Uber Eats, Deliveroo… Les revenus des livreurs indépendants ont baissé d’un cinquième voire d’un tiers en quatre ans

Uber Eats, Deliveroo… Les revenus des livreurs indépendants ont baissé d’un cinquième voire d’un tiers en quatre ans

Un livreur d’Uber Eats à Toulouse, le 18 mars 2025.

L’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE), s’appuyant sur les données des plateformes de livraison, dévoile vendredi 4 avril que le taux de rémunération horaire brute des livreurs indépendants – 71 000 personnes en France – a chuté ces quatre dernières années.

Entre 2021 et 2024, en tenant compte de l’inflation, ce taux baisse de 34,2 % chez Uber Eats, de 26,6 % chez Stuart et de 22,7 % chez Deliveroo. Un aveu d’échec, selon le syndicat Union-Indépendants, de l’accord signé en 2023 prévoyant que les plateformes versent aux livreurs un revenu minimal horaire de 11,75 euros brut.

L’ARPE a aussi constaté que les temps d’attente entre deux courses s’étaient allongés, de 16,9 % chez Deliveroo et de 35,3 % chez Uber Eats, même si ce calcul « ne prend pas en compte le recours simultané à plusieurs plateformes par un même travailleur » et qu’en réalité le livreur peut ne pas attendre mais effectuer une course pour une autre plateforme.

« Garantie horokilométrique »

Le syndicaliste Fabian Tosolini, d’Union-Indépendants, explique auprès de l’Agence France-Presse (AFP) que les livreurs sont obligés de parcourir des « zones de livraison s’étendant de plus en plus ». Ils se retrouvent ainsi contraints de troquer leur vélo contre un scooter ou une voiture, avec les frais que cela engendre.

« Nous entendons [les] demandes [des livreurs] de rééquilibrer les revenus », a réagi Uber Eats auprès de l’AFP. L’entreprise se déclare « favorable à la mise en place d’un revenu minimal par course et d’une garantie horokilométrique » calculée en fonction de la durée et de la distance des courses, et chiffre à 20,50 euros le revenu horaire brut moyen en 2024 de ses livreurs partenaires. Deliveroo évoque pour sa part, entre 2021 et 2024, un revenu moyen par prestation qui a « toujours été supérieur à 5,50 euros, atteignant 5,70 euros (…) sur 2024 », et un « revenu horaire brut en course (…) de 26,31 euros par heure ».

Union-Indépendants a également analysé les données des plateformes de voitures de transport avec chauffeur (VTC), comme Bolt et Uber, et constate une « baisse continue et généralisée des revenus » entre 2022 et 2024. Le taux horaire s’est effondré de 12 % – soit une perte de 9 500 euros de chiffre d’affaires – chez Bolt, et de 1 % chez Uber, d’après le syndicat, qui souligne que « les travailleurs doivent rester connectés deux fois plus longtemps pour gagner autant ».

Un accord collectif prévoit un revenu minimum de 9 euros par course et de 30 euros de l’heure (sans compter les temps d’attente) pour les chauffeurs VTC. Chez Uber, le temps d’attente moyen entre deux courses a quasiment doublé en deux ans, d’après Union-Indépendants. Un étirement du temps qui provient de « l’afflux de plus en plus important de chauffeurs », saturant l’offre, selon M. Tosolini.

Le Monde avec AFP

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