Les livreurs à vélo travaillent soixante-trois heures par semaine et gagnent moins de 1 000 euros nets par mois en moyenne, selon une étude inédite par son ampleur

Client Challenge

JavaScript is disabled in your browser.

Please enable JavaScript to proceed.

A required part of this site couldn’t load. This may be due to a browser extension, network issues, or browser settings. Please check your connection, disable any ad blockers, or try using a different browser.

Comment les entreprises profitent de l’usage dissimulé de l’IA au travail

Depuis que les grands modèles de langage (LLM, pour large language model) ont été rendus accessibles au grand public, l’intelligence artificielle (IA) s’est discrètement immiscée dans le quotidien des travailleurs.

Lorsque Denis (le prénom a été changé par souci d’anonymat) a découvert ChatGPT, fin 2022, le cadre en informatique s’est spontanément mis à l’utiliser au travail. Il demandait au chatbot de rédiger ses mails, définir ses objectifs, évaluer ses performances… Parmi ses collègues, même petite révolution : « Chacun utilisait un peu ce qu’il voulait », se souvient Denis, même s’ils « n’en parlai[ent] pas plus que ça ».

Cette appropriation informelle de l’IA, aussi appelée « shadow AI » (IA fantôme), n’est toutefois pas sans risques. Alimenter ses requêtes avec des données confidentielles peut provoquer des fuites, entraînant « une potentielle mise en danger du business », invoque Claire Le Touzé, vice-présidente d’AvoSial, une association d’avocats consacrée à la défense des employeurs. Côté salariés, si la manipulation d’un outil d’IA conduisait à un quelconque dommage, « la responsabilité individuelle pourrait être sanctionnée par un avertissement, voire un licenciement », avertit l’avocate.

Faut-il alors interdire cet usage ? Certains RH ont pu être tentés par cette option. Mais elle est vaine : « Nombre de salariés continuent d’y recourir, parfois via des comptes personnels ou des terminaux non contrôlés », expose un rapport très complet sur le shadow AI, produit en juillet 2025 par l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria). Ainsi, 37 % des utilisateurs de l’IA générative au travail le feraient sans en avertir leur hiérarchie, selon un sondage de l’IFOP pour Talan, mené en 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1 100 Français. Et le chiffre est vraisemblablement sous-estimé.

Transformer le risque en aubaine

Mises devant le fait accompli, les organisations revoient aujourd’hui leur position. « Le shadow AI existe, qu’on le veuille ou non, pose Laurence Breton-Kueny, vice-présidente de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). Ça n’est pas forcément négatif, dès l’instant qu’il y a un pilotage suffisamment sécurisé. »

Il vous reste 63.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Les syndicats de SFR inquiets pour l’emploi

Une boutique SFR, à Paris, le 15 october 2025.

Pour les représentants du personnel de SFR, c’est la douche froide. Tous ont pris un méchant coup sur la tête en apprenant, mardi 14 octobre, qu’Orange, Bouygues Telecom et Free se lançaient ensemble à l’abordage de l’opérateur au carré rouge, propriété de Patrick Drahi, pour le dépecer, suscitant de vives craintes concernant l’emploi. Quand bien même leur offre de 17 milliards d’euros a été retoquée, mercredi 15 octobre, par Altice France, la maison mère de SFR, les syndicats redoutent que les près de 8 000 salariés de ce dernier fassent les frais de cette bataille qui se profile pour son rachat. Sans que, d’après eux, cela chagrine personne.

Le « problème » de cette opération, c’est que « l’emploi n’est jamais pris en compte », fustige Olivier Lelong, le délégué syndical central de la CFDT. Et la dernière sortie de Roland Lescure, le nouveau ministre de l’économie, ne le rassure guère. Mercredi 15 octobre, sur l’antenne de RTL, celui-ci a promis qu’il se montrerait « extrêmement vigilant », en cas de rachat de SFR par ses rivaux, à propos de « deux choses » : « L’impact sur les prix des consommateurs, et l’impact sur la qualité de service. » Mais pas un mot, à cette occasion, pour les employés.

Il vous reste 63.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« Il faut sortir le projet Territoires zéro chômeur de longue durée de l’expérimentation permanente »

La spécificité du projet Territoires zéro chômeur de longue durée réside dans son caractère expérimental et territorial. Une première loi avait ouvert la voie, en 2016, à dix territoires pionniers, qui s’engageaient à embaucher en contrat à durée indéterminée (CDI) et à temps choisi, dans des « entreprises à but d’emploi », les personnes privées durablement d’emploi volontaires de leur territoire. Depuis une deuxième loi de 2020, 83 territoires, répartis sur l’ensemble du pays, sont habilités à expérimenter ce dispositif.

Le projet séduit les responsables politiques par ses slogans. Dès 2016, l’Assemblée nationale l’avait adopté à l’unanimité, à la fois pour son audace, son ancrage territorial et le syncrétisme de ses idées. Reposant sur trois postulats subversifs, à savoir que ce n’est ni le travail ni l’argent qui manquent, et que nul n’est inemployable, la réussite du projet dépend de la mobilisation d’un écosystème local d’acteurs, y compris des chômeurs concernés, afin de définir les besoins localement non satisfaits et les moyens d’y répondre en fonction des aspirations et des compétences des personnes privées durablement d’emploi. Enfin, son attractivité tient aussi, pour certains acteurs publics, au principe « d’activation des dépenses passives » : « Plutôt un salaire que des allocs. »

Divers travaux ont finement étudié la mise en œuvre de l’expérimentation, soulignant d’indéniables effets positifs pour les personnes et les territoires : remobilisation et accès à l’emploi stable de personnes en butte aux politiques traditionnelles d’emploi et d’insertion, construction de dynamiques partenariales locales… Mais ces travaux insistent aussi sur les écarts entre l’utopie du projet et sa réalisation sur le terrain.

Tendance à la standardisation

A l’issue de la première loi, les évaluations avaient déjà identifié des angles morts, notamment une attention portée à l’emploi au détriment du travail lui-même, et une faible représentation de ce que pouvait être une entreprise à but d’emploi chargée d’embaucher les salariés issus du chômage de longue durée.

Il vous reste 72.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

En Chine, un nouveau visa « talent » suscite l’inquiétude des jeunes diplômés locaux

L’Observatoire souterrain de neutrinos de Jiangmen, à Kaiping, dans la province du Guangdong (Chine), le 11 octobre 2024.

Les premiers titulaires de « visa K » n’avaient pas encore mis le pied sur le territoire chinois que des internautes dénonçaient déjà la mesure : pourquoi attirer des étrangers alors que les jeunes diplômés chinois ont déjà du mal à entrer sur le marché du travail ? Mercredi 1er octobre, date de l’entrée en vigueur du nouveau sésame, il était le sujet le plus commenté sur la plateforme Weibo. Le visa, multi-entrée, permet notamment à ses titulaires de rester plus longtemps sur le territoire et de se passer du parrainage d’employeurs locaux. De quoi intéresser des étrangers souhaitant rester en Chine après des études dans le pays, ou des startups qui peuvent avoir du mal à remplir les critères pour délivrer des visas de travail.

Certains messages teintés de nationalisme font écho à des thèmes martelés par la propagande officielle, accusant les autorités de choisir les « forces étrangères » plutôt que les Chinois, tandis que d’autres, franchement xénophobes, s’inquiètent d’un afflux de jeunes diplômés de pays en développement, comme les Indiens, qui ont vu l’accès aux Etats-Unis fortement compliqué par l’administration Trump. Mais d’autres encore pointent le niveau élevé du chômage des jeunes, qui a atteint 18,9 % en août, son taux le plus élevé depuis un changement de méthode de calcul controversé, en 2023. Au point que les médias d’Etat ont dû faire le service après-vente du nouveau visa, dénonçant « l’étroitesse d’esprit » des commentaires, relève le média américain CNBC, et rappelant que le pays manque encore de talents de haut niveau pour renforcer son avance technologique.

Il vous reste 66.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Derniers battements de cœur pour Carmat, en route vers la liquidation

Au siège de Carmat, à Bois-d'Arcy (Yvelines), le 16 janvier 2024.

C’était le dernier espoir de Carmat. Pierre Bastid, seul investisseur à avoir manifesté son intérêt, par le biais de son bureau de gestion de patrimoine familial, Hougou, pour une reprise du développeur et concepteur de cœur artificiel placé en redressement judiciaire le 1er juillet, ne sera finalement pas en mesure de finaliser une offre, mardi 30 septembre, devant le tribunal des activités économiques de Versailles.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Carmat, l’odyssée brisée du cœur artificiel français

Lors d’une audience le 19 août, le tribunal avait accordé à l’homme d’affaires, président du conseil d’administration de Carmat et actionnaire de la société à hauteur d’environ 17 %, un délai supplémentaire pour « finaliser son offre » afin de réunir les fonds. « A ce jour, le repreneur n’a toutefois pas été en mesure de confirmer son offre, faute d’avoir sécurisé les financements nécessaires à la reprise », a indiqué dans un communiqué la société Carmat, lundi 29 septembre. Aucune autre offre n’ayant été déposée, l’avenir de Carmat semble donc scellé.

« C’est une déception colossale », confie M. Bastid, qui confirme avoir échoué à rassembler les liquidités nécessaires au sauvetage de l’entreprise, qui compte 130 salariés. Pour permettre à Carmat de mener sereinement à bien son développement et d’atteindre son seuil de rentabilité sans retomber dans « les affres des augmentations de capital à faire tous les trois à six mois », l’homme d’affaires estimait le besoin de financement à 150 millions d’euros. Son plan prévoyait notamment d’apporter 20 millions d’euros dès le mois d’octobre, puis 20 autres millions d’euros en janvier, la somme restante devant être injectée dans un second temps.

Il vous reste 64.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.