Caddie, le fabricant de chariots de supermarché, a sept semaines pour se trouver un repreneur

A l’usine Caddie de Drusenheim (Bas-Rhin), en avril 2015.

En cessation de paiement depuis le 31 décembre 2021, Les Ateliers Réunis Caddie, fabricants des chariots du même nom, ont été placés, mardi 4 janvier, en redressement judiciaire pour la troisième fois en moins de dix ans. La direction actuelle a jusqu’au 22 février pour trouver un repreneur. « Actuellement, je n’ai pas de piste, mais la procédure commence tout juste », a reconnu, à la sortie de l’audience, Stéphane Dedieu, le dirigeant de la société appelant de ses vœux un repreneur « industriel » pour ce marché de niche et vantant « une belle marque, de beaux produits et des collaborateurs impliqués ».

Passée, en une quinzaine d’années, de 750 à 142 salariés, l’entreprise alsacienne presque centenaire n’est désormais plus que l’ombre d’elle-même, avec un chiffre d’affaires divisé par dix en un peu plus d’une décennie (110 millions d’euros en 2009, 12 millions en 2021). Sur ses implantations historiques, notamment à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg, poussent aujourd’hui des immeubles d’habitation. Signe des temps, son ancienne patronne (jusqu’à la cession de l’entreprise au groupe Altia, en 2012) et fille adoptive du fondateur, Alice Deppen-Joseph, que les employés ont toujours appelée « Mademoiselle », est morte le 4 décembre 2021.

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En 2014, la reprise de la société par son directeur général, Stéphane Dedieu, sonnait pourtant comme un nouveau départ prometteur. Deux années plus tard, Caddie reprenait d’ailleurs le site et une partie des salariés d’une autre société de traitement de surface de métaux située au nord-ouest de Strasbourg et victime d’un incendie, pour y installer ses activités d’assemblage, de finition et d’expédition. Au printemps 2021, le fabricant y a finalement concentré l’ensemble de sa production, licenciant, au passage, 41 personnes.

Descente aux enfers

Entre-temps, Caddie a cumulé les pertes : 2,6 millions d’euros en 2017, 5 millions en 2018, 6,2 millions en 2019, 5 millions en 2020… Une descente aux enfers que ni la prise de participation majoritaire, en 2018, du polonais Damix, spécialiste de l’agencement de magasins, ni la réorganisation de la société n’ont permis de stopper. En septembre 2021, l’actionnaire principal, lui-même affaibli par les conséquences de la crise sanitaire, a ainsi indiqué à la direction ne plus vouloir soutenir financièrement sa filiale.

« Tout ce qui générait de la valeur ajoutée, comme la création de gabarits ou la production de chariots aéroportuaires, a été sous-traité à notre actionnaire polonais », Christophe Payet, délégué syndical CFDT

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Les partenaires sociaux veulent reconquérir l’influence perdue depuis 2017

Les syndicats et le patronat veulent reconquérir des marges de manœuvre après en avoir perdu beaucoup durant le quinquennat d’Emmanuel Macron. C’est l’un des enjeux de la négociation qu’ils doivent démarrer, mercredi 5 janvier, sur la « modernisation du paritarisme ». Le but est de renforcer le rôle des mouvements d’employeurs et de salariés « dans la vie économique et sociale du pays », en structurant un peu mieux leur « prise de parole ». Il s’agit aussi d’une interpellation à quelques mois de l’élection présidentielle, afin de voir comment leurs préoccupations sont prises en compte par les candidats.

L’initiative s’inscrit dans le cadre de « l’agenda autonome » que le Medef avait proposé en 2021 aux autres acteurs sociaux. Plusieurs cycles de discussion sur diverses thématiques avaient été enclenchés, dont l’un a abouti à un « accord-cadre » relatif à la formation professionnelle, il y a presque trois mois. Les échanges qui débutent mercredi portent, eux, sur le « paritarisme de gestion » et le « paritarisme de négociation » : en schématisant à grands traits, le premier vocable recouvre les institutions dans lesquelles le patronat et les syndicats exercent une responsabilité forte (par exemple l’association Unédic qui pilote l’assurance-chômage), tandis que le second désigne l’activité des partenaires sociaux visant à conclure des compromis sur une problématique donnée.

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La démarche intervient dans un contexte où l’Etat a accru son emprise dans le champ des politiques relevant des organisations d’employeurs et de salariés. Une illustration : le régime d’indemnisation des demandeurs d’emploi, qui a été réformé par la loi « avenir professionnel » de septembre 2018. Désormais, les partenaires sociaux sont tenus de suivre une lettre de cadrage rédigée par le gouvernement quand ils négocient sur le fonctionnement du système.

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« Rééquilibrer les relations »

Indépendamment des transformations réalisées sous le mandat de M. Macron, qui ont renforcé les prérogatives des pouvoirs publics, les relations entre l’exécutif et les corps intermédiaires n’ont pas toujours été fluides depuis 2017. Pour le président de la République, les syndicats et le patronat ont toute leur place dans la définition des règles du jeu au niveau de l’entreprise et de la branche. En revanche, il a de sérieux doutes sur leur aptitude à gérer des organismes paritaires.

Les partenaires sociaux entendent donc apporter la preuve de leur « légitimité sur les sujets qui concernent le salariat dans sa globalité », confie Michel Beaugas, secrétaire confédéral chez FO. « Le dialogue interprofessionnel n’est pas mort, enchaîne Marylise Léon, la numéro deux de la CFDT. Il y a des thèmes sur lesquels nous avons des choses à dire, comme l’ont montré les accords nationaux mis au point fin 2020 sur la santé au travail et le télétravail. » D’après Pierre Jardon, secrétaire confédéral à la CFTC, « l’enjeu majeur » de la discussion consiste à « rééquilibrer les relations » entre, d’un côté, les syndicats et le patronat, de l’autre, le pouvoir exécutif et le Parlement. Gilles Lecuelle, secrétaire national à la CFE-CGC, y voit un exercice « nécessaire », qui permettra – entre autres – de baliser le paritarisme de négociation : « A l’heure actuelle, il n’y a pas de cadre », observe-t-il. Secrétaire confédérale à la CGT, Angeline Barth compte s’impliquer dans les travaux à venir pour « redonner une utilité » et un « pouvoir normatif » à l’échelon interprofessionnel.

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Caddie, le fabricant de chariots de supermarché, placé en redressement judiciaire

A Drusenheim, en 2015.

Le célèbre fabricant de chariots de supermarchés Caddie, qui s’était déclaré lundi en cessation de paiements, a été placé en redressement judiciaire, mardi 4 janvier. La société a un mois et demi pour trouver un repreneur et sauver ses 140 emplois en Alsace.

« Le tribunal renvoie l’affaire au 22 février, espérant avoir pour cette date une solution avec un repreneur pour la société Caddie », a fait savoir le président de l’entreprise, Stéphane Dedieu, à l’issue de l’audience à huis clos qui s’est tenue devant la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne (Bas-Rhin).

« Nous sommes pressés par le temps parce que la société a besoin de trésorerie pour continuer, donc c’est important que le processus soit rapide », a ajouté celui qui, entré chez Caddie au début des années 1990 comme vendeur, a repris l’entreprise en 2014 après un précédent redressement judiciaire. « Actuellement je n’ai pas de piste, mais la procédure commence tout juste », a reconnu M. Dedieu, appelant de ses vœux un repreneur « industriel » pour ce marché de niche et vantant « une belle marque, de beaux produits et des collaborateurs impliqués ».

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« L’état de la société est vraiment catastrophique »

De son côté, rassuré que les salaires de décembre soient finalement versés, Luc Strohmenger, secrétaire CFTC du comité social et économique (CSE), veut que la priorité soit donnée au « maintien de l’emploi » sur le désormais unique site de production à Dettwiller (Bas-Rhin).

« L’objectif est de retrouver un repreneur le plus vite possible parce que l’état de la société est vraiment catastrophique. L’objectif est de maintenir l’emploi le plus longtemps possible », a insisté l’avocat du CSE, Hervé Bertrand, évoquant sept millions d’euros de dettes rien qu’auprès des fournisseurs. « Pour moi il est évident qu’une belle maison comme Caddie va forcément attirer un industriel », avait déclaré Stéphane Dedieu sur RMC avant l’audience au tribunal.

La société, basée à Dettwiller (Bas-Rhin), en Alsace, s’est déclarée lundi en cessation de paiement en raison d’une accumulation de difficultés qui ont épuisé sa trésorerie. L’entreprise, nommée Les Ateliers réunis Caddie, qui a inventé en 1928 le chariot métallique pour les grandes surfaces, a déjà subi deux redressements judiciaires, en 2012 et en 2014. Elle est détenue à 70 % depuis 2018 par le polonais Damix, qui avait supprimé cinquante emplois en 2020.

Le Monde avec AFP

La grande fatigue du secteur de l’événementiel face au « stop and go »

Au Festival international de la bande dessinée, à Angoulême (Charente), le 29 janvier 2020.

Inutile de présenter ses vœux à un représentant du secteur de l’événementiel : ils seront accueillis avec un sourire las. Après une reprise dynamique au dernier trimestre 2021, entreprises et salariés qui travaillent dans l’organisation de foires, salons, conventions ou spectacles ont replongé dans la crise.

Pas moins de cent trente événements, à commencer par des rendez-vous emblématiques, comme le Festival de la bande dessinée, à Angoulême, ou le salon Maison & Objet, au Parc des expositions de Paris Nord-Villepinte, ont été annulés ou reportés dans la foulée des déclarations de Jean Castex, lundi 27 décembre, annonçant que ces manifestations seraient soumises à des jauges de fréquentation jusqu’au 24 janvier. Il annulait le même soir « toutes les cérémonies de vœux prévues en janvier », un coup dur pour les traiteurs et boulangers.

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Le gouvernement a eu beau rectifier le tir jeudi 30 décembre en expliquant que les foires et salons finalement n’étaient pas concernés par ces mesures, le mal était fait : environ 1 milliard d’euros de chiffres d’affaires, sans compter les retombées économiques pour les territoires, étaient partis en fumée, selon les estimations de l’Union française des métiers de l’événement (Unimev).

« Un effet dévastateur »

« Les annonces ont eu un effet dévastateur sur une filière déjà fragilisée », résume Béatrice Cuif-Mathieu, directrice générale de Destination Nancy, société publique chargée de la promotion et de l’organisation d’événements dans la cité lorraine et vice-présidente de l’Unimev. Président de l’association Lévénement et directeur général de l’agence Auditoire, Cyril de Froissard constate un « effet de ciseaux » : « On avait tablé sur une reprise en septembre qui s’est avérée réelle : on avait commencé à réembaucher… Là on va avoir des entreprises qui ont davantage de collaborateurs mais moins de travail. »

Lundi, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a renforcé certaines aides pour soutenir les sociétés des secteurs concernés, en abaissant notamment à un seuil de 50 % de perte de chiffre d’affaires la prise en charge des coûts fixes, et en élargissant l’accès au chômage partiel. Mais pour les spécialistes de l’événementiel, le compte n’y est pas. « J’avais 1,8 million d’euros de chiffre d’affaires prévisionnel, je ferai au mieux 200 000 euros », calcule Fabrice Laborde, codirigeant de l’agence ByGalis.

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Dans ce secteur parmi les premiers arrêtés par la crise, il y aura bientôt deux ans, le moral des troupes est presque autant affecté que les comptes d’exploitation. « Au-delà du côté financier, c’est le “stop and go” permanent qui est épuisant », poursuit Stanislas Surun, vice-président du Syndicat national des prestataires de l’audiovisuel scénique et évènementiel (Synpase) et directeur général associé de Magnum Novelty, qui compte deux cents salariés permanents mais fait travailler environ deux mille intermittents.

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« L’Etat pourrait-il organiser la recherche, la production et la distribution de vaccins ? »

Entreprises. Les profits exceptionnels que les firmes pharmaceutiques retirent des vaccins anti-Covid-19 les plus innovants sont ouvertement contestés. Soit au nom des recherches publiques qui auraient contribué à ces innovations, soit parce que la vaccination serait un bien public universel. Mais aurait-on pu procéder autrement ? L’Etat pourrait-il organiser la recherche, la production et la distribution de vaccins comme il le fait pour ses armements stratégiques ?

Une enquête du New York Times révèle que les Etats-Unis ont tenté, depuis longtemps, de mettre en place une telle politique nationale. L’analyse de cette expérience et de ses difficultés pourrait éclairer la réflexion à engager pour mieux se préparer aux futures épidémies (« Beneath a Covid Vaccine Debacle, 30 Years of Government Culpability », The New York Times, 23 décembre 2021).

C’est avec la première guerre d’Irak (1990) que le département de la défense américain (DoD) découvre qu’il n’est pas en mesure de protéger ses troupes contre l’anthrax, une maladie infectieuse grave. Certes, il détient les vaccins, mais ses appels aux grands laboratoires pharmaceutiques pour les produire en masse restent vains. Le projet d’une unité de production nationale gérée par une entreprise experte voit alors le jour, mais se heurte au gigantesque investissement public nécessaire et au même désintérêt des grands du secteur.

Dans l’urgence, le DoD se tourne alors vers un nouvel investisseur qui, bénéficiant d’aides fédérales massives, rachète un centre de vaccins du Michigan et développe une usine pour le vaccin anti-anthrax. Mais cette entreprise, l’actuelle Emergent BioSolutions, n’atteindra qu’avec retard la qualité nécessaire. En 2006, les Etats-Unis créent une agence pour soutenir la recherche biomédicale et susciter des partenariats avec les Big Pharma. Mais ces dernières restent réticentes, et les contrats iront surtout à la firme Emergent BioSolutions.

Nouvelle débâcle médicale

Avec l’irruption de la grippe H1N1 (2009), de grands laboratoires comme Novartis et GlaxoSmithKline répondent cette fois à l’appel, mais de manière temporaire. Le projet d’un centre national de production, à but non lucratif, est à nouveau relancé avec le laboratoire Merck, mais sans succès.

Quand l’épidémie due au coronavirus explose, les Etats-Unis ne disposent donc que de l’entreprise Emergent BioSolutions pour faire fabriquer les vaccins classiques, et peu coûteux, de Johnson & Johnson et d’AstraZeneca-Oxford. Mais sa production n’obtient pas l’aval des autorités de santé, forçant l’administration Biden à annuler ces contrats, en donnant le sentiment d’une – nouvelle – débâcle médicale.

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« La liberté académique n’est nullement en cause dans l’affaire de l’IEP de Grenoble »

Après la suspension d’un professeur ayant accusé Sciences Po Grenoble d’être un institut « de rééducation politique », certains y ont vu une attaque contre la liberté académique. Olivier Beaud, professeur de droit public spécialiste de la question, estime que l’affaire relève de la liberté d’expression ordinaire attribuée à tout citoyen.

« Sous couvert de liberté d’expression, il semble devenu possible de dénigrer librement Sciences Po Grenoble »

Un collectif d’enseignants-chercheurs de l’Institut d’études politiques entend rappeler qu’ils se sont mobilisés pour défendre tant leur collègue victime d’injures publiques que la neutralité scientifique. Ils demandent dans une tribune au « Monde » à ce que cesse le tourbillon médiatique qui tend à faire de leur institution un foyer de « wokisme ».

L’argot de bureau : l’« ikigaï », l’empire du sens au travail

C’est l’heure des bonnes résolutions pour Florian, qui sort tout juste d’un réveillon catastrophique. La mine de plus en plus déconfite au fil des heures, il a dû répondre aux traditionnelles questions des inconnus : « Tu fais quoi sinon toi, dans la vie ?Euh… Je gère des projets data pour upgrader le marketing d’une start-up.Non mais concrètement tu fais quoi, ça te plaît ? » Puis le trou noir : c’est décidé, Florian changera de vie en 2022. Rencontrée à la soirée, Victoria le guidera dans sa quête de soi : ex-success custom manager (son travail consistait en fait à relancer des clients par téléphone), elle a tout plaqué pour alterner en free-lance deux activités de professeure de yoga et de coach en ikigaï.

Ce mot japonais est l’objectif vers lequel chacun devrait tendre : il s’agit littéralement d’une vie (le verbe ikiru signifiant « vivre ») qui vaut la peine (gaï signifiant « raison, sens »). Trouver son ikigaï, c’est redessiner sa vie sur mesure pour avoir une raison de se lever le matin. Vaste projet.

Les origines du concept font l’objet de débats : il viendrait de l’île d’Okinawa, réputée pour ses villages de centenaires, pratiquant leurs nombreuses activités en communauté comme la danse ou la gestion de potagers. Après tout, « il faut cultiver notre jardin », disait le Candide de Voltaire.

« La méthode démocratisée dans nombre d’entreprises est souvent représentée par un diagramme de Venn, fait de cercles qui s’entrecroisent. »

L’ikigaï à la sauce professionnelle est une véritable méthode, dont les étapes varient au gré des livres de développement personnel. Pour mieux prendre de grandes décisions, il s’agit de se connaître : au commencement se trouve donc une introspection profonde. Ce cher Florian abandonnera toute certitude : « Qui suis-je ? Que suis-je ? Où vais-je ? » Il sera aussi invité par Victoria à demander l’avis sincère de ses proches, notamment de ses parents qui ne comprennent pas ce que fait leur fils dans sa start-up.

« Vocation avec du pognon »

La méthode démocratisée dans nombre d’entreprises est souvent représentée par un diagramme de Venn, fait de cercles qui s’entrecroisent. Si l’étape précédente a été réalisée avec succès, le salarié en quête de sens devrait pouvoir remplir d’idées les quatre cercles de base : ce qu’il aime faire, ce pour quoi il est doué, ce pour quoi il peut être payé, et ce dont le monde a besoin. A titre d’exemple, si, comme le François Pignon du Dîner de cons (film de Francis Veber, 1998), vous aimez faire des maquettes de monuments avec des allumettes, c’est un point de départ pour vous relancer dans le BTP (le monde n’a pas besoin de vos maquettes, et il est difficile d’espérer en tirer un revenu).

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Jours fériés en 2022, ponts, vacances… Le calendrier de vos congés

Au minimum sept, au maximum 10 : c’est le nombre de jours fériés qui tombent hors week-end chaque année. En mai 2018, la séquence de deux jours fériés tombant un mardi et un jeudi de la même semaine (un mardi 8 mai et un jeudi de l’Ascension) était une rareté : elle ne se présente que quatre fois par siècle. La prochaine occurrence de ce hasard calendaire ne se produira qu’en… 2029, puis en 2035, 2040, 2046, et ne réapparaîtra plus jusqu’à la fin du XXIsiècle.

Des années avec dix jours fériés hors week-end

Le calendrier ne se montre pas toujours clément pour les salariés : quatre fois tous les cent ans environ, le 8 mai, anniversaire symbolique de la capitulation de l’Allemagne nazie, est aussi le jour de l’Ascension. Ce fut le cas en 1975, 1986, 1997 et 2008. Qu’on se rassure, la prochaine séquence n’est pas prévue avant 2059, elle aura lieu ensuite en 2070, puis en 2081 et 2092.

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Télétravail : le nouveau protocole national en entreprise dévoilé

Un homme participe à une vidéoconférence alors qu’il travaille depuis son domicile, le 14 mai 2020 à Vertou, en périphérie de Nantes.

« Trois jours de télétravail minimum par semaine pour les postes qui le permettent, quatre si possible, et pour trois semaines minimum à compter du 3 janvier. » Publiée jeudi 30 décembre en milieu de journée sur le site du ministère du Travail, la nouvelle version du « Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise (PNE) » ne retient pas l’idée d’une « moyenne » de trois jours, évoquée lundi par le ministère.

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Les autres dispositions de ce protocole, qui portent sur le port du masque, la distanciation physique et la prévention des contaminations par la désinfection n’ont pas été modifiées par rapport à la version précédente du document. Il faudra donc se passer cette année de cérémonies des vœux ou autres galettes des rois avec les collègues, puisque « les moments de convivialité réunissant les salariés en présentiel dans le cadre professionnel » restent « suspendus » en attendant que la vague Omicron reflue.

« Rapide et dissuasif »

Ce grand retour du télétravail, accueilli avec pragmatisme par les partenaires sociaux, autant du côté du patronat que des syndicats, s’accompagne, fait nouveau, de sanctions pour les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. La ministre a précisé jeudi 30 décembre le prix de la désobéissance : 1 000 euros par salarié concerné, dans la limite de 50 000 euros par entreprise. Un dispositif qui doit être « plus rapide et dissuasif » que la procédure qui prévalait jusqu’à présent et qui pouvait s’achever devant une juridiction pénale.

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La réactivité va donc être de mise pour mettre en place une nouvelle organisation dans les entreprises d’ici à la reprise du 3 janvier. « La difficulté est d’aligner sous la même règle toutes les entreprises, tous secteurs confondus », fait valoir Catherine Pinchaut, secrétaire nationale de la CFDT. « Il va être nécessaire de faire énormément de pédagogie pour savoir qui peut télétravailler et qui ne le peut pas ». Les chefs d’entreprise se montrent cependant confiants sur leur capacité à s’adapter rapidement. « En 2020, il a fallu mettre 5 millions de salariés en télétravail, et on a su le faire », rappelle Dominique Carlac’h, vice-présidente du Medef.

« Passer à trois jours aujourd’hui, c’est donc praticable ». « Déjà avant la crise nous organisions régulièrement des exercices de continuité de service en fermant nos agences, pour vérifier que nous étions en mesure de faire face à toute situation à distance », témoigne Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP pour la France et la Suisse, un groupe spécialisé dans la gestion de la paie.

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