La contribution économique du « sonore » a fortement augmenté, de 15 % en cinq ans

Un ingénieur du son travaille à la numérisation d’un enregistrement magnétique, à l’Institut national de l’audiovisuel, à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), le 28 octobre 2020.

Trouver le point commun entre les concerts, les bandes sonores des films, les livres audio, les radios, les podcasts, le streaming, mais aussi les conseils acoustiques, le secteur médical de l’audition ou encore l’utilisation du son dans les trains et les avions… Mandaté par l’Unesco, à l’occasion de la Semaine du son (du 19 janvier au 1er février), le cabinet Asterès a passé au crible toutes ces filières afin d’actualiser une étude, datant de 2019, sur la contribution du secteur du « sonore » à l’économie et à l’emploi en France.

Cette approche macroéconomique, qui fédère donc une multitude d’activités, a été rendue publique jeudi 8 janvier. Selon les auteurs, Maëva Robart, économiste, et Charles-Antoine Schwerer, directeur associé d’Asterès, « la contribution économique du sonore s’élève à 43,2 milliards d’euros en 2024 », en forte hausse, de 15 % en cinq ans. En matière d’emplois, le sonore représente plus de 141 000 équivalents temps plein.

Les auteurs ont considéré le son comme un « produit technique », en divisant le secteur en trois catégories : les activités dont le produit final est principalement sonore, à l’image du spectacle vivant, celles où le son est une composante secondaire mais essentielle, comme le BTP (avec les murs antibruit) ou l’aéronautique, et enfin les industries fournissant les outils nécessaires au son, comme les télécoms ou les instruments de musique. Ils ont calculé à chaque fois « la part du sonore dans chaque activité ».

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A Madagascar, la précarité des petites mains de l’IA

Il est 17 h 30, l’heure de pointe à Analakely. Le quartier de l’hypercentre d’Antananarivo bouillonne. La lumière de fin de journée se réfléchit sur les toits colorés. Des moteurs grondent dans les embouteillages. Pour échapper à l’agitation, des clients se pressent sur la terrasse d’un bar qui surplombe la ville. Daniel (les personnes présentées par leur prénom préfèrent témoigner anonymement), un ancien travailleur de l’intelligence artificielle (IA), est assis dans un coin discret. Pendant près de dix ans, le jeune homme a été annotateur.

Entre 150 millions et 400 millions de personnes vivent de ce métier peu connu, principalement en Inde ou en Afrique, estimait, en 2023, la Banque mondiale. Leur travail consiste à qualifier les données qui servent, ensuite, à entraîner l’IA, qu’il s’agisse de textes, d’images ou de fichiers sonores. Le plus souvent, ces petites mains de l’IA décrivent ce qu’il se passe à l’écran, annotent des images ou les classent. A Madagascar, l’un des pays les pauvres au monde, le secteur de l’annotation, largement contrôlé par des capitaux étrangers, fait vivre des milliers de ménages, selon nos estimations.

Embauché en 2017 par une entreprise spécialisée dans cette activité, Daniel passe ses journées à épier les comportements suspects sur des extraits de vidéosurveillance pour entraîner un logiciel de détection des vols. L’une après l’autre, il classe les séquences vidéo issues des magasins européens à 8 000 kilomètres de son poste d’ordinateur. « On a moins d’une minute pour choisir l’étiquette “vol” ou l’étiquette “suspect”. Finalement, les comportements normaux représentent 98 % de cas », explique-t-il. Clic après clic, l’IA apprend et devient plus autonome. Clic après clic, Daniel, lui, se sent de plus en plus abruti. « A force de faire ça tous les jours, on stagne mentalement, comme si ça nous empêchait de réfléchir. On n’a pas de perspective d’évolution », déplore Daniel. Chaque jour, les mêmes tâches se répètent inlassablement. Intégré aux ordinateurs, un logiciel surveille le temps de travail des employés. « On est comme des robots. Même les pauses pipi sont comptabilisées », souffle-t-il.

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Trois générations de cheminots témoins de la mutation de la SNCF : « C’était un peu physique. On était sales, mais ça ne faisait rien, j’adorais ça »

Face au mur d’écrans du centre de commandement du RER B de Denfert-Rochereau, à Paris, Antoine Morland, 27 ans, a les yeux rivés sur la circulation des trains en temps réel. Depuis un an, il est gestionnaire du plan de transport et de l’information aux voyageurs sur la partie nord de la ligne, gérée par la SNCF. Sur cet axe ultrafréquenté, un train passe en gare toutes les trois minutes aux heures de pointe. Si l’un d’entre eux accumule trop de retard, l’effet papillon est immédiat, tous les trains suivants sont freinés ou mis à l’arrêt.

Assis à son bureau, dans une salle où règne un brouhaha permanent, Antoine scrute les courbes sur son ordinateur qui lui permettent de vérifier à la seconde près la cadence de chaque RER. En cas d’incidents sur la ligne, il exécute les adaptations nécessaires (suppressions de rame, ajouts d’arrêt ou terminus anticipés…) pour remettre les trains à l’heure.

Vendredi 5 décembre 2025, Antoine prend son poste à 14 heures et, même si la matinée a été calme pour son collègue, il n’est pas à l’abri qu’un malaise voyageur, un colis abandonné ou un câble endommagé sur une voie bousculent le planning de la soirée – rendant la vie impossible à des milliers de voyageurs.

Antoine Morland, gestionnaire du plan de transport et de l’information voyageurs sur la partie nord du RER B (SNCF). Dans les ateliers SNCF de Dole (Jura), le 27 novembre 2025.

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Construction immobilière : après deux années de chute historique, de timides signaux de reprise apparaissent

Sur le chantier de construction de nouveaux immeubles résidentiels à Bordeaux, le 14 janvier 2025.

Mi-novembre 2025, en plein débat budgétaire. « Cette année est l’une des moins bonnes depuis qu’il y a des statistiques. On vend moins, beaucoup moins, aux investisseurs. (…) On est passé sous la barre des 10 000 mises en vente au troisième trimestre, c’est du jamais-vu depuis quinze ans », assure Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), lors d’un point presse en ligne. « Rien ne nous pousse à lancer de nouvelles opérations », déplore-t-il.

« Le logement, ça n’est ni de gauche ni de droite, ça rapporte à Bercy, il faut y aller », insiste-t-il, alors que les députés doivent se prononcer sur le statut du bailleur privé, une mesure d’exonération fiscale qui, selon les fédérations professionnelles, relancerait la construction. « Je compte sur vous pour relayer le message », glisse le patron de la FPI aux journalistes.

Un mois plus tard, le 16 décembre 2025, le statut du bailleur privé a été adopté dans une version en deçà des attentes du secteur − lesquelles seraient trop coûteuses, avance Bercy − mais le projet de budget de l’Etat devait encore passer en commission mixte paritaire (laquelle n’a pas abouti). Logement, « le mal-aimé de la République ! », titre la Fédération française du bâtiment, pour sa dernière conférence de presse de 2025. « Un titre très direct, grave », assume son président, Olivier Salleron, car « la crise du logement s’amplifie, et elle va sûrement, un jour, faire descendre les concitoyens dans la rue ». Les Français ont de l’épargne. Avec un « réel » statut du bailleur privé et non « cet ersatz », il y aurait, selon lui, « un déblocage d’opérations, à partir des permis déjà accordés, et une hausse rapide des mises en chantier ».

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D’Auchan à Alinea, l’empire Mulliez fragilisé par les déboires du commerce

Au centre, de gauche à droite : Patrick Mulliez, fondateur de Kiabi, Barthélémy Guislain, président de l’Association familiale Mulliez, et Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, à Neuville-en-Ferrain (Nord), le 17 octobre 2017.

Pour vivre heureux, vivons cachés. S’il y a bien une famille entrepreneuriale française qui applique ce précepte à la lettre, ce sont les Mulliez. Ces derniers mois, la célèbre dynastie du Nord, propriétaire de Leroy Merlin, de Boulanger, de Kiabi, d’Electro Dépôt ou encore de Decathlon, s’est toutefois retrouvée, malgré elle, sous le feu des projecteurs à cause d’une série de déboires.

Le 25 novembre 2025, Auchan, le porte-avions de la flotte Mulliez, a annoncé sa volonté de transférer près de 300 supermarchés français sous bannière Intermarché et Netto. Cette mise en franchise sonne comme un aveu d’échec pour le distributeur, après des années de pertes et d’érosion de ses parts de marché, tout en laissant en suspens l’avenir de ses hypermarchés. D’autres vaisseaux essuient la tempête, comme l’enseigne d’ameublement Alinea, dont le placement en redressement judiciaire le 21 novembre, le deuxième en cinq ans, menace 1 200 emplois. Quant à Foundever (ex-Sitel), le géant des centres d’appels, qui emploie 150 000 collaborateurs dans le monde, il doit affronter, selon nos informations, une restructuration de sa dette aux Etats-Unis, l’équivalent d’une opération de chirurgie lourde.

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A Lille, la collecte des déchets perturbée par une semaine de grève, 500 000 personnes impactées en pleine période de fêtes

La collecte des déchets est perturbée dans une large partie de la métropole lilloise par un bras de fer entre le prestataire chargé de cette tâche et ses employés, en grève depuis une semaine pour réclamer de meilleures rémunérations.

Depuis le 22 décembre, la majorité des employés de l’entreprise chargée de la collecte des déchets dans 52 des 95 communes de la Métropole européenne de Lille (MEL) sont en grève illimitée, faute d’un accord avec la direction sur le montant d’une prime de pénibilité. En conséquence, les déchets de près de 500 000 personnes n’ont pas pu être ramassés en pleine période de fêtes, et des poubelles s’amoncellent dans certaines rues, selon la MEL.

« Depuis le début du conflit, seulement 20 % des tournées ont été assurées », a déploré la MEL dans un communiqué lundi 29 décembre soir, appelant à une reprise du service « dans les meilleurs délais ». La collectivité invite les habitants qui le peuvent à garder les emballages volumineux ou à déposer des ordures en déchetterie.

Des revendications salariales

Le 23 décembre, le taux de grévistes s’élevait à 65 %, d’après Deverra, l’entreprise du groupe Pizzorno Environnement qui assure la collecte des déchets d’une large partie de la métropole. La CGT assure que 95 % des salariés étaient grévistes lundi, jour où les protestataires ont bloqué le dépôt à l’aube. Deverra a dénoncé un « blocage illégal » et une « escalade inacceptable ».

Selon la CGT, les grévistes déplorent une détérioration de leurs conditions de travail et réclament une augmentation de salaire de 3 % et une prime de 600 euros, alors que Deverra n’a consenti qu’à 100 euros.

Le dialogue social s’est tendu et ils reprochent désormais à leur employeur d’avoir fait appel à des salariés venus d’autres régions pour les remplacer. Une « organisation temporaire, mise en place uniquement pour limiter les perturbations pour les usagers » et qui est « parfaitement légale », assure Deverra dans un communiqué.

Le Monde avec AFP

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« C’est pas cher payé » : des agents de sécurité se mobilisent pour leurs salaires et leurs conditions de travail

Devant le siège de L’Oréal, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 21 mars 2024.

« On en a assez. » Mains plongées dans les poches de son jean, regard figé derrière ses lunettes rectangulaires, pieds bien ancrés au sol, stable sur ses appuis, Thierry (les personnes dont le nom n’est pas mentionné s’expriment sous le couvert de l’anonymat) ne mâche pas ses mots. Sa posture ne trompe pas, cela fait maintenant vingt-huit ans qu’il est agent de sécurité.

Derrière lui, des affiches de la CGT Seris, prestataire de sécurité privée, revendiquent une augmentation des salaires et des drapeaux bicolores du syndicat arborent le trottoir. Devant le siège de L’Oréal, entreprise cliente de Seris, à Clichy (Hauts-de-Seine), au nord de Paris, ils sont une vingtaine d’agents de sécurité privés à endosser les couleurs de l’organisation syndicale, jeudi 18 décembre. Presque tous les jeudis, depuis début octobre, une mobilisation est prévue devant un grand groupe client de Seris. « Se réunir devant le géant du cosmétique, avant la période de forte affluence des fêtes, est un symbole frappant pour dénoncer l’écart entre leurs gains et nos salaires d’agent de sécurité », clame Laurent Dumontier, secrétaire de la CGT Seris. Chez L’Oréal, on répond que « cette manifestation à proximité de notre siège social concerne des questions propres à la branche sécurité de la CGT qui n’impliquent en aucun cas L’Oréal. Les revendications exprimées sont étrangères à notre entreprise ».

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Le gouvernement condamné à faire le ménage dans les autorisations d’absence des fonctionnaires

David Amiel, secrétaire d’Etat à la fonction publique, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 octobre 2025.

La loi est dure mais c’est la loi. Bien connu, l’adage s’applique aussi au gouvernement, vient de rappeler le Conseil d’Etat. Par une décision du 10 décembre, il a enjoint à l’exécutif de prendre enfin, et dans un délai de six mois, un décret pour harmoniser les autorisations d’absence au sein de la fonction publique. Un texte attendu depuis plus de six ans.

L’injonction découle d’un recours déposé par un juriste du ministère de la transition écologique qui s’est vu refuser une autorisation d’absence pour accompagner son épouse à un examen médical obligatoire dans le cadre de sa grossesse. L’administration mettait en avant le manque de précision réglementaire et le fait qu’une telle absence ne pouvait être accordée que pour les actes nécessaires à l’assistance médicale à la procréation.

Attaché à son rôle de futur père, ce fonctionnaire a aussi écouté ses instincts juridiques en renvoyant le gouvernement à son obligation constitutionnelle d’exécution des lois votées par le Parlement. Il réclamait ainsi la publication d’un décret prévu par la loi de transformation de la fonction publique de 2019 qui devait fixer la liste des autorisations spéciales d’absence rémunérées dont peuvent bénéficier les agents publics au titre de la parentalité (grossesse, garde d’enfants…) ou à l’occasion de certains événements familiaux (mariage, décès d’un proche…). Le tout autour d’un référentiel commun à l’ensemble de la fonction publique. Objectif affiché : remédier aux pratiques hétérogènes des administrations, l’octroi de ces autorisations étant en grande partie laissée à leur discrétion.

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Musée du Louvre : les salariés votent la reconduction de la grève mercredi matin

Les employés du Musée du Louvre en grève, devant l’entrée de la Grande Pyramide, à Paris, le 15 décembre 2025.

Le Musée du Louvre ne rouvrira pas ses portes mercredi 17 décembre. Les salariés, qui ont adopté « à l’unanimité » la grève lundi matin, ont voté une reconduction de la grève, au cours d’une assemblée générale (AG) réunie dans la matinée mercredi ont annoncé les syndicats de la CGT et de la CFDT. Le musée, qui est dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre, est resté clos mardi, son jour de fermeture hebdomadaire.

Les syndicats ont lancé un appel à la grève pour protester contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les visiteurs non européens. Lundi, une réunion de crise a eu lieu avec les syndicats au ministère de la culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage (fermeture d’une galerie, ouvrages anciens endommagés par une fuite…).

« Il y a une grande exaspération des agents », a affirmé à l’Agence France-Presse, Christian Galani, délégué CGT, syndicat majoritaire au Louvre, avant la réunion. « Ce n’est pas en donnant un petit os que ça va se régler. » Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose d’ouvrir des recrutements pour l’accueil et la surveillance du musée et une revalorisation indemnitaire que les syndicats voudraient pérenne.

Laurence des Cars auditionnée au Sénat

C’est dans ce contexte social tendu que la présidente du Louvre, Laurence des Cars, sera de nouveau auditionnée mercredi à 16 h 30 par la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.

Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un « échec » devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir « accéléré l’élaboration » du schéma directeur de sûreté. Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée à la fin de 2021.

Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le vol et la Cour des comptes a récemment pointé le « report persistant » affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté. La gestion de la sécurité du musée au cours des dernières années a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.

Sous pression, le Louvre a annoncé au début de novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs « anti-intrusion ». Mais, signe de désaveu, la ministre de la culture, Rachida Dati, a confié à Philippe Jost, chargé du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.

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Le Monde avec AFP

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