« Le principal frein à la croissance est l’insuffisance de main-d’œuvre dans certains secteurs »

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dans Le Lab, l’incubateur de l’institution, à Paris, en juin 2019.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, se dit confiant sur la vigueur de la reprise, mais souligne les difficultés structurelles auxquelles l’économie nationale est confrontée, notamment en matière d’emploi. Il se montre rassurant sur la poussée inflationniste, tout en prévenant que l’endettement public devra être résorbé.

Comment l’économie française a-t-elle amorcé 2022 ?

Notre enquête de conjoncture, début février, confirme que la reprise est solide et résiste [au variant] Omicron. Elle conforte notre prévision de croissance, qui devrait être d’au moins 3,6 % en 2022. Elle souligne aussi la persistance des difficultés d’approvisionnement, qui devraient, selon les entreprises, se résorber d’ici à la fin de l’année. Mais, surtout, 52 % des sociétés connaissent des difficultés de recrutement. Dans la durée, le principal frein à la croissance est cette insuffisance de main-d’œuvre, qualifiée et non qualifiée, dans certains secteurs.

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Peut-on néanmoins espérer un retour au plein-emploi ?

Oui, si nous sommes tenaces et que nous regardons enfin au-delà de la seule urgence Covid. Aujourd’hui, l’économie française connaît une croissance élevée et une inflation trop forte, mais, d’ici à deux ans, cette image devrait s’inverser. En 2024, l’inflation sera probablement revenue autour de 2 % et la croissance aura retrouvé, à 1,4 %, sa trajectoire pré-Covid. Un rythme trop faible pour nous ramener vers le plein-emploi. Il est souhaitable et possible de se fixer un objectif plus ambitieux, autour de 0,5 % de croissance potentielle supplémentaire par an. Alors, le plein-emploi et le désendettement peuvent enfin se profiler, mais plutôt d’ici à dix ans qu’à l’horizon d’une année.

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Comment atteindre cet objectif ?

Ces deux dernières années, la vitesse du « véhicule France » venait du fait qu’on appuyait à fond sur la pédale d’accélérateur, budgétaire et monétaire. Et il le fallait. Mais on ne peut pas appuyer indéfiniment sur l’accélérateur parce qu’il se heurte à deux limites : la dette publique pour le budget, et l’inflation pour la monnaie. Aujourd’hui, le sujet est donc différent : c’est celui de l’efficacité du moteur. Il faut lever les freins à la vitesse de croisière de notre économie et, ce, par les réformes.

La France ne manque évidemment pas de dépenses publiques ni même, globalement, d’investissements, même si l’on doit investir davantage dans l’innovation et les deux transitions, numérique et écologique. Le pays manque en revanche d’offre de travail. En 2004, le taux d’emploi, c’est-à-dire la part de la population des 15-64 ans effectivement en emploi, était au même niveau en France et en Allemagne. Depuis, nous avons un peu progressé, mais beaucoup moins que notre voisin : le taux d’emploi y est de 75 %, contre seulement 67 % chez nous. Si nous étions au même niveau, nous aurions 3 millions de personnes de plus en emploi et beaucoup moins de chômage.

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Formation : les préconisations-chocs de l’ancienne équipe de Pénicaud

Bien qu’il ne soit plus au service du gouvernement depuis juillet 2020, Antoine Foucher continue de porter des idées dérangeantes de réformes. Directeur du cabinet de Muriel Pénicaud lorsque celle-ci était ministre du travail, il a présenté, mercredi 9 février, une douzaine de préconisations qui esquissent « une politique nationale des compétences » pour les dix prochaines années. Sa démarche suit un fil directeur : si la France veut se réindustrialiser, « réussir » la transition énergétique et tendre vers le plein-emploi, il faut que les qualifications de la main-d’œuvre collent mieux aux attentes des entreprises. Cela implique une action très « volontariste », avec de substantiels moyens budgétaires et une obligation de résultats synonyme d’électrochoc pour l’éducation nationale.

Après son départ de la Rue de Grenelle, M. Foucher a fondé Quintet, un « cabinet de conseil en stratégie sociale », avec plusieurs anciens collaborateurs de Mme Pénicaud, dont Alain Druelles. Les deux hommes ont joué un rôle central dans plusieurs gros chantiers du quinquennat, dont la loi « avenir professionnel » de septembre 2018, qui a chamboulé le monde de l’apprentissage et de la formation continue.

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Les propositions dévoilées mercredi sont leur œuvre. Elles « n’engagent que Quintet », selon M. Foucher, mais s’inscrivent dans le prolongement de l’action du ministère du travail depuis mai 2017 et sont susceptibles de retenir l’attention d’Emmanuel Macron, au moment où se construit son programme pour l’élection présidentielle.

Aide de 8 000 euros sur le CPF

L’une des recommandations les plus frappantes concerne l’univers scolaire et l’apprentissage. Il est temps de « dire la vérité » aux jeunes ainsi qu’à leurs familles, au sujet des performances du système. Cette opération transparence passe par la publication d’une batterie d’indicateurs, dont le « taux d’insertion dans l’emploi » de tous les lycées professionnels et centres de formation d’apprentis (CFA). Cette mesure avait déjà été évoquée en février 2018, mais sans se concrétiser réellement.

Aujourd’hui, les fondateurs de Quintet la reprennent mais estiment qu’il faut aller encore plus loin. Comment ? En fermant les classes de lycée professionnel et en supprimant les financements des sections de CFA dont le taux d’insertion dans l’emploi est inférieur à 50 %, deux années consécutives. Une disposition synonyme de tremblement de terre si elle était appliquée. MM. Druelles et Foucher sont convaincus que la collectivité doit cesser de subventionner des formations conduisant « majoritairement au chômage » – leur propos valant aussi pour les stages offerts aux demandeurs d’emploi. La situation actuelle, disent-ils, ne peut plus durer, pour des raisons d’efficience, mais aussi de justice sociale, car ceux qui en pâtissent le plus sont les ménages pauvres.

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Tesla accusé de « ségrégation raciale » dans une usine californienne

« Toute la journée, tous les jours, les employés noirs ou afro-américains entendent des insultes raciales sur les travailleurs noirs, de la part d’autres salariés, de chefs et managers », indique la plainte.

« Après avoir reçu des centaines de plaintes des travailleurs », une agence d’Etat californienne s’est chargée d’enquêter sur les affaires civiles a porté plainte, mercredi 9 février, contre le constructeur automobile américain Tesla pour « ségrégation raciale ».

« (…) La DFEH (California Departement of Fair Employement and Housing) a trouvé des preuves que l’usine Tesla de Fremont est un lieu de travail soumis à la ségrégation raciale, a déclaré Kevin Fish, le directeur de cette agence, dans un communiqué. « Les travailleurs noirs [y] subissent des insultes raciales et des discriminations en termes de tâches, de discipline, de rémunérations et de promotion, ce qui crée un environnement de travail hostile. Les faits dans cette affaire parlent d’eux-mêmes », a-t-il ajouté.

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Le DFEH a envoyé par courriel des extraits de la plainte déposée mercredi après-midi dans un tribunal californien, alors que Tesla avait déjà communiqué le matin sur ses poursuites, avant qu’elles soient confirmées. « Tesla s’oppose fermement à toute forme de discrimination et de harcèlement et a une équipe dévolue aux relations entre employés pour répondre et enquêter sur toutes les plaintes », a assuré le groupe dans un communiqué, qui mentionne une enquête de trois ans, portant sur des faits s’étant supposément déroulés dans l’usine de Fremont entre 2015 et 2019.

« Toute la journée, tous les jours, les employés noirs ou afro-américains entendent des insultes raciales sur les travailleurs noirs, de la part d’autres salariés, de chefs et manageurs », fait savoir la plainte. Elle cite de nombreux exemples d’une rare violence verbale, y compris le « n-word » [le mot qui commence par n], pour « nigger » (« négro »), un terme proscrit pour les personnes blanches aux Etats-Unis.

« Harcèlement racial généralisé »

« Comme l’usine est racialement ségréguée, les employés de l’usine appelaient les zones où de nombreux Afro-Américains travaillaient la porch monkey station [qu’on peut traduire par “la zone des singes qui ne foutent rien”], mentionne la plainte. Une employée s’est entendu dire par des collaborateurs et des chefs ferme ta gueule, négresse et tous les Noirs se ressemblent”, continuent les avocats. Un travailleur noir a entendu ce genre d’insultes jusqu’à 50 à 100 fois par jour. »

La plainte souligne que les salariés noirs étaient affectés à des tâches physiquement plus difficile que les autres dans les usines Tesla, qu’ils étaient plus facilement licenciés pour des infractions mineures et beaucoup moins fréquemment promus. « Pour beaucoup de travailleurs noirs, le stress du harcèlement racial généralisé, le risque d’altercations physiques avec les harceleurs, la discrimination flagrante, la discipline disproportionnée et l’inaction en cas de plainte ont rendu leurs conditions de travail tellement intolérables qu’ils ont démissionné », précise la plainte.

Plusieurs salariés et ex-salariés du groupe dirigé par le milliardaire Elon Musk ont déposé des plaintes ces derniers mois pour dénoncer des cas de harcèlement sexuel ou de discrimination raciale au sein de l’entreprise.

En octobre, un jury californien avait condamné Tesla à verser 137 millions de dollars (118 millions d’euros environ) de dommages et intérêts à un ancien employé noir pour avoir fermé les yeux sur le racisme qu’il subissait dans cette même usine du groupe.

« Tesla a toujours pris des actions disciplinaires et licencié des employés pour faute professionnelle, y compris ceux qui profèrent des injures raciales ou harcèlent les autres de différentes manières », a assuré le groupe dans son communiqué mercredi, qui mentionne aussi son équipe chargée de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. L’entreprise compte demander au tribunal de suspendre les poursuites pour s’assurer que l’ensemble des faits et des preuves soient pris en compte. Le constructeur automobile, qui insiste aussi sur le fait qu’il est le dernier encore installé en Californie, dit regretter que le DFEH ne lui ait pas transmis les détails des accusations sur lesquelles s’appuient ses poursuites.

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Le Monde avec AFP

« Travailler moins pour vivre mieux » : une autre voie à explorer

Livre. Pourquoi le travail est-il omniprésent dans nos vies ? Pourquoi se définit-on par rapport à lui ? Qu’est-ce qui nous pousse à rechercher la productivité et la performance dans notre métier, jusqu’à, parfois, choisir des loisirs qui pourraient être utiles à nos carrières ? Au fil des pages de son essai Travailler moins pour vivre mieux (Dunod), Céline Marty nous invite à interroger notre rapport au travail, sa place dans notre quotidien et au sein de l’organisation sociale. La professeure de philosophie fait le constat critique d’un travail qui envahit nos vies, nous apportant son lot de contraintes, de souffrances, de dépendances.

Une situation qu’elle dénonce, mais dont elle ne voit que peu de remises en cause. Les conditions d’exercice professionnel et la centralité du travail semblent aujourd’hui, à ses yeux, largement acceptées. Elle démontre combien le sujet du travail peut même être « tabou ». Et lorsque la question apparaît au cœur du débat public, c’est uniquement pour être abordée « par un angle technique ou économique, déplore-t-elle. Le marché décide incontestablement du contenu et des conditions du travail, comme si tout cela ne dépendait pas de nous ».

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Son ouvrage doit donc se lire comme un appel au sursaut. « Tout n’est pas gravé dans le marbre ! », assure-t-elle. Les lecteurs-citoyens sont invités à s’emparer du sujet, à « se réapproprier le débat public sur le travail ». Pour ce faire, Céline Marty livre quelques pistes de réflexion et d’action, afin de montrer que des alternatives à la situation actuelle sont possibles.

Parvenir à une « société frugale »

Son propos est étroitement lié à la prise en compte de l’urgence écologique. Face à l’épuisement des ressources et aux impacts du productivisme sur l’environnement, l’autrice juge indispensable qu’une autre voie soit empruntée. C’est là le sens du sous-titre de son essai, « Guide pour une philosophie antiproductiviste ». Une réflexion menée en prenant notamment appui sur les écrits d’André Gorz (1923-2007), l’un des pionniers de la décroissance en France (l’autrice est actuellement doctorante en philosophie du travail sur l’œuvre de ce dernier).

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Céline Marty appelle à « s’émanciper du productivisme » en questionnant notamment l’utilité des emplois qui nous entourent. « Nous devons poursuivre collectivement ce débat : la publicité est-elle une production essentielle ? Qu’en est-il du marketing ou de l’optimisation fiscale ? » Une réflexion similaire doit être menée sur ce que nous souhaitons produire. « La question est vertigineuse, reconnaît-elle. [Le] marché et l’Etat capitaliste (…) ont, seuls, déterminé le contenu légitime de la production selon leurs intérêts, détruisant ressources humaines et naturelles. Il est grand temps de s’en emparer. »

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De la Toscane à la Sicile, de jeunes télétravailleurs s’en vont aux champs

La société agricole Ca’ Bianca, à Paderna, dans le Piémont (Italie), en mai 2021.

Le bureau d’Eric et Irene s’étale sur plusieurs étages et des centaines de mètres carrés. La bâtisse du Piémont a beau dater du XVIIe siècle, elle dispose d’un excellent Wi-Fi, d’une imprimante, d’un scanner et d’un terrain d’un hectare. En guise de pause-café, le couple peut profiter de la piscine, se promener dans le bois, ou contempler le lierre qui grimpe sur l’ancienne grange. Eric et Irene, deux Italiens, ne sont pas millionnaires – elle a 24 ans et écrit sa thèse en psychologie, il en a 26 et s’occupe des réseaux sociaux d’une petite entreprise. Ils sont tout simplement inscrits sur Borgo Office.

Cette plate-forme permet de loger dans des chambres d’hôtes dans une quarantaine de villages en Italie, « gratuitement ». En échange, les invités peuvent acheter, selon le montant qu’ils souhaitent, des spécialités locales. Au lieu de régler leur semaine de séjour à Paderna, dans le Piémont, Eric et Irene ont ainsi choisi d’acheter un panier de 10 kilos de produits locaux, pour 500 euros. « Pour ce prix-là, on aurait pu se payer un petit studio, pas une villa. On repart les poches pleines de sauces tomate, confitures et pâtes qui prolongeront le plaisir des mois durant. On n’a pas eu l’impression de payer », s’enthousiasme le couple. En marketing, leur exaltation est bien connue. « Face à un cadeau ou à un geste généreux, la réaction la plus répandue consiste à vouloir donner en retour », rappelle Federico Pisanty, créateur de Borgo Office.

Nuits contre nourriture

C’est à Paderna, dans la maison de vacances de sa famille, qu’a germé le concept des séjours du Borgo Office, baptisés « smart working & farm supporting » (« travail intelligent et soutien à l’agriculture »). Les collines cernant ce village reculé du Piémont ont beau avoir été dévalées par le campionissimo Fausto Coppi, un des plus grands coureurs de l’histoire du cyclisme, elles restent méconnues. « Ici, la première cause de mort, c’est l’infarctus, suivi par les renversements de tracteurs. On est hors des sentiers battus », résume l’entrepreneur milanais. C’est précisément ce qui séduit ses parents quand ils se sont installés dans cette région : « On a trouvé un petit coin de paradis, idéalement situé : Milan est à une heure, Turin et les plages de Ligurie aussi. Cerise sur le gâteau : juste à côté, un ancien théâtre transformé en restaurant sert un poisson excellent », raconte sa mère, Cetty, 83 ans. Passionnée de jardinage, l’aïeule ne sait plus estimer le nombre de mètres carrés de sa maison secondaire – probablement autour de 500. Mais elle énumère sans ciller les arbres qui peuplent le terrain d’un hectare : cerisiers, plaqueminiers, figuiers, pêchers, noisetiers, noyers. Tous les étés, la bâtisse accueille famille et amis. L’octogénaire régale ses invités avec ses fameuses sauces tomate, confitures et chutney préparés à partir des produits du jardin. Quand ils ne plongent pas dans la piscine, les hôtes profitent du Wi-Fi pour télétravailler en pleine nature.

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Le succès de la plate-forme antidiscriminations prouve l’ampleur du travail qui reste à faire

Un an après sa naissance, la plate-forme antidiscriminations mise en place par la Défenseure des droits, Claire Hédon, a pleinement justifié sa création. Ce dispositif téléphonique et en ligne, tenu par sept juristes écoutants, a été sollicité à 14 000 reprises en douze mois. Un quart de ces appels a concerné des discriminations sur l’origine, un autre quart sur le handicap. Ces signalements ont débouché sur 7 096 dossiers traités par les services de la Défenseure des droits. « Un chiffre en hausse de 25 % et qui prouve le besoin d’un tel dispositif », souligne Mme Hédon.

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La plate-forme antidiscriminations, décidée par Emmanuel Macron dans la foulée du scandale créé par l’agression du producteur de musique noir Michel Zecler par trois policiers, en décembre 2020, à Paris, joue un rôle autant pédagogique (qu’est-ce qu’une discrimination, comment la caractériser ?) que de signalement et d’accompagnement des victimes. Pour ce faire, les services de la Défenseure des droits peuvent recourir aux 1 200 acteurs associatifs – dont les 75 référents discrimination dépendant de la Défenseure des droits – et institutionnels recensés et mobilisables.

Une majorité de règlements à l’amiable

Dans la majorité (60 %) des quelque 7 000 dossiers traités, à l’issue d’une démarche contradictoire et impartiale des services de la Défenseure des droits, les médiations débouchent sur un règlement à l’amiable. « Ce que les gens souhaitent, c’est être reconnus et rétablis dans leurs droits », estime Mme Hédon. Elle cite ainsi le cas d’une jeune femme handicapée qui s’était vue refuser l’accès à un festival à cause de son handicap malgré les assurances données sur le site officiel. Après médiation, elle a obtenu « un remboursement » et un engagement du festival « à travailler sur l’accessibilité pour la prochaine édition », a détaillé la Défenseure des droits.

Lorsque la médiation n’aboutit pas, la personne victime de discrimination peut choisir d’aller devant les tribunaux. Ou alors la plate-forme peut effectuer un signalement aux services du procureur de la République. En cas de procédure judiciaire, « les avis de la Défenseure des droits sont suivis par les tribunaux dans trois quarts des cas », déclare Claire Hédon. Toutefois, les plaintes au pénal ont peu de chances d’aboutir à cause de la charge de la preuve, qui est aménagée devant les prud’hommes et la justice civile, où les chances de réussite sont bien plus élevées.

Le domaine le plus concerné est le monde du travail, qui regroupe 50 % des signalements de la plate-forme. « Bien souvent, les gens qui nous appellent pensent ne pas disposer de preuves, estime un responsable des services de la Défenseure des droits. Nous sommes là pour les aider et leur montrer qu’ils disposent de bien plus de preuves qu’ils ne croient. » Parmi les critères de discrimination, le fait que celui du handicap vienne quasiment à égalité avec celui des origines montre à quel point le monde du handicap a su se mobiliser pour recourir à la nouvelle plate-forme.

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