Audrey Hénocque : « Les lieux du pouvoir sont pensés pour des hommes valides, aidés bénévolement de leur femme »

Audrey Hénocque, première adjointe au maire de Lyon, chargée des finances, de la culture et des grands événements, à Lyon, le 3 février 2025.

« Une femme aux finances, c’est rare – d’habitude, elles sont plutôt sur les crèches, l’éducation, le vivre-ensemble –, et une femme élue aux finances en situation de handicap, c’est encore plus rare », lance Violette Spillebout, députée du Nord (Renaissance), en évoquant Audrey Hénocque, première adjointe aux finances du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet (EELV), et également chargée de la culture et des grands événements. En ce jour de janvier, dans une salle de réunion de la mairie du 7e arrondissement, Audrey Hénocque se souvient du jour de l’accident, quand elle avait 15 ans : « Quand la voiture s’est encastrée dans un arbre, j’ai eu le coup du lapin, et j’ai perdu l’usage de mes bras et jambes. » En fauteuil roulant depuis, la quadragénaire mène sa carrière tambour battant. Elle pilote le plan pluriannuel d’investissement (PPI) de la ville de Lyon, d’un montant de 1,3 milliard d’euros : « Ce PPI, dont 800 millions seront réalisés d’ici à 2026, cible en particulier la rénovation énergétique de bâtiments. Mes missions sont passionnantes mais complexes à tenir, à l’heure où l’Etat diminue les dotations aux collectivités pour combler la dette nationale. »

Fille d’une professeure des écoles et d’un ingénieur, Audrey Hénocque fait partie de la petite centaine d’élus en situation de handicap en France. « Quatre-vingt-dix pour-cent d’entre eux exercent au niveau municipal, les autres au rang départemental, régional, législatif et sénatorial. Au total, ils représentent moins de 1 % des quelque 500 000 élus du territoire français », avance le sociologue Cyril Desjeux, auteur de l’ouvrage Le Handicap au pouvoir (PUG, 2024). Sachant que 80 % des handicaps sont invisibles, ce chiffre s’appuie sur les handicaps identifiés dans la presse et visibles, comme les déficiences motrices, visuelles ou auditives.

Il vous reste 75.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« Les transformations induites par l’IA ne se limitent pas à la question de l’emploi, mais touchent aussi à la qualité du travail »

L’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi et le travail est au cœur des débats contemporains, les avancées récentes de l’IA générative et les LLM (large language models ou grands modèles de langage) mettent de nouveau au premier plan le débat sur les effets de ces technologies sur l’emploi et le travail. Certains voient dans son adoption une promesse de productivité et de compétitivité accrue, y compris pour des professions souvent perçues comme vulnérables. D’autres, comme Daron Acemoglu [prix Nobel d’économie 2024], appellent à une IA « au service de l’être humain », mettant en garde contre des usages qui, loin d’améliorer les conditions de travail, les dégradent et creusent les inégalités.

Loin d’une vision binaire entre optimisme et catastrophisme, il est essentiel d’adopter une perspective nuancée, prenant en compte les gagnants et les perdants de cette révolution technologique. En effet, l’histoire économique nous rappelle que les transformations technologiques ont toujours induit des formes de chômage technologique, avant de réorganiser l’économie autour de nouvelles activités.

Ce fut le cas avec les déversements de l’emploi des secteurs agricoles vers l’industrie, puis de l’industrie vers les services aux XIXe et XXe siècles. Mais la nature de ces transformations est cruciale, la question n’est pas tant de savoir si le travail disparaîtra, car cela ne se produira pas, mais bien de comprendre qui bénéficiera de l’IA, et qui en subira les conséquences durant les phases de transition.

Les recherches en économie évolutionnaire (porté notamment par Giovanni Dosi et l’école de Pise) montrent que l’adoption de l’IA et des technologies varie fortement selon les stratégies des entreprises. Certaines l’utilisent pour améliorer la qualité de leur production et valoriser les compétences des travailleurs. D’autres, en revanche, s’en servent pour réduire les coûts et automatiser des tâches, souvent au détriment des conditions d’emploi et de travail.

Il vous reste 67.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« C’est un métier ! » : chez les chaudronniers et les soudeurs, les robots sont là, mais ne menacent pas encore les emplois

« La robotisation, on la voit de partout, même dans les très petites entreprises de chaudronnerie et de soudure. Il y a dix ans, elle coûtait trop cher, décrit Jérôme Jacquot, responsable sectoriel à l’industrie à l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes. Ce qui fait que les compétences changent : on a, par exemple, créé le titre professionnel de “soudeur programmeur de cellules robotisées”. C’est une personne qui est capable de concevoir un gabarit de montage et de programmer un robot pour réaliser des lots supérieurs à dix pièces identiques. »

La chaudronnerie, qui consiste à façonner du métal pour concevoir des équipements pour l’aéronautique, le ferroviaire, l’agroalimentaire ou encore le nucléaire, ainsi que le soudage, qui assemble, modifie ou installe ces équipements, fait structurellement face à des difficultés d’image. En 2024, selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, 80 % des projets de recrutement de chaudronniers et de soudeurs étaient jugés difficiles.

« Les besoins de recrutement ne sont couverts qu’à hauteur de 50 % par les sorties de formation. Ceux qui sortent vont toujours trouver un poste, à un salaire élevé », illustre Yolande Lenoir, secrétaire générale de France Chaudronnerie Solutions, un syndicat professionnel du secteur. Après une baisse au début du XXIe siècle, les effectifs se sont stabilisés : on compte « entre 36 000 et 39 000 chaudronniers, et de 30 000 à 34 000 soudeurs », estime M. Jacquot.

Une fonction d’opérateur plutôt que de technicien

Pour pallier le manque de main-d’œuvre, les employeurs cherchent à gagner en productivité. En pratique, les compétences du soudeur s’automatisent plus facilement et rapidement que celles du chaudronnier. « Les robots de soudage transforment le métier, on se dirige plus vers une fonction d’opérateur que de technicien. Dans la chaudronnerie, les équipements sont uniques à chaque production, ce qui complique l’automatisation », estime Mme Lenoir.

Il vous reste 60.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

RATP : quatre jours de travail pour 303 stations de métro

Carnet de bureau. A la station Miromesnil, sur la ligne 9 du métro parisien, où a commencé, il y a tout juste un an, la première semaine de quatre jours à la RATP, l’assistant d’exploitation Ravinder Antoine, 52 ans, trente-deux ans de maison, commence sa journée à 5 h 20 ou à 6 h 30, selon la fonction qu’il occupe « postée » ou « en équipe de contrôle ». Mais ce qui ne changera plus désormais ce sont les « quatre réveils matinaux, au lieu de cinq ou six » dit-il, avec un sourire à la mesure de sa satisfaction.

Lancée il y a un an dans le cadre de l’accord qualité de vie et conditions de travail signé en février 2024, la semaine de quatre jours avait le double objectif de « minimiser le nombre de trajets domicile travail » et de proposer aux salariés « des horaires de travail plus adaptés aux contraintes » en respectant un double mot d’ordre de la direction : « à moyens constants » et « à durée du travail constante ».

Lire aussi la chronique | Article réservé à nos abonnés « La semaine de quatre jours est bien devenue un sujet national »

Ce sont les enquêtes de satisfaction qui ont convaincu la RATP de déployer son expérimentation de la semaine de quatre jours aux 303 stations de métro et à toutes les lignes de RER à partir du dimanche 9 février : 79 % d’agents se disaient « satisfaits » après la première phase menée au printemps 2024, après les Jeux olympiques (JO) de Paris, 90 % étaient prêts à « recommander à leurs collègues d’adopter la semaine de quatre jours », 94 % affirmaient que leur état de fatigue avait diminué.

La complexité d’un réseau ferroviaire

Quant à l’attractivité des métiers, « les 1 000 recrutements attendus en 2024 ont été réalisés, et les JO se sont très bien passés », note Jérôme Heine, responsable ressources humaines de la direction opérationnelle SEM RATP Groupe, qui un an plus tôt soulignait que la régie faisait face à 1 000 démissions par an. La CGT n’a toutefois pas signé le dernier accord, du 6 janvier, pour l’intégration des rythmes de travail, car le syndicat ne conçoit pas une semaine de quatre jours sans réduction du temps de travail.

Il vous reste 40.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Retraites : la Cour des comptes espère que son diagnostic financier sera « indiscuté »

Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, à Paris, le 12 mars 2024.

Pierre Moscovici sait qu’il avance en terrain miné. A la demande du gouvernement, le premier président de la Cour des comptes doit rendre un « état des lieux » sur les caisses de retraite qui, « espère[-t-il], sera indiscutable et indiscuté ». Cette formule prudente, employée vendredi 7 février lors d’un entretien à Sud Radio, suggère qu’il a un petit doute sur la manière dont sera accueilli son diagnostic. Celui-ci doit servir de base à la négociation que les acteurs sociaux vont engager sur la question, mais le risque existe qu’il soit contesté, surtout s’il intègre des hypothèses économiques moins favorables que celles qui avaient été privilégiées jusqu’à maintenant.

En remettant en chantier la réforme de 2023, qui a repoussé à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite, François Bayrou a voulu que la réflexion collective s’appuie sur des chiffres robustes. Le premier ministre a, dans cette optique, saisi la Cour des comptes pour une « mission flash », dont les conclusions devraient être dévoilées le 19 février. Elles permettront de se forger une opinion sur les besoins en crédit de notre système par répartition, à « l’horizon » 2035 et 2045, a précisé, vendredi, M. Moscovici.

Il vous reste 73.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« L’impact de l’IA sur la main-d’œuvre est positif, même pour des professions souvent classées comme vulnérables à l’automatisation »

La révolution de l’intelligence artificielle (IA), et plus particulièrement le développement spectaculaire de l’IA générative, suscite des débats passionnés. Tandis que certains économistes redoutent un impact négatif sur l’emploi en raison de l’automatisation, nous pensons au contraire que cette révolution peut transformer positivement nos économies, à condition de s’y adapter avec les bonnes politiques publiques.

L’IA peut accélérer la croissance de la productivité de deux manières : en automatisant les tâches nécessaires à la production de biens et de services, mais aussi en facilitant l’innovation. Des études récentes confirment cette dynamique : par exemple, dans une entreprise américaine de service client, les employés utilisant un assistant IA ont vu leur productivité augmenter de 14 % dès le premier mois et de 25 % après trois mois. Ces gains de productivité ne se limitent pas aux emplois peu qualifiés. D’autres études montrent des bénéfices similaires parmi les consultants en entreprise ou les avocats, les travailleurs moins productifs bénéficiant des effets initiaux les plus importants, réduisant ainsi les inégalités au sein des entreprises.

En passant du niveau microéconomique de l’entreprise à l’échelle macroéconomique de l’économie dans son ensemble, nos travaux considèrent deux approches pour estimer l’impact de l’IA sur la croissance potentielle au cours de la prochaine décennie. La première approche exploite le parallèle entre la révolution de l’IA et les révolutions technologiques passées. Sur la base de cette approche, nous estimons que la révolution de l’IA devrait augmenter la croissance de la productivité agrégée de 0,8 à 1,3 point de pourcentage par an au cours de la prochaine décennie.

Une seconde approche s’appuie sur un modèle de taches développé par le Prix Nobel d’économie 2024 Daron Acemoglu, et reprend l’analyse à la lumière des données disponibles dans les études empiriques les plus récentes. Ce faisant, nous estimons que l’IA devrait augmenter la croissance de la productivité agrégée de 0,07 à 1,24 point de pourcentage par an, avec une estimation médiane de 0,68. En comparaison, Acemoglu projette une augmentation de seulement 0,07 point.

Il vous reste 64.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

A Lidl France, les syndicats appellent à une « grève illimitée » pour une revalorisation salariale

Un supermarché Lidl, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), le 31 mai 2023.

Le discounter d’origine allemande Lidl traverse un début d’année 2025 houleux en France. Cinq organisations syndicales de l’entreprise – la CFTC, la CGT, la CFDT, la FGTA-FO et le SNCDD – CFE-CGC – ont appelé les salariés à « une grève illimitée » à partir du vendredi 7 février. Ces syndicats demandent notamment une « revalorisation des salaires » et une « amélioration des conditions de travail ». Ils s’opposent aussi à un projet de généralisation de l’ouverture des magasins le dimanche, selon un communiqué publié mercredi par la CFE-CGC.

Une réunion prévue mercredi dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, portant notamment sur le thème de la rémunération, s’est « soldée par un échec », a précisé la CFDT, qui regrette une « faible augmentation générale » proposée et une dégradation des conditions de travail. De son côté, le premier syndicat de l’entreprise, l’UNSA, a déclaré privilégier « pour le moment le dialogue » à la grève.

Jeudi, l’enseigne a dit à l’Agence France-Presse proposer « des mesures permettant de maintenir le pouvoir d’achat de ses salariés malgré un contexte économique complexe » et assure que « l’ouverture généralisée le dimanche dans tous ses supermarchés s’accompagne de la majoration à 50 % des heures travaillées le dimanche ».

A la mi-décembre, un avis du comité social et économique central (CSEC) « approuvé à l’unanimité des membres élus » faisait état d’une situation sociale « qui empire », selon un précédent communiqué signé par la CFTC, la CGT, la CFDT, la FGTA-FO et le SNCDD – CFE-CGC.

Dégradation des conditions de travail

« A nouveau, le CSEC constate que les salariés sont la seule variable d’ajustement de l’entreprise, ce qui entraîne systématiquement un report de la charge de travail sur ceux qui restent, détériorant davantage leurs conditions de travail », disait les élus, appelant la direction à ne « pas compenser la baisse de la marge issue de la guerre des prix par la réduction de la masse salariale ». A la fin de janvier, la FGTA-FO avait déploré « l’inquiétante dégradation des conditions de travail des salariés ».

La direction a évoqué récemment l’hypothèse d’une généralisation du travail dominical, alors que seule une partie de son parc magasin le pratique actuellement, selon des informations de presse confirmées par des sources syndicales.

Ce mouvement de grève survient quelques jours après l’annonce surprise du départ, au début de mars, du médiatique représentant de l’enseigne, Michel Biero. Arrivé à Lidl en 2001, il a été le directeur exécutif achats et marketing de Lidl France de 2011 à 2024, puis l’éphémère président et vice-président. Il a accompagné un important changement de stratégie de l’enseigne.

Depuis le début de la décennie 2010, l’enseigne est passée d’un modèle de hard-discount à davantage de qualité dans des magasins de format relativement réduit, avec moins de 2 000 références.

Le Monde Guides d’achat

Gourdes réutilisables

Les meilleures gourdes pour remplacer les bouteilles jetables

Lire

Avec quelque 1 600 magasins et 46 000 salariés revendiqués à la mi-janvier en France, l’enseigne y est devenue au fil des ans un acteur significatif de la grande distribution alimentaire, dominée par E.Leclerc qui représente près du quart du marché.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Qu’est-ce que le harcèlement moral institutionnel ? Comprendre en trois minutes

En rejetant les pourvois formés par l’ex-PDG de France Télécom, Didier Lombard, et par son numéro deux, Louis-Pierre Wenès, le 21 janvier, la Cour de cassation n’a pas seulement définitivement condamné ces anciens dirigeants de France Télécom. Elle a aussi inscrit dans le droit une nouvelle mention, le « harcèlement institutionnel », qui pourrait faire jurisprudence.

Cette notion vient qualifier ce qui s’est déroulé au sein de France Télécom. A la suite de sa privatisation et pour résister à l’ouverture à la concurrence, l’entreprise a cherché, au début des années 2000, à faire des économies et à éponger ses dettes. Didier Lombard, le PDG de l’époque, a lancé le plan Next (pour « Nouvelles expériences des télécommunications »), qui prévoyait, entre autres, 22 000 départs en trois ans, soit celui d’un salarié sur cinq. Dans ce contexte, entre 2008 et 2011, plus de soixante employés se sont suicidés, et quarante ont tenté de mettre fin à leur jour, selon un recensement l’Observatoire du stress et des mobilités forcées (créé par les syndicats CFE-CGC et SUD-PTT).

Comment en est-on arrivé là ? C’est ce que nous expliquons dans cette vidéo. Pour approfondir le sujet, nous vous invitons à lire l’article ci-dessous.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés France Télécom, la mécanique de la chaise vide

« Comprendre en trois minutes »

Les vidéos explicatives qui composent la série « Comprendre en trois minutes » sont produites par le service Vidéos verticales du Monde. Diffusées en premier lieu sur les plates-formes telles que TikTok, Snapchat, Instagram et Facebook, elles ont pour objectif de remettre en contexte les grands événements dans un format court et de rendre l’actualité accessible à tous.

Réutiliser ce contenu

Protection sociale : des pistes pour améliorer les synergies entre l’économie et la « Sécu »

Des bureaux de l’administration de l’Assurance-maladie, à Arras, le 16 juin 2017.

L’Etat-providence peut faire bon ménage avec l’économie, à condition de s’appuyer sur des « stratégies bien choisies ». C’est l’un des principaux messages portés par le Haut Conseil du financement de la protection sociale, dans un rapport rendu public jeudi 6 février. Sur un sujet digne d’une thèse de doctorat, l’instance présidée par Dominique Libault se livre à une réflexion très approfondie qui aboutit à 56 recommandations concrètes, dont plus d’un tiers vise à améliorer le sort réservé aux travailleurs.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le dérapage inéluctable du budget de la « Sécu »

Elle réaffirme, au passage, la nécessité de renforcer la prévention – dans le champ de la santé, entre autres – et de replacer les comptes de la « Sécu » sur une trajectoire de retour à l’équilibre, ce qui s’annonce ardu au vu des prévisions de déficit pour 2025 (environ − 22 milliards d’euros, selon le gouvernement).

L’expertise livrée jeudi répond à une commande passée en juin 2023 par Elisabeth Borne, alors première ministre. Celle-ci souhaitait une analyse consacrée « à l’ensemble de la relation entre production et redistribution », de manière à « bien positionner cette question dans le débat public ». Une telle démarche peut donner le sentiment qu’elle revêt surtout un intérêt académique mais il n’en est rien, en réalité, selon le Haut Conseil. L’enjeu, explique-t-il, est de sortir des discours manichéens qui assimilent la protection sociale à une charge insupportable pesant sur le portefeuille des employeurs.

Il vous reste 72.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.