Face au règne de la concurrence, les vertus de la coopération

« La Société coopérative 3.0 », de Jean-Marc Rogier (Le Pommier, 108 pages, 15 euros).

Livre. Des entreprises plus grandes, des fonds d’investissement plus puissants, un Etat plus fort… Aujourd’hui, nos solutions empruntent trop souvent à la logique de conflit. Nous vivons en crise permanente autour de l’unique pilier concurrentiel.

« Une mauvaise architecture qui fait écho à l’idée que la vie devrait être une lutte, un conflit permanent, qui serait à la fois cause et finalité de notre vivre-ensemble », estime Jean-Marc Rogier. Son ouvrage, La Société coopérative 3.0, appelle à œuvrer au principe d’une société durable. Pour ce faire, nul besoin d’être porteur du bien, ferment de morales concurrentes. Stimuler notre capacité d’association est bien plus pragmatique et efficace, et le docteur en économie nous invite à installer la coopération au même niveau que la concurrence au sein de nos sociétés.

L’économie dite « collaborative » concerne de nombreux domaines : logement, transport, tourisme, mais aussi finance ou divertissements

Méfions-nous cependant du slogan qui porte l’intention de nous faire collaborer. L’économie dite « collaborative » concerne de nombreux domaines : logement, transport, tourisme, mais aussi finance ou divertissements. « L’ensemble se drape dans une sémantique positive qui contribue à nous faire imaginer une future économie sympathique, une économie qui donne envie de consommer », écrit-il. Rien, pourtant, ne témoigne d’un système dont la finalité viendrait contredire la recherche habituelle de profit. « Il n’y a donc aucune révolution collaborative, et les start-up restent désespérément des organisations traditionnelles saupoudrées d’open spaces. »

Pragmatisme

Pour Jean-Marc Rogier, la coopération doit davantage s’apprécier comme une technique que comme une éthique. Nos sociétés sont légalement concurrentielles : « Notre dispositif juridique s’articule autour de la compétition, certes pour en diminuer les effets, mais aussi pour la considérer…

« Quand je traverse la rue », Monsieur le Président…

« Nul n’est contraint, a priori, de marcher en cadence. C’est pourtant, dans nos démocraties, ce qui vient » (Emmanuel Macron à l’Elysée, le 15 septembre, lors des Journées du patrimoine).

Tribune. Je suis au chômage. Je regarde le ciel, le plus souvent possible. Je traverse des rues. Pas pour trouver du travail, non. Mais juste pour les traverser. Pour passer de l’autre coté. Qui est un peu le même et pourtant un autre. Je traverse pour traverser. Pour aller voir ailleurs. Pour changer de côté. Je n’ai pas d’horizon. Je suis l’horizon. Mon propre horizon en mouvement, en marche. Je regarde le ciel. Je regarde les autres. Tout ce qui passe et me dépasse. Je marche pour marcher. Je n’ai pas de but. Je n’ai pas de projet si ce n’est celui de marcher en regardant le ciel, en créant mon horizon. Je croise des gens. Certains chômeurs et d’autres non.

Je coûte un peu c’est vrai mais je rends tout, je ne garde rien. Tout ce qui m’est donné, je le rends. Doucement, prudemment. Il faut tenir tout le mois. Il faut rendre doucement. Je consomme peu puisque j’ai peu mais quand bien même j’aurais beaucoup, je consommerais peu. Car c’est le but, le projet, de ma marche. Etre peu, être moins. Ne pas chercher plus, ne pas vouloir plus. Brûler doucement, à petit feu. Ma dépense est en paroles, en rencontres, en croisements.

Ma dépense est une marche et le ciel coûte peu. Je suis un chômeur mais je suis un citoyen. Un citoyen-chômeur. Ce que l’on me donne, je le rends. En gestes, en amitié, en temps, en pensées. J’ai le temps de pensée, j’ai le temps de voir. J’ai le temps d’écrire. J’ai le temps de chercher. Chercher des choses qui indiffèrent les politiques. Chercher des notes de musiques, des accents dans les chansons. Chercher des plantes dans la rue. Des pousses que je replante chez moi, sur mon balcon. Ça ne coûte rien ou si peu. Je m’en occupe bien comme j’ai le temps de les regarder pousser. Je ne produis presque rien. Tout ce qui se produit se produit autour de moi, pour ainsi dire sans moi. Ainsi, je pollue peu mais c’est déjà trop. Je coûte peu mais je produis peu. Peu de déchets et c’est déjà trop. Je ne m’affaire…

Comité social et économique : refondation ou continuité ?

Image sur le thème de la réforme du code du travail

Question de droit social. Devant remplacer avant le 31 décembre 2019 les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) ainsi que le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’unique comité social et économique (CSE) est, pour les grandes entreprises comme pour les syndicats, la mesure la plus importante des cinq ordonnances du 22 septembre 2017.

Côté employeurs, « la fin du mille-feuille des institutions représentatives du personnel » était une vieille revendication. Outre la redondance des consultations, elle pouvait se fonder sur le droit comparé : nulle part, une entreprise moyenne n’est tenue de procéder à l’élection de trois institutions élues du personnel distinctes. Même si, depuis août 2015, l’employeur de moins de trois cents salariés pouvait déjà fusionner les trois institutions représentatives en une « délégation unique du personnel ».

Avant la réforme, un militant sur quatre était ainsi protégé ; or, depuis la mise en place d’environ neuf mille CSE, le nombre des mandats a diminué d’un tiers

Pour les syndicats représentatifs, qui ont le monopole de présentation des listes au premier tour des élections, cette multiplication des mandats permettait d’assurer une présence et une visibilité aux différents niveaux (établissements, entreprise), tout en donnant à chacun de leurs élus (titulaires et suppléants) une protection contre le licenciement. Avant la réforme, un militant sur quatre était ainsi protégé ; or, depuis la mise en place d’environ neuf mille CSE, le nombre des mandats a diminué d’un tiers.

La grande majorité de nos entreprises n’en ayant pas encore créé, les mois à venir vont donc être chauds. Car cette profonde métamorphose doit automatiquement intervenir lors des prochaines élections professionnelles ; avec leurs éventuelles surenchères,  les élections déterminant pour quatre ans la représentativité de chaque syndicat depuis 2008. Malheur à celui qui…

Plan de lutte contre la pauvreté : espoirs et zones de flou autour de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans

France's President Emmanuel Macron looks at a wall with children's drawings during the 35th edition of France's heritage open days, at the Elysee Palace, in Paris, Saturday, Sept. 15, 2018. The national buildings and administrations of France are open to the public for the Heritage Days weekend. (Anne Christine Poujoulat/ Pool photo via AP)

Les partisans les plus résolus de cette mesure la présentent comme une « petite révolution ». Annoncée, le 13 septembre, par Emmanuel Macron dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, elle instaure une obligation nouvelle : se former jusqu’à l’âge de 18 ans. L’objectif est de réduire le nombre de jeunes sortant de l’école sans diplôme ni qualification, qui figurent parmi les premières victimes de l’exclusion sociale.

Dans l’esprit du président de la République, chaque mineur recevra une « solution », soit en étant scolarisé, soit en suivant une formation, soit en occupant un emploi. L’éducation nationale sera tenue d’assurer « en continu » un « repérage massif (…) de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires ». Ces derniers se verront ensuite proposer un « parcours d’insertion » par les missions locales, dont la vocation première est d’épauler les 18-25 ans.

L’obligation, « qui entrera en vigueur à la rentrée 2020 », pèsera avant tout sur les acteurs institutionnels. Mais les publics visés auront également des comptes à rendre : si le jeune refuse d’être accompagné, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée, avec désignation d’un éducateur qui dialoguera avec lui « pour tenter de le convaincre », selon Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté. Ce type de situation ne fera pas l’objet d’une réponse pénale, a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec des journalistes, le 12 septembre.

« Urgence à agir »

Avec cette annonce, M. Macron s’inspire de préconisations formulées, à la mi-mars, par un des groupes de travail mis en place pour préparer le plan de lutte contre la pauvreté. Animée par Antoine Dulin, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), et par Fiona Lazaar, députée La République en marche (LRM) du Val-d’Oise, cette cellule de réflexion avait insisté sur l’« urgence à…

Quand les femmes reprennent l’affaire familiale

« Pour Anne-Charlotte Fredenucci, PDG d’Ametra, un groupe d’équipement aéronautique, le secret de la réussite en famille est la création de trois zones à garder distinctes : l’entreprise et sa gouvernance, le patrimoine (distribution des dividendes et répartition du capital) et, enfin, la zone familiale. »

« Dans les entreprises familiales, il existe une espèce de “droit du sang”. Quand j’ai repris les rênes des mains de mon père, les manageurs ont peu remis en cause ma légitimité, se souvient Anne-Charlotte Fredenucci, PDG d’Ametra (sept cents salariés), un groupe d’équipement aéronautique dont elle a pris la tête en 2009. Mais il m’a fallu faire un putsch du côté de la famille, exiger le pouvoir de décision. »

Il y a dix ans, seule une entreprise familiale sur dix réussissait sa transmission à la génération suivante

La transmission d’entreprise est toujours un exercice délicat, en particulier pour les entreprises familiales. Il y a dix ans, le gouvernement qualifiait ce phénomène de « très préoccupant pour l’économie française » : seule une entreprise familiale sur dix réussissait sa transmission à la génération suivante.

« A chaque passage de génération, du fait d’un changement profond dans la propriété du capital, la pérennité même de l’entreprise est en jeu. Parce qu’elle se traduit inévitablement par une ponction de ressources financières au niveau des actionnaires familiaux, par un changement dans la direction et le système de gouvernance, elle représente une fragilisation du système dans son ensemble », expliquait le rapport Mellerio, réalisé en 2009 à la demande du gouvernement.

Changement d’époque

Des enjeux dont les femmes ont longtemps été « protégées ». Durant des années, la transmission d’entreprises familiales a essentiellement été une affaire d’hommes, sauf quand un contexte historique particulier ouvrait la porte aux femmes. Eugénie Hortense Laurent, qui avait hérité de la maison Laurent-Perrier en 1925, l’a ainsi cédée en 1939 à Marie-Louise de Nonancourt. Mais, une fois la guerre finie, c’est son fils Bernard qui en deviendra PDG, en 1948.

L’époque a changé. Elizabeth Ducottet, une des rares femmes à avoir été auditionnée pour le rapport Mellerio, a été la première femme sur cinq…

Sarah Bouteldja, la décrocheuse devenue manageuse

« Après mon bac, je me suis dit : il faut prendre des risques ! Visiblement les miens ont payé... » Sarah Bouteldja, 23 ans, bac pro en alternance, mention très bien, a aujourd’hui sous sa responsabilité une vingtaine de conseillers chez GRDF

Assise à la terrasse d’un restaurant parisien en cette fin d’après-midi de juillet, Sarah Bouteldja remonte le temps. A la recherche de souvenirs. La trentenaire prend conscience du chemin parcouru. Lorsqu’elle l’évoque, on a l’image d’une route sinueuse, semée d’embûches, mais qui ne l’a pas empêchée de devenir ce qu’elle est et de « suivre une voie qu’elle avait elle-même choisie », comme le résume sa tante.

Avant de trouver cette voie, Sarah a eu une période un peu « rebelle », selon ses mots. Après qu’elle a redoublé sa classe de 4e, sa mère décide de l’inscrire en 3e « insertion professionnelle » dans un collège privé de Nantes, où elle vit depuis sa naissance. Sarah obtient ensuite un BEP secrétariat « sans trop d’efforts », se souvient-elle, avant de poursuivre vers un bac professionnel dans le même domaine. « Mais je pensais plus à sortir avec mes copines… En cours, je me laissais porter, je n’avais pas de vocation particulière. » Flavie, une amie de longue date, confirme : « Pendant le bac pro, elle allait rarement en cours, elle n’avait pas encore pris conscience de l’importance des études pour la suite. »

Le décrochage

A ce moment-là, Sarah quitte le domicile familial pour vivre chez les parents de son compagnon de l’époque. De fil en aiguille, elle finit par décrocher complètement et cherche autre chose. Elle s’essaie d’abord à un autre bac professionnel, en alternance, dans la vente cette fois-ci. Mais elle déchante rapidement et abandonne avant de l’obtenir. Malgré une autre formation, proposée par le conseil régional, dans la vente également, un peu plus concluante cette fois, elle ne parvient pas à travailler dans une boutique du centre-ville de Nantes, comme elle aurait aimé.

La jeune femme de 20 ans trouve alors un emploi en tant que téléprospectrice. Elle y découvre la réalité d’un monde où prime la performance. « Nos chiffres étaient affichés devant tout le monde, celui qui faisait les meilleurs était récompensé, le moins bon partait passer un sale quart d’heure avec le chef », raconte-t-elle. Elle y travaille deux ans, s’investit pour obtenir un contrat à plein temps. Jusqu’au déclic.

Martine Bouteldja, sa tante, s’en souvient très bien : « Un jour elle m’a appelée, catastrophée, avec une seule phrase à la bouche : “Je vais finir comme elles”… » « Elles », ce sont les collègues de Sarah. Sans les dénigrer, la jeune Nantaise se rend compte que les perspectives d’évolution sont faibles. En plus de cela, au même moment, elle se sépare de son compagnon après une relation de plus de quatre ans. « Je me suis retrouvée au chômage, en sous-location après ma rupture. J’avais plus rien, j’étais face à moi-même. Je me suis dit que c’était le moment de me reconstruire. Il fallait bien que je me raccroche à quelque chose, que je vise plus haut. »

Le déclic salvateur

A 22 ans, Sarah opère un virage à 360° et retourne sur les bancs de l’école. Elle vise cette fois un bac professionnel en alternance. « Elle avait expérimenté le monde professionnel, et surtout l’indépendance financière, je pense qu’elle voulait continuer », raconte son amie Flavie. A plusieurs reprises, quand Sarah évoque cette période, elle dit s’être « réveillée ». La jeune femme envoie de nombreuses candidatures. La filiale d’Engie chargée de la distribution de gaz, GRDF, la rappelle. Elle passe l’entretien pour être conseillère clients, et est reçue.

Débute alors une vie partagée entre Nantes, où elle travaille, et Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), où se trouve l’établissement partenaire de GRDF et où Sarah s’inscrit en bac professionnel accueil-relations clients et usagers. Malgré le décalage avec ses camarades, plus jeunes, qui se fait parfois ressentir, et la vie dans une petite ville rurale éloignée de ses proches, elle s’investit beaucoup. « Quand elle révisait, elle était à fond, même si on lui proposait des sorties », se remémore Flavie.

Résultat, elle valide son bac mention très bien ! « J’ai conscience que j’ai eu beaucoup de chance, que j’ai été bien entourée, dit-elle. Il n’y a pas eu que des moments faciles, mais c’est une énorme fierté d’avoir décroché ce bac. » En prime, GRDF lui propose de l’embaucher. Cette fois-ci, au lieu d’une voie toute tracée qu’elle n’a pas choisie, Sarah a face à elle un carrefour : deux chemins s’offrent à elle. Elle choisit de renoncer au CDI et de poursuivre ses études.

Sur les rails d’un nouveau projet

La voici sur les rails d’un nouveau projet : obtenir une licence pour pouvoir prétendre à des postes plus épanouissants. Avec l’aide de sa tante, conseillère d’orientation, elle trouve l’école Vaucanson à Paris, qui propose à des titulaires de bac pro sélectionnés sur dossier et tests de réaliser une licence en alternance. « J’ai lu le descriptif de l’école sur Internet et j’ai su que c’était fait pour moi », tranche Sarah. Quand elle a appris qu’elle était prise, ce fut un grand moment d’émotion pour elle, ainsi que pour sa mère et sa tante qui l’avaient accompagnée. « Elle a réalisé à cet instant-là que ses efforts avaient payé », constate Martine.

Sarah intègre ainsi la licence management de l’école, où elle découvre une nouvelle pédagogie par projet dans un groupe de 13 étudiants. En parallèle, grâce à la bonne impression qu’elle a laissée après sa licence, GRDF lui propose un poste d’alternante à Paris. Marion Flament, sa tutrice dans l’entreprise, se souvient d’une jeune femme sans cesse en quête d’informations nouvelles pour parfaire ses compétences : « Au départ, elle avait du mal à assumer le rôle managérial qu’on lui avait confié, elle ne se sentait pas forcément légitime. Mais elle a fait un gros travail sur ça et l’évolution a été significative. »

« Il faut donner de la valeur au chemin parcouru, même si j’aurais parfois voulu me réveiller plus tôt. »

Aujourd’hui, Sarah travaille toujours chez GRDF. A la suite de son alternance, elle a continué au poste de conseillère clientèle senior, puis a été promue animatrice de plateaux. Autrement dit, elle a sous sa responsabilité une vingtaine de conseillers. Elle a même été la tutrice d’une salariée. Sabrina Chatenet, sa responsable actuelle, a d’ailleurs été impressionnée par son investissement auprès de sa tutorée. Pour Sarah, c’est une preuve certaine d’accomplissement. « Il faut donner de la valeur au chemin parcouru, même si j’aurais parfois voulu me réveiller plus tôt, quand je vois où je suis aujourd’hui… »

Alors, même si aujourd’hui Sarah est une jeune femme accomplie, selon ses proches, sa route ne s’arrête pas là. Sabrina Chatenet la voit monter les échelons. Sa tante en est également persuadée : « Elle n’en est qu’au début. »

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L’Elysée assure que le jeune chômeur ayant rencontré Macron va se voir proposer un emploi

Emmanuel Macron lors des journées du patrimoine à l’Elysée le 15 septembre.

« Je traverse la rue, je vous en trouve ! », avait lancé samedi Emmanuel Macron à un jeune horticulteur déplorant ne pas trouver de travail. Sorti de l’anonymat par sa rencontre avec le président, filmée et largement diffusée dans les médias, le chômeur de 25 ans a été mis en relation par l’Elysée avec la fédération d’horticulture, qui s’engage à lui proposer un emploi, a fait savoir mardi 18 septembre la présidence.

Jonathan Jahan a confirmé le même jour sur France 5 qu’il avait été « contacté trois fois » dans la journée par la Fédération des producteurs de l’horticulture, qui lui a assuré « qu’il y avait des postes à pourvoir dans le secteur » où il habite, autour de Montargis (Loiret).

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« La fédération s’engage à lui proposer un emploi »

L’horticulteur en recherche d’emploi avait rencontré samedi Emmanuel Macron dans le parc de l’Elysée à l’occasion des Journées du patrimoine. Après avoir pris connaissance de ses difficultés à trouver un emploi, le président lui avait suggéré de se réorienter pour chercher dans « l’hôtellerie, les cafés et la restauration » ou « le bâtiment ».

L’Elysée a annoncé mardi avoir été « contactée directement » par la fédération d’horticulture à la suite de cet échange. « Nous lui avons donné les coordonnées de Jonathan. La fédération s’engage à lui proposer un emploi dans la filière de l’horticulture », a précisé la présidence.

M. Jahan a dit sur France 5 avoir suivi les conseils du président et avoir déposé une vingtaine de CV dans des restaurants et cafés de Paris, en présence d’une caméra, mais sans obtenir de rendez-vous. Interrogé aussi sur BFMTV, le jeune homme s’est montré très critique envers Emmanuel Macron, qui « ne vit pas dans la réalité » mais « dans un monde de Bisounours ».

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Forum de l’emploi pour faciliter le recrutement fin septembre

Un forum de l’emploi va se dérouler le  mardi 25 septembre au parc des expositions de Vitré. C’est une opportunité pour les demandeurs d’emplois de rencontrer les entreprises qui recrutent.

Le prochain forum de l’emploi aura lieu mardi 25 septembre. Organisé par Pôle emploi, la Mission de l’emploi et de la formation (Meef), la Mission locale du Pays de Vitré, Cap Emploi 35 et les Points accueil emploi de Vitré, de Châteaubourg et d’Argentré-du-Plessis, l’événement doit intéresser autant les entreprises que les chercheurs d’emploi.

Les nouvelles entreprises

La grande majorité des entreprises déjà inscrites font partie de l’industrie, notamment agroalimentaire, précise Marie-Bénédicte Hédou. Mais chaque année, nous avons de plus en plus de représentants de la logistique et des transports.

Quelques entreprises de services à la personne auront également leur stand, comme le CCAS de Vitré, qui embauche.

« Plusieurs nouvelles entreprises auront aussi un stand cette année, ajoute la représentante de la Meef. Texier et Dalic à Vitré, Sanders qui a des sites sur Étrelles et Châteaubourg, et Sonelog, également sur Châteaubourg. »

Agriculteurs et paysagistes seront également présents.

« Seuls les artisans sont très peu représentés, mais c’est souvent parce qu’ils n’arrivent pas à dégager du temps pour tenir un stand toute une journée.»

Comme le précise la chargée de mission à la Meef, l’événement est aussi l’occasion pour les centres de formation de venir proposer leurs offres.

« De plus en plus d’entreprises passent par la formation pour embaucher, il est important que ces acteurs soient aussi représentés.»

L’alternance devrait également être un sujet traité au cours du forum.

 

Air France-KLM : Benjamin Smith renoue le dialogue avec les pilotes

Dans une vidéo adressée à tous les personnels, M. Smith a promis de dépenser chaque année la moitié de son salaire pour racheter des actions de la compagnie.

A peine installé, lundi 17 septembre, dans son fauteuil de directeur général d’Air France-KLM, le Canadien Benjamin Smith a mis la compagnie franco-néerlandaise à l’heure anglo-saxonne. Le nouveau patron n’a pas hésité à parler d’argent. Le sien. Un salaire de 900 000 euros complété par de plantureux bonus, soit un total de 4,5 millions d’euros par an qui avait choqué les salariés, auxquels la direction refuse toujours une augmentation de 5,1 %.

Dans une vidéo adressée à tous les personnels, il a promis de dépenser chaque année la moitié de son salaire pour racheter des actions de la compagnie. « J’ai déjà fait un investissement personnel en m’installant avec ma famille en France. Aujourd’hui, j’ai décidé d’en faire un autre en investissant la moitié de ma rémunération fixe dans le capital d’Air France-KLM », a déclaré M. Smith. Au total, il devrait consacrer tous les ans 450 000 euros à l’achat de titres Air France. « C’est une manière d’afficher ma confiance dans notre futur succès », a ajouté le directeur général.

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« Pour l’instant, le courant semble passer »

Plus encore qu’avec cette opération de communication, M. Smith a apporté la preuve qu’Air France-KLM était entrée dans une nouvelle ère, en choisissant de réserver sa première entrevue à Philippe Evain, le patron du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Un geste auquel Jean-Marc Janaillac, ex-PDG du groupe, s’était toujours refusé depuis le début du conflit. L’entretien en petit comité a été « extrêmement cordial », s’est félicité M. Evain.

L’opération de séduction semble avoir porté ses fruits. « Pour l’instant, le courant semble passer » avec M. Smith, « c’est plutôt un bon signe », a-t-il poursuivi. Si les revendications des syndicats n’ont pas été évoquées « dans le détail », cette rencontre a démontré, selon M. Evain, que pilotes et direction « partagent ensemble l’envie de faire grandir Air France et de poursuivre son développement aussi loin que possible ».