Amazon sommé de mieux protéger ses salariés du Covid-19

A Brétigny-sur-Orge, en novembre 2019.
A Brétigny-sur-Orge, en novembre 2019. THOMAS SAMSON / AFP

Le gouvernement a décidé de hausser le ton à l’égard d’Amazon. Vendredi 3 avril, le ministère du travail a sommé le géant américain du e-commerce de prendre des dispositions dans quatre de ses sites en France afin de mieux protéger les salariés du Covid-19. Le premier établissement visé par cette « mise en demeure » se trouve à Lauwin-Planque (Nord), comme l’a révélé l’Agence France-Presse. Selon nos informations, trois autres centres de distribution ont également fait l’objet d’une injonction de ce type : celui de Brétigny-sur-Orge (Essonne), de Saran (Loiret) et de Sevrey (Saône-et-Loire). Des coups de semonce qui surviennent alors que l’enseigne se voit reprocher, depuis plusieurs jours, par les syndicats de méconnaître la santé et la sécurité de ses équipes.

Dans chaque cas, c’est l’inspection du travail qui a constaté les manquements. A Saran, le contrôle qu’elle a réalisé vendredi a mis en évidence plusieurs problèmes, comme l’indique un courrier de la direction régionale des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l’emploi (Direccte), que Le Monde a pu consulter. D’abord, les « mesures de distanciation sociale d’un mètre » ne sont pas respectées, « que ce soit dans les flux d’entrée ou dans les flux de sortie » mais aussi à l’intérieur des vestiaires. En outre, l’entrée et la sortie s’effectue « par un tourniquet poussé manuellement, sans désinfection ultérieure des mains ».

Lire aussi Coronavirus : Amazon suscite les critiques de salariés aux Etats-Unis comme en France

Non-respect des mesures de distanciation sociale

S’agissant de Brétigny-sur-Orge, des négligences similaires ont été relevées jeudi, d’après une lettre de la Direccte que Le Monde s’est procurée : « Absence de gel hydroalcoolique à l’entrée et à la sortie de l’établissement, notamment au niveau des portiques tournants (…) » ; « manque d’information et de communication », en particulier à l’égard des intérimaires, très nombreux sur le site ; non-respect des mesures de distanciation sociale « sur une voie de circulation située à l’étage », etc. De plus, sur les lignes de production, c’est au personnel « de procéder lui-même à la désinfection de son poste de travail à l’aide de lingettes désinfectantes », sans qu’il soit certain que l’opération ait une quelconque efficacité.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : avec la crise sanitaire, les travailleurs invisibles sortent de l’ombre

A Saran comme à Brétigny, la direction dispose de quatre jours pour mettre fin à la « situation dangereuse » qui prévaut. Si elle ne réagit pas, des amendes administratives, pouvant aller au-delà de 10 000 euros, sont susceptibles de lui être infligées. Le juge des référés peut, de surcroît, ordonner la fermeture du site.