« Multinationales. Une histoire du monde contemporain » : sortir des récits trompeurs des grandes entreprises

Livre. « Les entreprises que l’on dit multinationales (…) font honneur à la France et contribuent à sa richesse », proclamait le premier ministre, François Bayrou, à l’occasion de son discours de politique générale, le 14 janvier. C’est pour mieux comprendre ces grandes entreprises aux contours flous et aux multiples ramifications que deux journalistes, Olivier Petitjean et Ivan du Roy, ont réuni une cinquantaine de militants et de chercheurs reconnus en histoire et sciences sociales. Le livre fort stimulant qui en résulte, Multinationales. Une histoire du monde contemporain (La Découverte, 864 pages, 28 euros), est aussi une remarquable somme.

Son principal objectif est de déconstruire un grand récit trompeur selon lequel les grandes entreprises seraient des sources indispensables de progrès et de prospérité. « Les multinationales nous racontent beaucoup d’histoires, sur elles-mêmes, sur nous et sur le monde, mais elles oblitèrent leur propre histoire et leur propre rôle », lit-on dans l’introduction. Pour en retracer les fils enchevêtrés, le livre propose une chronique de 1851 à 2025. En cent soixante-quatorze ans, et presque autant de notices présentées de façon chronologique, les auteurs font voir de façon concrète et vivante l’omniprésence de ces grands groupes dans nos vies.

Quatre-vingt-deux textes courts et non signés, plutôt regroupés dans la première partie de l’ouvrage, portent sur des épisodes jugés emblématiques. Au croisement entre le portrait et le reportage rétrospectif, ils associent volontiers l’anecdotique à des considérations plus générales. Un infime événement tel que le licenciement par l’ingénieur américain Thomas Edison (1847-1931), en 1884, de son employé Nikola Tesla (1856-1943), après un désaccord sur la technologie à adopter, sert ainsi à illustrer la longue histoire du capitalisme électrique aujourd’hui incarné par le constructeur automobile Tesla, propriété d’Elon Musk.

Travail de lobbying

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Plans sociaux au sein du groupe Casino : le nombre total de licenciements s’élèvera à 2 200 postes

Si 3 000 suppressions de postes avaient été annoncées initialement, les plans sociaux décidés en 2024 par le distributeur Casino (Monoprix, Franprix) vont inclure, au « total » 2 200 licenciements, a annoncé vendredi 28 février Philippe Palazzi, directeur général du groupe. « Près de 90 % des licenciements » ont été « notifiés à ce jour », a annoncé vendredi le directeur général du groupe Philippe Palazzi, qui avait dans un premier temps évoqué une fourchette de 2 200 à 2 300 licenciements.

Des annonces qui interviennent en pleine transformation après le rachat du distributeur français, dont les pertes ont été très fortement réduites en 2024. A propos des suppressions de postes prévues par ces plans sociaux, 1 000 licenciements ont pu être évités « grâce au reclassement interne, aux départs naturels » et « au plan de départ volontaire », a fait valoir la direction vendredi.

Le groupe n’est pas le seul acteur de la grande distribution à tailler dans ses effectifs : son concurrent Auchan avait aussi annoncé fin 2024 un vaste plan social menaçant 2 400 emplois en France, et comprenant des fermetures de sites.

Casino, tombé l’an dernier dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a annoncé vendredi une réduction de sa perte nette en 2024 à 295 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en recul de 5,4 % à 8,5 milliards d’euros. Un chiffre très éloigné de la perte spectaculaire de 5,7 milliards d’euros que le groupe avait essuyée en 2023. Il a connu une « année de transformation profonde » en 2024, avec des résultats « encore fortement marqués par les difficultés passées », a déclaré Philippe Palazzi.

Le directeur général du groupe, arrivé en mars, dit avoir depuis cette date mené son « plan de restructuration avec efficacité, conformément au calendrier fixé », selon un communiqué du distributeur.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Clap de fin pour les derniers hypermarchés et supermarchés Casino

Se repositionner en champion de la proximité

La nouvelle direction entend repositionner l’ancien fleuron d’origine stéphanoise en champion de la proximité par le biais de ses enseignes comme Monoprix, Spar, Vival ou Naturalia, des magasins plutôt de petite taille, dans les centres-villes souvent et avec une importante offre de services.

Casino s’est séparé de tous ses hypermarchés, « des gros foyers de perte », selon Philippe Palazzi, « ce qui nous permet de voir l’avenir sereinement ». Il a, en parallèle, ouvert 268 magasins en 2024 avec « le bon emplacement, le bon franchisé et la bonne marque », a déclaré la direction, qui vise un « retour à la rentabilité » en 2026.

« Nous sommes dans une économie de la flemme », a justifié Philippe Palazzi. Dans les « grandes villes », « les jeunes générations ne veulent plus se déplacer pour aller faire leurs achats et, en province, (…) la population vieillissante a du mal (…) à se déplacer. »

Le groupe comptait encore 200 000 salariés dans le monde fin 2022, avant d’être étranglé par un endettement qui a été restructuré dans la douleur mi-2024, grâce notamment à l’apport de nouveaux capitaux des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, en contrepartie de la prise de contrôle du distributeur.

Baisse des prix

Les magasins grand format du groupe, son activité historique, ont été cédés au cours de l’année écoulée aux concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour. Au total 366 hyper et supermarchés, a fait savoir Casino vendredi, précisant que l’ensemble des cessions « représente un encaissement » de 1,8 milliard d’euros en 2024.

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Le distributeur met en avant un « assainissement » plus vaste encore de son parc de magasins, avec au total « la fermeture de 768 points de vente non rentables », dont « 87 % de franchisés et locataires-gérants », notamment 207 Franprix. Pour rendre ses magasins plus compétitifs, Casino revendique par ailleurs avoir appliqué des baisses de prix « très ciblées chez Monoprix, Franprix et Casino, avec des réductions de plus de 500 produits essentiels ».

Casino est également propriétaire du site de commerce en ligne Cdiscount, dont le chiffre d’affaires en 2024, – un peu plus d’un milliard d’euros – a connu une baisse de 16,3 % sur un an. Le groupe l’attribue à sa stratégie de privilégier les ventes réalisées par les vendeurs tiers sur son site au détriment des ventes directement réalisées par Cdiscount.

Le Monde avec AFP

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Réformer le système de mutation des enseignants améliorerait l’école

La ministre française de l’éducation Elisabeth Borne à l’hôtel Matignon, à Paris, le 26 février 2025.

Il y a celui qui a demandé sa mutation, celui qui l’a obtenue, celui qui attendra un an de plus. La « mut » des enseignants occupe, chaque printemps, les conversations dans les salles des professeurs. Dans le jargon de l’éducation nationale, le « mouvement » désigne le dispositif de répartition de ceux qui souhaitent changer de poste.

Dans le second degré (collège et lycée), il s’opère d’abord d’une académie à une autre, puis entre les établissements ; dans le premier degré (école maternelle et élémentaire), il a lieu entre départements. Les chances d’obtenir satisfaction dépendent du nombre de points de l’enseignant, qui, eux, relèvent de son ancienneté, de certains critères individuels et de la difficulté du poste qu’il veut quitter.

Ces chances dépendent aussi, et surtout, d’un cruel jeu d’offre et de demande, car les enseignants ont tendance à être affectés en début de carrière dans des académies peu demandées (Amiens, Versailles, Créteil), et à chercher ensuite à rejoindre les académies de l’Ouest ou du Sud. Le déficit de personnel dans les académies peu attractives génère chez ceux qui y sont affectés le sentiment d’être piégés indéfiniment. A l’inverse, ceux qui ont obtenu satisfaction ont tendance à rester là où ils se trouvent.

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Le média numérique « Contexte » veut se développer à l’international

Lors de la conférence de rédaction de « Contexte », à Paris, le 6 novembre 2023.

Dans le fragile écosystème de la presse, la réussite du média en ligne Contexte fait presque figure d’anomalie. Fondé en 2013, le pure player spécialisé raconte, depuis Paris et Bruxelles, la fabrication des politiques publiques concernant la France. Il ambitionne désormais de franchir une nouvelle étape en se développant à l’échelle européenne. Cette évolution, en anglais dans le texte, doit prendre la forme d’une nouvelle rubrique, « Energy », lancée le 6 mai.

Certes, l’arrivée de son concurrent américain Politico (propriété du groupe allemand Axel Springer), qui a investi en Belgique en 2015, et en France en 2021, « a retardé ce lancement de cinq ans, car nous avons choisi de consolider le marché français », convient Jean-Christophe Boulanger. « Si nos tons diffèrent, leur arrivée a permis d’“évangéliser” le marché bruxellois », défend le PDG de Contexte. Au-delà de ses 55 000 inscrits à la newsletter politique gratuite, « Playbook Paris », la rédaction française de Politico – 27 journalistes aujourd’hui – a lancé une troisième rubrique (ou verticale), payante, « Tech », en octobre 2024 en France, après « Energie & Climat » et « Paris Influence ».

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Inégalités salariales : les femmes payées 22,2 % de moins que les hommes dans le secteur privé en 2023 en France

Des inégalités qui se réduisent mais qui persistent. Le salaire moyen des femmes dans le secteur privé en France était 22,2 % inférieur à celui des hommes en 2023 (21 340 euros net par an contre 27 430 euros), rapporte l’Insee, mardi 4 mars. Si cette inégalité s’est réduite d’un tiers depuis 1995, elle diminue plus rapidement depuis 2019, a raison d’environ un point de pourcentage par année, précise l’Institut national de la statistique. L’an dernier, il était de 23,5 %.

La relative faiblesse du salaire des femmes tient en partie à un volume de travail annuel inférieur de 9,3 % à celui de leurs homologues masculins, car elles sont plus souvent à temps partiel et moins souvent en emploi. « Cependant, même à temps de travail identique, le salaire moyen des femmes est inférieur à celui des hommes de 14,2 % », contre 14,9 % en 2022, précise l’Insee. L’institut ajoute que « pour le même emploi exercé dans le même établissement, l’écart de salaire net en équivalent temps plein se réduit à 3,8 % », contre 4 % en 2022.

Les écarts de salaire entre les deux sexes s’expliquent notamment par « la répartition genrée des professions », les femmes ne travaillant pas dans les mêmes secteurs que les hommes et n’occupant pas les mêmes emplois.

Un quart des 1 % des postes les mieux rémunérés sont occupés par des femmes

Les secrétaires, à 95,3 % des femmes, ont un salaire net moyen à temps plein de 2 044 euros net par mois. Alors que les femmes représentent un quart (25,7 %) des ingénieurs et cadres en informatique, un ensemble de professions où le salaire moyen est de 3 985 euros net. Elles sont toutefois majoritaires (56,4 %) chez les cadres des services administratifs des PME, qui perçoivent en moyenne 4 432 euros net.

Le plafond de verre n’a pas disparu, puisque parmi les 1 % de postes les mieux rémunérés, on ne compte que 24 % de femmes.

L’écart en faveur des hommes est plus fort chez les cadres (15 % en salaire pour les temps plein), que chez les professions intermédiaires (11,6 %) ou les ouvriers (12,9 %), alors que chez les employés, il est de 3,6 %.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Egalité femmes-hommes : les leçons des pays les plus avancés

La différence de salaire en faveur des hommes croît avec l’âge : elle est de 4,3 % chez les moins de 25 ans à volume de travail égal et croît ensuite régulièrement pour atteindre un quart (24,9 %), pour les 60 ans et plus.

Mais les jeunes femmes travaillent moins que les hommes en raison d’une « insertion un peu plus tardive sur le marché du travail, car elles sont en moyenne plus diplômées que les hommes », selon l’Insee.

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Enfin, l’écart de salaire croît avec le nombre d’enfants : les femmes sans enfant gagnent en moyenne 13,8 % de moins que les hommes, celles avec trois enfants ou plus 40,9 % de moins.

Le Monde avec AFP

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A l’usine Renault de Sandouville, une « charrette » d’intérimaires sur fond de baisse des commandes et de normes européennes

Dans l’usine du constructeur automobile Renault, à Sandouville (Seine-Maritime), le 29 mars 2024.

Des centaines d’ouvriers s’extraient du flot ininterrompu de cars venus les déposer devant l’usine Renault de Sandouville, dasn la zone industrielle et portuaire du Havre (Seine-Maritime). Il est un peu moins de 13 heures, ce vendredi 28 février, et l’embauche est imminente. Ici, on travaille en 3 × 8 pour assembler le véhicule utilitaire Trafic. Quatre jours plus tôt, lundi 24, lors d’un conseil social et économique (CSE) extraordinaire, la nouvelle est tombée par l’entremise du syndicat Force ouvrière (FO) : la direction a annoncé la suppression de la moitié des postes d’intérimaires : 300 sur les 600 au total.

A compter du 17 mars, l’usine ne devrait plus produire que 450 véhicules par jour, contre 620 à la fin de 2024. « On est un peu sonnés », glisse Tom Boudin, 19 ans, avant d’aller enfiler son bleu de travail. Le jeune homme, en intérim depuis novembre 2023, espère « ne pas être dans la charrette », sans savoir pour l’heure « qui dégagera ». Erwan (qui n’a pas souhaité donner son nom), 22 ans, même profil, confie sa « peur » lui aussi : « J’ai deux enfants… »

Le groupe Renault, par la voix d’une porte-parole, confirme que « tous les contrats d’intérim ne pourront malheureusement pas être renouvelés », sans avancer de chiffres précis, et renvoie au lundi 10 mars, date du prochain CSE à Sandouville, au cours duquel seront dévoilés les contours de ce « projet d’ajustement de la production à la baisse de la demande commerciale ».

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La chaîne internationale de magasins de décoration Casa dépose le bilan en Belgique

Des clients lisent l’avis affiché à l’entrée d’un magasins Casa, alors que l’entreprise a déposé son bilan, à Saint-Nicolas (Belgique), le 5 mars 2025.

Les sociétés Casa International et Casa Logistics ont déposé leur bilan, ont annoncé les médias belges, mercredi 5 mars. Les 63 magasins belges, le centre de distribution et le siège social d’Olen fermeront leurs portes, ce qui aura un impact sur les 544 employés en Belgique, a déclaré l’entreprise dans un communiqué de presse cité par le média RetailDetail. Dans le monde, la chaîne de distribution exploite moins de 400 magasins, implantés dans huit pays, et emploie 2 230 personnes. En France, où le groupe compte 600 salariés, ce sont 143 magasins qui sont aujourd’hui potentiellement menacés.

« Nous n’avons pas d’information. Pour l’instant le magasin est ouvert », a réagi la responsable du magasin du 15e arrondissement de Paris, au moment où les chaînes de télévision belges constataient que des boutiques avaient déjà fermé le rideau. « Le dépôt de bilan ne concerne pour le moment que la Belgique. La France n’est pas en procédure collective mais elle va en examiner les impacts », précise au Monde la communication de l’enseigne : Casa Holdings, la société mère, est enregistrée aux Pays-Bas. Elle possède des filiales dans chacun des pays, dont Casa International et Casa Logistics en Belgique, où se situe le cœur du réacteur. Cette dernière entité est celle qui réceptionne pour l’ensemble du groupe la marchandise des fournisseurs venue d’Asie et les livre aux magasins.

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La rédaction du « Parisien » vote une grève et une motion de défiance pour dénoncer le plan d’économies

A la veille des vacances scolaires de février, les salariés du Parisien avaient pris date afin de discuter d’un possible débrayage pour dénoncer le plan d’économies proposé par la direction. A l’issue de l’assemblée générale organisée jeudi 6 mars à l’appel des syndicats, ils ont voté une grève de vingt-quatre heures, qui aura lieu vendredi 7 mars à partir de minuit. Sur 319 votants, 163 personnes se sont prononcées pour, 143 contre, et 13 votes blancs et abstentions ont été comptabilisés. La production du site Web du média – racheté en 2015 par LVMH, géant du luxe détenu par le milliardaire Bernard Arnault – pourrait donc être moindre vendredi.

Le plan d’économies entraînant la suppression de 39 postes, dont 29 au sein des rédactions sur environ 400, ne passe pas. Il est jugé inacceptable par la motion votée jeudi, tout comme « la réorganisation de la rédaction telle qu’envisagée » par la direction. Les départs se feront « sur une base de volontariat », insistait la direction en février, expliquant la nécessité de ces mesures par l’obligation de ne pas creuser les pertes, qui étaient de plus de 33 millions d’euros en 2024.

Mais les conditions de travail pour les collaborateurs restants inquiètent particulièrement en interne. « Les salariés n’auront plus les moyens de travailler correctement, et encourront de graves risques psychosociaux », alerte le texte de motion, dénonçant un projet menaçant la « qualité éditoriale » des titres Le Parisien et Aujourd’hui en France.

Le précédent plan de réduction d’effectifs au Parisien, qui remonte à 2020, avait déjà conduit au départ d’une cinquantaine de salariés et à la disparition des neuf cahiers départementaux de l’Ile-de-France et de l’Oise, fondus dans un cahier « Grand Paris ». En contrepartie, une trentaine de personnes avaient été recrutées, principalement dans des postes chargés de l’actualité en direct pour le site Internet.

Paragraphe « purement et simplement supprimé »

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« Abandon, trahison » contre « liberté d’entreprendre » : la location-gérance chez Carrefour devant la justice

Un hypermarché Carrefour à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 29 mars 2023.

Mobilisations, négociations ou interpellation en assemblée générale des actionnaires ayant eu jusqu’ici peu d’effet, c’est désormais devant les tribunaux que se mène la fronde contre la stratégie de Carrefour d’externaliser chaque année la gestion de plusieurs dizaines de grandes surfaces. Devant le palais de justice d’Evry, près d’une centaine de salariés, de l’Essonne, du Nord ou de l’Isère, en chasubles orange fluo de la CFDT, étaient ainsi venus soutenir l’action en justice de leur syndicat contre le géant de la grande distribution, vendredi 7 mars. Une audience en référé devant le tribunal judiciaire dont l’objectif était de suspendre en urgence le transfert de 39 nouveaux magasins en location-gérance, annoncé par le groupe pour avril.

Car une procédure sur le fond est en cours : il y a un an, la CFDT a assigné Carrefour en justice pour abus de droit de la liberté d’entreprendre. Le syndicat estime que l’entreprise dévoie le système de la location-gérance et réclame 23 millions d’euros de dommages et intérêts et l’arrêt du transfert de magasins sous ce régime.

« C’est un procédé prévu normalement pour l’expansion d’une entreprise, et Carrefour l’emploie à l’envers, pour se séparer de ses magasins les moins rentables et de ses salariés, dénonce Erwanig Le Roux, délégué syndical central CFDT Carrefour. Plutôt que de dépenser 700 millions d’euros par an en rachat d’actions, ils feraient mieux d’investir dans leurs magasins, qui dépérissent ! »

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L’arrêt provisoire d’un haut-fourneau à Dunkerque provoque l’inquiétude des salariés d’ArcelorMittal

Des salariés de l’aciérie ArcelorMittal de Dunkerque, dans le Nord, le 11 février 2022.

Il s’agit du plus important haut-fourneau d’Europe. ArcelorMittal a annoncé, lundi 10 mars, la mise à l’arrêt du principal haut-fourneau de son aciérie de Dunkerque (Nord) pendant trois mois. Le groupe sidérurgique, leader européen et numéro deux mondial de l’acier, indique que ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’un programme de maintenance de 254 millions d’euros, mais, pour de nombreux salariés, c’est une nouvelle inquiétude sur l’avenir de ce site industriel qui s’étend sur 450 hectares et emploie plus de 3 000 personnes.

Les travaux, qui concernent le haut-fourneau 4, auront lieu au cours du deuxième trimestre, pour une durée de quatre-vingt-dix jours. Ils doivent permettre de « maintenir l’efficacité de ces outils (…) tout en préparant le site industriel à sa prochaine phase de décarbonation », précise le groupe dans un communiqué. Parallèlement, un autre projet de maintenance est programmé sur le haut-fourneau 1 du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour un montant de 53 millions d’euros. Le redémarrage de ce haut-fourneau, à l’arrêt depuis 2024, faute de demande, est « prévu au cours du premier trimestre de 2026 ».

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