SEB, qui va licencier 500 personnes en France, doit délocaliser sa recherche et développement face à la concurrence d’Asie

Sur une ligne de montage de la friteuse Actifry à l’usine SEB d’Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 6 juillet 2021.

Qu’arrive-t-il à SEB ? Le spécialiste du petit électroménager a précisé, mercredi 25 février, les contours de son plan de redressement économique à occasion de ses résultats annuels. Et les annonces sont tombées comme un couperet. Une réduction d’effectif conséquente est dans les tuyaux, pouvant aller jusqu’à 2 100 postes à l’échelle mondiale. En Europe, « jusqu’à 1 400 postes seraient concernés dont potentiellement 500 en France sur la base du volontariat », a fait savoir, dans un communiqué, le groupe qui emploie 32 000 personnes dans le monde, dont 6 200 dans l’Hexagone.

Le groupe qui commercialise plus de 40 marques (Tefal, SEB, Rowenta, Moulinex, Krups, Supor…) dans 150 pays avait, il est vrai, annoncé, le 23 octobre 2025, le lancement d’un plan de « retour à une croissance rentable », incluant « environ 200 millions d’euros d’économies récurrentes à horizon 2027 ». Mais le plan de suppressions de postes annoncé est conséquent. Il a, comme c’est souvent le cas, satisfait les investisseurs, l’action de l’entreprise ayant bondi de 4,9 % mercredi 25 février.

Pourtant, en France, SEB évolue dans un marché qui se porte bien : les ventes de petit électroménager ont progressé de 2,9 % en 2025, à 4,41 milliards d’euros, contrairement au gros électroménager, en chute de 4,5 %. Mais celles de SEB auprès du grand public (88 % de son chiffre d’affaires) ne sont faites qu’à 36 % en Europe occidentale, ce qui le rend très dépendant du reste du monde et des soubresauts géopolitiques. Ainsi, le groupe doit faire face à des conditions économiques bouleversées par les mouvements tectoniques des droits de douane américains, lesquels ont accentué de façon dramatique la concurrence asiatique.

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« A la fin, on ne gagne pas plus de 1 000 euros par mois » : dans l’Ariège, la vie à crédit des agriculteurs

Ils sont arrivés dans ces plaines d’Ariège, au pied des Pyrénées, en 2009. Lui, ancien architecte en provenance de Dordogne ; elle, du Centre-Val de Loire, après un passage au centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Pamiers (Ariège). Armand Pein, 48 ans, et sa compagne, Aude-Lise Lemercier, 30 ans, achètent alors 10 hectares de terres près du village de Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), à 10 kilomètres à vol d’oiseau de Foix, la préfecture. « On a eu de la chance de trouver des terres, car quand on n’est pas du coin, c’est pas facile », souligne Armand Pein. Pas d’eau ni électricité pendant sept ans « à cause de blocages administratifs », des circuits de vente à trouver, une place à se faire et une passion pour la production certifiée de légumes bio.

Avec leurs deux enfants, de 3 ans et 1 an, le couple dit aujourd’hui gagner « entre 600 et 900 euros chacun par mois, selon la saison ». En 2021, selon l’Insee, le revenu moyen agricole dans l’Ariège s’élevait à 765 euros. Soit l’un des trois plus faibles de France. Avec ce salaire, quelques aides de la Mutualité sociale agricole, la prime d’activité (220 euros environ pour deux), et 600 euros de la Caisse d’allocations familiales. « Interdiction d’être malade, précise l’agriculteur. On prend parfois une semaine de vacances par an, mais on reste ici. »

Armand Pein et sa compagne Aude-Lise Lemercier, maraîchers bio, sur leur champ d'artichauts, à Saint-Félix-de-Rieutord (Ariège), le 20 février 2026.

Le modèle a été long à trouver : « Au début, on faisait les marchés et l’on vendait à une plateforme de distribution. Mais on a eu beaucoup de mal à trouver des saisonniers ou quelqu’un à plein temps sur l’exploitation », explique Armand Pein. En 2023, le couple réalisait un chiffre d’affaires de 130 000 euros par an. Avec la naissance des enfants, ils ont changé de stratégie : « On a décidé d’abandonner un peu les marchés et de s’orienter vers le demi-gros. »

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Licenciements chez Aston Martin : « La comparaison n’est pas flatteuse avec Ferrari »

Foncer, déraper, frôler la mort pour s’en sortir au dernier moment, c’est la spécialité de James Bond. De sa voiture aussi. En cent treize ans d’existence, Aston Martin, le constructeur du bolide iconique de l’agent 007, a fait faillite sept fois. Et le voilà de nouveau engagé dans une passe délicate.

Une Aston Martin Valkyrie, au Salon de l’automobile de Zurich 2022, en Suisse, le 10 novembre 2022.

L’industriel britannique a annoncé, mercredi 25 février, un plan massif visant à réduire ses effectifs de 20 %, soit 600 salariés laissés sur le bord de la route sur 3 000, après avoir creusé ses pertes en 2025. La faute aux « incertitudes géopolitiques et pressions macroéconomiques, comme le renforcement des droits de douane aux Etats-Unis et en Chine », déplore Adrian Hallmark, le directeur général.

La comparaison n’est pas flatteuse avec Ferrari, autre marque culte du luxe sur roues, qui, elle, ne s’est jamais aussi bien portée. En 2025, le constructeur italien a enregistré un bénéfice net de 1,6 milliard d’euros, année où il a expédié 13 640 Roma Spider et autres 296 GTS. Aston Martin a vendu 5 448 voitures et essuyé une perte avant impôt de 364 millions de livres (417 millions d’euros). Comment expliquer une telle différence de performance ?

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En Bretagne, la fermeture des petits abattoirs illustre « le processus d’industrialisation et de rationalisation »

La décision est tombée le 7 janvier. L’abattoir de Vannes a été placé en redressement judiciaire. La structure, créée en 1961 et d’abord municipale, est devenue privée en 1978. Elle employait encore 23 personnes il y a dix ans, contre 10 aujourd’hui. Sa vétusté s’est fait ressentir et le décès de sa patronne, Madeleine Ehanno, en février 2025, a scellé son destin. « Les héritiers avaient deux choix : remettre l’équipement aux normes ou le vendre », précise la comptable de la société, Lionelle Wendling. Le tribunal de commerce a tranché en faveur de la mise en vente du site. « C’est assez lourd de gérer un abattoir, vous savez, entre l’environnement, le sanitaire, le matériel… Notre métier est sous tension », poursuit l’employée.

Dans l’abattoir du Trégor, à Plounévez-Moëdec (Côte-d’Armor), le 10 février 2026.

L’abattoir de Vannes a pourtant une particularité : c’est la dernière petite structure multi-espèces à subsister dans le Morbihan. A ses côtés ne restent que deux grands établissements, les abattoirs Bernard à Moréac et JPA à Josselin, spécialisés dans l’abattage d’un seul animal, le porc. La situation est similaire à l’échelle régionale et même nationale : partout, les abattoirs multi-espèces de petite taille, qui accueillent tous les éleveurs, ferment leurs portes. En quatre ans, la Bretagne a ainsi perdu deux de ces unités, n’en laissant subsister que sept. En France, on en dénombrait 609 en 1980 contre 80 aujourd’hui, d’après un rapport parlementaire relatif aux problématiques économiques de l’abattage, publié en mai 2025.

« Cette diminution est un des processus de l’industrialisation et de la rationalisation à l’œuvre dans la production de viande », explique Yuna Chiffoleau, directrice de recherche en sociologie à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Et de citer la présence de géants du secteur, qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne et contrôlent ainsi les coûts et la rentabilité de leurs outils. Les petits établissements, eux, disposent de structures vieillissantes et les normes sanitaires « sont les mêmes que pour les agro-industriels. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays d’Europe, comme l’Allemagne », ajoute-t-elle.

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Régime de garantie des salaires : la piste d’une réduction des droits

Dans un bureau de l’antenne AGS de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 25 novembre 2025.

Faut-il revoir à la baisse les protections accordées aux travailleurs employés dans des sociétés en difficulté ? C’est la question épineuse soulevée par la Cour des comptes dans un rapport confidentiel, révélé par Le Canard enchaîné du mercredi 18 février et auquel Le Monde a eu accès. Les magistrats de la Rue Cambon ont passé au crible l’association chargée de gérer le régime de garantie des salaires – l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, AGS. Verdict : pour assurer la « pérennité financière » du dispositif, des mesures s’imposent qui pourraient impliquer – entre autres – l’instauration de règles moins favorables pour les bénéficiaires.

Créée en 1973 à l’initiative des organisations d’employeurs, l’AGS joue un rôle d’« amortisseur social », selon la formule de la Cour des comptes. Elle avance les rémunérations à des salariés dont l’entreprise n’a plus un sou en caisse et fait l’objet d’une procédure devant les tribunaux de commerce. Les ressources du système proviennent, principalement, d’une cotisation patronale. La gouvernance, elle, est exercée par le conseil d’administration de l’AGS dans lequel siègent plusieurs mouvements représentants les entreprises, dont le Medef, qui a voix prépondérante.

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Après l’annonce de suppressions de postes chez Heineken, le marché de la bière en plein chamboulement

Sur une chaîne de production de la brasserie Heineken, à Jacarei (Etat de Sao Paulo, Brésil), le 12 juin 2018.

De 5 000 à 6 000 suppressions de postes sur les 87 000 que compte l’entreprise : l’annonce faite le 11 février par le groupe néerlandais Heineken, deuxième producteur mondial, pour réaliser des « économies importantes » en raison de « conditions de marché difficiles », secoue tous les acteurs du marché. Le secteur pèse pourtant plus de 880 milliards de dollars (750 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au niveau mondial, dont 33 % sont réalisés en Europe, où quelque 11 000 brasseries emploient 2,6 millions de personnes. En France, la filière brassicole enregistrait, en 2024, un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et employait 130 500 personnes.

Pour justifier les coupes dans les effectifs, les dirigeants de Heineken ont invoqué la réduction de la demande pour leurs produits (− 4,1 % en Europe et − 3,5 % aux Etats-Unis en 2025, en chute continue depuis 2019). La consommation baisse, les coûts et les contraintes augmentent, explique l’entreprise. Si la demande diminue effectivement en Europe, comme le démontre l’érosion ininterrompue de la production (38,7 milliards de litres produits en 2024, contre 41,3 milliards en 2019), elle devrait toutefois continuer à croître au niveau mondial compte tenu de la demande, notamment en Chine, en Inde, au Brésil et en Australie. Selon les prévisions du site américain Fortune Business Insights, le chiffre d’affaires du marché mondial atteindrait même 1 276 milliards de dollars, d’ici à 2034.

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Le groupe Seb envisage de supprimer « jusqu’à 2 100 postes » dans le monde, dont « potentiellement 500 en France »

Sur le site européen de reconditionnement du groupe Seb, à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 25 avril 2025.

Jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France : le groupe d’électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta) lance un plan d’économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel.

En marge de la présentation de ses résultats pour 2025, Seb a commencé, mercredi 25 février, à présenter aux organisations syndicales un plan qui vise à « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable » et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, « plus rapide et plus intense », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) son directeur général, Stanislas de Gramont. En ce qui concerne la France, la production « n’est pas concernée » par ces suppressions et « il n’y aura pas de départs contraints », a assuré le directeur général.

Pour l’Europe, jusqu’à 1 400 postes seraient concernés, dont potentiellement 500 en France sur la base ⁠du ‌volontariat, selon un communiqué du groupe.

En France, au niveau de l’emploi, les « activités support », comme « la finance et les ressources humaines », seront principalement touchées, ainsi que la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon M. Gramont, qui précise que « l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations ». Dans le pays, sept entités juridiques sont potentiellement concernées par ce plan, dont les sites de Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne) ou Rumilly (Haute-Savoie), mais également le siège social à Ecully (Rhône), en périphérie lyonnaise.

Dans le reste de l’Europe, où jusqu’à 900 postes pourraient être concernés, Seb devait également démarrer mercredi matin une discussion avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, « concernant l’avenir de la production [dans] trois usines », mais également des points de vente.

Les 700 postes susceptibles d’être supprimés hors d’Europe « seront répartis de manière égale », avec quelques pays comme l’Egypte, la Turquie ou le Brésil « qui seront un peu plus impactés », selon le dirigeant.

« Redresser la rentabilité »

« La totalité des plans d’action », qui comprennent également des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et « l’optimisation des frais de structure », « seront réalisés au plus tard en 2027, et 2028 sera la première année où le groupe bénéficiera pleinement de ces 200 millions d’euros » d’économies attendues, a indiqué M. Gramont.

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« Notre première priorité, c’est de redresser la rentabilité (…), parce que nous avons connu un accident en 2025 » dans ce domaine, a-t-il expliqué. Le groupe français a vu son chiffre d’affaires reculer en 2025 de 1,2 % à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6 % à 245 millions d’euros. Il s’agit d’une progression en trompe-l’œil, Seb ayant écopé en 2024 d’une amende de l’autorité de la concurrence de près de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager, sans laquelle l’évolution en 2025 aurait été moins flatteuse.

Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté de 25 % : si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, « au-delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs. On voit une accélération des cycles d’innovation, le marché accélère », a affirmé le dirigeant, qui souhaite « réduire de 30 % le temps de mise en marché » des innovations du groupe.

Pour cela, Seb souhaite, selon son patron, « rapprocher » ses équipes de recherche et développement des zones de production, alors qu’aujourd’hui, par exemple « 50 % de ce qui est produit en Asie » est développé en France. Le groupe veut également « intensifier » sa relation avec les consommateurs, notamment en « triplant » sa présence sur les réseaux sociaux, un objectif qui passe notamment par « l’intégration progressive de l’intelligence artificielle » dans les métiers du marketing.

Le groupe, qui « anticipe une croissance » de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme, avec ce plan, « renouer avec sa trajectoire historique en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5 % et une marge opérationnelle de 10 %, pour ensuite tendre vers 11 % », contre 7,4 % en 2025.

Le Monde avec AFP

La nationalisation d’ArcelorMittal de retour devant le Sénat

Sur le site ArcelorMittal de Mardyck, près de Dunkerque (Nord), le 10 février 2026.

Le Sénat doit examiner, mercredi 25 février, la proposition de loi visant à nationaliser les actifs du groupe sidérurgiste français ArcelorMittal. Combattu par le gouvernement, le texte, déposé à l’Assemblée nationale par La France insoumise (LFI), avait pris tout le monde au dépourvu. Il avait finalement été adopté le 27 novembre 2025 par les députés, grâce à la majorité des voix des partis de gauche (Parti socialiste, Parti communiste français et Les Ecologistes) et à l’abstention des députés du Rassemblement national.

Devant le Sénat, majoritairement dirigé par la droite, la proposition de loi, déposée cette fois par le groupe communiste, a peu de chance d’être votée. « On ne se fait pas d’illusion mais on veut maintenir la pression sur le gouvernement avant le retour du texte à l’Assemblée nationale », explique Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire et présidente du groupe communiste. Une fois examiné, le texte poursuivra son parcours parlementaire standard, avec un retour devant les députés prévu en juin.

Pour la gauche et la CGT, la nationalisation des activités françaises du numéro deux mondial de l’acier, soit une quarantaine de sites, dont les principaux de Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour un coût de 3 milliards d’euros, selon LFI, est la seule solution pour sauver la filière de l’acier en France et relancer la décarbonation des hauts fourneaux. Tous accusent ArcelorMittal de vouloir se désengager de l’Europe et de la France pour concentrer sa production à l’étranger, notamment en Inde, au Brésil et aux Etats-Unis.

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Cristel, spécialiste des ustensiles de cuisine haut de gamme, va ouvrir un deuxième site de production

Dans l’usine Cristel, à Fesches-le-Chatel (Doubs), le 23 mai 2024.

Sur la route bordée de forêts qui mène au village de Fesches-le-Châtel (Doubs), deux bâtiments de brique et de pierre à l’abandon vont bientôt reprendre vie. Typique de l’architecture des usines du XIXᵉ siècle, cette friche industrielle doit être reprise par l’entreprise Cristel, installée à quelques centaines de mètres de là. La vente doit être finalisée jeudi 26 février. Cristel compte installer, sur les 3 700 mètres carrés au total, une deuxième ligne de production, rendue nécessaire par l’accélération de la demande de casseroles, poêles ou encore de marmites en inox haut de gamme. Un clin d’œil historique, puisque ce terrain accueillait jadis l’un des sites de l’empire Japy, la deuxième entreprise française sous le Second Empire et ancêtre de Cristel. C’est ici, en 1826, il y a deux siècles, que furent produites les premières casseroles embouties de façon industrielle.

Lire aussi (2021) | Article réservé à nos abonnés Le fabricant d’ustensiles de cuisine Cristel soutient ses revendeurs

Le rachat de cette friche sonne comme une sacrée revanche pour Cristel et ses 133 collaborateurs. L’entreprise revient de loin : fermé en 1979, Japy a été relancé trois ans plus tard par ses anciens salariés, sous forme de coopérative ouvrière. Mais la SCOP, confrontée à quelques avanies comme la vente de la marque et la disparition du fichier clients, s’est retrouvée en difficulté et a été placée en redressement judiciaire en 1987. Décidés à ne pas laisser péricliter l’outil de travail, une comptable, Bernadette Dodane, et son mari, Paul – l’inventeur de la poignée amovible des poêles et casseroles –, ont repris l’entreprise cette même année, en gageant leurs deux maisons pour boucler le financement. Aujourd’hui, Cristel demeure aux mains de la famille : trois générations y travaillent. Quelques associés, toutes personnes physiques, complètent l’actionnariat.

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En France, le renouvellement des générations agricoles ne suit plus

Sophie Hilaire, arboricultrice, sur le tracteur qui appartenait à son père, à Beaucaire (Gard), le 11 février 2026.

Il n’a jamais autant plu que pendant les mois de janvier et février dans le Gard. Un épisode inhabituel sur ces terres du sud-est de la France. Dans ses vergers près de Beaucaire, Sophie Hilaire regarde ses cerises fendillées par l’excès d’eau. « [Elles] ont éclaté, on fera des confitures », glisse-t-elle, en cachant sa déception. A 26 ans, l’arboricultrice incarne une génération rare : celle qui choisit encore de s’installer.

Fille d’un producteur de prunes et d’abricots, elle a grandi dans les champs, et se souvient, enfant, de journées « à goûter les fruits sur les arbres ». Elle connaît les semaines à plus de cinquante heures, les fins de mois incertaines, les aléas climatiques devenus plus fréquents. Elle sait aussi qu’il lui faudra peut-être, comme son père, diversifier ses revenus – il a ouvert un gîte et une table d’hôte. « Je suis consciente de ces difficultés, et d’un quotidien avec des hauts et des bas. Mais ce qui m’anime, c’est d’être au milieu des vergers », décrit-elle.

Ce modèle n’est plus vraiment d’actualité. En France, le renouvellement des générations agricoles ne suit plus et la balance entre le nombre de départs à la retraite et le nombre d’installations est déséquilibrée. Chaque année depuis 2015, en moyenne 20 000 chefs d’exploitation cessent leur activité tandis que 14 000 s’installent dans le pays, selon le dernier recensement de 2020. Une tendance qui risque de durer : près de la moitié des fermes françaises sont dirigées par des exploitants de plus de 55 ans. Déjà entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitations a diminué de 20 % dans l’Hexagone. On en compte 390 000.

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