En France, le dessin animé recrute toujours

« Cherche une centaine de techniciens pour réaliser des séries d’animation. Lieux de travail : Paris ou Angoulême. Prise de fonction immédiate. » Eh oui ! Dans ce marasme culturel où des pans entiers de l’économie restent à l’arrêt, le dessin animé recrute toujours.

Le studio Superprod va augmenter ses effectifs de 150 à 250 salariés. Selon son cofondateur, Jérémie Fajner, ces embauches permettront d’honorer les deux dernières commandes signées avec Netflix : une série d’animation d’aventure fantastique, Spirit Rangers, sur les Amérindiens ; et Ghee Happy, signée par le réalisateur-illustrateur Sanjay Patel, qui réinterprète avec humour les superpouvoirs des divinités hindoues.

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« Nous avons un studio intégré, avec une trentaine de contrats à durée indéterminée et des intermittents qui travaillent au long cours, de dix-huit à vingt-quatre mois pour une série et bien davantage pour un film », détaille M. Fajner. De son côté, Jacques Bled, président d’Illumination Mac Guff, filiale d’Universal Pictures et principal employeur du secteur en France avec 850 personnes, cherche aussi « 70 à 80 techniciens pour le début de l’année prochaine à Paris ».

« Tendance à moyen et long terme »

Ses équipes travaillent déjà sur quatre films destinés à la major hollywoodienne et vont en démarrer un cinquième. « Pendant les confinements, les équipes ont pu faire du télétravail. Nous n’avons pas été coincés par des problèmes de tournage. Au pire, les dates de sortie des films seront un peu décalées, mais cela n’affecte pas le processus de production », explique-t-il.

Selon Stéphane Le Bars, délégué général d’AnimFrance – qui fédère plus de 60 sociétés de production et studios d’animation –, « c’est parce que notre secteur obéit à des cycles longs, avec deux ans pour financer les projets, autant pour réaliser une série, qu’il n’a pas été trop touché par la crise sanitaire ». A ses yeux, « la création d’emplois dans le secteur restera la tendance à moyen et long terme ».

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Mercredi 9 décembre, lors de rencontres organisées par Magelis, le pôle image d’Angoulême (Charente), Philippe Degardin, responsable des statistiques du groupe de protection sociale de la culture Audiens, a affirmé que « l’emploi a atteint dans l’animation française son plus haut niveau l’an dernier dans les 133 studios spécialisés en films d’animation ». Selon Audiens, le secteur compte près de 7 700 salariés (+ 4 %). Signe de dynamisme, en cinq ans (2015-2019), 2 300 emplois ont été créés. Les salariés engagés en contrat à durée déterminée d’usage (CDUU) représentent 85 % des effectifs.

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« Le chemin a été long et semé d’embûches » : les partenaires sociaux parviennent à un compromis sur la santé au travail

La négociation entre partenaires sociaux sur la santé au travail s’est finalement soldée par un compromis. Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 décembre, le Medef a annoncé avoir trouvé un terrain d’entente avec la CFDT, la CFE-CGC et FO pour conclure un nouvel accord national interprofessionnel (ANI) consacré à cette thématique. La CFTC, elle, se prononcera la semaine prochaine. Quant à la CGT, elle a, d’ores et déjà, manifesté sa désapprobation. Côté patronal, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a reporté sa « décision définitive » au 15 décembre mais son chef de file sur le dossier, Eric Chevée, a émis « un avis favorable ». Les protagonistes ont jusqu’au 8 janvier 2021 pour signer le texte.

Engagées dans des discussions depuis la mi-juin, les organisations d’employeurs et de salariés ont respecté le calendrier fixé par l’exécutif. Le ministère du travail leur avait demandé de boucler les tractations d’ici à la fin 2020. Depuis le début de la législature, le gouvernement voulait que ce sujet soit traité, afin d’améliorer un dispositif jugé très complexe, trop peu axé sur la prévention et insuffisamment ouvert aux PME. Autant de défauts accentués par la pénurie grandissante de médecins du travail.

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L’ANI permettra d’assurer une « prévention renforcée » des risques professionnels et de garantir une « offre renouvelée » de services, affirme Diane Deperrois, la négociatrice du Medef. C’est « un changement de paradigme », confie-t-elle. A ses yeux, le système sera « plus proche, plus efficace et plus opérationnel », grâce, en particulier, à une « collaboration » accrue « entre médecine du travail et médecine de ville ». Mme Deperrois met également en avant la création des « cellules de prévention de la désinsertion professionnelle », appelées à trouver des solutions pour que le salarié puisse rester à son poste, quitte à ce que celui-ci soit aménagé.

Pour M. Chevée, l’accord propose « une vraie révolution » dans l’approche de la santé au travail, notamment « en ouvrant le suivi médical du salarié à la médecine de ville ». Autre point important, d’après lui : le texte « mentionne la jurisprudence qui limite aux “moyens renforcés” la responsabilité des employeurs et de leurs délégataires ». En revanche, nuance-t-il, la disposition relative au financement de jours de formation supplémentaires pour les élus du personnel dans les entreprises « mérite une confirmation du comité exécutif de la CPME ».

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Santé au travail : les partenaires sociaux ont trouvé un accord

Les partenaires sociaux sont tombés d’accord, dans la nuit de mercredi à jeudi 10 décembre, pour signer un accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail, axé sur la prévention, après que la CFDT, FO et la CFE-CGC, ont donné leur avis favorable, a-t-on appris de sources concordantes.

« Cet accord est novateur avec comme colonne vertébrale la prévention, il comptera dans l’histoire de la santé au travail », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Diane Deperrois, cheffe de file des négociateurs pour le Medef, évoquant « trois avis favorables, ceux de la CFDT, de FO et de la CFE-CGC, la CGT ayant donné un avis défavorable et la CFTC s’étant réservée ». Ces trois avis favorables représentent une majorité large, compte tenu de la représentativité nationale des organisations syndicales qui les portent.

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Côté patronat, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) sursoit à son accord dans l’immédiat, se « réservant quelques jours », a assuré Mme Deperrois, qui a précisé que les parties avaient jusqu’au 8 janvier pour signer formellement le texte. La CFE-CGC a confirmé à l’AFP avoir donné son accord « en tant que négociatrice », laissant à ses instances confédérales le soin de le valider.

La CGT, qui avait prévenu qu’elle ne signerait pas un texte entérinant « de nouveaux reculs en matière de santé et sécurité » n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat. L’ensemble de ses homologues ont annoncé qu’ils s’exprimeraient jeudi.

La prévention au centre

L’ANI, le premier sur la santé au travail depuis treize ans, vise à mettre la prévention au centre et à améliorer les dispositifs existants notamment pour les moyennes et petites entreprises. Selon le Medef, il « réforme et modernise les services de santé au travail (SST) qui deviennent des services de prévention et de santé au travail (SPST) » axés sur « une offre socle » consacrant « la prévention, le suivi médical et la prévention de la désinsertion professionnelle [le maintien en emploi des salariés ayant été touchés par des problèmes de santé] ».

Pour maintenir les délais et le suivi des visites médicales des salariés « dans un contexte de pénurie », cet ANI « crée une collaboration entre la médecine du travail et la médecine de ville », un point sur lequel les syndicats s’étaient montrés très sceptiques voire opposés.

Le texte qui entendait aussi initialement inscrire dans le code du travail une disposition limitant à une stricte obligation de moyens de prévention la responsabilité des employeurs sur la santé de leurs salariés, conserve un « rappel » de la « jurisprudence » qui « a admis qu’un employeur et ses délégataires pouvaient être considérés comme ayant rempli leurs obligations s’ils ont mis en œuvre des actions de prévention ».

La santé au travail, dont la réforme est reportée depuis des années malgré la pénurie de médecins du travail et la dégradation de la santé des salariés selon plusieurs études, reste le parent pauvre des politiques publiques françaises. Parallèlement à cet ANI, une proposition de loi, portée par la députée La République en marche Charlotte Lecocq, pourrait être déposée à l’Assemblée d’ici à la fin de l’année.

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Le Monde avec AFP

Les syndicats d’ADP signent un accord pour 1 150 départs volontaires

Le groupe ADP, qui gère Paris – Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget, et emploie 6 250 salariés en France, a été très durement touché par la chute de l’activité due à la crise sanitaire. La direction du gestionnaire des aéroports parisiens a annoncé, mercredi 9 décembre, la signature à l’unanimité par les organisations syndicales du groupe d’un accord de rupture conventionnelle collective.

Cet accord fixe à 1 150 le nombre maximal de départs volontaires – dont 700 ne seront pas remplacés –, ce qui permet d’éviter des départs contraints. « La direction s’engage à ce qu’aucun départ contraint pour motif économique n’ait lieu jusqu’au 1er janvier 2022 », a indiqué la direction, ajoutant que l’accord vise à « sauvegarder durablement l’entreprise ».

Un ensemble de trois accords indissociables – rupture conventionnelle collective (RCC), accord de performance collective (APC) et activité partielle de longue durée (APLD) – avait été proposé à la négociation des organisations syndicales représentatives d’ADP SA le 31 août. La direction avait pris acte, le 5 novembre, de la non-signature par la majorité des organisations syndicales des accords proposés.

« Donner une nouvelle chance au dialogue social »

« Afin de donner une nouvelle chance au dialogue social, et d’éviter toute suppression d’emploi contrainte au sein d’ADP SA, la direction a souhaité proposer un nouveau projet d’accord de rupture conventionnelle collective », selon le communiqué, précisant que cet accord avait recueilli « les signatures à l’unanimité des organisations syndicales représentatives » (CFE-CGC, CGT, UNSA). La rupture conventionnelle collective (RCC) permet des départs volontaires négociés par les syndicats.

Comme l’ensemble du secteur aérien, ADP a été frappé de plein fouet par la crise du Covid-19. En octobre, le trafic des aéroports parisiens a atteint à peine le quart de celui de l’an dernier.

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Le Monde avec AFP

L’emploi rebondit au 3e trimestre, mais l’année s’annonce sombre

C’est un soulagement pour le gouvernement. Après le tsunami du premier confinement qui a conduit à la destruction de 687 100 emplois, la reprise de l’activité au printemps et durant l’été a permis de recréer 401 100 emplois salariés au cours du troisième trimestre (+ 1,6 %), indique l’Insee dans une note parue mardi 8 décembre. Des chiffres légèrement meilleurs que l’estimation donnée le 8 septembre, avec 11 000 emplois supplémentaires créés. Et qui témoignent, s’il en était encore besoin, des évolutions erratiques du marché du travail, au gré de l’évolution de la situation sanitaire, de confinement en déconfinement.

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Le rebond exceptionnel de l’activité au troisième trimestre (+ 18,7 %), pour autant, ne s’accompagne pas d’une reprise des embauches de même ampleur. « Le rebond de l’emploi est beaucoup moins spectaculaire que celui du PIB, décrypte Hélène Baudchon, économiste France chez BNP Paribas. On s’y attendait, car déjà la baisse au printemps avait été moins impressionnante que celle de l’activité économique : il faut y voir l’effet du recours massif au chômage partiel. »

Malgré cet effet « amortisseur », l’emploi salarié en France a retrouvé selon l’Insee un niveau « comparable à celui de fin 2018 ». Il reste inférieur à celui de fin 2019 – 295 900 emplois manquent encore à l’appel pour retrouver la même situation – mais il est vrai qu’il s’agissait d’une année particulièrement faste pour le marché du travail. Cela ne préjuge toutefois en rien du bilan qui pourra être fait à la fin de l’année 2020. Le second confinement, débuté le vendredi 30 octobre, « a produit un nouveau choc sur l’activité d’environ 10 % », rappelle Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

Eléments inquiétants

« A priori, on pourrait penser que l’impact sera moins important, puisque la baisse d’activité est plus faible », décrypte l’économiste. « Mais c’est oublier le fait que les effets du second confinement sont plus durs dans certains secteurs, comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration… qui sont durablement pénalisés », poursuit-il. Après avoir opéré un ajustement de court terme au printemps, ces entreprises vont peut-être procéder à un ajustement plus durable en supprimant non pas des contrats courts (CDD, missions d’intérim) comme lors du premier confinement, mais plutôt des CDI. « Le risque est donc, résume M. Plane, que les contrats courts se substituent à l’emploi à durée indéterminée. »

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L’électrique, cheval de Troie de l’industrie automobile chinoise en Europe

L’usine Tesla de Shanghaï, en Chine, le 7 janvier 2020.

Chine Nouvelle, l’agence de presse officielle chinoise, en a fièrement rendu compte. Vendredi 27 novembre, les premières Tesla Model 3 (les plus vendues de la marque électrique), fabriquées dans l’usine chinoise du constructeur californien, sont arrivées dans le port belge de Zeebruges. Les 3 500 véhicules destinés au marché européen ont débarqué en provenance de Shanghaï, sur fond de mise en scène médiatique spectaculaire (130 voitures alignées pour former le logo de la marque) orchestrée par la branche chinoise de Tesla.

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Cette première « exportation » ne constitue pour le moment qu’une portion modeste des ventes de la Model 3 en Europe (57 000 immatriculations entre janvier et septembre 2020). N’empêche, elle vient faire écho à un rapport de France Stratégie, institution chargée d’éclairer le gouvernement dans ses décisions économiques, paru mi-novembre et baptisé « Les politiques industrielles en France, évolutions et comparaisons internationales ». Dans le chapitre consacré à l’automobile, la note souligne que la Chine risque « d’envoyer l’industrie européenne au tapis » avec ses exportations de véhicules électriques.

L’alerte rappelle les mises en garde du président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, qui a à plusieurs reprises depuis 2019 prévenu des risques d’un « tsunami chinois » automobile, similaire à celui qu’il a connu sur le marché des pneumatiques lorsqu’il dirigeait Michelin. La part des marques chinoises de pneus en Europe est passée de 5 % à 30 % entre 2012 et 2018.

« La donne change radicalement »

Mais l’une des caractéristiques paradoxales mises en avant par France Stratégie, c’est que cette arrivée chinoise va se faire d’abord à travers des marques occidentales. C’est Tesla, on l’a vu, mais aussi le SUV BMW iX3, les Smart électriques de Daimler, ou encore la Dacia Spring, qui appartient… au groupe Renault. Parfois, lesdites marques occidentales qui s’apprêtent à arroser l’Europe de véhicules électriques made in China sont elles-mêmes propriété d’entreprises chinoises. On compte ainsi la Polestar de Volvo, détenue par le groupe Geely, ou le SUV électrique MG, vieille marque britannique désormais dans le giron du tentaculaire groupe d’Etat Shanghai Automotive (SAIC).

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L’annonce d’une invasion automobile chinoise n’est pas nouvelle. Mais, jusqu’ici, cela n’avait pas été suivi d’effet. Depuis le début des années 2000, quelques marques aujourd’hui oubliées (Brilliance, Ludwin, Qoros…) ont tenté sans succès l’aventure européenne. « L’industrie automobile chinoise était bloquée par les normes européennes sur les émissions polluantes ou la sécurité passive, explique Nicolas Meilhan, économiste, conseiller scientifique de France Stratégie et coauteur du rapport. Mais la voiture électrique est par nature zéro émission et son architecture (structure rigidifiée et alourdie par la batterie, moteur compact) abaisse les contraintes sur les crash-tests. Cela change radicalement la donne. »

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« Le métier devient plus physique, on essaie de perdre le moins de temps possible »

Thomas Donzel, facteur à La Poste, lors de sa tournée de livraison de colis, à Chavanoz (Isère), le 8 décembre.

En cette matinée brumeuse de début décembre, dans le centre de distribution de La Poste de Pont-de-Chéruy (Isère), au milieu d’une valse de chariots débordant de colis, les livreurs s’affairent, trient, scannent les paquets, les chargent dans leurs camionnettes jaunes. Des jouets, du matériel électronique, des bons plans sur Veepee (Vente-privee). A l’autre extrémité du hangar, l’organisation de la tournée de lettres des facteurs se fait au calme. A l’image des activités de La Poste en 2020, dont le métier courrier s’effondre, alors que le colis connaît une croissance exponentielle. L’opérateur public prévoit de traiter en décembre jusqu’à 4 millions de paquets Colissimo par jour, contre 3,1 millions à la même période en 2019.

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Affecté à la livraison de colis, Thomas, 40 ans, facteur depuis dix-huit ans, se prépare à livrer 150 colis au pas de charge. Comme il y a deux fois plus de paquets à distribuer en cette période de fête, son circuit a été divisé par deux, la deuxième moitié étant confiée à un intérimaire. « Sur cette plate-forme, on a huit personnes en renfort depuis la mi-octobre, le temps de la “peak period”, jusqu’au 24 décembre », explique-t-il.

L’époque où le facteur faisait une pause-café en distribuant ses lettres paraît bien loin. Ce jour-là, sous la pluie battante, chaque minute compte. Dans les immeubles, Thomas monte les marches quatre à quatre. Il court en petite foulée d’un pavillon à l’autre. « Le métier devient plus physique – ce qui personnellement me va bien – parce qu’on a plus de colis à distribuer. On essaie de perdre le moins de temps possible », dit-il. Son prédécesseur a quitté son poste parce qu’il ne tenait pas la cadence.

Chou blanc

Le postier connaît la plupart des destinataires, en particulier les accros de l’e-commerce, qui commandent presque tous les jours. « C’est le cas de 50 % des gens sur une tournée comme la mienne, indique-t-il, plutôt des jeunes, beaucoup de nounous qui gardent des enfants chez elles. » La fréquence des rencontres avec les riverains a toutefois reflué. D’abord parce que la grande majorité des boîtes aux lettres, aujourd’hui normalisées, disposent d’une contenance suffisante pour recevoir la majorité des colis. Mais aussi parce que le facteur fait régulièrement chou blanc lorsqu’il doit en remettre un en mains propres.

Thomas Donzel, facteur à La Poste, le 8 décembre.

Avant de quitter le centre-ville, Thomas sonne à l’Interphone d’une copropriété. L’appareil, défectueux, renvoie vers un voisin. Le numéro de téléphone de la destinataire n’est pas attribué. « Là c’est pénible, témoigne-t-il, parce que c’est un Chronopost, la cliente a payé pour une livraison express, et je suis dans l’impossibilité de la livrer. » Peu après, il s’arrête devant une villa. Le son de la télé passe à travers la baie vitrée mais personne ne répond aux coups de sonnette, ni aux coups de klaxon. Thomas remplit à la chaîne les avis de passage. A l’issue de la tournée, une vingtaine de colis lui resteront sur les bras et devront être représentés le lendemain.

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Le 4 × 4 d’Ineos va remplacer la Smart de Daimler dans son berceau historique de Moselle

Ineos prévoit de produire à Hambach, à compter de 2022, son 4 × 4 Grenadier, qui marquera l’entrée du groupe chimique britannique dans le secteur automobile.

La société britannique du secteur de la chimie Ineos a racheté, lundi 7 décembre, à l’entreprise allemande Daimler, propriétaire des marques Smart et Mercedes, le site de Smart à Hambach (Moselle) pour y produire son 4 × 4 Grenadier. L’opération a été officialisée mardi.

Le rachat marque la fin d’une longue histoire et le début d’une nouvelle ère. « Cette acquisition est la plus grande étape à ce jour dans le développement du Grenadier », a expliqué Dirk Heilmann, patron d’Ineos Automotive. Jörg Burzer, responsable de la production chez Mercedes, a déclaré avoir trouvé avec Ineos Automotive « un acheteur déterminé à mener le site de Hambach sur la voie du futur ».

« Continuité de l’emploi »

En juillet, Daimler avait laissé les salariés de Smart abasourdis, annonçant son intention de mettre en vente le site mosellan en raison de difficultés financières liées à la crise sanitaire. Le groupe allemand avait pourtant investi quelque 500 millions d’euros sur ce site pour permettre la fabrication de Mercedes électriques.

Le 12 novembre, le comité social et économique (CSE) de l’usine avait donné son accord à la reprise par Ineos et avait dit apprécier « favorablement le projet de cession ». Cette opération devait assurer « la continuité de l’emploi pour les salariés du site de Hambach », même si le CSE estimait que « certains points pourraient être améliorés ».

Vente de l’usine Smart : la Moselle industrielle n’a plus confiance en personne

Ineos prévoit de produire à Hambach, à compter de 2022, un 4 × 4 qui marquera l’entrée du groupe chimique britannique dans le secteur automobile. De son côté, Daimler s’est engagé à assurer la transition en poursuivant jusqu’en 2024 la production de Smart électriques sur le site ainsi que celle de la face avant du nouveau SUV électrique de Mercedes.

L’ensemble des emplois chez Daimler et certains partenaires, soit 1 300 personnes transférées chez Ineos, sont « préservés », selon le constructeur allemand. Pour quelque 200 autres employés du site, le ministère délégué à l’industrie assure qu’« une solution a été trouvée pour tous », selon un porte-parole, et ces emplois sont également sécurisés.

Le Grenadier, un véhicule polluant

La ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a salué le « travail constructif » ayant amené de « réelles avancées » pour « pérenniser l’activité industrielle sur le site ». Un comité sera créé très prochainement pour suivre l’activité et la « charge de l’usine ».

En outre, juste en face du site, REC Solar France, filiale du danois REC Group, prévoit la construction d’une usine de panneaux photovoltaïques, avec à la clef la création d’ici à 2025 de 1 800 emplois. Mais ce projet n’en est pour le moment qu’au stade de la concertation.

Parmi les réserves exprimées à la mi-novembre par le CSE figurait la motorisation du futur Grenadier, un « véhicule thermique fortement émetteur de CO2 » risquant d’être « de plus en plus difficile à vendre à partir de la deuxième moitié de cette décennie ». « Les challenges sont nombreux et nous serons vigilants sur les engagements pris par les parties », « principalement » sur les emplois, a noté Emmanuel Benner, délégué syndical CFTC.

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Dans un communiqué, la CGT avait ainsi demandé au repreneur de « développer d’autres motorisations », estimant que le moteur du 4 × 4 se trouve « à contre-courant de ce qui se fait dans l’automobile », où les motorisations électriques ont le vent en poupe.

Un partenariat a été conclu entre Ineos et le sud-coréen Hyundai le 23 novembre afin d’« explorer les nouvelles possibilités » offertes par la production d’hydrogène et ses applications technologiques. Il pourrait ainsi permettre à Hyundai de fournir sa technologie de piles à hydrogène pour équiper le véhicule d’Ineos.

Le Monde avec AFP

Les candidatures de saisonniers déferlent sur tous les secteurs

Pour les travailleurs saisonniers, les places sont chères cet hiver. Dans les stations de ski, où les remontées mécaniques restent immobilisées, hôteliers et restaurateurs attendent de pied ferme les clients avant de lancer d’éventuels recrutements pour les fêtes. Sans trop y croire. « D’habitude, en hiver, on engage un ou deux extras supplémentaires en cuisine et autant au niveau des chambres, mais, cette année, on attend de voir les réservations », indique Florian Hugonet, directeur délégué aux opérations du groupe hôtelier CFH et gestionnaire du Domaine de Marlioz, à Aix-les-Bains (Savoie).

Habitués de la station, certains de ses saisonniers espèrent encore être rappelés pour cette saison hivernale. « Je sais qu’ils sont là en cas de besoin, rapporte Florian Hugonet. Mais je dois d’abord faire revenir mes équipes qui sont au chômage partiel. » Alors que la saison hivernale offre traditionnellement l’opportunité aux saisonniers de travailler quelques semaines à l’occasion des fêtes de fin d’année, la fermeture des lieux de loisirs a stoppé net leur recrutement cette année.

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A la date du 26 novembre, le site de Pôle emploi recensait seulement 1 600 contrats de saisonniers. Pour ceux qui enchaînent les missions dans la restauration, l’hébergement et les loisirs, qui habituellement recrutent près de la moitié des travailleurs saisonniers, les embauches sont au point mort. « Au niveau des recrutements, l’hôtellerie et la restauration sont bien sûr sinistrées, confirme Alexandre Pham, cofondateur de Mistertemp’. Mais il y a aussi des secteurs qui connaissent une poussée extrêmement forte des taux d’activité et donc des recrutements, comme la logistique. »

Un recrutement plus local

Alors que le confinement a incité les Français à faire leurs achats de Noël en ligne, La Poste distribue 30 % de volume de colis supplémentaires depuis le déconfinement. Afin de pallier le rush de fin d’année sur ses plates-formes de tri et dans les bureaux de poste, l’entreprise recrute 9 000 saisonniers sur des postes de facteur, opérateur de tri et chargé de clientèle. Ces offres ont attiré près de 43 000 candidatures fin novembre. Noyées sous les CV, les équipes de recrutement ont dû suspendre plus tôt que prévu la majorité des offres.

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Confrontés à un raz de marée de candidatures, les employeurs ont l’embarras du choix. « Le recrutement est facilité par l’arrivée d’une nouvelle population travaillant habituellement dans l’hôtellerie et la restauration », confie Roland Gomez, directeur général de Proman. En Charente-Maritime, les ostréiculteurs peinent habituellement à recruter des saisonniers pour préparer les huîtres à l’occasion des fêtes de fin d’année. Les producteurs font donc appel à des travailleurs venus de l’étranger, principalement du sud de l’Europe.

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Vale annonce la vente de son usine de nickel en Nouvelle-Calédonie

Le groupe brésilien Vale a annoncé, mercredi 9 décembre, la vente de son usine de nickel en Nouvelle-Calédonie à un consortium calédonien et international, incluant le négociant en matières premières Trafigura, qui suscite sur place une forte hostilité des indépendantistes et des autorités kanak.

« Le consortium mené par la direction et les employés de Vale Nouvelle-Calédonie, (…) avec Trafigura comme actionnaire minoritaire, est heureux d’annoncer qu’il a conclu un accord ferme aujourd’hui pour l’achat des parts de Vale Nouvelle-Calédonie, détenues par Vale Canada Limited, une filiale de Vale SA », a fait savoir mercredi dans un communiqué Vale-NC.

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« Trois mille emplois directs et indirects garantis »

L’industriel précise que « cette solution de reprise assurera la poursuite de l’exploitation et du développement de l’usine [située dans le sud de l’archipel] dans le respect de ses responsabilités sociétales et environnementales par une nouvelle société [baptisée] Prony Ressources, détenue à 50 % par des investisseurs calédoniens ». « Le projet d’entreprise de Prony Ressources permettra de garantir plus de 3 000 emplois directs et indirects », a déclaré Antonin Beurrier, actuel président de Vale Nouvelle-Calédonie.

Cette annonce est intervenue après plusieurs jours de barrages, de blocages et d’affrontements avec les forces de l’ordre, en raison de « la totale opposition » des indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), du collectif Usine du Sud = usine pays et de l’Instance coutumière autochtone de négociation (ICAN) à cette reprise avec Trafigura.

Mercredi, les violences sont montées d’un cran avec des barrages tenus par ces opposants et des contre-barrages dressés par des loyalistes à Païta, au nord de Nouméa. Dans la nuit, une station-service a été incendiée au Mont-Dore.

Le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, doit réunir jeudi en visioconférence les principaux acteurs politiques calédoniens sur ce dossier, mais les indépendantistes ont fait savoir qu’ils boycotteraient le rendez-vous.

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Le Monde avec AFP