En Espagne, l’opérateur historique Telefonica annonce un plan social concernant plus de 5 000 salariés

Marc Murtra, président-directeur général de Telefonica, au Mobile World Congress 2025, à Barcelone, en Espagne, le 3 mars 2025.

La multinationale espagnole Telefonica a annoncé, lundi 24 novembre, un plan social prévoyant jusqu’à 5 040 suppressions d’emplois dans trois de ses filiales espagnoles, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de l’Union générale des travailleurs (UGT). « L’impact global » du plan concerne 5 040 postes, parmi lesquelles 3 649 postes chez Telefonica de España (41 % de l’effectif total), 1 124 postes chez Telefonica Moviles (31 %) et 267 postes chez Telefonica Soluciones (24 %), détaille un communiqué de la confédération syndicale.

Un membre de l’UGT a par ailleurs expliqué à l’AFP que le groupe devrait également annoncer mardi au moins 279 autres suppressions de postes dans une autre de ses filiales espagnoles, Movistar Plus +, ce qui représente 32 % de l’effectif.

En pleine restructuration, l’opérateur espagnol historique, qui emploie quelque 100 000 personnes dans le monde, est engagé depuis le début d’année dans un important virage stratégique visant à se recentrer sur ses quatre principaux marchés (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni et Brésil) et à accroître sa rentabilité.

Contacté par l’AFP, le groupe s’est refusé à tout commentaire.

Moment charnière

Telefonica, qui a annoncé au début de novembre une perte nette atteignant le chiffre astronomique de 1,08 milliard d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, a révélé dans la foulée prévoir des économies qui pourraient atteindre 3 milliards d’euros d’ici à 2030.

Signe de ses difficultés actuelles, le groupe a aussi annoncé baisser de moitié son dividende pour ses actionnaires en 2026, tout en maintenant ses objectifs annuels pour la fin d’année.

Le recentrage engagé par l’opérateur survient à un moment charnière pour la multinationale, au cœur de vastes manœuvres depuis l’entrée surprise de la compagnie saoudienne STC, qui a acquis 9,9 % du capital de l’entreprise en septembre 2023. Cela avait conduit l’Etat espagnol à prendre une participation de 10 % dans l’entreprise par le fonds public SEPI (Sociedad Estatal de Participaciones Industriales).

Le Monde avec AFP

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Entre annonces d’investissements et fermetures d’usine, l’industrie française en plein doute

Amélie de Montchalin, ministre des comptes publics, et Sébastien Lecornu, premier ministre, lors du sommet Choose France, à Paris, le 17 novembre 2025.

Aurait-on pu imaginer pire calendrier ? Lundi 17 novembre, ouverture de la Semaine de l’industrie en France : le gouvernement réunit à Paris quelque 150 patrons pour annoncer 9 milliards d’euros d’investissements nouveaux (sur 30 milliards au total pour 2025), lors d’un sommet Choose France consacré aux entreprises tricolores.

Le même jour, le tribunal de Strasbourg décide de la « cession partielle » de l’aciériste NovAsco (ex-Ascometal), en difficulté depuis plusieurs mois. Ses trois sites industriels de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange (Moselle) sont liquidés, et seule l’usine de Leffrinckoucke (Nord) est reprise. Au total, 144 emplois seulement sont conservés sur les 693 du groupe.

Le télescopage de ces deux informations est un précipité de la situation actuelle de l’industrie française. D’un côté, à Choose France, on célèbre l’industrie du futur, avec près de la moitié des 9 milliards d’euros d’investissements annoncés qui concernent l’ouverture de data centers, indispensables pour développer l’intelligence artificielle mais peu pourvoyeurs d’emplois. De l’autre, on assiste à la crise continue de l’industrie traditionnelle, confrontée à la chute de la demande en Europe et à la concurrence chinoise. Les 549 emplois supprimés chez NovAsco s’ajoutent aux plans sociaux de ces derniers mois dans la sidérurgie (ArcelorMittal, avec plus de 600 postes), l’automobile (Michelin et Valeo, avec 1 254 et 866 emplois), la chimie (Vencorex, avec près de 400 emplois), ou l’agroalimentaire (Teisseire, avec plus de 200 emplois).

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Morts au travail : un niveau jamais atteint en 2024

Devant des photos de victimes d’accidents du travail, lors d’un rassemblement à Paris, le 4 mars 2023.

Sept cent soixante-quatre : c’est le nombre d’accidents du travail mortels en 2024, selon le rapport annuel de l’Assurance-maladie – Risques professionnels, publié mardi 18 novembre. C’est cinq de plus qu’en 2023, qui était déjà une année record. S’y ajoutent 318 victimes d’accidents de trajet (entre domicile et travail notamment) et 215 des suites d’une maladie professionnelle, soit un total de 1 297 personnes.

Des chiffres lourds mais comme chaque année incomplets, puisqu’ils concernent seulement les salariés du privé affiliés au régime général, excluant ainsi la fonction publique, les agriculteurs, les chefs d’entreprise et les microentrepreneurs.

Les deux catégories les plus touchées, au sens de la Caisse nationale d’Assurance-maladie, sont celle regroupant les métiers des transports, de l’eau, du gaz, de l’électricité, du livre et de la communication (178 morts, en hausse de 13 % par rapport à 2023), et le BTP (146 morts, – 2 %). Le secteur de l’alimentation voit son nombre d’accidents mortels grimper de 20 % en un an.

Lire aussi l’enquête | Article réservé à nos abonnés Morts au travail : une prise de conscience timide et tardive

Si plus de la moitié des décès sont la conséquence de malaises sur le lieu de travail, un quart des accidents mortels ont une origine professionnelle identifiée (chutes de hauteur, manutention manuelle…). « Plus de 20 % des décès sont survenus dans l’année qui suit la prise de poste », ajoute le rapport. Vingt-deux décès concernent des salariés de moins de 25 ans, contre 33 en 2023.

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A Saint-Avold, les salariés de la centrale à charbon craignent de nouveau pour leur avenir et leur projet de mue vers le gaz

Des ouvriers dans la centrale thermique Emile-Huchet, à Saint-Avold (Moselle), le 12 septembre 2022.

L’avenir semble de nouveau s’écrire en pointillé pour les salariés de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle). Au printemps, son exploitant, GazelEnergie, filiale française du groupe tchèque EPH, se félicitait du soutien arraché aux pouvoirs publics pour une conversion de l’installation au gaz et au biogaz. Un projet désormais fragilisé par la nouvelle alliance que vient de sceller EPH, propriété du milliardaire Daniel Kretinsky, avec la major française TotalEnergies, lundi 17 novembre.

Jeudi, le président de GazelEnergie, Frédéric Faroche, s’est rendu à la centrale Emile-Huchet pour échanger avec les salariés sur les contours de cet accord. Un « deal » prévoyant la création d’une coentreprise dans la production électrique, à laquelle le conglomérat tchèque doit fournir un portefeuille d’actifs énergétiques européens : principalement des centrales électriques à gaz mais aussi à biomasse, et des systèmes de stockage par batterie. Le plan n’inclut aucun charbon – et donc pas Emile-Huchet. A l’exception, cependant, de l’activité de stockage d’énergie par batterie développée directement sur le site, qui pourrait être « éventuellement » intégrée après consultation des représentants du personnel, précise EPH dans un communiqué.

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Alinéa, fragilisé par la crise de l’immobilier et l’essor du site chinois Temu, est placé en redressement judiciaire

Devant un magasin Alinéa, à La Mézière (Ille-et-Vilaine), le 18 août 2020.

Nouveau coup dur pour Alinéa. L’enseigne française d’ameublement fondée en 1989 a été placée en redressement judiciaire par le par le tribunal des activités économiques de Marseille, jeudi 20 novembre. La société, dont le siège social est situé à Aubagne (Bouches-du-Rhône), entre dans une période d’observation pour six mois, plongeant ses 1 200 salariés dans l’inquiétude.

Filiale de Néomarché, société détenue par la famille Mulliez, la chaîne avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2020. Au terme de cette procédure, Alexis Mulliez, son ancien PDG, avait repris Alinéa à la barre du tribunal, toujours avec l’appui de l’Association familiale Mulliez (AFM). Depuis, a été déployé un plan de relance censé augmenter la taille critique du distributeur, développer son offre de produits fabriqués en Europe et mieux le positionner sur un segment alternatif à Ikea, leader incontesté du marché de l’ameublement en France.

En 2023, Alinéa a intégré la chaîne de magasins Zodio, détenue alors par Adeo, structure de tête de Leroy-Merlin, autre distributeur détenu par l’AFM. L’ensemble de ses points de vente ont basculé sous l’enseigne Alinéa en 2024, portant à 36 unités son réseau en France et renforçant sa puissance d’achat. Mais la société n’est pas parvenue à sortir du rouge : en 2024, ses pertes d’exploitation ont atteint 54 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros.

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Aux Etats-Unis, les chiffres de l’emploi donnent une photo floue de l’économie

Une affiche « Nous recrutons ! » est collée sur la vitrine d’un commerce à Miami, en Floride, le 3 octobre 2025.

C’est une photo du passé, qui ajoute à la confusion ambiante plus qu’elle n’éclaire. Le bureau des statistiques du travail (BLS) a dévoilé, jeudi 20 novembre, les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis pour le mois de septembre, les données les plus récentes après l’annulation de la publication d’octobre à cause du shutdown (la fermeture de l’administration américaine). D’un côté, les chiffres s’avèrent meilleurs que prévu : avec 119 000 créations d’emplois, l’économie américaine semble retrouver un peu du souffle perdu ces derniers mois, alors que les analystes prévoyaient plutôt 52 000, selon le site d’informations MarketWatch.

De l’autre, le taux de chômage (qui repose sur une autre analyse) s’établit à 4,4 %, un niveau en légère hausse d’un mois sur l’autre (+ 0,1 point) et par rapport à septembre 2024 (+ 0,3 point). Il s’agit du taux le plus élevé depuis quatre ans.

Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a choisi de retenir le verre à moitié plein. « L’économie américaine continue de défier les attentes, a-t-il commenté sur X. 119 000 nouveaux emplois en septembre – la plus forte hausse depuis avril. Le travailleur américain est résilient, et nos politiques “America first” conduisent à un retour fondé sur la force, l’emploi et les opportunités. »

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Sommet Choose France : la crainte d’une réindustrialisation avortée malgré l’annonce de 30 milliards d’euros d’investissements

Rassemblement de salariés, à l’appel du syndicat SUD, sur la possible fermeture du site du constructeur automobile Stellantis à Poissy (Yvelines). Au marché du quartier Beauregard, à Poissy, le 16 octobre 2025.

Elles n’auront pas droit aux ors du château de Versailles, comme c’est le cas chaque année, depuis 2018, pour leurs homologues étrangères, mais seulement aux salons de la Maison de la chimie, un centre de conférences plus modeste à proximité de l’Assemblée nationale, dans le 7ᵉ arrondissement parisien. Quelque 150 entreprises françaises – grands groupes du CAC 40, PME, start-up – sont invitées, lundi 17 novembre, pour la première édition d’un sommet Choose France consacré aux seules entreprises tricolores. Une opération de promotion et de communication organisée par le gouvernement pour vanter « la France qui réussit », alors que les nuages s’amoncellent de nouveau dans le ciel industriel hexagonal.

A cette occasion, le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, prévoit d’annoncer 30,4 milliards d’euros d’investissements d’entreprises françaises en 2025 dans 151 projets sur le sol national, selon des chiffres communiqués dimanche par ses services. Sur ce montant, 9,2 milliards d’euros concernent des projets nouveaux qui seront détaillés lundi, parmi lesquels devraient figurer notamment des investissements dans des centres de données ou des sites de recyclage de déchets. Les 21,2 milliards d’euros restants sont des investissements déjà annoncés depuis le début de l’année, comme la levée de fonds, en septembre, de 1,7 milliard d’euros réalisée par la start-up d’intelligence artificielle Mistral, ou le choix du groupe aéronautique Safran, rendu public en juillet, d’ouvrir une usine de freins dans l’Ain pour 450 millions d’euros.

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Faillite de Northvolt : la chute du symbole de la « réindustrialisation verte » en Suède

Lea préfère que son nom ne soit pas mentionné. Cette femme de 30 ans, divorcée et mère de deux enfants, espère bientôt retrouver son emploi à la gigafactory de batteries électriques de Skelleftea, dans le nord de la Suède. Le groupe américain Lyten, qui en est devenu le nouveau propriétaire début août après la faillite du géant Northvolt, l’a contactée par e-mail pour lui demander si elle voulait revenir. Elle a accepté. Ancienne aide-soignante, Lea y a été recrutée en 2023 comme opératrice de production. Son travail était « stimulant », ses collègues venaient du monde entier, et elle touchait un bon salaire, suffisant pour lui permettre d’acheter un appartement.

Une ancienne employée de Northvolt, à Skelleftea (Suède), le 22 septembre 2025.

Et puis les mauvaises nouvelles ont commencé à s’accumuler. « Certains de nos membres nous disaient que beaucoup de batteries finissaient à la poubelle en raison de problèmes de qualité », explique Lena Lundgren, responsable du syndicat IF Metall dans le comté de Norra Västerbotten. Des clients se plaignaient des retards de livraison. Longtemps, la direction de l’entreprise, fondée en 2015 par deux anciens de Tesla ayant levé plus de 13 milliards d’euros, a fait bonne figure : « On nous disait que tout allait bien, mais les médias affirmaient le contraire, et en général ils avaient raison », raconte Lea.

Le couperet est tombé le 12 mars : après un premier plan de restructuration annoncé à l’automne 2024, Northvolt, vitrine de la réindustrialisation verte de la Suède, mettait la clé sous la porte. A Skelleftea, commune de 77 000 habitants, le choc a été considérable : « Nous étions la ville suédoise qui avait connu la croissance la plus rapide depuis des décennies, et nous devions désormais faire face à la plus grosse faillite de l’histoire du pays », résume Kristina Sundin Jonsson, la dynamique directrice des services communaux.

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Arrêts maladie : quel est l’impact du plafonnement des indemnités sur les salariés ?

Des bureaux de l’Assurance-maladie, à Arras, le 16 juin 2017.

Le 1er avril 2025, le plafond des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale (IJSS) en cas d’arrêt de travail est passé de 53,31 euros à 41,47 euros. Susceptible de générer une économie annuelle de « 0,6 à 0,8 milliard d’euros par les administrations », selon la Cour des comptes, la mesure repose sur une modification du plafond de revenus pour le calcul de l’indemnisation ne pouvant dépasser 1,4 smic (soit 2 522,52 euros brut mensuels), contre 1,8 smic (soit 3 243,24 euros brut) auparavant.

Evolution des plafonds des IJSS

Lors d’un arrêt maladie, un travailleur peut potentiellement bénéficier de trois sources de compensation salariale : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, le maintien de salaire obligatoire de l’employeur au salarié ayant au minimum un an d’ancienneté et, de manière complémentaire, les régimes de prévoyance.

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Moins d’augmentations de salaire pour les cadres en 2025

Coup de froid sur les salaires. Le baromètre annuel de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) confirme un durcissement des politiques de rémunération. L’heure est à la modération : « On constate un ralentissement de l’augmentation médiane », a déclaré Hélène Garner, la directrice des données et des études de l’APEC, lors de la présentation, mardi 18 novembre, à Paris, des résultats du Baromètre 2025 de la rémunération des cadres, réalisé à partir d’une enquête annuelle menée en juin auprès de 26 000 cadres en poste dans le secteur privé. Les résultats de cette étude ont été redressés sur la base des déclarations sociales nominatives des entreprises à l’Insee, précise l’APEC.

Huit cadres sur dix gagnent entre 38 000 et 95 000 euros bruts par an en 2025. A 55 000 euros bruts par an, la rémunération médiane (salaire plus primes et autres bonus) progresse tout de même de 1,8 % par rapport à 2024. Mais les cadres n’ont pas rattrapé la perte de pouvoir d’achat provoquée par les périodes de forte inflation en 2022 et 2023, et le nombre de bénéficiaires a baissé, quel que soit l’âge des salariés : 53 % des cadres ont été augmentés en 2025, contre 60 % en 2024. C’est encore moins pour les femmes : 51 % d’entre elles seulement ont bénéficié d’une hausse de rémunération en 2025, contre 59 % l’année précédente.

Hausse des inégalités femmes-hommes

La construction et les services sont davantage marqués par ce coup de froid sur les salaires que les autres secteurs d’activité. Parmi les fonctions : les plus fortes baisses du nombre de bénéficiaires de hausses de salaire sont dans la communication, l’ingénierie, la production industrielle, et le marketing, tandis que la finance, le transport et les ressources humaines sont relativement épargnés.

Mais le plus notable est le retournement de l’évolution par genre. Après un léger mieux ces dernières années, les inégalités femmes-hommes s’accroissent de nouveau. En 2025, la rémunération médiane des hommes cadres est de 16 % supérieure à celle des femmes, contre 12 % en 2024.

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