Plus intenses et plus longues, les vagues de chaleurs entraînent la perte de centaines de milliards d’heures de travail

Un ouvrier se repose à l’intérieur d’un tube de béton en se protégeant du soleil sur un chantier de construction du mégaprojet de la « nouvelle capitale administrative » de l’Egypte, à 45 kilomètres à l’est du Caire, le 3 août 2021.

La pandémie de Covid-19 n’est pas seule à mettre à mal l’économie et l’emploi dans le monde. Le réchauffement climatique, avec la survenue de plus en plus fréquente de vagues de chaleur intenses, coûte cher. Selon une étude publiée, le 13 janvier, dans la revue Environmental Research Letters, près de 650 milliards d’heures de travail annuelles seraient perdues en raison de chaleurs intenses. Soit 400 milliards d’heures supplémentaires par rapport aux estimations précédentes, antérieures à 2017.

On savait que le changement climatique affectait la population de la planète, menaçant sa santé et son bien-être, mais ses conséquences sont aussi importantes s’agissant de la productivité des travailleurs, expliquent les auteurs de cette étude universitaire, réalisée sous la direction du chercheur en sciences du climat, Luke A. Parsons (Duke University, Etats-Unis). Durant les quatre dernières décennies, le nombre d’heures non travaillées, à cause des chaleurs et des taux d’humidité excessifs, aurait augmenté d’au moins 9 %, dans les secteurs des activités agricoles, forestières, de la pêche ou encore de la construction.

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Les pertes de main-d’œuvre, proportionnelles à la part de la population en âge d’exercer un emploi en extérieur, sont les plus élevées en Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est, où vivent un grand nombre de personnes travaillant dans l’agriculture. « Plus précisément, les pertes de main-d’œuvre sont les plus prononcées en Inde, qui représente près de la moitié des pertes totales mondiales et a subi plus de quatre fois les pertes de main-d’œuvre du deuxième pays le plus touché, la Chine », écrivent les auteurs de l’étude. Ce déficit est aussi corrélé aux types de travaux effectués en plein air, à leur intensité, comme au nombre d’heures travaillées effectivement par jour. Ainsi, les travailleurs du secteur agricole ont effectué 10 à 90 fois moins d’heures de travail que ceux qui effectuent des travaux légers, par exemple dans les secteurs des services, et modérés, comme dans l’industrie manufacturière, précisent les universitaires.

Disparition de 155 millions d’emplois dans le monde par an

La « chaleur humide » élevée – les auteurs englobent dans ce terme « des conditions qui sont soit chaudes (et sèches), soit suffisamment chaudes et humides pour entraîner une baisse de la productivité du travail » – devrait, en augmentant la perte de main-d’œuvre, réduire le produit intérieur brut (PIB) mondial jusqu’à 4,0 % d’ici 2100, estiment-ils.

Cette perte de productivité affecte à nouveau différemment les économies nationales, avec moins 7 % pour le PIB de l’Inde, moins 5 % pour le Vietnam, mais moins 1,3 % en Chine, moins 0,5 % aux Etats-Unis ou encore moins 0,1 % en France. Les auteurs anticipent la disparition de 155 millions d’emplois dans le monde par an, l’Inde représentant près de la moitié de cette perte, avec 62 millions d’emplois. « Ces pertes annuelles sont comparables aux pertes de travail temporaires pendant les fermetures mondiales liées à la pandémie de Covid-19, qui auraient causé des pertes équivalant à environ 130 millions d’emplois à temps plein au cours du premier trimestre de la pandémie selon l’Organisation internationale du travail », écrivent-ils.

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Le licenciement de la responsable des documentaires de Public Sénat suscite l’émoi

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà grand bruit parmi les producteurs de documentaires : la responsable de ces programmes pour la chaîne parlementaire Public Sénat, Hélène Risser, est licenciée. La journaliste, arrivée sur la chaîne en février 2006, a reçu sa lettre le 6 janvier, après un entretien préalable avec le président, Christopher Baldelli, trois jours plus tôt. Motif principal invoqué : de graves manquements à ses obligations professionnelles dans le cadre de la préparation d’un documentaire produit par la société Tournez s’il vous plaît (TSVP). Le directeur de l’antenne et des programmes, Jean-Philippe Lefèvre, le plus ancien salarié de la chaîne (il est arrivé en février 2000), est lui aussi sur le départ.

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A l’origine du litige qui oppose la journaliste et le président depuis le 1er juin 2021, une séquence du film René Carmille, un hacker sous l’Occupation, diffusé le 6 novembre. Ce premier documentaire de Youssr Youssef se présente comme l’enquête d’une étudiante, fraîchement diplômée de l’Ensae (l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique) sur le fondateur de son école, créateur sous l’Occupation du Service national des statistiques, futur Insee.

Adoptant un ton résolument candide, voire naïf, la jeune femme lance son récit autour de cette interrogation : à l’été 1940, soit entre la signature de l’armistice et le début de la collaboration, Philippe Pétain savait-il que René Carmille mettait ses compétences au service d’un projet ultra-secret de remobilisation de combattants contre l’occupant nazi ? Et lui, le collaborationniste frappé d’indignité nationale en 1945, l’aurait-il laissé faire en connaissance de cause ?

La réponse, évidemment négative et sans équivoque, est apportée plusieurs fois au cours du film par différents historiens. Mais cette séquence introductive choque Christopher Baldelli au point que, trois jours avant la diffusion du documentaire, il demande que soient supprimées les deux minutes du film qui, à ses yeux, posent « un problème majeur », susceptible d’exposer la chaîne à une accusation de « complicité de révisionnisme ». En total désaccord avec cette lecture, Hélène Risser conteste toute ambiguïté, mais se tourne tout de même vers le producteur pour qu’il remanie ce passage.

« Volonté de réorganiser la ligne éditoriale »

« A l’époque, Eric Zemmour venait de faire polémique en prétendant que Pétain avait sauvé des juifs français, justifie Christophe Brûlé, rédacteur en chef à TSVP. Nous avons modifié le film à la demande de Christopher Baldelli parce que le contexte était sensible. Pas du tout parce qu’il était entaché du moindre soupçon de révisionnisme. Dans cette affaire, nous prenons une balle perdue. » Fin octobre 2021, le film avait été projeté en avant-première à 200 personnes, dont des historiens, mais aussi envoyé à la presse (Historia, Le Monde, L’Obs, Télérama, etc). « Il n’avait reçu que des bonnes critiques », souligne un salarié de la chaîne.

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Croissance : la difficile évaluation du plan de relance gouvernemental

L’interminable crise sanitaire l’a presque fait oublier, mais il est toujours là. Le plan France Relance, lancé en septembre 2020 pour doper l’économie à un moment où le gouvernement espérait pouvoir sortir rapidement de la pandémie de Covid-19, continue à être mis en œuvre. Sur les 100 milliards d’euros prévus d’ici 2022, 72 milliards ont été « engagés », c’est-à-dire fléchés vers des projets spécifiques, dont 42 milliards effectivement versés, a indiqué Matignon, mardi 18 janvier.

Cela correspond à l’horizon que s’était fixé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, pour ce vaste plan. Conçu autour de trois piliers – écologie, compétitivité des entreprises, emploi et cohésion sociale –, il regroupe des mesures hétéroclites : outre la baisse des impôts de production, le dispositif MaPrimeRénov’pour la rénovation des logements y côtoie le plan hydrogène, la prime à l’apprentissage, le Ségur de la santé ou encore le bonus-malus automobile.

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« Les résultats sont là », s’est félicité le locataire de Bercy, selon qui « France Relance renforce les politiques menées depuis cinq ans pour l’attractivité, la compétitivité et la réindustrialisation. » Son entourage abonde : « Le déploiement soutenu de France Relance se traduit sur le plan économique : les deux objectifs de court terme, fixés à l’été 2020, sont largement atteints. » A l’époque, il s’agissait d’une part de remettre la France sur les rails de la croissance en renouant, à fin 2022, avec le niveau d’activité qui était celui d’avant-crise, et de l’autre, de créer 160 000 emplois supplémentaires en 2021 et de revenir sous les 10 % de taux de chômage.

Force est de le constater : tous ces indicateurs sont au vert en ce début d’année. Prévue à 6,25 %, la croissance devrait finalement atteindre 6,7 % en 2021. Le pays a renoué dès l’automne avec son niveau d’activité d’avant-crise. Le taux de chômage approche les 8 % et l’économie a créé plus de 500 000 emplois en 2021.

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Mais est-ce grâce à France Relance ? C’est tout le sujet. « Il faut être prudent sur l’impact spécifique du plan sur ces bons résultats », reconnaît-on à Matignon, tout en assurant qu’il « s’inscrit dans une politique économique globale, avec des réformes pérennes, comme la fiscalité du capital, celle du marché du travail, la loi de simplification pour les entreprises… ». C’est en substance ce qu’indiquait, en octobre, le rapport intermédiaire du comité d’évaluation de France Relance : mandaté par le gouvernement et présidé par l’économiste Benoît Cœuré, l’instance jugeait « difficile d’établir un lien direct entre ce rétablissement rapide de la situation et la mise en œuvre de France Relance ».

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Les salariés des entreprises en difficulté désabusés face aux visites des candidats à la présidentielle

L’image avait fait la une des « 20 heures ». Le 24 février 2012, le candidat à la présidentielle François Hollande, debout sur un camion, haranguait la foule des ouvriers l’acclamant sur le site de Florange, en Moselle, pour rappeler les « promesses qui n’avaient pas été honorées » de son adversaire Nicolas Sarkozy. Quelques mois plus tard, le candidat PS était élu président de la République. Et les hauts-fourneaux de Florange n’ont jamais redémarré. « Sarkozy nous avait promis monts et merveilles, dénonce Walter Broccoli, ex-syndicaliste FO de Florange. Hollande nous a aussi promis monts et merveilles et, quelques mois après, nous a laissé tomber. »

A chaque élection, des sites industriels menacés de fermeture voient défiler leur lot de postulants à l’Elysée. Alors que le chômage demeure une des principales craintes des Français, les visites d’usines sont devenues un passage obligé pour les candidats. Tous gardent en tête cette réalité : le vote ouvrier, qui représente encore 5,3 millions de bulletins en France, a porté les candidatures de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière élection présidentielle.

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Il y a les « bons clients », les élus habitués à aller au contact de la population : « Ceux qui aiment bien se mettre en tête de cortège lors des manifs », ironise Walter Broccoli. Et il y a les politiques peu rompus à l’exercice, à leurs risques et périls. « Si, à chaque fois qu’il y a un plan social, on doit nationaliser… » Cette réplique d’un Lionel Jospin mal à l’aise face à un ouvrier qui l’interpellait sur le sort des salariés de Lu à Evry (Essonne), en mars 2002, reste encore en travers de la gorge de Philippe Aoune. « Il nous a pris pour des imbéciles », fulmine cet ex-cariste et délégué FO à l’usine Lu de Ris-Orangis. Filmée, l’altercation fut suivie de la chute de l’ex-premier ministre dans les sondages et par sa défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle, un mois plus tard.

Séquence nostalgie

En 2017, c’est l’affrontement, par caméras interposées, des candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur le sort de l’usine Whirlpool, à Amiens, qui a marqué les esprits. « Seule la presse locale a été prévenue de la venue d’Emmanuel Macron, affirme Cécile Delpirou, députée LRM de la Somme et ancienne déléguée syndicale CFE-CGC de l’usine amiénoise. Mais comme “Envoyé spécial” consacrait une de ses enquêtes à Whirlpool, il y avait énormément de journalistes sur place. » Dans une « séquence nostalgie » très calculée, le chef de l’Etat est d’ailleurs retourné à la rencontre d’anciens salariés de Whirlpool, à Amiens, en novembre 2021.

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Rencontres RH : répondre à la détresse des manageurs après deux ans de Covid-19

Comment résoudre le malaise et l’épuisement chez les manageurs ? A l’occasion des Rencontres RH, le rendez-vous mensuel de l’actualité du management créé par Le Monde en partenariat avec ManpowerGroup, une douzaine d’acteurs des ressources humaines ont partagé en visioconférence, mardi 11 janvier, leurs inquiétudes et solutions vis-à-vis de la santé des manageurs, mise à rude épreuve depuis près de deux ans.

En effet, ces salariés ont fait l’expérience des nombreuses recompositions du travail : « Les cadres de proximité sont en première ligne, dans une position d’interface très conflictuelle, introduit Yves Clot, professeur émérite en psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Ils sont chargés d’incarner des critères d’efficacité, mais en même temps sont confrontés avec leurs équipes à une forme d’attachement. » L’instabilité des organisations de travail a été coûteuse en énergie : « Les manageurs se sont beaucoup mobilisés pendant les confinements successifs, notamment sur le bien-être de leurs équipes, et ils se sont peut-être un peu oubliés », juge Juliette Couaillier, chief talent officer d’Havas.

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L’absentéisme est l’expression de ce mal-être : il a augmenté fin 2021 à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) pour atteindre 4,9 %. « Des gens veulent s’échapper de la fonction pour retrouver du souffle », décrit Jérôme Friteau, DRH de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. « On observe énormément de fatigue, d’épuisement. Selon un sondage OpinionWay pour Empreinte humaine, le taux de détresse psychologique est de 48 % chez les manageurs, et de 44 % pour les non-manageurs, relève Laurence Breton-Kueny, DRH de l’Association française de normalisation (Afnor) et vice-présidente de l’Association nationale des DRH (ANDRH). Pour les manageurs, les signaux faibles ne sont pas toujours remontés, c’est difficile pour eux de dire qu’ils ont mal. » « J’ai envie de garder une pointe d’optimisme, ajoute de son côté Amélie Watelet, DRH d’Axa France. Bien entendu la santé est au cœur, avec la prévention de risques psychosociaux en augmentation, mais on n’observe pas chez Axa une particulière augmentation du turnover. »

Un mode hybride complexe

Si les fonctions d’encadrement se sont plutôt bien adaptées face à l’urgence du premier confinement de mars 2020, c’est la répétition des déconfinements et reconfinements qui a épuisé les troupes. « Il y a eu plusieurs phases pour les manageurs, explique Jérôme Friteau. Une première phase de sidération et d’adaptation comme ils ont pu, un apprentissage tout au long de la crise, et maintenant une phase d’épuisement. Il y a un contraste entre septembre 2021, où l’on retrouvait du présentiel et du collectif, et octobre, où l’on a basculé dans l’épuisement. »

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Jean Castex annonce un soutien renforcé dans l’hôtellerie, la restauration et l’événementiel

Au Petit Riche, restaurant du 9e arrondissement de Paris, le 9 juin 2021.

Le climat est morose depuis la rentrée de janvier dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, affectés par les restrictions liées à la crise sanitaire. Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, mardi 18 janvier, un soutien renforcé pendant deux mois pour les entreprises de moins de 250 salariés dans l’hôtellerie, la restauration, les traiteurs, l’événementiel et les agences de voyages.

« En décembre et janvier », les entreprises de moins de 250 salariés perdant au moins 30 % de leur chiffre d’affaires en raison des restrictions prises à la fin de 2021 pour contenir la cinquième vague de Covid-19 auront droit à une « aide exceptionnelle au paiement des cotisations salariales », d’un montant égal à 20 % de leur masse salariale, a déclaré M. Castex, lors d’un déplacement dans une brasserie parisienne.

Les entreprises concernées sont celles des secteurs de « l’hôtellerie, de la restauration, des traiteurs, de l’événementiel et des agences de voyages », a-t-il précisé, qui « continuent d’être très fortement impactés par la crise sanitaire », a souligné M. Castex, au côté de la ministre du travail, Elisabeth Borne, et du ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME) et du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, au terme d’une rencontre avec les représentants des organisations patronales du secteur des hôtels, cafés et restaurants.

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Perte de plus de 65 % de leur chiffre d’affaires

Quant aux entreprises de moins de 250 salariés des mêmes secteurs qui perdront plus de 65 % de leur chiffre d’affaires, elles recevront, en décembre et en janvier, cette même aide au paiement des cotisations salariales de 20 %, mais elles « seront également exonérées de charges patronales », a annoncé le premier ministre.

A l’heure actuelle, toutes les entreprises perdant 65 % de leur chiffre d’affaires en raison des restrictions sanitaires ont accès au remboursement de l’activité partielle à 100 % sans reste à charge, a-t-il rappelé. Celles du tourisme qui perdent au moins 50 % de leur chiffre d’affaires voient l’intégralité de leurs coûts fixes pris en charge.

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Pour l’heure, le nombre d’entreprises concernées ou le coût de ces nouvelles mesures, qui « restera modéré au regard de celles engagées par le passé », ne sont pas encore évalués, ont expliqué les services de Matignon.

Le Monde avec AFP

Prix de l’électricité : appel à la grève à EDF pour protester contre les mesures imposées par le gouvernement

Les mesures du gouvernement pour limiter la hausse des prix de l’électricité en France ne passent pas chez EDF. Les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont lancé, mardi 18 janvier, un appel commun à la grève des salariés d’EDF.

« On a eu une réunion interfédérale hier soir, les quatre organisations, FO, CFE-CGC, CFDT et FNME-CGT, ont fait un appel commun [pour] le 26 janvier », a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT chargé de la politique revendicative.

Les quatre syndicats de branche appellent, selon lui, « à protester contre cette décision scandaleuse d’augmentation du plafond de l’Arenh [accès régulé à l’électricité nucléaire historique], qui vient spolier le rôle d’EDF, voire organiser la destruction d’EDF ». « La situation est grave, l’attaque est lourde de sens, et la riposte doit être collective », a estimé, de son côté, FO Energie et Mines.

Alors que les prix de l’énergie flambent, le gouvernement a demandé jeudi à EDF, dont l’Etat possède 84 %, d’augmenter de 20 % le volume d’électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents cette année afin de contenir la hausse des factures pour les consommateurs.

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Au lieu de vendre aux prix forts du marché, le groupe va donc vendre à un prix réduit jusqu’à 40 % de sa production électrique en 2022 et perdre des milliards d’euros – environ 8 milliards sur son excédent brut d’exploitation 2022, selon EDF.

La décision du gouvernement est un « choc », selon le PDG

La décision a ému jusque dans les plus hautes sphères de l’énergéticien. Dans un message interne aux « manageurs » d’EDF, le PDG, Jean-Bernard Lévy, a qualifié la décision du gouvernement de « véritable choc ». « Ce n’est pas ce que nous avions proposé au gouvernement », cette décision « va peser lourdement sur nos résultats », a-t-il souligné dans ce texte, consulté par l’AFP. « Beaucoup d’entre vous m’ont fait part de leur soutien, voire de leur indignation, et je partage votre émotion », a aussi écrit le PDG.

Cette décision du gouvernement, la semaine dernière, s’est ajoutée à de nouveaux retards pour l’EPR de Flamanville (Manche) et au problème de corrosion sur des systèmes de sécurité de nouveaux réacteurs. Le cours d’EDF avait plongé à l’issue de cette semaine noire.

« Nous serons aux côtés d’EDF pour les aider à passer cette difficulté », avait déclaré, la semaine dernière, Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, relançant des spéculations à propos d’une possible recapitalisation.

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L’appel du 26 est indépendant d’un autre mouvement social destiné à défendre une revalorisation des salaires dans l’ensemble du secteur de l’énergie, à l’appel de la seule FNME-CGT. Quelques sites ont devancé cet appel du 25 – des centrales thermiques à flamme (centrales électriques fonctionnant au gaz, au fioul ou à ce qui reste du charbon).

C’est notamment le cas de la Cetac (centrale d’exploitation des turbines à combustion), qui pilote six petits sites de production en Ile-de-France et en Bretagne, et de la centrale de Martigues, ce qui représente une indisponibilité d’environ 2 300 MW au total, selon la CGT.

Le Monde avec AFP

Les salariés du médico-social revendiquent des hausses de salaire et appellent à la grève

Ils sont psychologues, éducateurs spécialisés ou assistantes sociales, et réclament les mêmes revalorisations salariales que celles octroyées à leurs collègues soignants : les salariés du social et du médico-social, au service de personnes handicapées ou d’enfants en difficulté, sont appelés à la grève, mardi 18 janvier, pour dénoncer une « rupture d’égalité ».

De 450 000 à un million de professionnels, employés des fonctions publiques hospitalière et territoriale ou du secteur privé, sont concernés par cette situation, ont expliqué, lundi, lors d’une conférence de presse les représentants d’une intersyndicale CFDT-FO-UNSA.

Il s’agit de personnels non soignants – dont les administratifs et les techniciens – employés dans les établissements ou services qui prennent en charge des personnes âgées ou handicapées, mais aussi des enfants ou adolescents vulnérables, ou encore des sans-abri.

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« Les différences de traitement selon la catégorie socioprofessionnelle dans un même établissement ou un même service ne sont pas acceptables », a résumé lors de la conférence de presse Nathalie Pain, de la CFDT-Santé-Sociaux.

« Un problème d’équité »

Des hausses de rémunération de 183 euros net par mois ont été octroyées à l’été 2020 lors du Ségur de la santé aux personnels des hôpitaux et des maisons de retraite. Mais elles n’ont été étendues que progressivement et partiellement à d’autres secteurs, entraînant une fuite des compétences pour les secteurs mieux rémunérés et d’importantes difficultés de recrutement, dénoncent les syndicats.

« C’est un problème d’équité. Certains professionnels démissionnent, ils sont dégoûtés par l’absence de reconnaissance de leur métier », a souligné Didier Birig, de FO.

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En novembre 2021, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé qu’une « conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social » serait organisée avant le 15 janvier. Cette conférence avait toutefois ensuite été reportée dans le courant du premier trimestre, à une date non précisée, alimentant encore la colère des syndicats. Cette concertation aura finalement lieu le 18 février, a fait savoir, lundi, une source gouvernementale.

Le Monde avec AFP

« Dans les provinces chinoises, les fonctionnaires sont à la diète car les caisses sont vides »

Chronique. Dans ce pays où le « peuple » a la chance d’être au pouvoir, mais pas celle d’avoir des représentants syndicaux dignes de ce nom, c’est semble-t-il d’un simple message posté en décembre sur les réseaux sociaux que tout est parti. Une fonctionnaire de la ville de Hangzhou, dans l’est du pays, se plaignait ouvertement en ces termes : « Ecoutez ça. Mon salaire annuel est amputé d’environ 25 %. Ça fait 50 000 yuans en moins [6 900 euros]. Comment est-ce que je peux m’en sortir ? »

Même s’il a rapidement été censuré, le post a provoqué de multiples réactions. Certains Chinois en ont d’abord déduit que cette femme gagnait la coquette somme de 200 000 yuans par an, soit plus que de nombreux salariés du privé. Mais surtout, les langues se sont déliées. Hangzhou, qui a le privilège d’abriter le siège social du le numéro un du commerce en ligne Alibaba, n’est pas un cas unique. Un policier du Zhejiang aurait vu lui aussi son salaire amputé de 25 %. Dans cette province, dans le Guangdong et dans le Jiangsu, diverses primes auraient sauté. A chaque fois, on évoque des baisses de revenus de 25 % à 30 %. Dans le Shandong, c’est le treizième mois qui est passé à la trappe. Interrogée par un journal provincial, la municipalité de Suzhou, la « Venise chinoise », a reconnu procéder à un « ajustement » du salaire des fonctionnaires. Dans le Jiangxi, la ville de Dexing aurait ordonné aux enseignants de rembourser les primes perçues, soit 50 % de leur salaire.

50 millions de personnes

Le traitement des fonctionnaires chinois est d’une grande opacité. « Les départements chargés du personnel au sein du gouvernement sont, à l’image des départements chargés de l’organisation au sein du Parti [communiste], parmi les départements les plus mystérieux », notait Alfred Wu, un universitaire de Singapour, dans son ouvrage Governing Civil Service Pay in China, (Nias Press, non traduit), paru en 2014, mais qui continue de faire référence. On ignore jusqu’au nombre de fonctionnaires. On sait juste qu’ils étaient 7,1 millions (sans les enseignants) à la fin de 2015. Un chiffre qui ne tient pas compte des contractuels : environ 50 millions de personnes. Si une partie du traitement des fonctionnaires est fixe et définie par Pékin, une partie – qui peut être aussi importante – est variable. Primes, logement ou voiture de fonction, accès à des hôpitaux ou des écoles spécifiques… Tout existe.

Les collectivités disposaient d’une seule vache à lait : la vente de terrains aux promoteurs immobiliers. La faillite du leader du secteur, Evergrande a sifflé la fin de la partie

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Elus et salariés se mobilisent pour tenter de sauver 1 900 emplois chez Scopelec

L’inquiétude grandit chez les 3 800 salariés de la plus grande SCOP (société coopérative de production) de France, Scopelec, basée dans le Tarn et spécialiste des infrastructures et technologies de télécommunications. En juillet 2021, l’entreprise a perdu des contrats avec Orange pour un « marché d’exploitation et de maintenance des réseaux télécoms à hauteur de 150 millions d’euros annuels ». Soit près d’un tiers du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise (463,9 millions d’euros).

Selon la direction de Scopelec, qui se refuse à communiquer davantage, et les syndicats, près de 1 900 emplois sont menacés, dont 580 en Nouvelle-Aquitaine, 500 en Occitanie et 300 en Bourgogne-Franche-Comté. « Nous n’avons aucune information depuis un mois et la situation devient critique chez les salariés, qui s’interrogent de plus en plus », relate Frédéric Mazars, délégué syndical Force ouvrière (FO) et chef de chantier dans le Tarn.

Vendredi 14 janvier, ceux-ci se sont mis en grève sur des sites d’Occitanie, dans le Tarn, le Lot ou en Aveyron. La veille, une réunion était organisée dans les locaux du conseil régional. Le vice-président au développement économique, Jalil Benabdillah, se dit « extrêmement préoccupé » et parle également d’une menace sur 1 800 à 1 900 emplois. « Nous demandons qu’Orange suive formellement ce qu’ils nous ont promis, c’est-à-dire aucune perte d’emplois dans nos territoires », affirme l’élu.

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L’opérateur historique, détenu par l’Etat à 23 %, a confirmé au Monde que deux des trois lots attribués, suite à un appel d’offres lancé en janvier 2021, ont été perdus par Scopelec. Marc Blanchet, directeur technique et système d’information d’Orange de l’entreprise, explique : « Dans un secteur en forte concurrence, nous avons modifié un cahier des charges pour répondre aux demandes de nos clients. Scopelec, qui était notre premier sous-traitant, n’a pas donné de garanties et, surtout, de nombreux indicateurs qualité faisaient défaut depuis quelques années. » Le syndicat majoritaire chez l’opérateur, la CFE-CGC, a demandé un audit sur ces indicateurs, « par respect pour une relation longue de cinquante ans ».

« Pas un sous-traitant lambda »

Lors de cet appel d’offres national, la France était divisée en trente-cinq zones, dont trois pour l’Occitanie. Les entreprises Solutions 30, Sogetrel et SADE Télécom ont été retenues. Le 3 mars, Orange attribuera le dernier lot, dit d’intervention client travaux réseau, qui ne concerne que 200 à 300 emplois en France. Du côté de la région Occitanie et chez les salariés, l’espoir se porte vers les entreprises qui ont remporté les marchés et seraient susceptibles de reprendre des salariés de Scopelec.

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