militaire, à base d’ordres ou de commentaires humiliants. « Pas de “bonjour”, pas de “merci”, pas de “s’il te plaît” », se souvient Blandine Paris.

Il vous reste 88.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Dominique Méda : « Le retaillo-macronisme, c’est travail perdant ! »

« Travail gagnant » : c’est avec ce slogan que le président des Républicains, Bruno Retailleau, a présenté, le 7 janvier, son programme économique, prétendument en rupture avec la politique menée par les gouvernements d’Emmanuel Macron depuis presque neuf ans. A l’analyse, ses propositions apparaissent pourtant plutôt comme un durcissement de celle-ci, et ce, sans qu’aucun enseignement n’ait été tiré de ce qu’il faut bien considérer comme un échec.

Echec, les ordonnances de 2017, qui ont supprimé quatre « critères de pénibilité », précisément ceux sur lesquels les conditions de travail françaises sont les pires comparées à nos voisins.

Echec, la lutte contre le chômage, alors que le président de la République prétendait rattraper les meilleurs élèves européens. Certes, le taux de chômage français a bien diminué, passant de 9,5 % au troisième trimestre 2017 à 7,1 % – son point le plus bas – au premier trimestre 2023. A cette époque, nous étions pourtant très loin des taux de chômage allemand, néerlandais ou danois (de 3,2 %, 3,5 % et 5,2 % en 2023) ou de celui de l’Union européenne (6,1 %). Pire, alors que le pourfendeur du modèle social français s’enorgueillissait d’avoir créé 2 millions d’emplois, près de 40 % de ceux-ci s’expliquaient par l’explosion du nombre de contrats d’apprentissage dont le coût prohibitif pour les finances publiques (25 milliards d’euros par an) s’est accompagné de considérables effets d’aubaine. Une autre partie de ces emplois est constituée de microentrepreneurs, dont le nombre a très fortement augmenté, mais dont les conditions de vie sont peu désirables : 670 euros de revenus par mois en moyenne…

Echec, la politique dite du work first (« travailler d’abord »), autrefois prônée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon laquelle un emploi même de très mauvaise qualité vaudrait mieux que pas d’emploi du tout et qui consiste à multiplier les sanctions à l’égard des chômeurs ou des allocataires de minima sociaux, considérés comme des paresseux ou des fraudeurs pour les « inciter » à revenir sur le marché du travail. Depuis 2017, les gouvernements français sont parvenus à réduire la protection procurée par l’assurance-chômage. Les évaluations ont montré que ce durcissement s’était traduit par un moindre accès à l’indemnisation, pour les personnes en contrat de courte durée, les plus jeunes et les personnes peu diplômées. Belle réussite !

Il vous reste 59.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Une pénibilité insuffisamment prise en compte à la tête des entreprises

Soixante-quinze pour cent des représentants du personnel et 49 % des salariés estiment que la direction de leur entreprise n’a pas « suffisamment conscience de la pénibilité et de l’usure professionnelle en son sein », selon le Baromètre Syndex sur l’état du dialogue social en France publié jeudi 22 janvier par le cabinet de conseil spécialisé dans l’accompagnement des comités sociaux et économiques (CSE).

Cette enquête tripartite réalisée par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) à l’automne 2025 auprès de représentants du personnel, salariés et dirigeants, qui prenait le pouls des relations sociales en entreprise, a réaffirmé la confiance des salariés dans leurs représentants du personnel et « témoigne de la montée de tensions au sein des directions dans un contexte économique morose peu propice au dialogue social apaisé », explique Jérôme Fourquet, de l’IFOP.

Risques d’accident du travail élevés

Ainsi, 68 % des salariés ont une bonne image de leur CSE, mais 58 % des représentants du personnel estiment que leur direction est tendue. « Cinquante-neuf pour cent des salariés ont le sentiment d’être bien représentés, mais l’influence du CSE est limitée », commente Nicolas Weinstein, membre du comité de direction de Syndex.

La santé, la sécurité et les conditions de travail sont toujours en tête des sujets prioritaires pour l’ensemble du panel de l’enquête, devant le pouvoir d’achat et les salaires. Pour plus de quatre représentants du personnel sur dix, les risques d’accident du travail sont élevés dans leur entreprise (64 % dans l’agriculture, 56 % dans l’industrie, 55 % dans le BTP et 40 % dans le tertiaire).

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.

Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.

S’abonner

Plus des deux tiers des cadres estiment que leur manageur crée une ambiance positive mais ne veulent pas endosser la fonction

Quatre-vingt-trois pour cent des cadres se déclarent plutôt ou tout à fait satisfaits de leur manageur. Pourtant, les candidats qui envisagent de prendre du galon se font plus rares. Tels sont les principaux enseignements de l’étude intitulée « Cadres et management. Une relation paradoxale, entre satisfaction et désaffection », publiée le 20 janvier par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). L’étude s’appuie sur plusieurs sources : deux enquêtes en ligne effectuées en juin et en septembre 2025 auprès de deux échantillons représentatifs de cadres du privé et de manageurs, puis des données issues d’enquêtes antérieures.

Premier constat : en dépit des critiques récurrentes adressées au management « à la française », qui serait trop vertical, une majorité de cadres se déclarent plutôt (53 %) ou tout à fait satisfaits (30 %) de leur relation managériale de proximité. Plus des deux tiers estiment que leur manageur crée une ambiance positive (78 %), reconnaît le travail accompli (80 %) ou apporte son soutien à la production en cas de besoin (72 %).

L’appréciation de cette relation de proximité est plus positive encore dans les petites équipes, où les cadres bénéficient d’un management individualisé. Et l’inverse est vrai : les manageurs se disent en majorité satisfaits de la relation tissée avec leurs collaborateurs.

Repli des ambitions

Jugé positivement de part et d’autre, le management demeure une voie d’évolution que la majorité des salariés concernés ne regrettent pas d’avoir empruntée : 60 % des manageurs disent tirer plus de satisfaction que d’insatisfaction de leur poste et 34 % autant.

Mais la fonction fait moins rêver chez les candidats potentiels : la part de cadres souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % en 2022 à 34 % en 2025, soit une baisse notable de 8 points. Ce recul s’observe dans toutes les tranches d’âge, mais plus particulièrement chez les jeunes (− 16 points) et les hommes (− 10 points).

Il vous reste 51.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

#MeToo dans la publicité : l’affaire Braaxe jugée en appel jeudi 22 janvier à Paris

On aurait pu imaginer qu’une agence de communication en liquidation judiciaire ne souhaite pas une telle publicité. Pourtant la société Life Like Conseil (ex-Braaxe), et son dirigeant Julien Casiro, ont choisi de faire appel de leur condamnation en 2022 en première instance par le conseil des prud’hommes pour harcèlement sexuel et licenciement abusif d’une ex-salariée (dont l’anonymat sera préservé), dans le cadre d’une nouvelle audience qui devait se tenir jeudi 22 janvier à la cour d’appel de Paris.

L’affaire se complique encore d’un volet pénal pour le patron qui a été entendu jeudi 15 janvier par la police judiciaire pour faits de harcèlement moral et sexuel, à la suite de nombreux témoignages de salariés.

Première d’une série d’entreprises du secteur mises en cause sur les réseaux sociaux pour harcèlement sexuel, l’affaire Braaxe avait fait grand bruit en 2022. Dans cette agence dont la clientèle compte des marques aussi connues que Coca-Cola ou Kleenex, le fondateur Julien Casiro, la quarantaine, influent dans le secteur, multipliait, d’après les témoignages, des comportements relevant de l’intimidation envers des employés dans une atmosphère hautement sexualisée. Parmi les faits reprochés : la diffusion de films pornographiques que certains employés avaient l’obligation de regarder ; des photomontages montrant des employées nouvellement embauchées entourées de scènes porno, et des sextoys posés çà et là.

« Ce qui frappe, c’est le sentiment d’impunité », insiste Elise Fabing, l’avocate spécialiste en droit social, conseil de l’ex-salariée qui accuse Julien Casiro. « Autant de traces, c’est rare », indique-t-elle. De fait, le dossier regorge de commentaires obscènes à l’égard de sa cliente – « T’es maquillée comme une pute » –, doublés de textos harcelants pour obtenir des photos d’elle nue ou des détails de sa vie intime : « Vous l’avez fait par-derrière ce week-end ? Mais genre, quand tu suces tu fais comment ? »

Il vous reste 66.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Anthony Edo et Hillel Rapoport, économistes : « L’impact de l’immigration sur le taux d’emploi des natifs est globalement neutre »

Anthony Edo, chercheur au Centre d’études prospectives et d’informations internationales, et Hillel Rapoport, professeur à l’université Paris-I – Panthéon-Sorbonne et à la Paris School of Economics, soulignent, dans leur ouvrage L’Impact de l’immigration sur le marché du travail (Les Presses de Sciences Po, 144 pages, 9 euros), qu’en de nombreux cas les immigrés, de par leurs compétences productives et leurs qualifications, ne représentent pas une concurrence directe pour les natifs.

Votre ouvrage propose une synthèse d’un grand nombre d’analyses académiques consacrées aux effets de l’immigration sur le marché du travail. A quelle conclusion arrivez-vous ?

Hillel Rapoport. Pour étudier un tel sujet, un préalable s’impose : il faut se départir d’une approche intuitive, largement répandue. Celle-ci s’appuie sur l’idée que, lorsque l’offre d’un bien augmente sur un marché, les prix devraient baisser. Suivant cette logique, si l’on accroît la présence de travailleurs sur le marché du travail, par exemple du fait de flux migratoires, alors la compétition pour l’accès aux emplois devrait s’accentuer et les perspectives d’emploi des personnes nées dans le pays concerné diminuer, au même titre que le niveau moyen des salaires. Or ce n’est pas la conclusion à laquelle on aboutit.

Anthony Edo. Nous constatons en effet un impact globalement neutre de l’immigration sur le salaire moyen et le taux d’emploi des natifs. L’immigration est souvent assimilée à un choc d’offre sur le marché du travail. Or, l’étude que nous avons menée nous montre que les choses sont bien plus complexes : le facteur travail n’est absolument pas homogène. Les immigrés n’ont pas forcément les mêmes compétences productives, les mêmes qualifications que les natifs. Ces derniers ne sont donc pas « remplaçables » dans de nombreux cas, et des complémentarités peuvent même apparaître entre immigrés et natifs.

Vous estimez également que l’économie des pays d’accueil peut profiter des flux migratoires. Pourquoi ?

Il vous reste 50.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

La consommation d’alcool au travail dans le viseur des entreprises

A Beaune (Côte-d’Or), le 20 novembre 2022.

Fini les bouchons qui sautent pour honorer un départ en retraite ou une mutation, voire célébrer les bons résultats d’une équipe commerciale. EDF ne prendra plus en charge financièrement l’alcool que les salariés pouvaient consommer à l’occasion d’événements avec leurs collègues à l’extérieur. A la suite d’un débat, le comité exécutif du groupe a décidé d’interdire la consommation d’alcool « sur tous les sites du groupe » depuis le 1er janvier, comme l’ont appris par courriel les représentants du personnel.

Le Dry January, mois de l’abstinence popularisé en France depuis 2020, accompagne en 2026 un mouvement plus général de recul de la consommation d’alcool qui s’organise dans les entreprises. Hervé Martini, médecin du travail et secrétaire général d’Addictions France, constate ainsi que « la quasi-totalité des restaurants d’entreprise ont cessé depuis belle lurette de servir des boissons alcoolisées, et [que] la question ne se pose plus guère que pour les pots d’entreprise et les repas pris à l’extérieur ».

« On n’a pas de données chiffrées sur l’évolution des pratiques en entreprise », indique une porte-parole de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Mais le réseau Esper (« Les entreprises et les services publics s’engagent résolument »), lancé en 2021 par la Mildeca pour inciter les entreprises publiques et privées à soutenir la prévention des pratiques addictives, prend de l’ampleur.

Il vous reste 76.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.