Les dirigeants sont les plus satisfaits du dialogue social en entreprise

La septième vague du Baromètre IFOP réalisée pour le cabinet Syndex sur les relations sociales en entreprise, publiée le 23 janvier, donne une vision à 360 degrés tant qualitative que quantitative de la situation. Elle reflète l’opinion de 1 878 représentants du personnel (RP), 1 303 salariés et 400 dirigeants (qui peuvent être DRH ou dirigeants) travaillant dans des entreprises de plus de 50 salariés qui ont été interrogés en septembre et novembre 2024. Soit des tailles d’échantillons suffisantes pour percevoir des écarts d’appréciation entre ces catégories.

Le premier enseignement de cette étude est que les dirigeants d’entreprise attribuent une meilleure note à la qualité du dialogue social (7,8 sur une échelle 1 à 10) que les salariés (6). Les représentants du personnel, encore plus critiques (5,3), regrettent que les directions tiennent peu compte de leurs avis et de leurs demandes. Malgré ce manque de considération qui limite leur efficacité, 68 % des salariés ont une bonne image de leur comité social et économique (CSE) où siègent les élus. Il est vrai que les CSE se valorisent aussi par les activités sociales et culturelles qui profitent à tous, quand bien même les revendications sociales n’aboutissent pas.

Quels acteurs contribuent le plus à la qualité du dialogue social ? Sur ce point encore, les sondés divergent. Les élus des CSE se mettent eux-mêmes en tête du classement (88 %), devant les syndicats (84 %) et les salariés (61 %). Sollicités sur cette question, les salariés valorisent davantage leur propre contribution au dialogue social (68 %) que celle de leur CSE (64 %) et des syndicats (54 %).

Le baromètre révèle cependant des points de convergence entre les parties prenantes : « Plus des trois quarts des salariés et une part plus importante des dirigeants d’entreprise s’accordent sur l’utilité du CSE, en premier lieu parce qu’il sert à transmettre à l’employeur les réalités vécues par le personnel », soulignent Claire Morel et Nicolas Weinstein, membres du comité de direction du cabinet Syndex.

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Frichti : deux anciens dirigeants seront jugés en novembre pour travail dissimulé et emploi illégal d’étrangers

Des travailleurs sans-papiers, employés par Frichti, dénoncent leurs conditions de travail, en juin 2020, à Paris.

La société de livraison rapide de repas Frichti, reprise par La Belle Vie, et ses deux anciens dirigeants seront jugés en novembre à Paris pour travail dissimulé et emploi illégal d’étrangers au préjudice de très nombreux ex-livreurs, a appris l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 23 janvier, de sources proches du dossier. Julia B., 36 ans, et Quentin V., 38 ans, respectivement ancienne présidente et ancien directeur général de Frichti, qu’ils ont revendu en mars 2022, seront jugés du 13 au 21 novembre par le tribunal correctionnel de Paris.

« Nos clients contestent toute infraction et sont dans l’incompréhension », d’autant qu’« aucun texte, ni aucune décision de justice n’interdisaient le recours à des travailleurs indépendants », ont assuré jeudi à l’AFP leurs avocats, Mathias Chichportich et Jérémy Gutkès. « S’ils réservent leurs déclarations au tribunal, ils sont déterminés à faire valoir leur bonne foi et leur innocence », ont ajouté ces deux conseils.

D’après la source proche du dossier, il est reproché aux deux prévenus d’avoir « recouru » entre 2015 et la mi-2021 « à des sociétés sous-traitantes ou à des travailleurs sous statut d’indépendants », au moins une cinquantaine, « alors que ceux-ci étaient placés dans un lien de subordination juridique ». Ils seront aussi jugés pour emploi illégal d’étrangers pour au moins une trentaine de livreurs, pour la grande majorité de nationalité sénégalaise ou ivoirienne.

Préjudice de près de 3 millions d’euros pour l’Urssaf

Selon des éléments de l’enquête auxquels l’AFP a eu accès, chez Frichti, « le livreur ne choisissait pas ses clients, le tarif de facturation lui était imposé et il ne pouvait pas organiser son parcours comme il le souhaitait ». « Frichti n’est pas une plateforme de livraison » ou une « application de mise en relation », mais « une société dans laquelle des centaines de salariés ont développé des recettes, ont cuisiné et préparé des commandes », ont argué MM. Chichportich et Gutkès.

En 2022, l’Urssaf avait évalué dans un rapport son préjudice à près de 3 millions d’euros de charges et cotisations sociales non versées pour les années 2019 et 2020. « Les faits reprochés sont parmi les pires dans ce type de dossiers », a asséné de son côté Kevin Mention, avocat des livreurs interrogé par l’AFP, rappelant la centaine de procédures engagées aux prud’hommes. Jérôme Pimot, du collectif des livreurs autonomes des plateformes (CLAP), espère que cette audience va « envoyer un gros signal à toutes les plateformes qui emploient des sans-papiers sur le compte de l’autoentrepreneuriat, afin qu’elles puissent les régulariser, et non les licencier ».

Très contesté, le statut d’indépendant des coursiers est en outre remis en cause dans de nombreux pays par la justice. Après une procédure de redressement judiciaire, le groupe La Belle Vie a repris l’activité de Frichti en septembre 2023, mais en créant une nouvelle entité, ce qui leur a permis de ne pas hériter du lourd passif de la société historique, en liquidation judiciaire.

Le Monde avec AFP

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« Les Valeurs du travail » : un besoin ? une vocation ? un devoir social ?

Le travail serait-il en crise ? Y aurait-il, chez les actifs, une prise de distance croissante par rapport à leur activité professionnelle ? C’est ce que pourrait laisser penser la mise en avant, ces dernières années, de plusieurs phénomènes dans le débat public et les médias.

Il a ainsi abondamment été question de « grande démission », pour désigner des vagues de départs de salariés, ou encore de quiet quitting, cette attitude qui consiste à ne faire que le minimum imposé lors des journées de travail. Des signes d’un nouveau rapport au travail ?

C’est la question que pose le sociologue et directeur de recherche émérite au CNRS, Olivier Galland, dans son dernier ouvrage, Les Valeurs du travail (Les Presses Sciences Po). Au fil des pages, il propose un examen méthodique des travaux et recherches sur les attitudes à l’égard du travail dans les pays développés. Un exercice de documentation rigoureux qui lui permet, et c’est le grand intérêt de son essai, de s’écarter des vents médiatiques, pour ne se concentrer que sur les données et enquêtes scientifiques. Et, finalement, mettre à mal certaines idées reçues.

La principale concerne le supposé « déclin de la “valeur” travail ». « Une majorité de citoyens des pays développés adhèrent à l’idée que le travail s’impose comme une norme morale, expose M. Galland. En moyenne 68 % des habitants des 11 pays que nous avons examinés étaient d’accord en 2017-2022 (…) avec l’idée que “travailler est un devoir vis-à-vis de la société”. Ce résultat relativise grandement le discours sur [ce] déclin ». L’auteur estime, à ce sujet, que « c’est plutôt une stabilité [de l’attitude des travailleurs] qui se manifeste et même un certain regain dans une partie des pays développés ».

Des variations manifestes

Dans le même temps, autre intérêt de l’ouvrage, il met en lumière une diversité d’approches nationales. On la retrouve sur la question du travail comme valeur morale avec une adhésion plus forte en Norvège, moindre en Asie ou aux Etats-Unis. Des variations sont également manifestes si l’on s’intéresse à l’importance accordée au travail dans la vie (plus forte dans les pays méditerranéens qu’en Allemagne ou en Grande-Bretagne, par exemple) ou aux attentes à l’égard du travail. Asiatiques, Espagnols et Britanniques privilégient par exemple davantage que d’autres pays les aspects instrumentaux du travail, comme bien gagner sa vie ou avoir des horaires satisfaisants.

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Aides à domicile : des salariés font reconnaître aux prud’hommes le « glissement de tâches » qu’elles dénoncent

Rassemblement des aides à domicile en grève, à Tours (Indre-et-Loire), le 5 janvier 2021.

Pour faire reconnaître ses droits, un salarié peut faire grève ou saisir la justice. Quatre aides à domicile de l’association Aide à domicile en milieu rural du Loir-et-Cher ont décidé de faire les deux.

A la fin de 2020, elles ont entamé, avec une dizaine de collègues, une grève de trois mois pour dénoncer leurs conditions de travail et la faiblesse de leurs rémunérations (au smic, à temps partiel). Surtout, elles décrivaient ce qu’elles nomment le « glissement de tâches ». Toutes classées catégorie A, premier échelon de la grille de classification de la convention collective, elles ne sont censées faire, dit le texte, « que des travaux courants d’entretiens de la maison », et ne peuvent « intervenir habituellement et de façon continue chez des personnes dépendantes ni auprès de public en difficulté ». Pourtant elles « le font toutes », disent-elles alors, notamment des toilettes et des transferts du lit au fauteuil, gestes techniques et accidentogènes réservés aux auxiliaires de vie, catégorie C, diplômées et un peu mieux rémunérées.

Quatre salariées ont osé saisir les prud’hommes de Blois en 2021 pour le faire reconnaître. Elles ont gagné en première instance, puis en appel. Les derniers arrêts ont été rendus le 19 décembre par la chambre sociale de la cour d’appel d’Orléans.

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La reconnaissance faciale s’installe dans les entreprises en toute discrétion

« C’est hyperfacile. Plutôt que de taper un long code, le matin, je m’assois devant mon ordinateur, je pose mon doigt sur le clavier, je lance la caméra et l’ordinateur s’allume. » Cette salariée d’une grande banque française – qui préfère garder l’anonymat – apprécie la rapidité que lui offre dans son quotidien cette solution biométrique. « Les employés ne sont jamais obligés de l’utiliser, ils ont le choix avec d’autres moyens, mais c’est un succès », ajoute-t-elle.

Moins visible que dans le domaine régalien, la reconnaissance faciale n’en conquiert pas moins du terrain dans les entreprises hexagonales. Cette technologie ultrasensible, car elle permet d’identifier une personne sur la base de sa réalité biologique, fait l’objet d’expérimentations dans des domaines aussi variés que celui de l’accès à des locaux, à des outils ou encore de la vérification d’identité.

Ainsi, en juin 2024, le président de l’agence d’intérim numérique Iziwork annonçait la mise à disposition auprès de ses entreprises clientes – 2 000 en tout, au rang desquelles de grands groupes comme Carrefour et Geodis – d’une fonctionnalité sur son application intégrant un service de reconnaissance faciale.

Concrètement, ce dispositif permettra de vérifier, grâce à un selfie du collaborateur, qu’il s’agit bien de la personne figurant sur ses papiers d’identité. « Le nombre de fraudes n’est pas forcément considérable, explique Alexandre Dardy, le cofondateur de l’entreprise, mais lorsqu’il y a un problème de vol ou d’accident, en termes d’impact c’est important pour l’entreprise ou l’agence d’intérim », justifie-t-il.

Depuis, l’entreprise a fait appel à un cabinet d’avocats pour se mettre en conformité avec la loi informatique et libertés et le règlement général sur la protection des données (RGPD). « Nous ne pouvons nous servir de cette photo que pour la comparer aux papiers d’identité », explique ce patron. Ce cliché ne doit pas être utilisé à des fins de classement des intérimaires, il ne doit pas être un critère de jugement, et doit être supprimé dès lors que le test est terminé. »

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Le burn-out se conjugue au féminin

Carnet de bureau. Le 20 janvier, rebaptisé « Blue Monday » depuis une vingtaine d’années, est censé être le jour le plus déprimant de l’année. Malheureusement, les déterminants de la santé mentale au travail ne se réduisent pas à cette journée. La moitié des Français serait en détresse psychologique, un salarié sur quatre rencontrerait un problème d’épuisement professionnel, dit burn-out.

La valse des chiffres sur la santé mentale au travail continue d’année en année, au fil des études. Qu’ils proviennent des baromètres de l’absentéisme réalisés par les mutualistes, des bulletins de Santé publique France ou des enquêtes de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (FIRPS), ils peuvent être très différents sur la même période et la même population, car ils ne mesurent pas la même chose. Stress, anxiété, tendance dépressive ? Le dernier Baromètre santé mentale du cabinet de conseil en ressources humaines Qualisocial, à paraître jeudi 23 janvier, affiche 25 % des 3 000 salariés interrogés du 3 au 9 décembre 2024 qui se déclarent en mauvaise santé mentale.

Mais un constat est commun à toutes ces études : « La dégradation progressive de la santé mentale au travail continue avec une prévalence des troubles plus forte chez les femmes que chez les hommes, dans un rapport d’un pour deux », indique Jean-Christophe Villette, administrateur de la FIRPS et psychologue du travail et des organisations au cabinet Ekilibre Conseil.

Les femmes cadres sont particulièrement concernées. Dans une étude de longue observation de 2013 à 2019, Santé publique France a mesuré que « le risque de signalement d’une souffrance psychique en lien avec le travail augmentait avec la catégorie socioprofessionnelle et atteignait un maximum chez les femmes cadres ».

Les femmes surreprésentées

Pourquoi ? D’abord parce qu’elles sont cadres. L’épuisement professionnel peut être en lien avec les spécificités de l’identité des cadres, explique l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans sa dernière étude sur le burn-out publiée en décembre 2024 : le fort investissement lié à la fonction menace l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, et les cadres peuvent avoir des difficultés à demander de l’aide.

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« La fonction publique doit engager une réflexion profonde sur son image d’employeur »

Les premiers pas prudents du nouveau ministre de la fonction publique, Laurent Marcangeli, entendent trancher avec les discours de son prédécesseur. Il « aime » les agents publics, là où Guillaume Kasbarian voulait s’inspirer des « meilleures pratiques » d’Elon Musk. Au-delà des slogans et des fantasmes, où en est vraiment l’employeur public dans un marché du travail tendu et un pays fragmenté ?

« Le Patchwork public », une étude inédite, fait l’état des lieux. Transformations profondes du marché du travail, attentes hétérogènes de la part des candidats et concurrence accrue du secteur privé : les défis sont nombreux pour transformer un patchwork désordonné en une mosaïque harmonieuse. Le nombre moyen de candidatures par poste aux concours s’élevait à 16 en 1997, il est tombé à seulement 6 en 2022. Cette chute vertigineuse traduit-elle une désaffection uniforme pour l’emploi public ? Oui et non. Le nombre de candidats aux concours est certes en chute libre. Les métiers d’enseignant, notamment dans le primaire, n’attirent plus.

Quant aux autres, ils sont cachés derrière des concours et des catégories opaques. On pourrait ajouter qu’en ces temps de réformes de l’Etat et de rigueur budgétaire, la promesse du « statut » n’engage plus que ceux qui y croient. Moins d’aspirants fonctionnaires, donc, mais pas moins d’agents : près d’un quart sont des contractuels de droit privé. En recourant largement au CDI, l’Etat et ses structures périphériques se sont coupés de leurs spécificités statutaires. Par le même mouvement, ils se sont mis en concurrence frontale avec le secteur privé.

Une forte endogamie

L’Etat, dès lors, serait-il un employeur comme un autre ? Discours délicat à tenir, quand les salaires y sont inférieurs de 30 % en moyenne et que la garantie d’emploi à vie n’est plus. Un autre problème majeur est l’endogamie qui caractérise les recrutements publics. L’étude montre que 59 % des candidats intéressés par un poste dans la fonction publique y travaillent déjà. Ce phénomène traduit une faible capacité à attirer des talents externes, notamment issus du secteur privé ou de milieux diversifiés. Cette endogamie est exacerbée par un manque de stratégies de recrutement. Seules 15,3 % des collectivités locales ont mis en place une véritable démarche de « marque employeur ».

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La surproduction d’élites intensifie la compétition et les rivalités explosives

La surproduction d’élites dirigeantes est une cause des crises voire de l’effondrement des sociétés. Telle est la thèse de l’anthropologue Peter Turchin dans son stimulant essai (Le chaos qui vient, Le Cherche Midi, 2024), qui résume trois décennies de recherche scientifique.

Régulièrement, la taille de l’élite dirigeante croît plus vite que le nombre de postes qu’elle peut occuper. La compétition pour obtenir ces postes s’intensifie en conséquence. Parallèlement, la pression sur la population augmente pour nourrir l’élite en surnombre. Ce cocktail suscite des frustrations et des troubles. Il explose en révolution quand la partie de l’élite exclue du pouvoir s’allie avec la frange la plus active de la population mécontente. Peter Turchin montre que cette logique est récurrente dans l’histoire des civilisations.

Les hiérarchies dans les entreprises n’échappent pas à un tel schéma : la surproduction d’élite par rapport au nombre de postes à responsabilité redouble la compétition entre les dirigeants ou les manageurs. Le déséquilibre dépend du rythme de formation de l’élite managériale.

La production de l’élite managériale obéit essentiellement, de nos jours, à une sélection par le mérite. L’exercice du pouvoir managérial est légitimé par la compétence acquise par l’expérience et, le plus souvent, validée par des diplômes. La rivalité au sein de l’élite est donc fonction du nombre de postes accessibles par rapport au nombre de diplômés aspirant à ces postes pour s’élever (ou se maintenir) dans l’échelle sociale.

Stress et épuisement professionnel

Or, tous les pays développés ou en développement ont connu un fort accroissement de l’élite managériale dans les quarante dernières années. En France, le nombre d’étudiants est passé de 1 à 2,8 millions entre 1985 et 2025. Vingt pour cent d’entre eux suivent des filières en gestion, la moitié dans des cursus privés, dont le coût de plus en plus élevé est compensé par des perspectives de positions sociales rémunératrices.

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Catherine Vautrin relance le débat sur les sept heures de travail supplémentaires non rémunérées

La ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles Catherine Vautrin, avec le premier ministre François Bayrou, après une réunion avec les dirigeants syndicaux et patronaux, au ministère du travail, à Paris, le 17 janvier 2025.

Les travailleurs pensaient peut-être que le débat avait pris fin à l’automne 2024 après avoir prospéré durant quelques jours. Le gouvernement, en quête d’argent frais pour financer l’Etat-providence, vient de le relancer. Dans un entretien au Journal du dimanche du 19 janvier, Catherine Vautrin évoque l’idée d’augmenter de sept heures dans l’année le temps passé en activité, sans que celles-ci soient rémunérées.

« Cette mesure peut, en 2025, générer 2 milliards d’euros de recettes fléchées vers les dépenses sociales », déclare la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. « C’est une piste qui est sur la table », a confirmé, dimanche sur France 3, sa collègue chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin.

Cette disposition avait été introduite, le 20 novembre 2024, par les sénateurs des groupes Les Républicains et Union centriste, majoritaires au Palais du Luxembourg, à la faveur d’un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). S’inspirant de la « journée de solidarité » instaurée en 2004, elle avait pour objet d’accroître les prélèvements en faveur de la branche autonomie.

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