L’art du management expliqué par Shakespeare, Corneille et Tchekhov

Un directeur d’usine qui surjoue son rôle, « se prenant pour Caligula ». Un cadre promu qui « n’arrive pas à endosser son nouveau costume de chef » et joue « faux », sous le regard de ses subordonnés. Un nouveau venu, enfin, qui, perçu comme un imposteur, mine de l’intérieur une équipe où régnait jusqu’alors une bonne ambiance. Autant de saynètes que Jean-Michel Saussois, professeur émérite à l’ESCP Business School, a observées comme consultant, au plus près du terrain, et dans lesquelles il a pu distinguer les contours de véritables pièces de théâtre.

« Ecrire que le management est une comédie humaine où chacun essaye de tenir un rôle avec plus ou moins de facilité relève d’une évidence partagée », note-t-il, faisant référence notamment aux travaux de la sociologue Danièle Linhart. Dans Le Théâtre du management (EMS, 168 pages, 22 euros), un essai original et stimulant, M. Saussois se saisit de cette proximité entre l’art du management et celui du théâtre pour permettre au lecteur de mieux appréhender les rouages des organisations et la complexité des processus managériaux qui les animent.

« Pour comprendre le management, (…) je vais le transposer au théâtre », indique l’auteur, afin de donner à écouter, à voir, à sentir, et de permettre ainsi de mieux comprendre sa mécanique. Prenant appui sur des textes reconnus, il met la puissance évocatrice du théâtre, « art de la suggestion », au service de la pédagogie.

Molière et les imposteurs

Pour justifier ce choix, l’auteur cite le dramaturge flamand Guy Cassiers : « Le théâtre nous donne les moyens de regarder différemment les choses que nous croyons connaître. Ainsi, par la fiction, nous pouvons nous rapprocher de la réalité parce qu’à travers l’imagination que provoque la fiction nous pouvons créer un lien intime, un moyen d’accès très personnel à quelque chose ou à quelqu’un. » Avec l’apport de ce « théâtre des faits », il n’est pas besoin de « voix off qui expliquerait doctement ce qu’il faut comprendre ». Le spectateur ressent, les scènes lui apportant naturellement les questionnements nécessaires.

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Les oubliés des titres-restaurant

Carnet de bureau. Les titres-restaurant 2025 sont périmés. La date butoir pour les utiliser était le 28 février ! Le solde non dépensé reviendra en partie aux comités sociaux et économiques (CSE) des entreprises. VTC, policiers, agriculteurs, travailleurs à domicile ou encore livreurs Deliveroo n’en ont cure. Bien que n’ayant pas des revenus très élevés, ils n’ont pas de titres-restaurant.

En 1913, première loi sur la restauration d’entreprise, l’équité n’était pas le sujet. Ni en 1960, avec l’obligation du réfectoire si au moins 25 salariés le demandaient. Ni en 1967, date de création du système de cofinancement par les employeurs et les salariés de ces nouveaux « bons repas ».

L’objet social du titre-restaurant était alors de permettre aux entreprises de fournir un lieu salubre pour le repas du personnel à l’extérieur de l’établissement pour ceux qui ne disposaient pas de local. L’ordonnance de 1967 libérait ainsi les employeurs de l’obligation d’avoir un espace de restauration dès lors qu’ils fournissaient les fameux « tickets resto ». Dès l’origine, le titre-restaurant n’est donc pas un droit, mais un avantage social laissé à la discrétion de l’employeur.

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Ainsi, « le ministère de l’intérieur n’attribue pas de titre-restaurant », illustre un porte-parole de la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR). Deliveroo et Uber Eats sont utilisateurs, mais leurs livreurs n’en perçoivent pas. Au total, seuls 5,5 millions de travailleurs en profitent : des salariés du secteur privé depuis 1967 et des agents de la fonction publique, sous conditions depuis 2001.

Un complément de rémunération

Mais quel que soit son nom (Chèque de table, Chèque déjeuner, Ticket Restaurant ou Pass Restaurant), ces dernières années, son usage a changé. Depuis les fortes variations de l’inflation après la pandémie de Covid-19, les salariés du privé comme du public payent régulièrement leurs courses en « tickets resto ».

Cette dérogation a été instaurée en mesure d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat en 2022 et prorogée jusqu’à fin 2026. Le titre de restauration pour le repas du jour est ainsi devenu un complément de rémunération pour 40 % des travailleurs. « Aujourd’hui, l’usage est de 70 % en restauration et 30 % en distribution », assure Ilan Ouanounou, directeur général d’Edenred France.

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Réforme du lycée professionnel : la fin de « l’année en Y » abandonnée, un an après son entrée en vigueur

Au lycée professionnel Philadelphe-de-Gerde, engagé dans le partenariat « Ecoles des réseaux pour la transition énergétique », à Pessac (Gironde), le 3 février 2026.

Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a confirmé, le 17 février dans Les Echos, ce que les acteurs du lycée professionnel attendaient : l’abandon, un an après son entrée en vigueur, de « l’année en Y ». Soit le fait, pour les élèves de terminale professionnelle, de passer les épreuves du baccalauréat un mois plus tôt et de choisir une fin d’année entre semaines de stage et « préparation à la poursuite d’études ». Dans une filière qui concentre, selon la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), 17 % de décrocheurs, contre 7 % en voie générale, le ministre a pris acte d’un échec prévisible. « Les élèves ne sont allés ni en stage ni en cours », a-t-il concédé.

« Encore un truc imposé sans diagnostic par des gens qui ne connaissent pas la voie professionnelle », tempête Pascal Vivier, le secrétaire général du syndicat Snetaa-FO, avant de résumer : « Tout le monde se rend bien compte depuis vingt ans qu’il y a un problème avec le lycée pro, sinon, on n’aurait pas réformé autant. Mais la vérité est que personne ne sait quoi faire. » Le suivi de cet énième ajustement incombe désormais à Sabrina Roubache, nommée, jeudi 26 février, ministre déléguée à l’enseignement, à la formation professionnelle et à l’apprentissage. La nouvelle ministre a pris la tête d’un portefeuille qui avait disparu des castings gouvernementaux depuis janvier 2024.

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Ces entreprises qui aident leurs salariés victimes de violences conjugales

Dans une rue de Manhattan, à New York, le 13 novembre 2024.

« Quand il y a danger de mort, on n’est jamais intrusif » : c’est la conviction exprimée par Delphine Chevalet-Chapeaud, directrice diversité et inclusion pour l’Europe centrale et présidente de l’association Verisure. L’entreprise a un rôle-clé à jouer dans l’aide aux salariés victimes de violences conjugales. « Les entreprises sont plus agiles que l’Etat et elles ont des outils à leur disposition (emploi du temps, revenu…) », indique, de son côté, Sarah Barukh, autrice et fondatrice de l’association d’aide aux victimes de violences conjugales 125 et après.

Le sujet n’est pas seulement sociétal, il est aussi économique. Les effets sur le travail sont nombreux : retards, absences, repli sur soi… Ce qui peut mener à une fragilisation de la cohésion d’équipe ou à une interprétation erronée de l’attitude de la salariée. Sarah Barukh a été victime de violences conjugales : « Je n’ai pas pu participer à un seul séminaire, ni à un déjeuner d’équipe. Je devais être de retour à la maison à heure fixe, et ce à cinq minutes près. L’entreprise, qui ignorait ma situation, a pensé que j’étais démotivée. » Pourtant, le travail tient une place essentielle dans la vie des victimes. « L’entreprise est un espace de répit, où elles peuvent retrouver du contrôle, de la dignité », constate Delphine Chevalet-Chapeaud.

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Les partenaires sociaux préoccupés de la dégradation des comptes de l’Unédic

L’actuelle présidente (CFDT) de l’Unédic, Patricia Ferrand, devant le ministère du travail, le 21 novembre 2022.

Les gestionnaires de l’Unédic sont inquiets et en appellent à nouveau au gouvernement. Les responsables syndicaux et patronaux à la tête de l’association paritaire qui pilote l’assurance-chômage insistent sur la responsabilité de l’Etat dans la détérioration de son budget. Lors de la présentation de ses prévisions financières à horizon 2028, mardi 3 mars, ils ont fait part de la situation « très fragile » du régime.

Ses comptes ne cessent en effet de plonger dans le rouge, sous l’impulsion de plusieurs facteurs, dont certains ne lui sont pas imputables. Dans un contexte économique compliqué, avec une remonte du chômage, l’Unédic s’attend à un déficit de 2,1 milliards d’euros en 2026, faisant passer sa dette à 61,5 milliards d’euros.

Cette dégradation est en grande partie due aux prélèvements de 12,05 milliards d’euros que les pouvoirs publics ont imposés au régime sur une période allant de 2023 à 2026. Pour la dernière année, ce sont 4,1 milliards d’euros qui sont soustraits à l’assurance-chômage. Sans cette ponction, les comptes de l’Unédic seraient excédentaires de 2 milliards d’euros en 2026.

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La discipline organisationnelle n’affaiblit pas le service public

La commission d’enquête sur l’audiovisuel public ravive un débat trompeur : faut-il défendre ou mettre en cause le service public ? Posée ainsi, la question détourne l’attention de l’essentiel car l’existence d’un service public peut se justifier, y compris d’un point de vue strictement économique, dès lors qu’existent des biens culturels que le marché ne peut pas financer. Certaines productions exigeantes, innovantes ou garantes d’une stricte pluralité des opinions ne trouvent ni modèle d’abonnement stable ni financement publicitaire suffisant.

Ces biens ne peuvent être durablement produits que par des organisations soustraites à la logique concurrentielle. Dans un espace médiatique dominé par l’immédiateté des réseaux sociaux, une telle offre conserve sa pertinence et le débat sur son principe devient secondaire. La question essentielle porte en réalité sur les conditions selon lesquelles un service public peut le demeurer.

La théorie économique apporte ici un éclairage utile. La théorie des organisations a montré que lorsque les dirigeants et les manageurs ne sont pas directement soumis à l’évaluation par un marché, comme c’est le cas des monopoles, un surplus sous forme de rente tend à apparaître. Cette manne financière est utilisée pour réguler les tensions internes en accordant à certains collaborateurs des avantages supérieurs à ceux que la concurrence autoriserait. La littérature qualifie ce phénomène d’« appropriation privée » : une partie de la valeur créée est captée par des intérêts individuels au détriment des autres parties prenantes et de la mission collective que l’organisation est censée poursuivre (M. Jensen et W. Meckling, « Theory of the Firm: Managerial Behavior, Agency Costs and Ownership Structure », 1976).

Dysfonctionnement structurel

De son côté, Harvey Leibenstein a avancé la notion d’X-inefficience associée, là encore, au surfinancement assuré par une position dominante (« Allocative Efficiency vs. X-Efficiency », 1966). L’entreprise qui bénéficie de ressources assurées a tendance à développer durablement des services coûteux même s’ils s’avèrent peu utiles ou inefficaces. Un dysfonctionnement structurel se met ainsi en place, qui encourage une consommation intégrale de la rente et une autojustification de son maintien, voire de sa croissance.

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Au Creusot, l’urgence d’attirer de nouveaux habitants : emploi, maison, école, « on nous a tout livré sur un plateau »

« Trouvez votre coin de paradis en Bourgogne-Franche-Comté, bénéficiez d’un accompagnement personnalisé avec un chargé d’accueil. » Le message, peu banal, circule depuis plusieurs mois sur les réseaux sociaux, posté par une région de tradition industrielle, en mal de nouveaux habitants. Il renvoie au site Internet Venez vivre en Bourgogne-Franche-Comté, qui détaille un dispositif d’aide à l’installation avec « séjours immersifs » pour choisir un territoire, « contact local » et « relation suivie dans le temps ».

Davide Saraiva, contrôleur qualité dans l’industrie installé en Ariège, est « tombé dessus » en consultant des annonces d’emploi, en avril 2025. « Je cherchais un poste dans le secteur de la radioactivité – ma formation – et j’ai vu sur le site de la région qu’elle accompagnait les familles », se souvient-il. Il remplit le formulaire, puis tout se passe très rapidement. Stéphane Rouget, chargé d’accueil, le rappelle, sonde ses projets, fait circuler son CV. L’aciérie Industeel, filiale d’ArcelorMittal, installée au Creusot, lui propose un entretien d’embauche. Un mois après sa première demande de renseignements, il revient avec sa femme, Emilie, signer un contrat à durée indéterminée (CDI), visiter une maison de village repérée par le chargé d’accueil et rencontrer le maire de la petite commune en surplomb du Creusot, à sept minutes en voiture de l’usine. C’est aussi Stéphane Rouget qui s’arrange pour inscrire les deux petites filles du couple à l’école alors que la date limite est dépassée. « On nous a tout livré sur un plateau », résume Davide Saraiva.

Centre-ville du Creusot, le 10 février 2026.
Stéphane Rouget, agent d’accueil des nouveaux arrivants pour le dispositif « Venez vivre en Bourgogne », au Creusot (Saône-et-Loire), France 10 février 2026

Son épouse a choisi d’arrêter son métier de coiffeuse pour engager une reconversion d’éducatrice spécialisée auprès d’enfants en situation de handicap. Ses premières démarches pour un stage n’aboutissent pas. « Et c’est là que mon rôle est intéressant, j’ai des contacts sur le terrain, souligne M. Rouget. J’en ai parlé à quelqu’un travaillant dans une structure, il m’a dit “il faut me l’envoyer, on va la prendre”, et voilà c’était réglé. » Après cette première expérience, Emilie Saraiva peut désormais faire des remplacements avec la perspective d’un parcours de qualification et d’un possible CDI. « On a le sentiment d’un nouveau départ. Sans le soutien d’un chargé d’accueil, on n’aurait peut-être pas réussi ce changement de vie, dit-elle. On ne se sent jamais perdu, si on a un problème c’est “allô ! Stéphane”. »

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« Les prédictions pessimistes sur les conséquences de l’automatisation par l’IA sur le marché du travail ne sont pas nouvelles »

Cela fait presque dix ans que, dans un discours resté célèbre, Geoffrey Hinton, un des pères de l’intelligence artificielle (IA) moderne et Prix Nobel de physique 2024 pour ses travaux dans ce domaine, déclarait qu’il était urgent de ne plus former de radiologues. Vu les progrès fulgurants de l’IA dans la reconnaissance d’image, il était, selon lui, « parfaitement évident » qu’elle dépasserait dans les cinq ans les capacités humaines dans ce domaine et rendrait les radiologues obsolètes.

Aujourd’hui, motivés par la volonté d’entretenir la frénésie actuelle d’investissements dans ce secteur, les dirigeants des nouveaux géants de l’IA sont aussi friands de prophéties fracassantes. En janvier, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, à l’origine du chatbot Claude, dont l’entreprise est actuellement valorisée à 350 milliards de dollars (environ 300 milliards d’euros), a publié un long texte dans lequel il prédit que l’IA remplacera la moitié des emplois de cols blancs débutants à un horizon de cinq ans. Plus fort, Mustafa Suleyman, directeur de l’IA à Microsoft, affirmait, début février, que l’IA remplacerait, d’ici à dix-huit mois, la plupart des tâches des cols blancs.

S’il est trop tôt pour savoir si ces deux derniers auront raison, il est clair que la prédiction de Geoffrey Hinton sur les radiologues a mal vieilli. Ces médecins n’ont pas disparu, mais sont aujourd’hui aux Etats-Unis, pays où les hôpitaux utilisent le plus l’IA, la troisième spécialité médicale la mieux rémunérée. Depuis dix ans, leur nombre a même augmenté de plus de 17 %, ce qui n’a pas suffi à combler une forte demande. En témoigne un article, publié en mars 2025 par l’Association de radiologie nord-américaine, s’intitulant : « La pénurie croissante de radiologues : défis et possibilités ».

Chômage technologique

Les prédictions pessimistes sur les conséquences du progrès technologique et de l’automatisation sur le marché du travail ne sont pas nouvelles. Certains des plus grands économistes de leur temps, de David Ricardo, au XIXe siècle, observant la première révolution industrielle, jusqu’à Wassily Leontief, au XXe siècle, face à l’informatique, ont également douté des bienfaits du progrès technologique pour les travailleurs. Leontief avait d’ailleurs bien conscience que deux siècles de progrès technologiques n’avaient pas jusqu’alors entraîné de chômage technologique massif.

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Les dessous du baby-sitting étudiant : précarité, exploitation et violences

Une journée entière de baby-sitting, huit heures de travail, 50 euros. Macha (tous les jeunes interrogés dans le cadre de cet article ont souhaité garder l’anonymat) n’en revient toujours pas. Cette Parisienne de 24 ans a appris à ses dépens que le baby-sitting étudiant peut rimer avec exploitation. « La famille en question était pourtant très aisée et possédait un château. J’ai décliné la fois suivante, et ils ont fini par embaucher une dame philippine », relate Macha. L’étudiante en école de commerce, qui garde des enfants depuis l’âge de 13 ans, apprécie pourtant cette activité qui lui permet, en même temps, de « réviser les cours » et de gagner de l’argent, entre 500 euros et 1 000 euros par mois en travaillant « au noir » pour plusieurs familles.

Le baby-sitting est plébiscité par les jeunes – sur les 40 % des étudiants qui travaillent, 18 % font du baby-sitting, selon une enquête menée en 2020 par l’Observatoire national de la vie étudiante. Et notamment par les jeunes femmes, souligne Hélène Malarmey, chercheuse en sociologie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) : « Les petites filles sont éduquées pour s’occuper des autres, puis poussées à faire du baby-sitting quand elles cherchent un petit job. » Mais la profession reste mal encadrée : le travail non déclaré et les abus sont monnaie courante. Selon la loi, les familles ont l’obligation de déclarer les services d’aide à domicile et de les rémunérer au minimum au smic horaire. En réalité, constate Elise Tenret, sociologue à l’université Paris-Dauphine, « c’est dans le baby-sitting qu’on retrouve le plus d’étudiants sans contrat de travail ».

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Les députés votent la suspension des allocations chômage en cas de suspicion de fraude

Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, à l’Assemblée nationale, le 25 février 2026.

L’examen du texte a été suspendu, mais les députés ont adopté l’une de ses mesures les plus controversées : l’arrêt provisoire du versement des allocations-chômage en cas de suspicion de tricherie. Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 février, vers minuit, l’Assemblée nationale a interrompu ses travaux sur le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Elle les reprendra à une date qui n’est pas encore connue, les élus du Palais-Bourbon étant appelés à siéger à nouveau à partir du 23 mars, après la coupure liée aux élections municipales.

L’article incriminé avait été introduit lors de la première lecture du texte au Sénat, en octobre 2025. Il renforce les attributions et élargit les capacités d’action de France Travail, l’établissement qui est chargé de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. Ses agents seront désormais autorisés « à traiter les données de connexion et de traçabilité » contenues dans le « système d’information » de l’opérateur public. Ils auront également la possibilité d’interroger les services du ministère des affaires étrangères qui tiennent « le registre des Français établis hors de France ».

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