Les jeunes étudiantes se renforcent pour prendre la parole

Dans les écoles comme à Sciences Po, des formations pour apprendre à être à l’aise à l’oral visent particulièrement les femmes, moins encouragées à à faire preuve d’éloquence.
Capucine Gourmelon, étudiante en école de commerce à Nantes, s’en souvient comme si c’était hier. En 2017, alors qu’elle étudiait en première année à Audencia Business School, à Nantes, elle s’est présentée au concours d’éloquence de son établissement – « un défi personnel ». Elle fut alors frappée par ce qui s’y déroulait : plus elle grimpait dans la compétition, plus le nombre de filles s’amenuisait. La demi-finale en comptait quatre pour le double de garçons. En finale, il n’y avait que deux filles sur sept candidats. Capucine a poursuivi son ascension jusqu’à la finale interécole. Là, sur les neuf finalistes, deux uniquement étaient des filles. « Elles n’osent pas, là où les garçons ne se posent même pas la question », enregistre l’étudiante, qui se dit actuellement ravie de cette expérience. « J’ai beaucoup appris sur moi, sur la gestion du stress. J’ai pris confiance. Faire des présentations en réunion n’est plus un problème. »
Concours d’inspiration, cours de prise de parole, séances de coaching ou de mentorat pour se ravitailler dans une réunion ou acheter, ateliers de « pitch », organisation de conférences type « TEDX »… L’enseignement de l’oralité se développe dans les grandes écoles et les universités, comme témoigne le film documentaire A voix haute, de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, qui suivait de jeunes étudiants de Paris-8, à Saint-Denis. « Avec l’accent mis sur les soft skills, la capacité à argumenter, à interagir et donc l’aisance à l’oral sont de plus en plus stimulées dans les cursus », rappel Anne-Lucie Wack, la présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE).
Mais si la facilité à l’oral devient une aptitude de plus en plus prisée dans le monde professionnel, elle n’en est pas moins source de ségrégations, sociales, mais aussi de genre. C’est l’un des enjeux de certaines formations : réduire des inégalités entre les hommes et les femmes face à cette prise de parole.
Une « académie de l’éloquence »
Eric Cobast, professeur renommé connu pour ses manuels de culture générale, est le directeur de la toute nouvelle « académie de l’éloquence » d’Inseec U, un groupe privé qui rassemble plusieurs écoles. Dans ce programme qui vise aussi bien les étudiants de l’Inseec U, des jeunes qui passent des oraux ou des cadres qui veulent développer leurs aptitudes oratoires, on apprend les bases de la prise de parole, la gestuelle, le rythme, la respiration, le raisonnement. On développe les techniques pour parler debout devant un public, en réunion ou à l’occasion d’un débat. Eric Cobast a été stupéfait par la proportion de femmes dans ces nouvelles formations équipées aux cadres : « Elles constituent la majorité des élèves. Elles parviennent chercher de l’assurance et veulent sans doute rétablir de l’égalité dans l’échange. »






Jusqu’à maintenant, costume, cravate, tailleur et souliers briqués étaient de rigueur pour les salariés de l’institution, qui fête cette année son 150e anniversaire. Un premier effort à cette convention avait seulement permis, dès 2017, aux ingénieurs des divisions technologiques et numériques du groupe de s’habiller de façon plus détendue.
Aussitôt, tous les salariés pourront arranger « un code vestimentaire flexible ». La note interne, dévoilée par l’agence Reuters, ne dresse pas la liste des vêtements qui seront qualifiés dans les bureaux de la banque.
« Caractère changeant des lieux de travail »
« Nous savons tous ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas sur le lieu de travail », souligne le mémo, précisant tout de même que « bien sûr, une tenue décontractée ne convient ni pour tous les jours ni pour tous les types d’interactions. Nous vous faisons confiance pour faire preuve de discernement en la matière. »
Pourquoi l’illustre maison remise-t-elle l’uniforme du banquier et de la banquière d’affaires au placard ? La nouvelle administration de l’établissement évoque le « caractère changeant des lieux de travail dans leur ensemble, allant vers un environnement plus informel ».
L’entreprise, qui se décrit depuis quelques années comme une « Tech company », doit en effet octroyer des gages de modernité. Il s’agit particulièrement d’attirer les meilleures recrues, lourdement aspirées par les géants de l’Internet de la Silicon Valley (Californie), où règne le look jean tee-shirt, symbolisé par le patron de Facebook, Mark Zuckerberg.
La banque était l’une des dernières maisons à conserver la tradition du complet sur mesure en toutes circonstances. JPMorgan Chase autorise depuis trois ans ses employés à changer le costume pour le polo, en posant toutefois quelques limites : pas de tongs ni de sweats à capuche au bureau. Pour en parvenir là, il aura fallu que Goldman Sachs se dote d’un nouveau patron, David Solomon, banquier et… DJ la nuit – sous le nom de « D.J. D-Sol ».