Au Havre, une atmosphère « plus familiale » pour parvenir le concours de médecine

Pour varier les futurs médecins, l’université de Rouen a initié une antenne havraise qui reçoit 250 étudiants en première année commune des études de santé (Paces).

Pas un bruit dans les portées de l’amphithéâtre illuminé de l’université du Havre, hormis le craquement des ordinateurs de la centaine d’étudiants présents ce mercredi 27 février. Malgré cela sur l’estrade… personne. Seulement un écran sur lequel défile un plan de cours, et une voix qui bruissait, celle de leur professeure qui décharge son cours à Rouen, à une heure de là. « Madame Merle, moi, je ne sais pas à quoi elle ressemble », lâche en riant un étudiant.

Pas question pour autant de se dépenser : les cours magistraux relayés à distance en direct, c’est le quotidien des 250 étudiants inscrits dans l’antenne havraise de la Paces (première année commune des études de santé), décentralisée par l’université de Rouen depuis cinq ans. La grande ville de la pointe de Caux ne disposait pas jusque-là de filière conduisant à la médecine.

Alors que la mutation des études de santé, rédigée dans la loi santé dont l’examen débute en commission à l’Assemblée nationale le 12 mars, a pour objectif de varier les profils des futurs médecins, particulièrement en dispensant des cursus menant aux études médicales dans toutes les universités françaises, plusieurs d’entre elles ont déjà développé, ces dernières années, une dizaine d’antennes décentralisées dans des villes de taille plus réduite – l’université de Bordeaux à Pau, Dax (Landes), bientôt Agen, l’université de Poitiers à Angoulême, celle de Créteil à Torcy (Seine-et-Marne) et Sénart (Seine-et-Marne)… L’enjeu ? Lever les freins d’accès à ces études particulièrement sélectives – un quart des quelque 60 000 étudiants inscrits dans cette première année couperet passent le cap du concours pour rattraper les cursus de médecine, d’odontologie, de pharmacie, de maïeutique ou encore de kiné.